CHAPITRE III
mes amis de France et d'ailleurs ; 0h! alors que de plaisir! Ce qui m'inquiète, c'est que je crains beaucoup que , retardé par la chair et le sang , je ne manque moi-même l'heure du rendez-vous. Priez donc pour le pèlerin, pauvre et dénué, cela est vrai; mais c'est aussi un grand avantage ;‘ dépouillé de tout, nous pouvons combattre avec plus de succès contre l'ennemi : il a moins de prise sur nous ; pauvre, notre bagage sera bientôt plié quand il faudra partir pour le grand voyage ; peu attaché à la terre, où nous ne possédons rien, nous la quitterons sans amertume, Saint Paul disait : « Quand je suis faible, c'est alors que je suis puissant : Cum infirmus, tunc potens sum. Je me plais dans mes infirmités : Placeo mihi in infirmitatibus meis. » Or nous pouvons dire la même chose. Ce grand apôtre disait encore : « Ayant le nécessaire pour la nourriture et les vêlements , il faut être content. » La Providence , qui nourrit les oiseaux du ciel et revêt du plus bel éclat les lis des cam- Pagnes, nous a toujours pourvu de ce nécessaire. 9... ... Voilà donc, chère sœur, l’histoire de mes plaisirs, Vous voyez qu'ils sont tous extérieurs, ou du moins provenant de causes extérieures, Mais, pour les sentiments retirés au fond de l'âme, dans le sanctuaire de la conscience » Cetle pleine paix de l'intelligence rassasiée de la vérité infinie , dont la foi met en possession , cette espérance divine où tous les désirs de la terre viennent s'éteindre, et qui s’élance sans fin dans les profondeurs de l'éternité, ce délectable amour dont l'âme s’abreuve à longs traits, cette jouissance intime de la Divinité Conversant avec sa créature comme un ami avec son ami, se livrant à elle pour en être possédée, ; sur être son bien, sa joie et son aliment incompréheosible , en un mot, ce bonheur du juste sur la terre, je ne vous en parle pas, vous le connaissez mieux que moi, ma chère sœur, Tiède et languissant dans la vertu, comme je le suis, comment Pourrais-je en sentir toutes les douceurs ? C’est pourquoi tous mes plaisirs, dont je viens de vous parler, sont entremélés de bien des croix, de bien des peines : ne les regardez que comme un peu de miel que Dieu met sur les bords du calice qu'il nous fait boire, comme à son Fils. Au surplus, le parfait bonheur n'est pas un fruit de la terre, il faut l'aller cueillir dans les contrées du monde éternel. Du fond de cette vallée de larmes, élevons donc nos regards vers les collines de la terre des vivants ; attendons avec patience que la nuit d'ici-bas s'écoule , quand le soleil de la gloire du Seigneur s'élèvera sur nous : alors, mais seulement alors, nous serons pleinement rassasiés, Satiabor cùm apparuit gloria tua. »
Voyage de Macao à Si-Wan, dans la Tartarie mongole.
Lettre de M. Huc, missionnaire lazariste dans la Tartarie zongole, à M. Donatien Huc, avocat à Toulouse.
« Si-Wan, lo 15 septembre 1841.
» Le 21 février 1841, j'ai quitté Macao pour entreprendre un voyage long et fort difficile ; j’ai parcouru l’empire chinois d'un bout à l’autre, et maintenant je me trouve à Si-Wan, dans la Tarlarie mongole. J'ai dépensé pour cette expédition quatre mois environ, beaucoup de sapèques, quelque peu d’épiderme de mes pieds, une partie de mon embonpoint et quantité de patience. Selon le calcul des humaines probabilités, j'aurais dû être plusieurs fois reconnu comme Européen, arrêté, incarcéré, torturé, et puis enfin étranglé ; mais la Providence a veillé sur moi ; et quand Dieu garde quelqu'un, croyez-moi, il est bien gardé. Pour peu que vous soyez satisfait de me savoir vivant et bien portant dans la Tartarie chinoise, vous réciterez, je n'en doute pas, quelque bonne prière d'action de grâces; cela me portera bonheur, et à vous aussi.
» Si, après Dieu , messieurs les mandarins du céleste empire veulent bien me permettre de vivre ici en paix pendant quelque temps; s’il ne leur prend vitement fantaisie de me tordre le cou, j'essaierai de vous décrire dans une série de lettres les contrées que j'ai parcourues. Vous ne serez donc pas étonné si je m'’abstiens aujourd'hui de vous donner sur mon Voyage un graud nombre de détails ; plus tard, ils vous par- ; viendront classés avec plus d'ordre et de netteté que je ne pourrais le faire à cette heure.
» Une course de quatre mois est sans contredit un pèlerinage fort long ; mais comme elle a été très-variée, je ne l'ai pas trouvée, il s'en faut bien, aussi monotone que je l'avais d'abord soupçonnée. Avant d'arriver à Si- Wan , durant sept cenis lieues de route , j'ai essayé, je puis dire , de tous les systèmes locomoteurs adoptés en Chine, La partie nautique de mon
VOy:
Dai, des | le fle gine J'étai les a fume le ple riot, mule rebor dorm instar le pr je ne avait laisse
sans € petit à péen ; souffri monté j'ai for que to:
quable des roi à la bo routes
» D' ya] bourbi.
ig'ole.
ole,
voyage ’autre, le. J'ai up de e mon s proopéen, jence a st bien et bien e pas, nheur,
veulent silne e vous . Vous donner us parrrais le
t long ; it bien, r à Side tous le mon