‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 72 sur 175 · CHAPITRE JII · texte numérisé non relu

CHAPITRE JII

chand, venait de promulguer un édit terrible contre tout missionnaire qui serait saisi sur les terres de sa juridiction... « Cet édit, poursuit M. Marelte, nous condarnait aux précautions les plus minutieuses ; de plus, l'insalnbrité da climat réduisit bientôt M. Cornay à un état de langueur habituelle, et des maux d'yeux fort violents vinrent encore agraver sa position. Il put néanmoins, depuis son ordination, célébrer assez régulièrement la sainte messe, administrer le baptême, entendre quelques centaines de confessions et visiter les malades du voisinage ; mais là se bornèrent ses courses apostoliques; sa santé dépérissait de jour en jour. Réduit à être à peu près inutile’à la mission, on lui conseilla de regagner l'Europe , et il én forma sérieusement le proiet. Ce ne fut pas néanmoins sans que son cœur de missionnaire souffrit vivement d’être réduit à une telle extrémité ; dans sa douleur d'abandonner celte carrière de combats qu'il était venu chercher si loin, il conjurait le Seigneur de le retirer à lui “avant qu'il fût contraint de quitter la terre annamite. »

» Les choses en étaient là, lorsqu'au mois de juin 4837, M. Cornay fut arrêté dans un village chrétien où ilse croyait dans une complète sécurité... Ce saint martyr a pu retracer lui-même les détails de tout ce qui fut fait à son égard presque jusqu'au moment de sa mort. Citons quelques fragments de cet intéressant récit.

« À l’instant où l'on vint m'avertir, dit M. Cornay, je partais pour célébrer la sainte messe ; comme il n'y avait pas un moment à perdre, un chrétien me conduisit bien vite sous un épais buisson , où je me tapis comme je pus. Je n'avais plus, comme dans la montagne , la ressource des marais et des sentiers détournés pour me cacher; il me fallut donc rester là, au milieu même du quartier général des soldats qui m'environnaient et dont j'entendais les moindres paroles ; tou. .ois, entouré de haies comme je l'étais, je ne pouvais être vu ni atteint. … On se mit à battre et à examiner te … +s buissons du village. Le danger devenant plus pressant, je dis mon vuuyelet , et vous pouvez penser à quels mystères j'en appliquai les dizaines ; vous pouvez imaginer quel sacrifice j'avais offert le matin zx lieu de la sainte messe, quelle méditation avait remplacé celle du jour. Ce ne fut cependant qu'à quatre heures du soir que les soldats parvinrent jusqu'à moi. Quand je vis pénétrer dans les buissons leurs longues lances armées d'un pied de fer, je ne songeai nas qu'i! eût êté préférable de me laisser percer sur la place , ce qui eût évité toutes les misères qui découlent des circonstances présentes; je sortis avant que le fer m'eût atteint, et me livrai à eux. Me voilà donc pris ! On cou pa

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