‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 83 sur 175 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

léger repas dans la joie du Seigneur , arriva la ratification du jugeinent qui condamnait Mgr Borie à avoir la tête tranchée , les deux prêtres à être étranglés , et les deux autres confesseurs à attendre dans les fers qu'il plût au tyran det… ‘. ‘our de leur supplice. Aussitôt le mandarin criminel ordonna au geblier de faire cuire une poule pourles trois Pères. C'est Eusage du pays de régaler ceux qu'on va mettrs : mort, Comme c'étais un samedi, et qu'ils jeûnaient tous les trois , Mgr Borie répondit qu'ils ne mangeaient pas de viande ce jour-là ; que néanmoins, pour plaire au mandarin criminel , ils boiraient un peu de vin. Alors tous les autres prisonniers se levèrent pour saluer une dernière fois les saints martyrs. Mgr Borie n'oublia pas son jeune élève. Avant de quitter la prison, * ‘confia à Chu-Nam, en disant : « Je pensais que nous irions tous ensem

au supplice ; mais puisqu'il en est autrement je déclare que j'adopte .: jeune homme pour mon fls ; ainsi toute l'affection qne vous avez eue pouf ‘i, je vous prie de la reporter sur mon cher entant.

» Tous les prisonniers fondaient en larmes, et ce fut au milieu des sanglots que se firent nos derniers adieux. Le mandarin nous laissa donne: pandant quelques instants un libre cours à notre douleur; puis il lut aux concmnés leur sentence, et leur exprima ses regrets de ne pouvoir différer : ::n jour leur exécution, afin de leur préparer un festis, Alors Mgr Borie se leva et lui dit : « Depuis mon enfance, je ne me suis encore prosterné devant personne ; maintenant je remercie le grand mandarin de la faveur qu'il m'a procurée, et je lui en témoigne ma reconnaissance par cette prostration. » Mais l'officier l'empêcha de se jeter à ses pieds , ot se mit à pleurer comme les atres. es PP. Diem et Khoa firent à leur tour les mêmes remerciments , et on partit pour le lier. du supplice.

» Mgr Boris marchait à grands Pas, et e retournait de temps à autre “our voir si les deux Pères pouvaient le suivre. Tous les trois montraient une fignre rayonnante d'une sainte joie. Chemin faisant , le missionnaire saluait tous ceux qu’il connaissait et leur souhaitait la paix. Le mandarin Ro fut un de ceux qui se rencontrèrent sur son passage; il fit fairo halte au cortège, et demanda au prâtre européen si à cette heure il craignait enfin la mort. « Je ne suis pas un rebelle ni un brigand pour la crairdre , réponditle martyr, je ne crains que Dieu, Aujourd’hui c'est à :aoi à mourir,

demain ce terale tx an autre, — Quelle insolence! dit le mandarin en lauçantunc imp. ation : qu'on le souffletté, » Et il s'éloigna. Les soldats ne liurent pas compte de son ordre, Arrivé sur le le,.1 de l'exécution, Mgr Borie fit appoier un des écrivains et le chargea de dire su mandarin

B" que, si sa réponse avait pu l’offenser, il lui en demandait pardon.

» Sur le lieu désigné pour le dernier supplice, six nattes avaient été étendues d'avance par un chrétien : les trois martyrs s'y agenouillèrent et prièrent quelque temps, le visage tourné vers l'Europe. La prière terminée, un serrurier brisa le fer qui réunissait les deux parties de leurs cangues. On fit coucher les P. Diem et Khoa à plat ventre pour être étranglés. Monseigneur était assis, les jambes croisées, son habit replié jusques au-dessous des épaules. Alors le mandarin prit son porte-voix , et donna pour signal qu’au troisième coup de cymbale les exécuteurs fissent leur devoir. Le supplice des deux prêtres annamites fut prompt, celui de Mgr Borie fut affreux. L'exécuteur, à demi ivre, no savait presque pas ce qu'il faisait ; son premier coup de sabre porta sur l'oreille du martyr et descendit jusqu’à ia mâcaoire ; le second enlova le haut des épaules et le replia sur le cou; le troisième fut mieux dirigé, mais il ne sépara point encore la tête du tronc. À cette vue le mandarin criminel recula d'horreur. Il fallut y revenir jusqu’à sept fois avant d'achever cette œuvre de sang, pendant laquellele saint prêtre ne poussa pas un seul cri! En punition de sa maladresse, le bourreau fut condamné àrecevoirquarante ccups de rotin. Aussitôt après l'exécution, chrétiens et païens, mandarins et soldats se jetèrent à l'envie sur les dépouilles des saints martyrs , et se les disputèrent comme autant de trésors. Quelques fidèles réclamèrent et obtinrent la permission &e leur donner la sépulture. On dit qu'actuellemen les païens vont sur leurs tombes offri: des sacrifices comme à des génies tutélaires.

» Nous avons tâché d'écrire d'une manière véridique ce qui s’est passé depuis l'arrestation de Mgr Borie jusqu'à son dernier moment, afin c'e prévenir tout récit exagéré ou fabuleux, toute tradition orale peu exacte. Nous prions ceux avi liront cette notice de prier pour nous qui sommes des pévheurs. »

Soins de la Providence pour ses élus.

Fragment d'une lettre de M. Perboyre.

580 En Chihe, comme ailleurs, le prêtre est souvant à même de ramarquer les soins do la Providence envers ses élus, surtout lorsqu'il

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