‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 6 sur 175 · XI! INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XI! INTRODUCTION

sur quelque portion do ce champ, la nuit étend ses voiles , et la lumière de la foi s’obscurcit ou s'éteint. Alors les cieux gémissent , et de nouveaux secours sont envoyés au monde pour reconquérir l'héritage perdu. Une nouvelle effusion de l'Esprit-Saint se répandant dans le cœur d'autres ouvriers apostoliques , ils s'élancent au loin avec ardeur à la voix du chef de l'Eglise, et regagnent ailleurs le terrain enlevé à l'empire du Christ. Le flambeau de la foi passe d'un petple à un autre peuple, et l'Eglise, qui déplore l'abandon de ses enfants, n’en demeure pas moins toujours mère féconde et souverainement catholique.

C'est ainsi que la conversion des Gaules , de l'Angleterre , et plus tard d'autres peuples du Nord , la dédommageait jadis des pertes qu'elle faisait en Orient par l'hérésie de Mahomet. Dans les siècles suivants et dans le cours du moyen âge, alors que les schismes , les erreurs , les querelles , les scandales , les désordres déchirent souvent son sein maternel , elle est fortifiée , protégée et consolée par la voix d'illustres pontifes , ou de ces hommes de la solitude , puissants en œuvres et en paroles, qui, comme saint Bernard , sent les sauveurs de la chrétienté en péril, en la soutenant de tout le poids de leur vertu et de leur génie. Alors étaient fondés les ordres vénérables des Chartreux , de Cluny , des Prémontrés, de Citeaux ; et la voix de la prière, montant pure et ardente du sein des déserts jusqu'au trône de la divine clémence , détournait le orages et appelait sur la terre desséchée les rosées du ciel.

Elles tombèrent avec abondance, au plus fort du péril, vers la fin du douzième siècle. Il plut alors à Dieu d'aider son église par la voie directe de la miséricorde. « Jésus-Christ, selon l'expression d’un pieux écrivain, regarda ses pieds et ses mains percés pour nous , et de ce regard d'amour naquirent deux hommes : saint Dominique et saint François d'Assise (1). » L'institution des Frères prêcheurs et des Frères mineurs fut comme le

(1) Le P. Lacordaire: Vie de saint Dominique.

INTRODUCTION XIII signal d'une nouvelle ère de force et de vigueur dans l'Eglise, en lui communiquant une sève plus féconde , qui vivifia de nouveau tout le monde chrétien. Les travaux bienfzisants de ces deux illustres patriarches et ceux de leurs innombrables disciples, perpétués jusqu'à nos jours , ne seront jamais trop admirés. Ils ont porté la foi en tous lieux jusqu'aux extrémités du globe; et chaque jour encore l'instruction et la civilisation de > peuples barbares sont le fruit de leurs généreux efforts.

Vers la fin du quinzième siècle, lorsqu'une portion du nord de l'Europe allait ‘ ébranler à la voix de Luther et, trop facilement séduite par l'erreur, se détacher de l'unité catholique, l'Eglise affligée tourna ailleurs ses regards maternels. Elle envoya ses serviteurs par les chemins de l'Océan , pour chercher les pauvres peuples errants sur ses plages , oubliés de l’histoire, inconnus de la science, et les inviter à venir remplir les places laissées vides. Le grand navigateur chargé le premier de ce ministère, Christophe Colomb, venait de l’accomplir avec une religieuse pensée. Des missionnaires nombreux poursuivent aujourd’hui avec succès l'œuvre des premiers missionnaires de l'Amérique , et la vaste chrétienté du nouveau monde est, de nos jours, l’une des plus florissantes portions du domaine de l'Eglise.

En même temps que les savanes et les forêts de la jeune Amérique , défrichées et rendues fécondes par les sueurs du dévouement chrétien , se réjouissaient de voir enfin leurs enfants entrer dans la voie de la civi- Bisation et du salut , Dieu prenait soin encore de consoler son Eglise sur le vieux continent , en lui donnant de nouveaux témoignages de sa protection. Aux efforts naissants de Luther, de Calvin et des autres prétendus réformateurs , il opposait un formidable rempart : c'était l’ilustre et vénérable Compagnie de Jésus , le plus redoutable marteau de l'erreur protestante. Contemporaine de ces trop fameux hérésiarques, elle entre

aussitôt, par ses premiers enfants, dans cette carrière de luttes et de

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