CHAPITRE I] 83 ils adorent seulement l'Etre su
grotesques idoles, ils disent que la divinité
ommes sous la forme de tous ces animaux. Dans une ville où nous nous étions arrêtés pour Passer la nuit,
nous entendimes, vers les neuf heures du soir, comme le bruit d'un épouvabtable charivari. C'était une musique indienne aCcompagnée de mille cris sauvages, En même temps nous apercevions un quartier de la ville qui paraissait tout en feu, Nous approchâmes pour voir ce que c'était. Le croiriez-vous ? Tout ce bruit, tout cet éclat n'avait pour objet qu'un
» étonné de sa gloire , était mae mille torches ardentes , et e immense multitude. Nous » Qui paraissait instruit, pourquoi le . « C’est, nous dit-il graveforme de cet animal, » Il sur le trône et recevrait à
» Telle est la religion des l-.diens, Mais où ont-ils pris cette idée que Vichnou s'est incarné et a Paru successivement sous tant de formes ? Le SaVant auteur des Mœurs de l'Inde , ouvrage que j'ai lu à Trichinopoly , croit que, dans le principe , on adorait ici le seul vrai Dieu ; mais qu’à la longue les Indiens ayant voulu renrésenter les attributs divins sous différents symboles, le peuple a fini par regarder comme des dieux les symboles
des indigènes , si vous leur demandez comment ils ont
peuples verraient de bon œil un missionnaire qui entreprendrait de les
outé et n'aurait rien e dès qu'il commet- Pour prêcher avec succès au milieu le tamoul, les dominer par une élotion d’un homme qui n'ignore rien.
À ce propos, M, Jarrige , supérieur des missionnaires de Pordichéry , Dous raconta l’anecdote suivante :
Rae ré nb res
» Un jour, il disputait publiquement sur la religion avec un brahme. Son antagoniste voulait parler le tamoul qu’on appelle ici sublime, et qui diffère de la langue vulgaire à peu près autant que le latin de l'italien... M. Jarrige, qui savait très-peu de ce sublime, mais qui ne devait point l'avouer, de peur d'éloigner de lui et de la vraie doctrine un peuple prévenu , répétait sans cesse au brahme que, pour être bien compris de tout le monde, ! fallait employer la langue vulgaire. Celui-ci ne se rendait pas et voulait toujours parler son sublime; « Eu bieu, lui dit le missionnaire, puisque tu as la vanité de te servir d'un langage que tout le monde n’entend pas, commence par répondre à ce que je vais te demander : Laudate Dominum, omnes gentes; laudate eum, omnes populi. Réponds à cela, si tu peux. » Le docteur indien ne comprit pas un mot de cette phrase latine, et demeura tout interloqué. M. Jarrige, qui l'observait, se tournant alors vers le peuple : « Vous êtes témoins, dit-il, vous voyez qu'il ne peut rien répondre, et que même il ne me comprend pas, c'est un ignorant. » On ne put en disconvenir, et le brahme , couvert de confusion, passa pour vaincu.
» J'avais cru, en quittant l'Europe, que ma facilité à parler portugais me serait ici d’une grande utilité; mais il n’en est pas ainsi, le portugais n’est point en usage , à peine trouve-t-on, de loin en loin, une personne ou deux qui estropient quelques mots de la belle langue de Camoëns. Il faut donc étudier le tamorl, langue difficile s’il en fut jamais. D'abord , ce n'est pas rne petite affaire que celle d'apprendre à lire. Sans compter qu'il n’y a ni ponctuation ni lettres majuscules, le rapprochement des mots occasionne une foule de changements dans les lettres initiales et finales. Pour avoir une idée de la confusion que tout cela produit, écrivez une phrase comme si c'était un seul mot, tracez de même une demi-page , une page entière, et vous verrez s'il est facile de lire. Que sera-ce donc d’une page ainsi écrite dans une langue qu'on ne comprend pas , et dont les mots et la construction des phrases diffèrent tant de notre langue d'Eu-
rope? Aussi nos Pères, qui sont arrivés les premiers , sont loin de bien savoir le tamoul. Le P. du Ranquet, qui passe pour le plus habile, n'a pas encore osé prècher un sermon. Tous se bornent à faire le catéchisme , à donner des avis, à interroger, principalement au confessionnal , sur les commandements de Dieu et sur les devoirs du chrétien. Leur zèle, s’exerçant ainsi avec peu d'éclat, ne laisse pas d'être utile à une infinité d'âmes qui, semblables au paralytique, gémissaient depuis longtemps de vetrouver personne capable de les plonger dans la piscine salutaire.
bienf:
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Extrait
Desos n’est le que not faut, p des rais une m:
monde | faut.