‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 98 sur 175 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de mon Dieu reposant sur ma poitrine nuit et jour, comme il nous arrive souvent ici, portant sur mon cheval les instruments du grand sacrifice, m'arrôtant de temps à autre au fond du bois, et faisant de la chaumière d'un 0} -«r catholique le palais du Roi du ciel, combien je me sens plus pénétré tte pensée de saint Paul, que Dieu aime, pour faire de grandes choses, à se servir de ce qui n'est rien : Ka quæ non sunt ! Oh! alors je m'abandonne volontiers , et je dois le dire , À celte heure si importante de ma vie , je n'ai rien encore ressenti de pénible ; tout a été le doux entraînement de la volonté de Dieu, qui ordonne et exécute lui-même par sa grâce. Oh! comme je me fie avec délices en lui! Priez beaucoup pour moi; voici le temps... J'étais diacre depuis le 24 septembre , lorsqu'un soir arrive une lettre cachetée de noir, annonçant que M. Desseilles, depuis sept ans missionnaire chez les Indiens, était mort. Il :vait averti à temps, à Chicago et à Logansport, ses deux plus proches voisins; mais l'un était très-mal, et l'antre , au lit depuis plusieurs semaines, était trop épuisé pour pouvoir se transporter à soixantc-quinze milles. M, Desseilles eut à mourir tout seul : oh! Marie l'aura assisté! C’est là sans doute une des plus rudes épreuves des missionnaires: mais comme ils ne s’exposent à ce danger que pour l'amour de Dieu, lui, si bon, ne les laisse pas sans secours à la mort; et s’il les prive de l'assistance d'un prêtre, c'est assurément pour embellir leur couronne des mérites d'un dernier sacrifice. Je pense bien qu'il n’accorde cette faveur qu’à ceux qui sont ses saints amis.

» Dès le premier moment, Monseigneur résolut de m'envoyer à la résidence du défunt pour régler les affaires; mais je devais faire ce voyage comme diacre, lorsqu'arriva de Logansport une lettre do M. François, exprimant la douleur de se voir réduit par la maladie à refuser son ministère à ceux qui mouraient dans sa congrégation. Je me trouvai tout ému à la lecture de cette lettre. Monseigneur préparait l'ordination d’un prêtre irlandais pour la semaine suivante ; il m'avait dit plusieurs fois en me parlant de mon voyage : « Il faudrait être prêtre; » mais il savait que je désirais du temps, et Ini-même en désir:‘: pour moi. Toutefois je me sentis entraîné à lui dire qu'en l'état prisent des choses je n'aurais pas d'objections à faire à mon ordination, s'il le jugeait convenable, Mes paroles se rencontraient avec ses intentions ; dès lors mon ordination fut décidée. Prêtre hier, j'ai dit ma première messe aujourd'hui, et dans deux jours je vais à Southbend consoler un peuple d'indiens qui ont adressé à Monseigneur une touchante pétition pour un nouveau prêtre. En même

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