CHAPITRE II
ensuite qu'ils m'avaient reconnu à l'instant même où j'étais entré dans leur barque, que cela ne leur avait pas été difficile , Parce qu'ils avaient déjà conduit un autre Européen, il y avait tout au plus six ans, et que leur père, avant de mourir, leur avait recommandé sur ‘ce point une grande discrétion ; qu'au reste, nous n'avions rien à craindre, qu'ils étaient gens d'honneur et de probité ; seulement, ils nous Conjuraient de ne point commettre d'imprudence ; pour eux, ils seraient assidûment aux aguets,
» Cet événement, qui devait avoir pour nous les plus graves résultats, et qui s’annonçait comme 1 calamités , ne fut en définitive
n outre jouir d’une liberté plus Ts sur cette barque, et ce comnt délicieux, Quand nous fran-
neur ; quand je rencontrais quelque fier de railler le démon avec les et d’insulter à ces idoles des nations , œuvres de
» La rivière de Canton ne m'a quable,
, sur endues d'un sable fin et
e collines élevées, la "nes offrant pour toute parure, rares bouquets de pins et une
son Cours. En plusieurs endroits, or voi calcaires qu'on dirait taillées de main d'ho sommet , ou coupées en deux Pour ouvrir un lit à la rivière. J'ai demandé aux Chinois d'où venaient ces singularités. Eux , ils ont trouvé la chose toute simple : « C'est le grand empereur Iao, m'ont-ils dit, qui, aidé de son premier ministre Chum, à fait Partager ces montagnes pour faciliter l'écoulement des eaux après la grande inondation, » Vous savez,
t d'énormes masses de pierres mme depuis la base jusqu'au
mon cher ami, que, d'après la chronologie chinoise, cette grande inondation correspond au temps du déluge de Noë.
» Une de ces rives, qui s'élevait perpendiculairement comme une muraille colossale faite d'un seul bloc, était enrichie par surcroît d'un phénomène que je fus longtemps à comprendre. À une grande hauteur, on voyait deux espèces de galeries creusées dans le rocher ; sur ces galeries apparaissaient comme des figures humaines qui semblaient se mouvoir parmi d'innombrables lumières ; de temps en temps , des matières enflammées en descendaient et venaient s'éteindre dans le fleuve. Notre jonque approcha, et alors nous vimes, amarrées au pied de la colline, une foule de petites nacelles remplies de passagers. Cet endroit n'était autre chose qu'un pèlerinage du diable; ceux qui venaient y pratiquer leurs superstitions passaient de leurs barques dans un souterrain, puis montaient par un escalier taillé dans l'intérieur de la montagne jusqu'aux galeries sapérieures ; là se trouvent des idoles privilégiées , des morceaux de bois qu'on vient adorer de fort loin !
» Les pagodes sont presque les seuls édifices quelque peu élégants que j'aie rencontrés jusqu'ici. J'ai aperçu des ponts d’une architecture imposante ; il en est un surtout qui m’a frappé par ses gigantesques proportions ; il était tout en pierres de taille. je n’en consais qu'un seul qui lui soit supérieur, c’est celui de Toulouse ; ceux de Paris ne le valent pas. Aux environs des villes , on voit s'élever des tours de dix à douze étages. Toutes affectent la forme hexagone. Quelquefois les fenêtres sont percées en ogives, et si les angles et le couronnement n'étaient pas chargés de dragons volants et autres colifichets mytholcgiques, coulés en porcelaine ou en faïence, je crois que plusieurs de ces tours pourraient rivaliser avec les clochers de nos belles églises du moyen âge. Elles sont d’un effet pittoresque, surtout quand elles s’élancent du sommet d’une haute montagne. Personne n'habite ces monuments, si ce n’est les lézards et les oiseaux de proie. Leur unique destination, à ce qu'on m'a dit, est d'annoncer tout simplement que dans la ville voisine il y a des colléges où l'on prépare des élèves au grade de bachelier. A part les quelques édifices que je viens de vous signaler, tout le reste est sale , noir, pauvre, misérable , enfumé, ouvert à tous les vents et comme tombant en ruines. Villes et villages, tout fait pitié.
» Il m'est aussi arrivé de faire connaissance avec les chemins publics de l'empire céleste. J'ai parcouru pendant une journée la route la plus fameuse du pays ; on l'appelle voie impériale, ce qui n'empêche pas qu'elle
ne 8 ment trava que < piétor piétor chose:
combi qu'ils métier cela se du re] porteu » Li d'un b tellerie est néc confort; se repo; » La comme Cuper d peu d'ir dispositi champs.
propriét.
à son to » Sur une gran provinces Si qui fo:
par le Sa tion den sur Ja ter retrouve ville de s demain , d’une faib]
e inon-
me une it d’un auteur, es galenouvoir res en- , Notre ne, une it autre er leurs ontaient galeries de bois
nts que e impoproporseul qui ent pas.
étages.
percées rgés de rcelaine ser avec ffet pitntagne.
oiseaux nnoncer on prés que je érable , illes et
publics la plus qu'elle
CHAPITRE III ne soit pitoyable; elle est si étr ment y marcher de front, Bie travail a été exécuté d’une fa que cela :, 18t pas, je vous
piétons ; et remarquez, s'il vous plaît, piétons. J
choses
oite que trois hommes peuvent difficilen qu'elle soit pavée d'un bout à l'autre, ce Çon si irrégulière, avec des cailloux si pointus,
. Ils sont tellement accoutumés à ce
dix à douze lieues par jour, et cela sans relâche, n'ayant de répos que la nuit et durant là courte heure du repas. Les gens aisés peuvent louer à peu de frais des chaises à porteurs.
» Le grand avantage que présentent les chemins chinois, c’est que d'un bout à l'autre, et Presque sans interruption, ils sont bordés d'hotelleries , peu élégantes il est vrai, mais suffisamment Pourvues de ce qui est nécessaire à des Voyageurs qui ne courent Pas äprès le luxe et le confortable, Le plus souvent, ce sont de simples hangards , où l’on peut se reposer et dormir sans délier la bourse
» La route impériale, si chétive, comme je vous l'ai dit, reste en outre
tomme étrangère à la sollicitnde du gouvernement. Nu ne paraît s’occuper des réparations qu'elle exige ;
peu d'intelligence , quelquefois sur u disposition du sol. Quand elle n'est champs , et ici comme ailleurs , propriété. En vertu , Sans doute, à son tour, ronge par ses empiéte » Sur le plateau d'une monta une grande porte, espècé d'arc
Pas convenable, on passe à travers l'atilité publique prescrit sur le droit de du système de compensation, le champ, ments le chemin de l'empereur.
gne ardue, haute et escarpée , s'élève de triomphe qui fixe la limite de deux
par le Saint-Siége à notre Congrégation. Il est maintenant sous la direction de notre confrère Mgr Rameaux, évêque de Myre. En posant le pied sur la terre de Kian-Si, j'éprouvai Comme les émotions d'un exilé qui retrouve sa patrie, Je descendis le versant de la Montagne jusqu'à une ville de second ordre » OÙ je passai la nuit dans une auberge, Le lendemain , au jour naissant , je montai sur une jonque ; je suivis le courant d’une faible rivière qui coule parmi des collines plus boisées que celles de
Canton ; enfin, après quatre jours d’une navigation lente et paresseuse , j'eus la joie d'aborder à une de nos missions et d'embrasser M. Pescaud, excellent confrère que j'avais déjà connu à Paris. Il y avait trois semaines, jour pour jour, que j'avais quitté Macao. Les chrétiens d'alentour furent bientôt instruits de l'arrivée d’un Père européen; ils vinrent me saluer à la façon orientale, en me disant : « Que Dieu vous protége | »
» Je passai le dimanche au milieu d'eux, et j'y offris le saint sacrifice dans une chapelle bien pauvre, ilest vrai, mais embellie par la ferveur dé ces bons néophytes , par les prières qu'ils chantaient à deux chœurs durant la messe. Ces accords ne sont pas sans doute à la hauteur des savantes partitions de Rossini et de Meyerbeer, peut-être ne seraient-ils pas du goût des dilettanti et des virtuoses d'Europe ; mais pour moi j'y trouve quelque chose de tendre et de pieux qui pénètre délicieusement l'âme.
Les chrétiens ont la touchante coutume de se réunir dans leurs modestes
oratoires pour chanter en commun la prière du matin et du soir. Le dimanche, ces prières sont beaucoup plus multipliées et plus longues ; et, à la chute du jour, on se rassemble encore pour chanter le rosaire en entier. Je vous assure, mon cher Victor, que j'ai passé de bien doux moments à écouter leurs cantiques. Le chant a quelque chose de mystérieux et de divin. On a dit que l’homme avait d’abord chanté et qu'il avait parlé ensuite. Quand la langue du premier homme fut déliée , ses paroles en effet dûrent être un hymne au Seigneur. Maintenant notre langue est devenue prosaïque par le péché. Mais, comme rien n’a été totalement perdu par la déchéance, comme tout doit se retrouver dans la voie de réconciliation , la prière chrétienne a dû garder un souvenir de ce langage primitif, qui nous sera rendu au ciel pour chanter l’Alleluia sans fin , le trisagion éternel.
» Le lundi matin, après avoir dit la messe, je me disposai à poursuivre ma course. Nos chrétiens vinrent me souhaiter un bon voyage. Les adieux qu'on fait au missionnaire prennent toujours le caractère grave et imposant d’une cérémonie religieuse ; on se réunit dans la chapelle, on chante ensemble la prière du départ; le prêtre passe dans les rangs, asperge le penple d’eau bénite ; puis les fidèles s’avancent par petits groupes pour saluer le Père à la manière chinoise ; enfin le missionnaire bénit tout le troupeau, et après s'être mutuellement souhaité la protection du bon Dieu, on se sépare.
» A la ville voisine , nous louâmes une petite barque pour continuer notre route. Je vous ai mal parlé plus haut de la voie impériale, et pour
répa fleuv gran porte le fa faut 1 ou co d'un et d’ jonqu raisse des :
imme forme longu batea: » ( Ainsi jours.
redou de la | réunis C'est :
les vei rins, € quand darine nages les aut ciséme navires mange mêlent vous pl forteme au gén rouges, le plus
seuse , scaud, naines, furent saluer
acrifice eur dé rs dudes sails pas trouve l'âme.
odestes oir. Le ngues ; aire en IX MOtérieux il avait paroles gue est lement voie de langage fin, le
rsuivre adieux t impo- ) chante perge le es pour t tout le n Dieu,
ntinuer et pour