CHAPITRE
canaux, pour jouir de la fraîcheur du crépuscule. Ure heure après le coucher du soleil, chacun est rentré chez soi, on soupe en famille, on se couche tout habillé pour se reposer d'une journée oisive, et l’on ne se réveille que pour reprendre, où on l'avait laissée, la trame uniforme d'une vie toujours indolente.
» En Egypte comme dans tout l'Orient, l'existence des femmes riches est en quelque sorte murée dans l'intérieur du logis ; elles naissent, vivent et meurent au sein de ce sanctuaire impénétrable. Toutefois le soin des affaires domestiques et l'éducation des enfants ne les absorbent pas tellement qu'elles n'aient encore de doux loisirs ; elles ne sont pas même aussi prisonnières qu'on pourrait le penser. Tous les jeudis, elles sortent avec leurs esclaves chargées de rafratchissements. Des pleureuses à gages les suivent, C'est qu'un devoir sacré les appelle au cimetière public. Là elles font entonner des hymnes funèbres ; à ces lamentations mercenaires, elles mêlent leurs accents plaintifs, elles versent des larmes et des pleurs sur les tombeaux de leurs parents, qu'elles couvrent ensuite des mets apportés par leurs suivantes, et la foule, après avoir convié les âmes des morts, prend un repas religieux, dans la persuasion que ces ombres chéries savourent les mêmes aliments et qu’elles s'associent au sympathique banquet.
» Les Egyptiennes sortent encore une ou deux fois par semaine pour visiter leurs parents ou leurs amies. Aussitôt qu'une dame étrangère se présente au divan des femmes , la maîtresse du logis se lève en souriant et va l’embrasser au milieu de la salle ; elle lui prend uue main, qu'elle presse sur son cœur à plusieurs reprises; elle l'invite à s'asseoir sur le sopha d'honneur : « Comment avez-vous pu nous oublier si lcngtemps? lui ditelle ; ne savez-vous pas combien nous sommes heureuse de vous voir? Votre présence ennoblit notre demeure; vous êtes le bonheur de notre vie, la prunelle de nos yeux, etc. » Tels sont les premiers compliments d'usage. Bientôt les inévitables pipes , le café, les sorbets, les fruits, les confitures et les parfums sont apportés par les esclaves ; l’eau de rose coule Sur les mains ; on mange , on rit, on folâtre avec une joie que j'appellerais enfantine , si la candeur n'était pas inconnue à ces enfants de la servitude.
» Au moment de se séparer, on se dit plusieurs fois : « Dieu vous accorde une nombreuse postérité ; que le Ciel vous donne une longue vie; puisse votre santé être aussi durable qu'elle nous est chèret etc. » Mais on ne s'appelle jamais par son nom; ma mère , MA sœur, ma fille,
voilà les titres qu'on adresse à la femme d’un âge mur, à la nouvelle mariée et à la jeune personne.
» Tels so: les Egyptiens dans leur vie privée; tels sont du moins ceux de leurs usages qu'un missionnaire peut décrire ; car, s’il les connaît
sous beaucoup d'autres rapports, ce n’est pas pour en parler, mais pouren ,
gémir devant Dieu. Et quand je pense combien est profond l'abtme qui les sépare de la vérité, je m'attendris sur leur aveuglement funeste, je verse des larmes amères sur leur avenir éternel, que je voudrais prévenir, fût-ce au prix de mon sang. »
Triomphe de la grâce sur une jeune chrétienne d'Alep.
Lettre du même prélat à M. le président du conseil central de Lyon.
« Alexandrie d'Egypte, le 24 février 1844,
» Je suis heureux de fournir mon tribut à vos Annales. Le sujet dont je vais vous entretenir est bien simple ; il ne s’agit que d’une toute jeune fille ; mais dans cette enfant a éclasé le triomphe de la grâce, et c'en est assez pour fixer l'attention de vos pieux lecteurs.
» Sur la fin de 1841, une famille catholique composée de trois personnes , le père, la mère et une fille de dix ans, quittait Aleb pour se rendre en Egypte. Après avoir visité les lieux sauts et traversé la Judée , elle s’enfonça dans le désert par la même route qu'avait autrefois parcourue la sainte famille fuyant devant la colè:e d'Hérode. Déjà elle apercevait dans le lointain les mars d’El-Arich , l'antique Gerara , lorsque apparut une bande de soldats albanais. À cette vue, l’épouvante saisit nos pieux voyageurs , ils courent au hasard et se dispersent dans la solitude, qui ne peut les cacher. La jeune fille fut trouvée par ses ravisseurs, pâle, tremblante, appelant sa mère qu’elle ne devait plus revoir, et fut emmenée captive au Caire , où on l'enferma dans la maison d’un Arnaute.
» L’infortunée y passait ses jours dans les pleurs : pouvait-elle trop en répandre sur sa liberté perdue et sur sa famille égorgéet Un seul bien lui restait ; c'était sa foi naïve au Dieu des orphelins, et ce trésor menacé,
elle L souve » F encoré sa mai santes mais | impuis et des:
Turc k ton ma mais la ne Cons » Et seur as à qui il de les vertu, devenue céder la sa défai » Un captive , pas que aperçue bitation \ vue de c bras, lu lui; mai visibles, :
moi ! »
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