LES COMMENCEMENTS DE LA MISSION
Les archives de la Propagande et celles de la Marine française font mention d'une Mission fondée par les Capucins italiens, à l'embouchure ou sur l'estuaire du Gabon {les Portugais disaient Gab&o), avant 1777. Mais bientôt les missionnaires sont contraints de quitter le pays « depuis qu'ils ne peuvent plus avoir l'hospice dans les îles de Sâo Thome et du Prince, en conséquence des décrets que la Cour de Portugal a faits de ne plus recevoir de Religieux étrangers dans ses Etats ». {Arch. de la Marine. Doc. hist. Sénégal, 1770-79.) Nous retrouvons donc même ici le contrecoup des décrets de Pombal et de la haine anti-religieuse qui les avait inspires. Il y en aura bien d'autres : bientôt, le Portugal perdra la plupart de ses immenses et riches colonies ; l'Espagne, qui l'imite par la Pragmatique de Charles III, en 17G7, subira les mêmes désastres; la France ellemême, qui sous l'impulsion des Jansénistes et de la marquise de Pompadour, bannissait les Jésuites en 17G/1, allait être entraînée
dans le même torrent. La civilisation, de ce fait, sera retardée de plus d'un siècle pour ces contrées.
Portalis, dans son rapport à TEmpereur pour le rétablissement des congrégations de missionnaires en France (i8o5), aura bien soin de faire remarquer que, à cette décadence des Missions catholiques, conséquence des expulsions des Religieux, partielles en France, complètes en Portugal, correspond l'action inverse des Anglais qui expleîtent dès lors Faction des pasteurs protestants pour envahir la place des Catholiques. Ils y réussiront si la France ne ressaisit sa place, notamment en Afrique, et la seule place qui lui convienne : la première.
Fort heureusement la France « se ressaisit ». Mais il n'en est pas moins vrai que les ruines s'étaient amoncelées au point que, sur ces côtes de Guinée, il ne restait d'autres vestiges du passage des Chrétiens que de vieux canons hollandais et portugais qui servaient jadis à annoncer aux marchands d'esclaves que le navire négrier était là, dans l'estuaire, prenant cargaison. Ce fut la résolution de mettre décidément fin à ce trafic déshonorant qui amena les cabinets de Paris et de Londres à conclure les traités de i83i et de iSSg, établissant des croisières pour la surveillance des côtes. Le choix du Gabon, comme point de station et de ravitaillement, revient au prince de Joinville et aux officiers de la Belle Poule ^ envoyée en i836 à Sainte- Hélène pour en rapporter les restes de Napoléon.
L'amiral Bouët-Wuillaumez chargea M. de Mauléon de conclure un arrangement avec le roi Louis, chef de la rive droite de l'estuaire. Le comptoir était fondé en 1 842, avec trois autres : ceux de Grand-Bassam , d'Assinie, et de Garroway ou Cap des Palmes. Le gouvernement français se préoccupa dès l'abord d'y avoir des missionnaires, « quelques Religieux des deux sexes, bien choisis, patients et persévérants », comme l'écrivait le 3i décembre i8/|'i le ministre de la Marine, M. de Mackau. « Dès que j'ai appris, poursuivait-il, la création de nos factoreries du Gabon et d'Assinie, je me suis occupé des moyens
d'étendre, par l'influence religieuse, notre action politique et morale sur les populations africaines. Il fallait, pour atteindre ce but, une association de missionnaires, et je me suis adressé à M. Libermann. Suivant la teneur d'un traité passé avec ce digne abbé, chaque comptoir recevra 3 missionnaires et 3 Frères convers, auxquels vous servirez le traitement colonial. J'appelle votre attention sur la disposition qui permet que les missionnaires aient la liberté d'aller faire des tournées à l'intérieur, pour prêcher la parole de Dieu. Cette clause
m'a été demandée par le P. Libermann, et j'y ai adhéré volontiers »
C'est en vertu de ces ordres que le commandant de Mauléon allait recueillir, au Cap des Palmes, le P. Bessieux et le Fr. Grégoire, et les déposait, le 28 septembre iS^/i? au fort d'Aumale, à l'entrée de l'estuaire du Gabon. Les missionnaires- y furent bien traités; mais, désirant se rapprocher des populations et agir avec plus de liberté, ils construisirent, près de là, la pauvre case que Mgr Bessieux voulut habiter jusqu'à sa mort. Un territoire d'une vingtaine d'hectares fut acheté aux rois Louis et Kwaben. La Mission de Sainte-Marie du Gabon était fondée en même temps que la France elle-même prenait pied sur ce coin de terre, d'où devait sortir l'immense domaine du Congo
français.
Deux familles, au type bien tranché, se partagent ces pays : les Négrilles ou Pygmées^ et les Banious.
Les premiers sont peu nombreux, sauvages, changeant continuellement de campements au milieu de la forêt, et à peu près inaccessibles.
La grande famille dite des Bantous se divise en deux groupes :
r Le groupe Mpongoué, c'est-à-dire les Mpongués de l'estuaire, les Oroungous du cap Lopez, les Galoas du Bas-Ogoué, les Nkomis du Fernan-Vaz, et, avec une langue différente, toutes les populations côtières qui s'étendent de l'estuaire du Gabon au Cameroun : Bengas, Balenguis, Kombés et autres.
2° Le groupe Fang ou Pahouin, de beaucoup le pkis important.
qui comprend aussi les Shékianis, Shékès ou Boulous, les Bosyébas, les Dzèm, les Dzandzamas, etc. Citons enfin les Kèlès (Ba-Kèlè) et autres tribus éparses qui envoient de l'intérieur à la Côte un certain nombre de leurs représentants.
Les Mpongoués et les populations côtières, depuis longtemps en relations avec les négriers, les trafiquants et les voyageurs européens, ont pris à leur contact un léger vernis de civilisation matérielle, qui, à leurs propres yeux, les rend bien supérieurs aux « sauvages » de la brousse : ils vivent de ce commerce, et, avec A ^^^^^^Q '^^ Européens, ils ont appris à tout
^f ^m^^^K^ exploiter. Mais, en même temps, ils
fournissent un exemple curieux et saisissant du résultat que peuvent avoir sur un peuple la désorganisation de la famille, la recherche de la jouissance et du luxe, le manque de base morale ; ce sera, à brève échéance, l'extinction de la race.
Les populations de l'intérieur ,
comme les Fangs, n'ayant pas encore
été désorganisées dans la famille et la
constitution sociale, sont beaucoup plus vigoureuses, plus denses et
plus saines.
Toutes vivent de la culture — manioc, bananes, maïs, etc. — de la cueillette, de la pêche et de la chasse. Il y a peu d'élevage : des poules, des cabris, des moutons, des cochons, et, çà et là sur la côte, quelques bœufs.
Par ailleurs, on trouve ici le bœuf sauvage, le sanglier, le léopard, de nombreuses variétés de singes, parmi lesquelles le chimpanzé, si facile à apprivoiser et si curieux, et le monstrueux gorille.
L'éléphant se rencontre encore parfois jusqu'à la Côte. Dans les rivières, les fleuves et les lacs, si nombreux et parfois si beaux en ce pays équatorial, s'ébattent les lourds hippopotames, les lamantins à la chair délicieuse, les crocodiles et de nombreux poissons. Beaucoup d'oiseaux aussi, et des insectes partout.
Mais où la vie semble déborder, c'est dans le règne végétal. Chaque jour, ou presque, pendant neuf mois de l'année, un orage éclate et répand l'eau sur cette terre qui, quoique argileuse et en général peu fertile, se couvre avec une rapidité et une vigueur étonnantes d'herbe, d'arbustes et d'arbres, ceux-ci souvent énormes, superbes, qui donnent à tout le pays l'aspect d'une indestructible forêt vierge.
C'était au milieu de cette nature équatoriale que restait abandonné le P. Bessieux. Enfin, le i" août 1846, les PP. Briot.de la Maillerie et Le Berre , avec le ^^^ ^^^^g p,houih de h musio»
Fr, Pierre, s'embarquent à Corée
pour aller le rejoindre, à bord du navire de guerre le Caïman. Dans les discussions quotidiennes, la plupart des officiers, imbus des utopies pbalanstériennes de l'époque, voulaient amener les missionnaires à appliquer à l'entreprise nouvelle les théories de Saint-Simon, Fourier et Victor Considérant. Ancien officier de marine lui-même, le P. Briot de la Maillerie soutenait vaillamment le choc, pendant que, plus réservé, le P. Le Berre passait ses journées à prier. Parmi les officiers du Caïman, le plus en vue se confessa et communia, avec un de ses camarades, en débarquant au Gabon. A la fin de la campagne, il démissionna et se fit Jésuite. C'était le P. Clerc, le futur
rr
'22i LES MISSIONS CATHOLIQUES
martyr de la Commune. C'est là aussi que, plus tard, retrouva la foi le D' Fonsagrives, le futur professeur de la Faculté de Montpellier. « Notre première visite fut pour la chapelle, raconte le P. Le Berre. Elle occupait la chambre du milieu de l'humble case en bois. Une ancienne caisse de genièvre, garnie à l'intérieur d'un morceau de toile blanche, et fermée par une pierre plate, formait le tabernacle. Un vieux baril de « petit salé », recouvert d'un léger tissu, servait de piédestal à une pauvre statuette de la Vierge. Une porte donnait entrée dans la chambre du missionnaire pouvait ainsi apercevoir le tabernacle, et dormir sous la garde du Saint Sacrement. Trois ou quatre enfants, qui savaient déjà quelques mots de français et un peu de catéchisme, étaient tout l'espoir de la Mission.
Pour tout trésor, quelques pièces de tissus, du tabac en feuilles, et... un sou, un misérable petit sou, qui faisait peur à voir, tellement il paraissait abandonné ! »
En r8'i8, le P. Bessieux, nommé Vicaire apostolique des Deux- Guinées, ramène de France les Sœurs de l'Immaculéc-Conception de Castres. Leur dévouement devait y rester à la hauteur de toutes les épreuves. Plusieurs déjà sont tombées. Deux ont péri dans un naufrage à la hauteur du cap Santa-Clara. La Mère Louise, venue des premières, y est restée ^o ans. La Sœur Saint-Charles y travaille encore avec une vaillance qu'aucun jour n'a démentie, après bientôt 5o années de séjour.
Cependant, l'année suivante (18/19), '^ frégate Pmélope, ayant saisi à bord du négrier Elizin /|6 nègres et négresses du Congo, il
parut facile au gouverneur de créer le phalanstère tant rêvé. On débroussa, près de la côte, un vaste plateau, un peu au sud du Fort Joinville. Le P. Le Berre lut officiellement chargé de faire au nouvel établissement» un cours de morale ». Mais peu à peu le village se désagrège, les nouveaux libérés meurent ou s'établissent plus loin, et bientôt le Gouvernement, quittant le Fort d'Aumale, s'établit au Plateau. La capitale du Congo français était fondée sur les ruines du phalanstère; elle en garda le nom de Libreville.
La Mission ne suivit point le Gouvernement; elle préféra rester à l'endroit où la Providence avait conduit son fondateur, à Sainte-Marie, à une distance de 20 minutes du Plateau. Elle hérita du blockhaus, ou plutôt de l'emplacement laissé disponible par le fait du transfert des services à Libreville. Ces bâtiments étaient, du reste, de mince valeur, et bientôt un incendie, dû à la malveillance d'un chef voisin, vint, au jour de Noël i858, les réduire en cendres.
On profita de cet accident pour reconstruire plus solidement une église dédiée à la Sainte Vierge, des bâtiments pour les missionnaires, les ateliers et les écoles. Bientôt, une centaine d'enfants, presque tous Mpongoués, se groupèrent à la Mission, où, avec la religion et le français, on leur apprend divers métiers. Le commandant Bouët a buriné le caractère de ces populations, en les appelant des a courtiers intelligents, mais fainéants et astucieux ». Bien peu, en effet, brillent par l'amour du travail. Un jour que Mgr Bessieux essayait de leur en démontrer la nécessité, l'un deux lui objecta : a Mais les Blancs ne travaillent pas! » Frappé de cette parole, le pré-
lat désormais, chaque jour après sa messe, sortait, la machette à la main, la bêche sur Tépaule, et, tout en chantant psaumes et cantiques, commençait à « débrousser » la forêt qui entourait la Mission. Les Noirs le contemplaient d'un œil émerveillé; mais malgré ses efforts, le préjugé contre le travail persista. On manda alors de France des Frères pour les mettre à la tête d'ateliers de charpente, de menuiserie, de maçonnerie, etc., afin de former des ouvriers indigènes. On transforma le terrain de Sainte-Marie en de magnifiques allées de manguiers, de cocotiers, d'arbres à pain, de bananiers, d'avocatiers, de mandariniers et d'orangers. Bientôt on cultiva des cannes à sucre, des caféiers, des cacaoyers, de la vanille, des légumes de France et des tropiques.
Au point de vue religieux, des établissements avaient été fondés dans TEstuaire, à Tîle Konikè, par le P. Briot, en 1846; en face de Libreville, au village du Roi-Denis, appelé Saint-Thomas, par le P. Ramboz; à Saint-Jacques, sur la Remboué, affluent du Komo, par le P. Peureux, le tout sans succès appréciable; puis, en 1849, ^ Saint- Joseph des Bengas, au Cap Estérias; au Cap Lopez, sur lequel le baron Didelot venait d'étendre le protectorat français. Mgr Bessieux songeait même à se lancer vers l'intérieur. Mais nul ne consentit alors, ni parmi les Noirs, ni parmi les Européens, à l'aider : Tintérieur était considéré comme inaccessible.
La situation de la colonie, ou plus exactement, de notre « comptoir » du Gabon, était trop précaire, en effet, pour se prêter à une entreprise de quelque importance. 11 y eut plus : après les malheurs de 1871, on remit en question l'abandon, ou du moins l'échange de la colonie contre la Gambie anglaise. En 187'i, l'affaire parut résolue en principe. L'amiral commandant l'escadre de l'Atlantique eut ordre d'en aviser la Mission, en lui proposant ses bons offices pour transporter ailleurs son personnel et son matériel. — « Non, répondirent à la fois Mgr Bessieux et celui qui depuis quelques années était le Supérieur effectif de l'établissement, le P. Le Berre, c'est ici
que la Providence nous a conduits, c'est ici que nous resterons, pour
y représenter, seuls, s'il le faut, et l'Eglise Catholique et notre chère France. Nous sommes ici à une porte : d'une année à l'autre elle peut s'ouvrir sur un immense continent. Nous attendrons. » Cette fermeté des missionnaires fit impression sur l'amiral. La mesure fut ajournée, et, depuis, « la porte s'est ouverte ». Sans nos missionnaires, nous ne posséderions peut-être pas le Congo.
Le 3o avril 1 876, Mgr Bessieux s'éteignit doucement à Sainte-Marie, à Tage de 78 ans, après 34 ans de dévouement continu, de patience inaltérable, d'efforts sans défaillance, unis à un esprit de pauvreté, de mortification et de prière qui rappelle et égale la vie des saints fondateurs de nos églises d'Europe. Il était chevalier de la Légion d'honneur, comme le fut aussi son collaborateur et successeur, Mgr Le Berre. Et, aujourd'hui, devant l'église en pierre qui remplace l'humble case des premiers temps, ces deux vaillants reposent, comme ils ont travaillé, à côté l'un de l'autre, pendant que sur leurs tombes s'épanouissent les fleurs qu'ils ont importées, et se développent, autour de leurs restes vénérés, les œuvres dont ils ont été les initiateurs.
Cependant des temps nouveaux s'annonçaient. Des explorations plus ou moins heureuses avaient successivement étendu le cercle de notre action dans l'intérieur : c'étaient, en i85G, Du Chaillu, ancien élève de la Mission; en 1862, Griffon du Bellay; en 1866, Walker; en 18G7, Aymès; en 1872, Marche et Compiègne, puis Oscar Lenz. En 1875, le lieutenant de vaisseau P. Savorgnan de Brazza, accompagné du D"^ Ballay et de Marche, remonte le cours de l'Ogoué. Des subventions des Sociétés savantes et des Chambres permettent ensuite à M. de Brazza de continuer ses voyages; et, par une série heureuse et brillante d'explorations, de traités avec des chefs indigènes, de mémoires géographiques fixant des limites et conférant des droits que les chancelleries enregistrent fidèlement, de manœuvres diplomatiques enfin qui ont inauguré un nouveau système de conquêtes, il s'est trouvé que ce misérable comptoir du Gabon, qui.
23X LES MISSIONS CATHOl.igUES
en i8'i2, représentait quelques mètres carrés, s'est étendu successivement jusqu'à former un territoire immense, où le pavillon de la France flotte depuis l'Atlantique jusqu'au bassin du Nil, En i885, M. de Brazza était nommé Commissaire général ; et de Libreville, qui est resté le chef-lieu, son autorité s'est étendue sur tout ce qu'on est convenu d'appeler a le Congo français ».
Les progrès de l'action catholique se sont développés parallèlement à l'action politique de la conquête.
l'orcéc de s'asseoir solidement en Europe, ri iti- fournir en même temps aux besoins d'un F>lolat qui s'étendait de l'Australie à l'Améiic. la Congrégation du Saint-Esprit n'avait tliiimer au Gabon qu'un personnel restreint. Mais peu à peu ces looo lieues de côtes, sans limites dans l'intérieur, avaient été partagées en Vicariats et Préfectures apostoliques qui, aujourd'hui, s'élèvent au nombre de 22. Les '\j '^^^^^^^Bi Deux-Guinées sont devenues le Vica-
r^ 1 1 ^^^^^^^^^^"» ' riat apostolique du Gabon, qui ne com-
prend plus que 35oooo kilomètres carrés, coupés par la ligne équatoriale.
Désormais donc, après avoir fourni aux Missions voisines partie de ses ressources et de son personnel, la Mission du Gabon se préoccupera de s'étendre dans les limites qui lui restent. Et c'est ainsi que l'on a vu s'établir successivement: en 1879, la Mission de Saint- Pierre de Libreville ou du Plateau, puis celle de Donguila sur le fleuve Komo; en 1881, celle de Lambaréné sur l'Ogoué ; en i883, celle de Lastoursville dans la tribu Douma ; en 1884, celle du Cameroun, remise depuis aux missionnaires Pallotins allemands ; la même année, celle du Rio Benito ; en i885, celle du Bas-Niger, depuis érigée en Préfecture ; en 1887, celle du Fernan-Vaz; en 1890, celle de
Bâta; en rSgr, celle du Mouny ; en 1896, celle des Kshiras ; en i8<)7, celle de Ndjolé, puis celle de Franceville, celle-là dans le Moyen-Ogoué, celle-ci dans la Passa, son premier aliluenl ; en 1898, celle de Samba, dans la Ngounié, affluent du Bas-Ogoué; en 1900, une autre dans la llaute-Ngounié, destinée à relier à la côte les Missions de la Passa.
En 1891, le iG juillet, mourait à Sainte-Marie Mgr Le Berre, à Tàge de 72 ans, après 45 ans de continuel et patient labeur, laissant après lui une mémoire vénérée.
Après Mgr Le Berre, le titre des Deux-Guinées, désormais sans réalité géographique, cessa d'exister. Son successeur, Mgr Le Roy, précédemment missionnaire au Zangucbar, fut nommé Vicaire apostolique du Gabon, qu'il quitta après trois années de séjour, pour devenir Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit. Son vicaire général, le P. Adam, élu pour
le remplacer, était, le G juin 1807, sacré évcquc par son confrère du Congo, Mgr Carrie, à l'endroit même où, le 29 septembre i844. le P. Bessieux avait offert, pour la première fois sur ces plages, le Sacrifice de la Messe.
Le Vicariat apostolique du Gabon compte 123/15 Catholiques, 3ooo hérétiques, 5oooooo d'infidèles. Il y a eu 833 conversions en 1901. On y compte 3j prêtres, 20 Frères et 3^ Sœurs européens,
3 Frères de Saint-Gabriel, i prêtre, i Frère, sj Sœurs et 5 séminaristes indigènes. Il y a r séminaire, 17 orphelinats, 6 écoles professionnelles, 3 hôpitaux et i3 dispensaires, 3 refuges, i village chrétien.
SAIJME-MARIE ET SAIKT-PIERRE DE LIBREVILLE SAIST-JOSEPH DES BEJNGAS
Sainte-Marie^ la première Station fondée au Gabon, est demeurée le centre de l'administration du Vicariat.
L*école primaire, qui comprend une centaine d'élèves, a été dirigée par le P. Klaine depuis i865. Elle a fourni des centaines de traitants, d'employés de commerce, de marins, d'interprètes, etc., parlant le français et nous rendant de très grands services. En même temps, le P. Klaine créait le premier jardin d'essai qui ait existé au Congo, importait la vanille, les meilleures variétés de manguiers, les plantes tropicales les plus utiles. Son nom est connu parmi les savants de Paris, de Genève, de Berlin, de Kew, etc.; il a recueilli 1600 plantes nouvelles, dont plus de 200 portent son nom.
Plus loin s'élève l'école professionnelle, avec une centaine d'apprentis, répartis en divers ateliers dirigés par les Frères : charpente, maçonnerie, forge, cordonnerie, boulangerie, culture, etc. Tous sont de condition libre. Ils sont venus, d'eux-mêmes, s'enfermer là pour deux, pour trois, pour quatre ans, sachant bien qu'ils travailleront beaucoup plus qu'ils ne travailleraient chez eux, ne demandant en échange qu'à être instruits, baptisés, préparés à la première communion et confirmés. A leur sortie de la Mission, on remet à ceux qui ont appris un métier les outils qui leur seront nécessaires pour l'exercer.
Mais ces enfants persévèrent-ils ? Quelques Européens l'ont contesté, surtout ceux qui ne « persévèrent » pas. Evidemment, il y a des déchets. Mais ce qui est étonnant, c'est que tous ne retournent pas à la vie païenne au milieu de laquelle ils sont plongés, que
tous ne soient pas victimes des exemples, des entraînements, des sollicitations, des sarcasmes, des menaces qu'il leur faut subir. Or, plutôt que de rejeter la croix ou le scapulaire qu'ils portent au cou, ou d'abandonner la pratique de leur religion, plusieurs, chaque année, renoncent à des situations avantageuses, quittent le service d'Européens, surtout de fonctionnaires, qui parfois exercent contre leur foi une véritable persécution. L'un de ces enfants, dernièrement, était ainsi engagé pour un an ; il n'était pas baptisé, mais il voulait l'être; et, le dimanche, son. travail fini, il étudiait le catéchisme et se rendait à la Messe. — « Si lu veux te (aire Chrétien, lui dit son maître, c'eèt ton affaire ; mais je retrancherai de ton paiement tous les jours où tu seras allé à l'église. — Retranchez tout, lui répondit le jeune Noir, je vous servirai pour rien ; mois je veux être baptisé. » Et ainsi fut fait de part et d'autre.
En réalité, il en est de ces nouveaux Catholiques comme de beaucoup d'anciens ; les uns persévèrent dans le bien, là surtout où le
milieu est favorable; d'autres fléchissent, tout en gardant leur foi vivante; tous conservent d'excellents sentiments pour la Mission, pour leurs « Pères », et ils le prouvent à l'occasion.
Parmi les apprentis de Sainte-Marie, deux sections méritent une mention spéciale : celle des agriculteurs, que, dans un champ d'essai, on initie aux cultures tropicales, cacaoyers, caféiers, vanille, etc., et qui continueront ces travaux chez eux ou en d'autres exploitations; et celle des charpentiers et forgerons, si utiles pour les installations, constructions et réparations de la Mission.
Sainte-Marie possède en outre une école de catéchistes, composée des jeunes gens les plus intelligents et les meilleurs. Formés peu à peu, par une instruction solide et par la pratique de l'apostolat, qu'ils apprennent en accompagnant le missionnaire dans ses courses et en instruisant sous ses yeux tous ceux qu'ils peuvent gagner, ils sont ensuite placés dans les villages. De temps à autre le Père les visite et s'assure de leurs travaux et de leur persévérance.
En 190 1, l'école de Sainte-Marie a été réunie à celle de Libreville et confiée à 3 Frères de Saint-Gabriel.
Saint'Pierre est l'église officielle de Libreville, et le « curé » qui y est attaché — avec deux autres missionnaires — est le seul prêtre rétribué dans tout le Congo français. Bien plus, au Congo, toutes les écoles sont des écoles libres, soumises cependant à l'inspection officielle et recevant de ce fait une subvention équivalant, à peu près, à l'entretien d'un enfant sur vingt.
Les besoins du commerce ont attiré à Libreville un certain nombre d'Européens. La force armée y est représentée par un dépôt de miliciens noirs, dont beaucoup sont Sénégalais — les seuls Musulmans du Congo, à part ceux de la Haute-Sanga et du Tchad. — Les Noirs, qui forment la population, appartiennent aux diverses races déjà décrites: Mpongoués, Fangs, Loangos, Kroumen, Sierra-Léonais, etc. C'est au milieu de tout ce monde, de ces anciens et de ces
nouveaux venus, que s'exerce le ministère des missionnaires de Libreville.
A côté de l'école primaire de garçons, qui compte i5o élèves, les Sœurs de l'Immaculée-Conception, de Castres, réunissent un groupe de 120 à i5o petites filles, qui sortent de l'école sachant parler français, lire, écrire, laver, coudre, repasser, etc. Cette éducation, pourtant nécessaire, leur est souvent funeste. Sollicités par l'appât d'un gain facile, d'une vie commode, de tout un ensemble d'avantages plus ou moins avouables, souvent les parents de ces pauvres enfants les utilisent, les louent à titre de « bonnes à tout faire a aux Européens et à leurs employés. Sous les yeux de l'Administration , qui déclare n'avoir ù intervenir dans les afTaires indigènes qu'en cas de rixes ou de meurtres bien caractérisés, cette exploitation de la femme et de la jeune fille est devenue, parfois, une véritable industrie. On les transporte dans tout le Congo, on les exporte au Cameroun allemand, et Ton a vu tel paquebot en embarquer 10, 10 et 3o à la fois.... C'était monstrueux. Des questions précises furent, à ce sujet, par deux fois posées à la Chambre des Députés par M. l'abbé Lemire; et, dans la séance du 11 décembre 1899, M. Decrais promettait solennellement de faire cesser ces abus. En même temps, un projet de législation, préparé par Mgr Le Roy et M. Arthur Desjardins, membre de l'Institut, était mis en avant pour donner un lien civil aux mariages religieux des indigènes, et les empêcher d'être à la merci de la cupidité et de la passion.
Les Pères de Saint-Pierre desservent en même temps la nouvelle chapelle de Notre-Dame des Victoires à Glass, centre du commerce anglais et allemand, au milieu de populations évangélisées depuis de longues années, sans résultats bien appréciables, par la Société des Missions presbytériennes de Boston.
Saint-Joseph des Bengas. — A 8 lieues au nord de Sainte-Marie, près du cap Estérias, habite une tribu de pécheurs hardis, de pilotes intrépides : la tribu des Bengas. Dès 1849, ^^ P- Bo^chet y fonda une Mission, à propos de laquelle le commandant du Gabon écrivit alors au Supérieur : « Citoyen Lossedat, je désirerais savoir quelle est l'autorité qui a déclaré l'urgence d'un nouvel établissement de missionnaires au cap Estérias. N'ayant jamais ouï dire que le Gouvernement eût intérêt de diriger une mission de ce côté, d'après ce qui nous reste à faire au Gabon, je vous prierai de me faire connaître les pouvoirs qui vous ont fait agir. Salut et fraternité. » Naturellement Mgr Bessieux, qui arriva peu après, passa outre à cette étrange prétention : le citoyen commandant n'insista pas.
Les dispositions des Bengas, très favorables d'abord, se modifièrent vite. Le P. Bouchet fut accusé d'avoir révélé les mystères de leur religion. On attaqua la Mission, et le P. Poussot reçut un coup de hache qui lui fit sur la bouche une large entaille. Le vieux chef Vané, survenu pour calmer les assaillants, fut frappé d'entendre le P. Poussot réclamer, pour toute vengeance, le pardon de son assassin. « Cet homme, se dit-il, pratique la doctrine qu'il nous enseigne. Ce qu'il prêche est la vérité. » Et de ce jour Vané fut chrétien en son cœur. Instruit avec toute sa famille, il fut baptisé. Tous les jours il assistait à la messe. Son fils se mit au service de la Mission; son petit-fils est catéchiste, et un arrière-petit-fils est au Petit-Séminaire, avec espoir de devenir missionnaire à son tour.
La Mission, abandonnée alors, fut reprise en 1879. En 1894, en face du peu de résultats acquis, on parlait de se retirer de nouveau.
Un palabre mémorable eut lieu. Le plus lettré de la tribu, Hyacinthe, ancien élève de la Mission, rédigea une pétition qui fut signée de tous et adressée à Mgr Le Boy, alors Vicaire apostolique du Gabon, qui voulut traiter lui-même l'afiaire sur place.
C'était un dimanche. Après la messe, les Bengas, réunis en assemblée solennelle, convinrent des points suivants :
1° Suppression graduelle de la polygamie;
2* Défense d'apporter aux mariages d'autres empêchements que ceux de l'Eglise et du Code civil français;
3° Défense de livrer à des polygames les fillettes baptisées ;
4° Défense de marier les enfants avant leur nubilité, et sans leur consentement. Des amendes contre les délinquants seront fixées par les chefs, et partagées entre eux;
5° Obligation de légitimer les unions; de se faire instruire; enfin, d'assister régulièrement à la messe.
Les Bengas ont fait, ou à peu près, honneur à leurs engagements. Un souffle d'en haut a passé sur ce peuple : i îo !>aptêmes, dont 3o d'adultes, 5o pieiiiicTcs communions de retardataires, 4o mariages furent faits à la suite de cette intervention. La chapelle est toujours comble à la messe du dimanche. Hyacinthe est devenu un catéchiste zélé, entouré de respect et d'autorité, et précieux auxiliaire des missionnaires.
Sans doute les vieilles idées superstitieuses ne se
sont pas si aisément déracinées, témoin cet épisode, qui nous fera connaître les mœurs de ces peuples et dont le dénoûment a revêtu un caractère providentiel. Une famine éclate. Une invasion de sangliers et de porcs-épics a ruiné les plantations de manioc. « Les sangliers, expliquent les Bengas, ont été appelés par d'anciens sorciers que la jalousie dévore jusque dans le tombeau; on les connaît bien; c'est Tokonié et Ngoké. Inutile de faire la chasse aux sangliers, ils sont ensorcelés; inutile même de clore les champs. Les bêtes ont un chef, Imoli, incarnation d'une vieille sorcière. » Un grand palabre, présidé par Hyacinthe, conclut à mander Mgr Le Roy. Le prélat arrive, et Ton palabre trois jours durant. Il voit chaque chef de famille, et exige la remise de tous les fétiches. On découvrit une case qui en était remplie. Là, tous les jours, brûlaient des torches au milieu de crânes, d'ossements, de statuettes, d'offrandes : un vrai temple du diable. Le jour de l'Ascension, tous les fétiches entassés dans une pirogue furent submergés au large; un arbre sacré fut coupé; les ossements des ancêtres inhumés. Imoli et tous les fétiches qui auraient pu échapper aux recherches furent exécrés, et Ton jura sur l'Evangile, baisé avec respect, une sorte de renouvellement des promesses du baptême et fidélité aux pratiques de la vie chrétienne.
Depuis, le vieux chef des Bengas a terminé ses jours. Le peuple, réuni en assemblée générale, a élu pour lui succéder Hyacinthe, le catéchiste de la Mission. Le Gouvernement a reconnu l'autorité du nouveau chef, dont la vie chrétienne et l'influence légitime assurent la conversion des derniers disciples de l'ancienne superstition.
LE MOLM. BATA
Le Komo. — Le Rio Mouni n'est autre chose qu'un vaste et bel estuaire dans lequel se jettent 4 grandes rivières. Longtemps ce pays a été contesté entre la France et l'Espagne, et il était convenu entre les deux gouvernements qu'aucun n'y créerait de poste d'occupation.
Seuls, les missionnaires s'y sont installés, en 1880, et n'ont pas tardé à faire accepter partout le pavillon français, quoique cette population, en grande majorité composée de Fangs consciencieusement anthropophages, soit l'une des plus mal famées de ces parages. Depuis, un accord intervenu entre la France et l'Espagne laisse à cette dernière puissance tout le pays situé au nord du Mouni, jusqu'aux frontières de la colonie allemande du Cameroun (Convention du 3o juin 1900). La Mission, établie à Boutika, sur la rive gauche, reste à la France, ainsi que le cours de la Noya, où l'on a plusieurs
catéchistes.
Des difficultés de toutes sortes entravèrent les premiers efforts :
insalubrité du poste choisi, rareté des communications, sauvagerie
des indigènes. Aujourd'hui la position est conquise. Le missionnaire
peut passer partout; il reçoit les anthropophages les plus avérés,
il élève leurs fils qu'il place ensuite dans le village paternel, où ils
répandent à leur tour la vérité chrétienne, et peu à peu tout ce pays
se transforme. Cette année, on a fait 218 baptêmes d'adultes; il y a
eu 56 communions pascales et 180 enterrements chrétiens.
Data. — C'est maintenant un pays de domination espagnole. Il est traversé par un fleuve important, le Rio Benito ou Woleu, que deux missionnaires, les PP. Trilles et Tanguy, viennent de reconnaître jusqu'à ses sources, et dont ils ont dressé la carte, au cours d'un long, dangereux et intéressant voyage en pays presque partout inconnu (1900-1901). Les côtes sont habitées par diverses petites tribus qui vont en s'éteignant, mais dont les Kombés, apparentés aux Bengas du cap Estérias, forment le principal appoint. Derrière, mais tout près, commencent les villages de l'immense tribu des Fangs, que l'on rencontre ensuite partout dans l'intérieur, jusqu'à la Sanga. C'est ici que, par une transmutation de lettres commune à ces peuples, le mot Fan g est devenu Mpang, d'où bientôt les Mpongoués ont fait Mpang'wé et les Français Pahouin,.,.
Ce fut avec les chefs Korabés, maîtres du pays, que V.gr Le Berrc fit, en 1884, un traité qui plaçait cette région sous le protectorat français. Une Mission catholique fut fondée près de l'embouchure du Rio Benito, rive gauche, en face de l'établissement, plus ancien, de la Mission protestante américaine, dont le centre est à Corîsco. Le P. Delorme y devint vite très populaire : mais il y avait fort à faire pour changer cette race per\'ertie, exigeante, qucrcllc;;sc, qui, pour un rien, jetait ses esclaves à la mer. Une fois, le Pcre faillit luimême être assassiné, et l'un de ses confrères îiil malhiîUTCiisement empoisonné.
En 1890, on se transporta plus au Nord, dans la petite baiedeBata :
les PP. Davezac et Ferré y ont construit une Mission avec hôpital, cultures, écoles pour les garçons et pour les filles, celles-ci dirigées par les Sœurs de l'Immaculéc-Conception de Castres, etc. Dans les principaux villages, des catéchistes ont leur école et leur chapelle. Le P. Ferré a composé en kombé des dictionnaires, un catéchisme et divers autres ouvrages qui facilitent singulièrement le travail de l'apostolat. Lui-même parcourt souvent les divers villages, du Benito au Campo.
Le territoire contesté de Bâta, nous l'avons dit, vient d'être cédé à l'Espagne. Mais les Pères du Saint-Esprit continuent à s'en occuper.
A Tiga on a construit une chapelle devenue rapidement trop petite.
Saint-Paul de Donguila. — L'estuaire du Gabon est formé par la réunion de deux rivières principales : la Remboué et le Komo. Au fond de la première, à Ntchi-Nchoua, Mgr Bessieux avait, dès i85o, établi la Mission de Saint-Jacques : elle ne vécut que 2 ans. Ce premier insuccès retarda Tévangélisation du Komo, qui ne fut reprise que 28 ans plus tard (juin 1878), grâce à l'initiative du P. Delorme. C'est par le Komo que sont descendues au Gabon les diverses tribus qui l'ont occupé : les Kélés, les Mpongoués et
aujourd'hui les Fangs. Ces derniers sont maintenant les maîtres, et leurs villages sont partout sur les deux rives de la rivière et de ses afiluents.
On s'établit à Donguila, sur une petite élévation d'où la vue s'étend au loin sur le fleuve et que les efforts persévérants du P. Stalter ont transformée, par les constructions, les cultures, et tous les aménagements possibles, en une station modèle. L'accueil fait aux missionnaires, en particulier par le chef Shoké, de qui fut acheté le terrain, fut des plus empressés. Mais bientôt la situation changea : tantôt c'était un chef qui, avant de mourir, faisait égorger toutes ses femmes, tantôt c'était un festin de chair humaine auquel étaient convoqués les amis; toujours c'étaient des vols, des attaques, des guerres entre familles ennemies — Les Pères voulaient-ils
s'opposer à cette barbarie insolente? On se retournait contre eux, et plus d'une fois ils ont failli être victimes de la brutalité sauvage de leurs a paroissiens ». Récemment encore, le P. Bailly-Comte était arrêté dans un village, frappé et menacé de mort. Mais au milieu de ces luttes, et, en dépit de tous les obstacles, la Mission n'a cessé de se développer.
Parmi ces obstacles, le plus général et le plus difficile à surmonter est l'étrange condition sociale ici faite à la femme. La femme n'est pas, à proprement parler, esclave : il n'y a pas d'esclavage chez les Fangs. Mais elle appartient à son père et à sa famille au point d'être le principal élément commercial du pays, celui qu'on vend, qu'on achète, qu'on échange, qu'on engage, qu'on prête, qu'on loue, qu'on vole; celui aussi qui est la cause à peu près unique de tous les procès, de toutes les inimitiés, de toutes les guerres. Pour essayer de remédier à ce lamentable état de choses, Mgr Le Roy établit en 1894 une communauté de Sœurs à Donguila : elle eut, dès le principe, un succès inespéré. Les familles lui confièrent volontiers leurs fillettes... pour leur donner une valeur plus grande. Mais celles-ci, devenues Chrétiennes, ont pris conscience de leur dignité, refusent de se laisser vendre a comme des poules », et c'est ainsi que, là encore, une révolution heureuse a commencé par TEvangile.
Par ailleurs, avec les enfants et les jeunes gens sortis de la Mission, la foi se disperse au loin dans les villages. Grâce à leur zèle, les conversions se multiplient, et, arrivés au terme de leur vie, nombre de vieux anthropophages demandent et reçoivent le baptême.
Mais nous sommes loin encore des conversions en masse. Cependant, pour l'année 1900, on a eu 3oo baptêmes. Parcourez les rivières, vous y compterez trois chapelles, cinq Stations de catéchistes, un millier de Chrétiens : c'est, au milieu d'un des peuples les plus sauvages et les plus dégradés de TAfrique, Toeuvre de
20 ans!
SAIINT-FRAÎNCOIS-XAVIER DE LAMBARENE
L'Ogoué se jette dans la baie du cap Lopez, au-dessous du Gabon, après avoir formé un véritable delta dont trois branches sont navigables. Son cours est d'environ 760 kilomètres; mais à partir de Ndjolé, en amont, il est constamment coupé de rapides et de chutes qui ne permettent qu'aux seules pirogues indigènes de le parcourir, au prix de continuels dangers. Sa physionomie est très variable, suivant la saison et la hauteur des eaux. En général, il coule au milieu d'un sol argileux, entre deux haies de forêts magnifiques, que dominent des arbres au tronc énorme et où s'étendent des lianes gracieuses et variées. Sur l'un et l'autre bord, paraissent les villages. Dans le cours inférieur, les indigènes sont apparentés aux Mpongoués, dont ils parlent la langue; au-dessus de Lambaréné et surtout de Ndjolé, reparaissent les Fangs; et enfin, dans le cours supérieur, viennent diverses populations qui, toutes, se rattachent à la grande famille des Bantous.
La reconnaissance de ce fleuve n'a pas été facile. Chaque tribu riveraine en gardait jalousement l'accès dans sa zone, afin de garder aussi les bénéfices de la douane qu'elle avait établie et qui devaient disparaître avec la liberté du parcours. Après divers essais partiels, MM. Savorgnan de Brazza, Ballay et Marche (1875-1879) le remontèrent enfin jusqu'à son confluent avec la Passa, où fut plus tard établi Franceville. Les missionnaires se mirent en route avec les explorateurs, les uns aidant les autres, et aujourd'hui nous voyons en pleine activité, dans le bassin de l'Ogoué, les centres de Missions suivantes :
Dans le cours inférieur, Saint-Francois-Xavier de Lambaréné (1880);
Dans le cours moyen, Saint-Michel de Ndjolé (1897);
Dans le cours supérieur, Saint-Pierre Claver de Lastoursville, et Saint-Hilaire de Franceville (1897).
2M LKS MISSIONS CATHOLIQU liS
Un peu en amont de Lambaréné, rive gauche, débouche un affluent assez considérable, la Ngounié, navigable en vapeur jusqu'aux chiites Samba, près du plateau de Douaniména; à ce point, une Mission a été récemment fondée. Plus haut, dans l'intérieur d'un pays encore inexploré, à Saint-Martin des Apindjis, Mgr Adam en établit une autre en ce moment même.
La première et la plus importante de ces Missions est celle de Lambaréné, au milieu de la tribu galoa. Là aussi se trouve un poste de l'Administration, plusieurs factoreries, une Mission protestante fondée par les Presbytériens de Boston, et, depuis, cédée par eux à la Société évangcliquc de Paris.
Nos premiers missionnaires, en arrivant dans l'Ogoué, y trouvèrent nombre de Catholiques Mpongoués, anciens élèves de Sainte- Marie du Gabon, établis comme traitants ou employés des commerçants européens, qui les accueillirent avec enthousiasme et leur furent d'un secours précieux. Plus tard vinrent des Sœurs de l'Immaculée-Conception de Castres. Les constructions provisoires firent place à des bâtiments solides et bien construits, dus en entier
à nos enfants, dirigés par les missionnaires, à la tète desquels il convient de citer l'intrépide P. Lejeune : briques, tuiles, carreaux, charpentes, meubles, ils ont tout trouvé sur place et tout rais en œuvre. Une briqueterie s'est même organisée, qui fournit ses produits aux autres Missions et aux maisons de commerce établies sur le fleuve.
Peu à peu, des catéchistes, formés à la Mission, ont été placés dans les principaux villages, chez les Galoas comme chez les Fangs, et jusque sur les bords des lacs où l'Ogoué se déverse et qui forment, sur la rive gauche, une succession de cinq magnifiques réservoirs, semés d'Ilots d'un aspect ravissant. Presque toujours en voyage, le missionnaire parcourt ces villages, achevant les instructions commencées, administrant les sacrements, réglant les cas difficiles, affermissant la foi, développant la vie chrétienne.
La Mission compte aujourd'hui plus de 2000 Catholiques, avec 20 catéchistes, 4 Pérès, 2 Frères et 3 Sœurs.
î24G LES MISSIONS CATHOLIQUES
Plusieurs ouvrages ont été composés, surtout par le P. Lejeune : dictionnaire fang, traités de controverse, cantiques fangs, cantiques galoas, etc. Et ce n'est pas l'un des spectacles les moins intéressants de ce pays que de rencontrer les jeunes gens, quand, le soir, en pirogue, ils regagnent lentement leur village, faisant retentir de nos airs populaires les rives de leur grand fleuve et de leurs lacs enchantés.
Stanley, dans son merveilleux voyage de 1874-1877, avait découvert et descendu le cours du Congo depuis Nyangoué jusqu'à la mer. Au-dessus de Stanley-Pool, le fleuve est libre, mais de là à son embouchure il est coupé par une série de 32 cataractes, qui ne permettent pas aux vapeurs de l'utiliser^ C'est pourquoi le grand voyageur écrivait que « sans chemin de fer il ne donnerait pas un penny du Congo ». Aussi les Belges ont-ils établi une voie ferrée qui, sur la rive gauche, relie Matadi à Léopoldville et permet de gagner, au-dessus de ce point, les i 200 kilomètres navigables du grand fleuve.
M. de Brazza eut la pensée que, peut-être, on pourrait obtenir le même résultat par la voie de l'Ogoué, d'où l'on passerait à l'Alima, affluent du Congo, au-dessus du Stanley-Pool. En i883, toujours avec le D"" Ballay, il se remettait en route, formait à Ndjolé un énorme convoi de 80 pirogues et de i 800 hommes, et emmenait avec lui les PP. Davezac et Bicliet. Arrivés chez les Doumas (Ba-douma), en un bel endroit qui fut depuis appelé Lastoursville, en mémoire de M. de Lastours qui y mourut, ceux-ci fondèrent une Mission, à laquelle Jules Ferry lui-même voulut concourir par une allocation de 10 000 francs.
Plus tard, les Pères, poussant toujours plus loin, se sont établis sur la Passa, affluent du Haut-Ogoué, non loin de l'endroit où avait été fondé le poste de Franceville, aujourd'hui abandonné. La population y est très douce, et plus de 600 Chrétiens sont déjà répartis dans les villages environnants.
Mais l'accès de ces deux Missions est d'une difficulté extrême, à
cause de l'interminable série de rapides et de chutes qui barrent le cours du fleuve au-dessus de Ndjolé. Depuis longtemps il a fallu renoncer à atteindre le Congo par cette voie. C'est même le contraire qui est arrivé, et les Missions du llaut-Ogoué ont été remises au Vicaire apostolique du Congo supérieur qui, de Brazzaville, les dessert plus facilement parTAlima.
On s'est donc rabattu sur des pays plus accessibles, et en 1897 a
été fondée la Mission de Ndjolé. Ndjolé est du reste un centre important, où plusieurs maisons de commerce sont établies, où des exploitations coloniales ont été commencées et où se sont groupés de nombreux villages fangs. C'est là, dans un ilôt pittoresque, couvert de grands arbres, qu'ont été relégués les ministres de Bchanzin, Samory et son fils, ainsi que les chefs récalcitrants que, de temps à autre, le gouvernement français trouve sur son chemin, du Sénégal au Congo. Tous y deviennent les amis et parfois les élèves de la Mission catholique.
Enfin, la Ngounyc, qui se jette dans TOgoué, presque en face de Lambaréné, réclamait à son tour des postes de missionnaires. Un premier était établi en 1899 près des chutes Samba : en souvenir de sa chère Alsace et d'un lieu de pèlerinage célèbre, près duquel il est né, Mgr Adam lui a donné le nom de Notre-Dame des Trois- Épis.
En 1893, Mgr Le Roy et le P. Bichet, partis du Haut-Ogoué, s'étaient lancés à travers la grande forêt vierge, dans la direction de la Côte, pour reconnaître les pays et les populations de cette partie du Vicariat. Après 3o jours de marche, ils aboutirent sur la Ngounyé, qu'ils descendirent en radeau jusqu'à Lambaréné. Mais, depuis, on n'avait pas remonté cette rivière, dont les bords cependant étaient au loin habités par de nombreuses tribus, celle, en particulier, des Apindjis. C'est au milieu de cette dernière que le P. Nicolas vient de fonder une nouvelle Mission, avec un « village de liberté » — Sainte- Elisabeth, du nom de S. A. la Comtesse d'Eu — qu'a subventionné la Société anti-esclavagiste de France. Puisse-t-il, bientôt, être pour ces malheureux Noirs, si longtemps exploités, volés, vendus par leurs voisins, un foyer de lumière et de rédemption!
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Sur la rive gauche de l'Ogoué et près de son embouchure, un bras important du fleuve va se répandre dans une dépression qui mesure plus de 70 kilomètres de longueur sur 3o environ de largeur. Au Sud débouche une autre rivière, le Hembo Nkomi, et c'est ainsi qu'est alimenté le magnifique lac du Fernan-Vaz, qui s'écoule dans l'Atlantique par une ouverture de 3oo mètres que les bateaux ont de la peine à franchir à cause de la barre.
Cette nappe d'eau et le pays qu'elle baigne tirent leur nom d'un ancien négrier portugais, Fcrnâo Vaz ; les Noirs l'appellent « le lac
LE COXGO FRANÇAIS. LE GABON U'i
des Nkomis ». Les Nkomîs, ce sont les indigènes du pays ; ils parlent la même langue que les Mpongoués et ont à peu près les mêmes mœurs. C'est une belle race, intelligente, industrieuse, commerçante, mais de mœurs déplorables et souvent très cruelle dans ses pratiques religieuses. Longtemps les Nkomis furent les intermédiaires recherchés, comme au Gabon les Mpongoués, entre les négriers européens et les tribus de l'intérieur. Peu à peu, un autre
genre de commerce s'est substitué à celui-là, et aujourd'hui, comme partout dans le Congo, des Compagnies concessionnaires essaient de tirer parti du pays, de ses productions et de sa population.
Souvent, les Nkomis avaient demandé une Mission à Mgr Le Berrc. Le 6 mars 1887, les PP. Bichet et Bulcon débarquaient à la pointe Igoumbi, sur le lac, et y achetaient un terrain. Les constructions marchèrent vite. Depuis, l'œuvre a été complétée par l'installation des Sœurs, Un « village de liberté « a été ouvert pour tous les malheureux qui, maltraités par leurs maîtres, souvent incmc menacés de mort, sont venus demander à la Mission le rachat et la vie.
C'est là aussi, dans le calme d'une nature superbe, qu'a été transféré le séminaire de Sainte-Marie de Libreville. Un prêtre, le premier du Gabon, vient d'en sortir, qui exerce le ministère avec un grand zèle et une grande intelligence à la Mission des Chutes Samba.
Cependant de nombreux obstacles s'opposaient à l'établissement de la vie chrétienne en ce pays. Comme chez les Mpongoués, les enfants appartiennent, non au père ou à la mère, mais au chef de la famille ou du clan, qui n'a d'autre souci que d'en tirer le plus de profit matériel possible. Les garçons ne rapportent guère ; aussi les laisse-t-on volontiers grandir et chercher leur voie. Mais les filles ont une valeur vénale telle que, souvent, elles sont engagées dès leur bas âge, quelquefois même avant leur naissance. Celui qui les acquiert a tout droit sur elles ; il les loue, il les prête, il les marie, le tout contre rétribution. Mais les jeunes gens ne peuvent que difficilement se marier, car toute la fortune, qui consiste en objets d'échange, est entre les mains des anciens.
Un jour, un grand palabre eut lieu sous la présidence de Mgr Le Roy, où tous les principaux chefs furent convoqués et où, finalement, on promulgua des lois pour l'abolition de ces coutumes désastreuses. Malheureusement l'Administration civile, que la morale intéresse peu, ne crut pas devoir soutenir la Mission, et celle-ci allait être débordée dans ses projets de réforme quand, de concert avec son Vicaire apostolique, le P. Bichet prit un grand parti : celui de se substituer, à prix d'argent, à tous les vieux prétendants du Fernan- Vaz.... Doué d'une fortune personnelle considérable, il entra en relations avec les chefs de famille, donna les arrhes nécessaires et se vit bientôt le maître légal d'une centaine d'enfants. Des Sœurs ont été appelées pour les élever, et à mesure que grandissent ces petites négresses, elles se marient aux jeunes gens de la Mission, reçoivent des terres, et ainsi se constituent des villages nouveaux devant lesquels, peu à peu, disparaissent les villages païens.
Ceux-ci, (riiiiloiir* gés.
catéchistes qui y sont parfaitement accueillis. C'est que la Mission a acquis une influence telle que, souvent, elle est prise comme arbitre des différends qui ne cessent de se produire entre indigènes, familles et tribus. Les choses en arrivèrent au point que, en 1897, tous les chefs réunis élurent le P. Bichet « Renima », c'est-à-dire roi des Nkomis.
Ce lienima a trouvé une monture digne de lui : c'est un jeune éléphant que les Fangs du voisinage prirent un jour et que les Pères de la Mission ont merveilleusement domestiqué. C'estle premier éléphant africain qui l'ait été depuis les Romains. Aujourd'hui fW/z rend de vrais services pour le transport des bois et l'exploitation de la forêt voisine. Chose curieuse, il a même appris à discerner que le dimanche est jour de repos ; dès le matin il rentre dans les bois pour n'en revenir que le soir.
Le Fernan-Vaz est également connu par la présence du gorille, au sujet duquel plus d'une légende a couru. C'est là que le fameux Américain Garner débarqua un jour, avec une cage en acier dans laquelle il avait annoncé qu'il se renfermerait, au milieu de la forêt tropicale, pour étudier le langage simien. Il resta là trois mois, coucha paisiblement à la Mission, vida toute la réserve de vin du P. Buléon, ne vit jamais de gorille, et fit sur la langue de cet an-
252 LKS MISSIONS CATUOLiyUKS
tique parent un livre qu'ont longuement étudié les savants des deux
mondes.
* La Mission catholique du Fcrnan-Vaz fait honneurau P. lîîchet, son fondateur, écrivait dernièrement, après une visite, M. Lemaire, lieutenant-gouverneur du Congo français, l/exeraple y est donné, pratique, éloquent, de ce que peuvent le travail et la suite dans les idées; 200 hectares sont scientifiquement, géométriquement aménagés, travaillés, plantés en toutes sortes d'arhres fruitiers, caféiers, cacaoyers. » (Dans le Journal officiel du Congo.)
En décembre i()oi mourait le P. Bichet, Son corps repose dans le caveau qu'il avait creusé lui-même, devant la porte de l'église qu'il a bâtie et en face de ce lac tranquille et magnifique où, st souvent, sa pirogue a glissé pour aller porter dans les villages qui le bordent une parole de paix, de salut et de liberté —
S\IMi:-CIIOIX DES ESHIRAS
De la Mission du Fernan-Vaz est née celle du pays eshira. En remontant le Rembo-Nkomi qui, nous l'avons vu, se déverse dans la partie méridionale du lac, Mgr Le Roy et le P. Buléon, dans deux explorations successives, avaient atteint et visité, en 1894, une région intéressante habitée par une tribu peu connue, celle des Eshiras. Un nouveau voyage y amena la fondation d'une Mission, diins la plaine Ndolo, sorte de plateau découvert, sec et salubre, entouré d'une belle ceinture de forêts. Le P. Buléon en fut chargé. Rapidement, il éleva les constructions provisoires,
i.K cuNfio fuan(,:ais. i.i; i;ahon ih:<
fit faire les cultures nécessaires, lia connaissance et amitié avec les indigènes et trouva le moyen, entre temps, d'apprendre la langue et de rédiger catéchisme, histoire sainte, livre de prières, cantiques, etc. Le plan était de ne réunir à la Mission (^ue les enfants et les jeunes gens capables d'être formés comme catéchistes ; ceux-ci , placés dans les villages des alentours, devaient instruire leurs compatriotes et préparer la voie au missionnaire. C'est ce que l'on essaie de faire , avec les alternatives ordinaires de CHAPSLLE UE LA ui»iuti uEs tuHiiiAs succcs ct dc rcvers. L'un
des gros obstacles est la difficulté des relations avec la côte.
En 1899, le P. Bulcon était nommé Vicaire apostolique de la Sénégambie, où il mourut six mois après, victime de la fièvre jaune. En olTrant sa vie pour la terre d'Afrique, il eut un souvenir attendri pour Sainte-Croix des Eshiras.
Sainte-Croix des Eshiras n'oubliera pas non plus celui qui fut son fondateur !
Ouvrages à consnlter. — K. Bolet Willalum, Con
aiiJ: cales occitlenlalcs d'Afrique, l'oris, t8'|8. — l'oul DU CnAtLLU, Kr/jlor adi-eniiircs in equalortiil Afrtcn, Londres, 18C1. Kdilion française, l'aris, i863. — M. T. GnircoM du Bbllay, lij^ploraîion du fleuve Ogo^Waî, août et septembre 1862, Hevue marit. el col., septembre et octobre i863, — A. Awti, E.tploraiion de iOgoivé, Revue marit. et col., avril et mat 1870. — Fleuriot ue Langle, Aperçu historique sur les reconnaissances faites au Gabon, de iS^i à 1868; Croisières à ta côte d'Afrique, Tour du monde, i8;i. — Marquis de Cohi-ikgnk, Voyage dans l'Afrique équaioriale, le Correspondant, a5 septembre i8;.'(. — de CoiiriÈGNr. et MAficHe, Voyage dans te flaui-Ogoix-é, etc. ; autre» ouvrages du iiiSriie, — Savobg.nan de Bbaiia et
Ballay, Expédition survies cours supérieurs de l'Ogon'é^ de l'Alima et de la Sangay Bulletin de la Soc. de géog., février 1879. — Biographies de N. N. S. S. Bessieux et Le Berre, des PP. Duparquel, Bichet et autres missionnaires; rapports et articles y dans les Annales de la propagation de la foi et de la Sainte-Enfance et les Missions catholiques.