MISSIONS D'ASIE
INDE, SIAM, LE MADURÉE, LA CORÉE, etc.
Condition des femme: indiennes, — Sacrifice des veuves.
Extrait d'une notice sur los mœurs, los coutumes et la religion des Indiens ou Indous,
«...... Les femmes indiennes ne mangent pas avec leurs maris; cues
attendent qu'ils aient fini leur lépas pour prendre le leur, On voit par là
que les femmes ne sont guères honorées dans l'Inde ; dès leur plus tendre enfance,
on leur enseigne qu’elles sont, pour ainsi dire, d'une nature inférieure à celle des hommes > ét qu'il y a une distance immense entre elles et eux. Elles en sont tellement persuadées que , s’il leur arrive de tomber dans quelque faute , leur principale excuse consiste à dire : Vous savez bien que je ne suis qu'une femme, Pour augmenter leurs sentiments d'humilité, on ne leur apprend ni à lire ni à écrire, même dans les
classes les plus élevées, On marie ordinair «ment les jeunes gens à l'âge de
seize ans , et les filles à l'âge de cinq ans {{) ; : «ais celles-ci demeurent chez
leurs parents jusqu'à ce qu'elles soient parvenues à l'âge nubile, Le mari achète sa femme, elle est sa pronriêté; elle ne lui parle qu'avec respect
(1) Dans une caste appelée Makula Kokul4 sa Île aînée, elle est obligée de #:' milieu et de l’annulaire, On n
u Canara , lorsqu'une mère de famille marie ‘2 l'amputation de deux Phalanges du doigt du a pi éouvrir la raison de Cet usage barbare,
et en lui donnant lenom de maître et de seigneur ; le mari ne lui en donne pas d'autre que celui de servante ou d'esclave. Lorsque deux amis se rencontrent , ils ne se demandent jamais des nouvelles de leurs femmes ; et s'ils se rendent visite , ils n'adressent point la parole à celle-ci en présence du mari. Ce n’est pas, comme on pourrait le croire, pour éviter de faire naître des sentiments de jalousie, ou par quelque autre motif honorable, mais c'est à cause du peu de considération qu'ils ont pour les femmes. Il y a encore quelque chose de bien plus détestable : on n'élève point les enfants dans l'habitude du respect pour leur mère; quand les garçons commencent à grandir , non-seulement ils se révoltent contre elle, mais ils vont jusqu’à la frapper, et le père regarde avec indifférence cet indigne outrage.
» Le célibat est permis aux hommes dans certains cas, et sevlement pour des motifs religieux; autrement tout homme est obligé d'acquitter la dette des ancêtres , c'est-à-dire de leur donner des descendants. Les filles doivent se marier : le mépris dans lequel elles sont tenues, lorsqu'elles ne peuvent pas le faire , leur paraît plus insupportable que les inconvénients qu’elles rencontrent dans le mariage. Le mari qui perd sa femme peut se remarier ; une veuve ne le peut jamais. Ainsi on voit quelque‘ois un vieux brahme de soixante ans épouser une petite fille de cinq ans; le mari meurt, et sa femme devient veuve avant même d’avoir atteint l'âge nubile. Le mariage est indissoluble ; la polygamie est tolérée parmi les grands seulement; néanmoins un homme a le droit d'épouser une seconde femme du vivant de la première , s’iln’en a point eu d'enfant, ou s’il n’en a eu que des filles...
» Les veuves, dans l'Inde , sont au moins autant à plaindre que les filles qui restent dans le célibat ; il semble qu'on prend plaisir à les abreuver de fiel et d'amertume; on veut, par là, obliger les femmes à être plus attentives à soigner leurs époux, à être plus désireuses de les conserver, à cause du malheur qui les attend si elles viennent à les perdre. Car alors on les engage, par tous les moyens possibles, à se brûler vivantes sur le bûcher de leurs maris; celles qui se dévouent ainsi à la mort sont appelées suttys : ces épouvantables sacrifices ne sont point impérieusement commandés , mais ils n’en sont pas moins très-nombreux. Ils sont regardés comme un hommage rendu à la mémoire du défunt, et dont la gloire rejaillit sur toute la famille ; aussi les enfants et les parents de la veuve qui manifeste l’intention d'exécuter cet horrible projet, l'y encouragent , loin de l’en détourner.
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