‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 73 sur 175 · L || PA · texte numérisé non relu

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ma liane dans le buisson, et jendant qu'on m'attachait les bras derrière le dos, je m'offris à Jésus garrotté. Conduit devant les mandarins , je me mis à genoux et rendis mes hommages à Jésus crucifié et à la très-sainte Vierge, dont les images , saisies avec quelques autres effets avant mon arrestation , étaient suspendus derrière les mandarius. Ils virent que mes yeux étaient fixés spr ces objets sacrés, et me les présentant, ils m'en demandèrent l'explication. Je leur fis sur-le-champ ma profession de foi par un signe de croix bien carrément formé et clairement proc ncé. … Mais la proie était trop belle, continue M. Cornay, pour lui laisser !a possibilité de s'évader ; on s’empressa en conséquence de lui mettre la cangue au Cou; cette cangue qui doit un jour, comme le disent dans leur lettre les membres des conseils de la Propagation de la foi, se changer pour nous en une auréole de gloire... Toutefois la cangue n'est pas au Tong- King ce qu’elle est en Chine, une large table carrée, qui ôte toute communication des bras à la tête (1); ce sont simplement deux longs morceaux de bois liés par quatre tringles , dont deux resserrent le cou et deux autres unissent les extrémités; celui qui la porte est donc encore assez libre dans ses mouvements. On garrotta aussi quarante individus, pour les tenir prêts aux corvées lors du départ des troupes. Je voyais tout ce manège, et je plaignais ce pauvre peuple qui, trop faible pour recevoir ses malheurs avec reconnaissance de la main de Dieu, allait en déverser toute la faute sur moi et surtout sur mon confrère, M. Marette, qui m'avait placé dans ce village. »

» Après une assez longue prière à genoux et exposé aux ardeurs du soleil au milieu du chemin , M. Cornay s’assit et s’ombragea d'un van, puis il répondit aux questions d'usage. Cependant la plupart des hommes du village en avaient été quittes pour différer leur déjeuner jusqu'à midi, et à cette heure les femmes et les enfants étaient venus leur apporter un

(1) Lu cangue chinoise est une espèce de table d’un bois épais, carrée, large de quatre à cinq pieds, pesant ordinairement de cent à deux cents livres; au milieu est un trou propre à recevoir le cou. Cette table est divisée par le milieu en deux parties qu'on unit avec des crochets de fer quand le cou se trouve pris au milieu. De cette manière les épaules portent tout le poids. En cet état, les mains ne pouvant pas approcher de la bouche, le patient est obligé de gager quelqu'un pour le servir. Cette cangue reste nuit et jour; et il y en a qui sont condamnés à la poïter toute leur vie. Les uns, pour ne pas en être écrasés, la font suspendre, par le moyen de cordes, aux poutres de la prison, et dorment assis; d’autres appuient une des extrémités contre la muraille, l'autre à terre, et dorment ainsi à genoux. . (Note des Annales.)

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