‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 4 sur 175 · VI À INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI À INTRODUCTION

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Ainsi l'Eglise, fidèle à l'ordre divin « d'enseigner toutes les rations , » poursuit , à travers les âges, sa mission civilisatrice et bienfaisante. Depuis les premiers apôtres jusqu'à nous , elle n’a jamais cessé un instant son sublime labeur, qu'elle doit continuer jusqu'à la fin Qles siècles. Ainsi, tandis qu'on insulte à sa vieillesse , qu’on l’accuse de caducité, de stérilité, elle répond par ses œuvres, et se montre encore aux yeux de tous merveilleusement jeune et féconde. Spectacle admirable et bien digne de nos méditations ! Lorsque, de nos jours , l'orgueil rationaliste , parvenu à son apogée, s'épuise pour enfanter la religion nouvelle de l'avenir et du progrès , de tous ces vains efforts de la sagesse hnmaine, de tous les brillants systèmes qu’elle met aa jour , on ne voit sortir que néant, confusion , désolante stérilité. Et voilà qu'au contraire ce catholicisme vieilli , qu'on outrage, se réveille plein de vie, plus vigoureux, plus puissant peut-être que jamais. Il enfante des prodiges de toutes parts ; des peuples entiers tombent à ses pieds et embrassent avec transport le signe du salut qu'il fait luire à leurs yeux. Les vastes îles de l'Océanie, évangélisées et civilisées de nos jours par nos missionnaires, sont, entre beaucoup d’autres, un mémorable exemple de la fécondité de notre foi au dixneuvième siècle. Quant au philosophe rationaliste , en vain chercherait-il un seul être qu'il ait consolé, fortifié, rendu meilleur et plus heureux.

C'est une étude admirable et fertile en enseignements que celle de la marche de la barque de Pierre , voguant d'âge en âge, à travers tous les peuples du monde, pour les convier à s'abriter dans son sein , qu‘ peut seul les conduire au port de la félicité. L'éternel Pilote la soutient, la protège , la guide sûrement au milieu des périls et des écueils , apaisant à son gré les vents et les orages, et lui ménageant , dans chaque siècle, des nautoniers habiles pour aider sa marche laborieuse. L'histoire de

INTRODUCTION IX l'Eglise offre ainsi une succession non interrompue de voies providentielles , par lesquelles la divine Sagesse dirige , à travers les temps, ses immortelles destinées, Mais c’est surtout dans la vocation des peuules divers, à la lumière de l'Evangile , que brillent plus évidemment les traits merveilleux de la grâce et de la divine charité de Dieu , « qui veut le salut de tous les hommes et que tous arrivent à la connaissance de la vérité (4), » prodigue les trésors de sa puissance quand il s’agit d'amener à la foi une nation païenne et idolâtre. Et déjà, dès le premier siècle du christianisme, n'avait-il pas fait retentir son nom sur tontes les plages ? Ecoutez saint Paul , le grand apôtre des nations, disant aux Romains que la foi est annoncée dans tout le monde; écrivant aux Co!ssiens que l'Evangile est entendu de toute créature, qu'il est préché qu'il fructifie, qu'il crott par tout l'univers (2); et appliquant à ses collègues dans l'apostolat ce passage du Psalmiste : « Le bruit de leur voix a retenti par loute la terre, et leur parole a été portée jusqu'aux extrémités du globe (3). »

Les regards tournés vers la terre , nous ne songecns point à étudier, au-dessus de nous, la marche admirable de la Providence dans le soin qu'elle prend du salut des hommes; dans la variété des moyens qu'elle emploie, et dans les merveilles qu’elle prodigue pour l'obtenir. Que dis-je ? Trop souvent même , à la vue du grand nombre de peuplesinfidèles qui, durant de longs siècles , et maintenant encore , n'ont point été éclairés des lumières de la révélation chrétienrie , ne sommes-nous point scandalisés et tentés d’accuser la Divinité d’injustice ? Mais de quel drdit venons. nous , faibles créatures , sonder les plus profonds mystères de la grâce et de la prédestination, et demander raison au Créateur de ses secrets jugements ? Humilions-nous plutôt, abaissons devant eux nos fronts superbes , et sans nous enorgueillir d'avoir reçu dévantage, ne cessons

(1) E. Timoth. 11, 4, (2) Coloss. 1. 6.

(3) Ps. xvur, 5, — Rom. x. 18.

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