‹ Les missions catholiques françaises au XIXe siècleChapitre 28 sur 39 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

LA BESTAUBATIOn DBS >IISSIO>S DU COAT-O ET DR L ANGOLA

Vers la fin du xv* siècle, des missionnaires portugais, partis de Sâo-Thomé, évangélisèrent les populations situées à l'embouchure du Zaïre (Congo). Et tels furent les progrès de la foi que, dès l'an iSgS, Clément VIII institua un évêché à San-Salvador, capitale du Congo. Le second évêque fut un prince nègre, sacré à Rome, par le Souverain Pontife lui-même. Ses successeurs, pour la facilité des communications, transférèrent leur résidence à Saint-Paul de Loanda, ville alors fort importante et qui compte encore aujourd'hui •20 000 âmes. C'était la capitale de la vaste colonie portugaise de « Congo è Angola ». L'évêché en prit le nom, et bientôt il étendit sa juridiction à l'ensemble des colonies portugaises du Sud-Ouest africain.

Mais ses prêtres, absorbés par les Stations du littoral, négligèrent forcément celles de l'intérieur. Aussi le roi chrétien du Congo Alvarès III envoya-t-il, en 1620, vers Paul V, une ambassade solennelle pour réclamer des missionnaires. Une Préfecture apostolique fut alors créée et confiée aux Capucins espagnols, qui ne purent se

rendre à destination. Nouvelle requête d'Alvarès III, en i64o, auprès d'Urbain VIII, qui chargea de la Mission les Capucins italiens. Ceuxci firent des prodiges de conversions, et ils se répandirent aussi dans le diocèse d'Angola pour y seconder le clergé séculier portugais. Malheureusement, les décrets de Pombal ruinèrent bientôt leur Mission.

En 1766, MM. Belgarde et Descourières, des Missions Etrangères de Paris, avec quelques confrères, s'y rendirent à leur tour pour essayer de reprendre l'œuvre. Le Saint-Siège leur avait confié la rive droite du Zaïre, le Loango, le Cacongo, le Ngoïo, et une partie du Congo. La nouvelle Préfecture ne se soutint guère plus de dix ans. Un siècle environ plus tard, en 1873, les PP. Duparquet et Carrie, de la Congrégation du Saint-Esprit, voulurent visiter leur résidence, Kilonga. Il ne restait d'eux qu'un obscur souvenir dans l'esprit de quelques vieillards, qui ne purent qu'indiquer vaguement le lieu probable de leur sépulture.

Les Capucins s'éteignirent aussi vers i835. En octobre 186G, le P. Poussot se mit à la recherche de leur fameux couvent de Saint-Antoine; il a disparu aussi, ne laissant d'autres traces que quelques tamariniers dont la symétrie évoque l'idée d'un ancien jardin. Mais les divers chefs lui montrèrent avec fierté les grands crucifix laissés, au départ des missionnaires, à leurs ancêtres et qu'ils ont conservés avec un respect mêlé de quelque superstition. Le roi surtout, vénérable vieillard à barbe et cheveux blancs, donne à son crucifix un rôle prépondérant dans le cérémonial de ses réceptions. Assis sur son trône, il le tient élevé pour recevoir la vénération de ses sujets qui s'inclinent en approchant, et, avec son crucifix, le roi fait un mouvement qui semble les bénir.

En 1876, le P. Carrie, parcourant le Sonho, est surpris d'y rencontrer une cloche, au millésime de 1700, que les Noirs lancent à toute volée pour saluer son arrivée, puis un reste d'église. A l'entrée, dans un mortier, de l'eau bénite par les derniers missionnaires est

conservée par le procédé additionnel connu ; le chef en asperge la foule à la sortie. Voici encore un autel avec un grand Christ et des chandeliers, des statues — celle de la Sainte Vierge et de Saint-Antoine portant des couronnes d'argent; — un calice, sans patène; des livres, mal conservés; un encensoir en argent, avec sa navette, de

Une population de 2000 à 3ooo âmes est groupée tout autour: on les appelle les « gens d'Eglise », et ils jouissent de l'autonomie. Us se réunissent en ce pauvre sanctuaire pour y réciter des lambeaux de prières qui n'ont plus de sens pour eux. Le P. Carrie leur promit le retour prochain de leurs « padres ».

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