‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 52 sur 175 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Qu'allions-nous devenir? Repoussés par les insulaires, nous ne pouvions même pas espérer de rester à bord ; les Chinois de la jorque ne voulaient plus de nous; ils menaçaient de se débarrasser de nos bagages en les jetant à la mer, Ah! monséigneur, figurez-vous quelle était notre position. Nous voir à deux pas de notre tle et ne pouvoir y débarquer! Se préseater devant uns autre, c'était Courir à un nouveau refus ; nous prévoyions qu'à Carnicobar l'opinion nous serait encore plus contraire, D'ailleurs le mattre de la barque n’était pas d'avis d'en faire l'essai. Nous faudrait-il donc quitter ces terres » après les avoir seulement entrevues ? Vraiment nous l'avons craint pendant trois jours qu'a duré cette angoisse, et nous n2 pouvions rien pour l'empêcher ; rien, sinon d'appeler le bon Dieu à notre secours. M. Beaury soupirait en disant : « Mon Dieu , ayez pitié de nous ! » ét moi je répondais : « Amen, »

» Enfin le Seigneur eut compassion de notrs détresse , ec il changea le cœur des insnlaires. Notre bon jeune homme, qui appartenait à une des premières familles du Campon, étant revenu nous voir, nous l'engageimes à plaider de nouveau notre cause auprès de ses compatriotes, à leur représenter que le bon accueil qu'ils nous feraient, serait pour eux une puissante recommandation aux yeux des Européens. Le pilote ajouta qu'à notre occasion il viendrait ici beaucoup de navires, qi leur apporteraient les choses dont ils manquent, en échange de leurs noix de coco. Ces raisons firent impression sur les habitants de Teressa, qui, loin de craindre comme autrefois la domination des étrangers, paraissent la désirer pour être mieux ; ils se décidèrent enfin à nous admettre pour quelque temps, et comme à l'essai, dans leur tle, Aussitôt notre maisonuette en bois est embarquée, non sans beaucoup de peine. Nouveau malheur ! en arrivant près de terre , le radeau est inondé par une énorme vague qui disperse la charpente en débris.

» Le jeune insulaire, dont j'ai déjà si souvent parlé, vint encore à notre aide ; il nous offrit sa maison pour nous servir de gîte. Hélas ! c'était loin d'être un palais. Il nous sembla même, au premier aspect, impossible d'y demeurer sans tomber malades, tant elle était dégoûtante, tant l'odeur qui s'en exhalait était fétide. Pour toute ouverture, elle n'avait qu'une espèce de trou pratiqué par le bas, et servant de cLeminée, de porte et de fenêtre; aussi était-elle pleine de suie, et l'air ne pouvait y circuler. Force fat cependant d'accepter, avec une juste reconnaissance les offres du sauvage, qui nous donnait ce qu'il avait de mieux. Tous les habitants du rampon, hommes, femmes, enfants, s'empressèrent d'y transporter nos

effets ; nous les en récompensâmes par une distribution de tabac, et tout le monde fut content.

» Une fois installés dans notre tanière, il fallut nous prêter à la curiosité de ce peuple ébahi; sans cesse la cabane était remplie de gens qui voulaient toucher tout ce qu'ils voyaient, savoir le nom et l'usage de chaque chose, Cependant la nuit était venue , et les visites étaient toujours aussi nombreuses , et les questions ne tarissaient pas ; c'était une conspiration générale contre notre sommeil, Alors je voulus en finir. Un insulaire m'ayant &it à son tour : « Qu'est-ce que ceci? » en désignant ma lamps, je lui répondis par ces mots : « Va te coucher. » Le bonhomme crut savoir le nom de ma lampe, et il ne manqua pas de le répéter à ses amis.

» Je ne sais si l’on faisait des réjouissances à notre occasion ; mais ce qui est sûr, c'est que durant la nuit entière nous avons essuyé les chants les plus étranges qu'il soit possible d'imaginer ; ils accompagnaient une ronde burlesque , exécutés autour d’un grand feu par des hommes qui se dounaient le bras, marchant en cadence , et criant comme ils savaient. Tout cela se passait avant-hier, 12 février, jour de notrs instailation dans l'île.

+ Nous ne saurions assez vous dire , monseigneur, tout ce que nous avons déjà remarqué d’heureuses dispositions dans quelques insulaires ; deux familles surtout, et des plus considérables du campon , nous témoignent le plus vif intérot ; elles ont dès ce matin tué et fait rôtir un porc pour nous; des poules nous ont été offertes; on nous a apporté des cocos , des œufs et des fruits ; et cela du meilleur cœur et avec toute la grâce possible. Quant au jeune homme qui nous est si dévoué , il promet de pourvoir à tous nos besoins; sa seule crainte est que nous changions de résidenc:; il mourrait de chagrin , nous assure-t-il, s’il nous arrivait quelque malheur. Avec ce qu’il sait d'anglais et de portugais, il nous sera d'un grand secours pour apprendre sa propre langue; et nous, en reconnaissance de ses services , nous tâcherons de le gagner un des premiers à Jésus-Christ.

» Ce début nous encourage, mais sans nous faire oublier que Dieu seul esi notre espérance. Heureux aujourd'hui au milieu de ses bonnes gens, que déjà nos cœurs affectionnent, nous serons bientôt peut-être chassés par eux et abandonnès à la misère; car il faut si peu de chcse pour les faire changer de sentimvnt t Que la volonté du Seigneur s'accomplisse !.... »

leur si ies su sympt privé « sauvag autant ne saui avons qui no de sac sacrific:

» PI récomp partage délivrer » Po cruelle sur une soulager

t tout

riosité i vouhaque anssi ration ulaire \mps, ut saamis.

ais ce chants t une qui se aient.

1 dans

nous aires ; émoi- | porc é des ute la romet ngions rrivait s sera y, en s pre-

y Dieu )onnEs t-être chcse l ÿ’ac-

Page 1