CHAPITRE Iii
-il, je ours de chauds, ‘Je chante tou- » auquel il n’est pas ntence aura paru > ne
Quatre-Temps : « Car, rien ne m'empêchant de jeûner, ajoutait fais les jeûnes d'obligation. Si je vis encore dans les premiers j froid , vous me feriez Plaisir de m'envoyer des Habits un peu plus et même mes vieilles chausses ne seraient pas superflues. jours, en l’absence comme en présence du colonel nécessaire de faire mauvaise mine. Dès que la se Manquez pas de m'en informer. :
» Si jusqu'ici je n'ai pas signé mes billets, c’est que je comptais toujours y ajouter, et que l'occasion me les arrachait à l'improviste. Je suis, avec reconnaissance , tout à vous en cette vie et en l’autre.
» J.-C. Connay, dans les fers. »
» Dans ma réponse, j’eus soin de le prévenir qu'il irait célébrer la Toussaint au ciel , et que certainement il ne verrait pas le premier jour de l’année suivante. Tont annonçait, en effet, que la sentencs allait être rendue... Le 6 septembre , le gouverneur général se fit apporter M. Cornay dans la cour de la salle d'audience , comme Pour instruire sa cause ; mais en réalité pour l'endormir sur son pressant danger de mort. Je suppose que les mandarins , redoutant le pouvoir magique de l'Européen , car ils en sont à ce point de crédulité , craignirent l'effet de sa vengeance ; tels furent sans doute les motifs qui les engagèrent à lui parler de sa délivrance prochaine , due à l'intérêt qu'ils lui portaient. Mais j’eus soin d’éclairer M. Cornay sur sa véritable position, par une lettre à laquelle il me répondit comme il suit :
« Ee jour de l'Exaltation de la sainte Croix.
» Lœtatus sum in his Quæ dicta sunt mihi : In domum Domini ibimus. Je reçois, mon bien-aimé confrère, votre billet dans lequel vous me dites que la paix n'est pas de ce monde. Si, en pensant que tout était terminé, je me suis livré à la joie, c'était dans la joie du Seigneur, uniquement en vue de sa gloire. Mais vous savez trop combien j'ai toujours désiré être délivré de ce corps de mort, pour croire que, malgré les différentes lueurs d'espérance, j'aie été un instant sans offrir ma vie au bon Dieu, Je ne compte guère sur la sentence du roi; et, supposé qu'on l’attende, elle ne changera rien sans doute, on ne fera qu'aggraver le mal. Consummatum est : l'iniquité a consommé son astuce. Votre charité est parfaite en m'avertissant à temps, pour que je ne sois pas trop surpris par l'annonce de la mort; car elle ne tardera pas sans doute, si l'on craint que je me la donne moimême,
» Que votre lettre soit donc la dernière ; vous ne sauriez, d’aiheurs ,
plus rien avoir à me dire. Quant à moi, quoiqu'on paraisse m'observer avec moins de vigilance , ‘dès qu’on recommencera à le faire , ce sera avec tant de soin que je ne pourrai plus vovs icrire, même la nuit.
» Adieu, mon bien-aimé; adieu à tous mes confrères et à notre digne évêque : si j'ai pu quelquefois, à mon insu et en quoi que ce soit, le contrister, je lui en donne pardon; certes, je ne l'ai pas fait avec malice.
» Je désirerais bien. que vous pussiez me procurer l'absolution ; mais si cela est impossible, Ô mon Dieu, dis-je souvent, « contrition pour confession, mon sang à la place de l'Extrême-Onction. » Je ne me sens la
: . Ca conscience chargée d'aucun péché grave; pour cela, cependant, je ne
suis pas justifié. Mais Marie m'obtiendra la contrition, et le sabre me fera l'onction.
» Déjà j'avais écrit ma confession au P. Thé; mais, pour ne rien négliger, je l'ai refaite : confiez-la à celui que vous pourrez “éputer. Diteslui que, quand il aura fait le signe convenu , il me suive pas à pas jusqu'à ce que tout soit fini. J'absoudrai moi-même mes compagnons, si je meurs
avec eux. Adieu, adieu; priez et offrez le saint sacrifice pour mon heu-
reuse mort.
» Tout à vous en cette vie et en l’autre.
» J.-C. Connay , indigne soldat de J.-C. »
» Tel fut le testament du martyr; mais il ne me parvint qu'avec la nouvelle de sa mort.
» Le 20 septembre, mercredi des Quatre-Temps, étant jour de jeûne, M. Cornay attendit jusqu’à midi pour prendre son repas. Le catéchiste qui avait ordre de demeurer près de lui, ayant dîné à son tour, se rendit . à la chrétienté voisine, et laissa une seule religieuse pour prendre soin ‘e ce qui pourrait arriver. Entre midi et une heure, on aperçoit un courrier à cheval portant un drapeau; aussitôt un soldat chrétien , averti par le courrier même , informe la bonne religieuse qu’on va exécuter M. Cornay. Seule dans un moment si critique , elle se trouvait assez embarrassée, mais bientôt son parti est pris ; elle dit à une vieille domestique de se charger de deux nattes pour les étendre sous le martyr lors des apprêts du supplice, et court vers la prison. J'ignore ce qui se passa alors dans la forteresse; probablement qu'à la réception de la sanction
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