CHAPITRE II
courses , n'ai-je pas entendu mon COMpagnon de vuyage répondre à ceux qui lui demandaient s’il avait mangé ce jour-là : « Eh! ne savez-vous pas que c'est aujourd'hui samedi? » Et cependant le pauvre Indien m'avait suivi toute la matinée, portant sur sa tête un gros paquet ; il s’était épuisé de fatigue pour faciliter le succès de mon minisière ! Il est beaucoup
de contrées où ‘ette pratique est à peu près universelle, même parmi les laboureurs. Plusieurs d'entre eux, surtout quand
ils sont à leur aise, préfèrent ne travailler que la moitié du jour, afin de pouvoir différer jusqu'au soir leur unique repas.
» Get esprit de mortification me fournit s au saint tribunal ; ainsi, m'arrive-tjeûne Cu samedi ? « Mon Père, répondent une foule de néophytes, je jeûne tous les samedis. — Cela suffit » est ma décision: mais rarement on s'en contente, Si j'indique le mercredi ou le vendredi, je trouve assez souvent le second poste déjà pris par un autre jeûne de dévotion. Dernièrement, je venais de prescrire une bonne œuvre semblable : ma pénitente: parut fort embarrassée. « Qu'y a-t-il? — Mon Père, depuis trois ans, je ne mange qu'une fois par jour ; comment ferai-je pour accomplir le jeûne que vous m'imposez ?» Je le répète, ces exemples ne sont Pas rares parmi
nos chrétiens. Vous prierez Pour eux , mon révérend Père, et pour celui qui a l'honneur d'être, etc, »
ouvent l'occasion de-m'édifier il d'imposer pour pénitence quelque
Mission des îles Nicobar.
« L'archipel de Nicobar, situé dans le golfe du Bengale, se compose de septtles et de douze tlots, disposés en trois petits groupes. Les tles principales sont Grand-Nicobar, Petit-Nicobar, Katchoul, Kamorta, Nancowry, Teressa, Chowry, Batty-Malve et Tilantchong. Elles sont pour la plupart montagneuses et couvertes d'épaisses forêts. Leurs habitants , de couleur cuivrée, d'un caractère doux et paisible, sont au nombre d'environ dix mille ; aussi ignorants en agriculture que dépourvus d'industrie, ils mènent la vie la plus misérable, Les villages sont composés d’une
commandé par un chef qui dirige le
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» Malgré sa fertiité, l'archipel de Nicobar semble délaissé par les Européens, à cause des maladies qu'engendre ia corruption de l'air. Les Danois y formèrent, en 1756, un petit établissement; mais l'insalubrité du climat leur fut si fatale, qu’en moins de quinze ans la plupart des colons ayant péri , ils abandonnèrent ce poste. Les Français et les Autrichiens s’en sont également retirés, après des tentatives aussi infructueuses. Cependant, en 1832, le gouvernement danois de Tranquebar a envoyé un , détachement de cipayes , pour prendre possession de l’île de Kamorta et s'établir dans le port Nancowry.
» Mgr le vicaire apostolique de la Malaisie souffrait depuis longtemps de l'abandon où il voyait cette partie intéressante de son troupeau. Déjà, en 4836, il avait donné mission à deux de ses prêtres, MM. Supriès et Galabert, d'aller prêcher l'Evangile aux Nicobariens. Ils furent assez favorablement accueillis ; mais, au bout de quelques mois , les dispositions dês inswlaires avaient tellement changé à leur égard, que c'était un parti pris de les laisser mourir de faim. Mgr le vicaire apostolique les rappela dans le courant de mars 1837. A leur départ de l'archipel, ils étaient dans un dénüment complet.
» Heureusement les ouvriers évangéliques ve sont pas da ceux qui se lasseni à défricher une terre ingrate. Deux nouveaux apôtres, les plus jeunes de la mission malaise, s'embarquaient naguère à Pinang, pour aller, au péril de leur vie, annoncer la bonne nouvelle aux habitants de Nicobar. L'un d'eux, M. Beaury, y a déjà trouvé la mort; son confrère , atteint de la même maladie , après lui avoir rendu les derniers dovoirs , Ps a élevé une chapelle auprès de son tombeau.
» Dans les leitres suivantes, M. Chopart, aujourd’hui rendu à la santé, retrace ses longues épreuves et laisse entrevoir quelque espérance. »
Extrait d'une lettre de MM. Choport et Beaury, prêtres de la congrégation des missions étrangères, à Mgr Courvezy, vicaire apostolique de la Malaisie.
« Teressa, le 14 février 1842,
» Vos deux jeunes missionnaires sont au milieu de leurs îles, et ce qu'ils ont le plus à cœur, dès leur arrivée, c'est de vous donner tous les détails qui peuvent intéresser Votre Grandeur à ce nouvel établissement. Aujourd’hui encore , comme à notre départ de Pinang, nous pouvons dire
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