CHAPITRE iii
leurs , . royale, les mandarins s'assemblèrent , et qu'on intima l'arrêt au conbserver damné.
r'a avec » Sur les deux heures, paraît le convoi fatal, Il sort par la porte de derrière ou occidentale de la forteresse , longe le côté méridional , et vient e digne aboutir à la grande rue. M. Cornay est seul dans sa cage , sans aucun soit , le de ses compagnons d’infortune. Trois cents soldats environ le précèdent ; it avec autour de lui sont les bourreaux * avec le sabre nu ou la hache à la main. En avant, on porte la planche où est écrite sa sentence, derrière , une 3 mais cymbale rend de moment en moment quelques sons Jugubres ; enfin ; le ir COn- | général qui doit présider à l'exécution ferme la marche, il est à cheval. sens la . La nouveauté du spectacle (car jamais Européen n’a été exécuté dans ce ,je ne Pays) attire une foule immense. Ceux des chrétiens du voisinage qui me fera ont pu être prévenus accourent aussi en hâte, mais ils s’abstiennent de toute démonstration extérieure d'aflliction. Pendant le circuit de la forteien né- resse , le martyr chante ; parvenu à la grande rue et pendant le reste du Dites- trajet , il lit des prières dans un livre. Chacun admire sa tranquillité, et jusqu’à sa grandeur d'âme étonne Les idolâtres , qui n’en Comp'ennent point le ) meurs motif. Le convoi, étant scrti de la bourgade , quitte la route et dévie on heu- vers un champ voisin, choisi pour lieu de l'exécution ; le trajet avait duré
vingt minutes. M. Cornay est déposé dans sa cage, au coin nord-est de la
place où il va être immolé : les soldats forment le cercle et plantent leurs
lances en terre ; la foule s'agite derrière près des champs ensemencés, où
C elle est contenue par les soldats » Qui tous sont arrés d'une verge ; l'officier présidant reste en dehors sur la route » avec le porte-voix-et la cym-
avec la bale ; enfin l’écriteau où est inscrite la sentence est fixé non loin du
martyr; on y lit ces mots :
jeûne, » Le nommé Tan, dont le vrai nom cst Cao-Lang-Ne (Cornay), du échiste royaume de Phu-Lang-Sa (France), et de la ville de Loudun , est cou- » rendit pable comme chef de fausse secte , déguisé dans ce royaume , et comme re soin chef de révolte. L'édit souverain ordonne qu'il soit haché en morceaux, FO et que sa tête , après avoir été exposée durant trois jours , soit jetée dans erti par
le fleuve. Que cette sentence exemplaire fasse impression partout ! Fin EL. Cor- j de l'inscription.
embar- » Le 21 de la huitième lune de la dix-huitième année du règne de estique Minh-Mênh, »
ors des » Cette peine , réservée aux seuls criminels d'Etat, est le dernier des p pren supplices. Elle consiste à avoir d'abord les bras et les jambes coupés, puis anction
la tête, et enfin le reste du corps fendu en quatre. Bien qu'ordinairement
l'amputation des membres soit faite par plusieurs bourreaux, et à peu près en même temps , on comprend néanmoins quelles horriblesouffrances il doit en résulter pour le patient, Comme missionnaire, et même comme simple Européer , M. Cornay était voué à la mort; mais, sans l'inculpation de révolte, jamais il n'eût 618 condamné à être haché par morceaux. Cependant la cage est ouverte par le haut à l’aide du sabre , et inclinée pour faciliter la sortie du prisonnier. Après, le martyr s'assied à terre pour qu'on lui ôte ses fers. Il se rencontre que l'ouvrier de corvée estchrétien ; celui-ci s’est vanté d’avoir ouvert si délicatement les trois anneaux rivés , que le Père ne dut pas s’en apercevoir ; il ajoute que , sur sa demande d'un petit souvenir, le missionnaire s’arrachs quelques cheveux et les lui donna. Puisse ce chrétien avoir part aux mérites du saint martyr! Cependant les bourreaux plantent en terre quatre piquets d'environ un pied, pour y attacher les pieds et les mains de la victime. La vieille servante se présente avec ses deux nattes; mais sur la défense d'entrer dans le cercle , elle les remet aux bourreaux. Ceux-ci prennent encore la natte qui était dans la cage, puis en étendent deux, l’une à côté de l’autre , et la troisième par-dessus. Le vieux tapis d'autel, que le mandarin avait laissé jusque-là à M. Cornay, est aussi plié en quatre et étendu sur les nattes. Tel est l’autel où sera immolée la victime.
» On ordonne au martyr de se déshabiller ; il est forcé d'ôter son pantalon et de ne garder que sa chemise ; alors il se prosterne de tout son long et à plat ventre sur le tapis. Cependant quatre bourreaux lui attachent les pieds et les mains aux quatre piquets ; un cinquième consolide la tête à l’aide de deux autres piquets fixés à côté des tempes ; ceci, à la différence des indigènes, qui sont attachés par leurs longs cheveux à un seul piquet placé en‘avant. Les bras sont étendus en croix, mais les pieds sont presque réunis.
» Après ces préparalifs, qui ont pris environ vingt minutes , le portevoix demande si tout est prôt ; et, sur la réponse affirmative , partie de toutes les bouches, il annonce aux bourreaux qu’aussitôt après le premier coup de cymbale, ils tranchent d'abord la tête , puis amputent les bras et les jambes , et fendent le tronc en quatre morceaux. Il ajoute que la tête sera exposée pendant trois jours, et le corps remis au chef du quartier. La décollation du martyr, avant tout, était une chose d'autant plus élonnante qu'elle contrastait avec l’ordre royal que deux secrétaires tenaient en main sur la place même. Je ne puis expliquer autrement ce procédé qu’en le rapportant à un reste de sentiment d'humanité de la part des
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