LA NOUVELLE MISSION
En 1842, Mgr Barron songea à relever de ses ruines cette Eglise de la Guinée méridionale. Dans ce but, il sollicita et obtint de la Propagande 4 Capucins, qui ne vinrent pas. En i855 un roi du Congo demanda au gouverneur portugais d'Angola un prêtre catholique pour baptiser ses enfants. Le gouverneur avertit Rome, et la Propagande fit appel à diverses Sociétés pour reprendre l'œuvre du siècle précédent. Or, à cette époque, le P. Charles-Aubert Duparquet, missionnaire au Gabon, brûlant du désir de se dévouer aux Missions portugaises d'Afrique, se livrait à des études approfondies sur leur passé et leur condition présente. Ces recherches prenaient corps en des rapports lumineux adressés à son Supérieur général, le T. R. P. Schwindenhammer, qui les mettait à son tour sous les yeux du cardinal Barnabo, Préfet de la S. C. de la Propagande. Les Capucins, sollicités de nouveau, ne purent répondre à cet appel, et résignèrent leurs droits séculaires, en i865. On s'adressa enfin à la Congrégation du Saint-Esprit, et le P. Poussot, un vétéran de la Guinée, fut nommé Préfet apostolique. Avec lui s'embarquèrent, vers la fin de i865, le P. Espitallié et le Fr. coadjuteur Billon, dans le dessein de se
rendre à San-Salvador, pendant que le P. Duparquet se portait sur Mossamédès pour étendre la Mission jusqu'aux régions méridionales. Mais le gouvernement de Lisbonne veillait. Il n'entendait pas que Rome envoyât, sans entente préalable, des missionnaires en un pays soumis au Royal Patronat, à plus forte raison des missionnaires français. Sur place, les Pères éprouvaient mille difficultés de la part des autorités civiles et religieuses. A Lisbonne, les Chambres étaient encore plus hostiles. Aussi, dès 1867, le P. Duparquet quitte le Plateau de Huilla et Mossamédès, s'embarque pour la capitale du Portugal, et va résolument audevant des pouvoirs publics. Là, appuyé par le nonce apostolique et l'ambassadeur de France, soutenu enfin par le Patriarche de Lisbonne et l'évoque d'Angola, il est autorisé à fonder à Santarem des séminaires destinés au recrutement des sujets portugais, séculiers et réguliers, en faveur des colonies d'Afrique ; ce fut l'origine des établissements de la Congrégation du Saint-Esprit en Portugal.
Entre temps, le P. Espitallié mourait à Loanda, le dimanche de Pâques 1869. Le Fr. Billon l'avait précédé dans la tombe, et le P. Lapeyre ne lui survivait que six mois. Déjà le P. Poussot avait dû rentrer en France, où il mourait le 3 octobre 1870. Ses successeurs, les PP. d'Hyèvre et Carrie, n'arrivèrent à Loanda que pour rendre les derniers devoirs au P. Lapeyre, et constater l'impossibilité de tenir, pour le moment du moins, en pays de patronat portugais. Ils rentrèrent alors en France, pour soumettre ù leurs Supérieurs des plans nouveaux en vue d'un établissement sur des territoires voisins, mais libres. C'était en 1870.
Ici, nous retrouvons le P. Duparquet : c'est lui qui va présider à cette seconde fondation avec le P. Carrie. Le littoral Nord de l'eni-
bouchure du Zaïre relevait alors des trois royaumes indigènes de Ngoïo, de Cacongo et de Loango. Sur la rive gauche est le Congo, dont la capitale, San-Salvador, vient de recevoir une garnison portugaise. Des prêtres portugais ne tarderont pas à lui arriver (1880). Mais voici Landana, entre le 4' et le ^'' I^t., à 2 kilomètres au sud du Tchiloango, sur les terres du Cacongo : c'est la ville des Blancs. Elle est choisie pour ôtre le siège de l'œuvre nouvelle et, de fait, elle deviendra successivement la mère féconde de toutes les nombreuses et florissantes Missions de tous les Congos, Congo portugais, Congo belge et Congo français.
On s'y établit solidement. Bientôt s'élèvent une chapelle en bois, que l'on remplace en ce moment {1901) par une belle église en pierres,
des logements divers, des classes et des magasins ; puis, en 1 883, une maison pour les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, une imprimerie, des séminaires et des noviciats pour les indigènes.
Cependant l'immense contrée de l'Afrique Australe comprise entre le Cap et la colonie portugaise du Congo, et autrefois désignée sous le nom de Cimbébasie, restait complètement dépourvue de missionnaires. En 1879, le P. Duparquet, laissant la Préfecture apostolique du Congo au P. Carrie, entreprit une campagne nouvelle auprès de la S. C. de la Propagande pour i'évangélisation de ces peuples. Un décret du 3 juillet 1879 le nomma Préfet apostolique de toute la Cimbébasie avec, pour limites, le fleuve Orange au Sud, le
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Counène, le Kassaï et la Liba au Nord, le Zambèze et le Transvaal à TEst, TAtlantiquc à TOuest.
Sur son wagon, le Saint-tîaphaèi^ traîné par huit paires de bœufs, le vaillant missionnaire parcourut en tous sens cette vaste étendue, le Griqualand, le Damaraland, FOvampo, etc., fonda une première Mission à Omarourou, puis d'autres à Houmbé, à Ombandja, aux Amboëllas, etc. En 188G, il part de nouveau pour le Betchuanaland et y fonde une autre Mission, dont il place le centre à Mafeking, à cent lieues de Kimberley.
Rentré en Europe, il contribue à l'organisation des Vicariats apostoliques du Congo français et s'embarque de nouveau pour l'Afrique. Sa carrière était finie : il mourait, le 24 août 1888, à Loango, entre les bras de son fidèle compagnon de mission, Mgr Carrie, et de son excellent ami, le D*^ Lucan, un dévoué coopérateur de ses œuvres.
Savant botaniste, le P. Duparquet avait su profiter de ses connaissances variées pour doter ses diverses Missions de plantations utiles, et pour enrichir de plantes exotiques fort intéressantes, dont plusieurs portent son nom, le Jardin des Plantes de Paris; il avait le titre de Correspondant du Muséum, et il était membre de plusieurs Sociétés savantes, françaises et étrangères. Fort écouté à Rome, on ne manquait pas de le consulter sur toutes les questions relatives aux Missions d'Afrique, qui ont été la préoccupation de sa vie entière.
De 1874 à 1880, avant l'apparition de Stanley et de Brazza, les Pères du Saint-Esprit avaient parcouru les deux rives de la partie navigable du Congo, de Banane à Noki et Vivi. Des Missions furent fondées, à Saint-Antoine du Sonho, sur la rive gauche; à Banane et ù Boma, sur la rive droite. En i883 et 1884, les missionnaires se lancent dans Tintérieur, les premiers, par voie de terre, et s'établissent au-dessus des cataractes, à Linzolo, puis à Kwamouth. Ils venaient de Loango, où ils s'étaient établis à la demande du roi indigène, qui les avait connus à Landana. A son tour, le Gouvernement français.
sur l'indication de M. de Brazza, envoie le Sa^Uaire planter son drapeau sur ce point de la côte, qui devient en 188G le siège du Vicariat apostolique du Congo français, avec Mgr Carrie pour titulaire. Le P. Jauny remplace celui-ci à Landana en qualité de Préfet apostolique du Congo portugais, charge qu'il cède l'année suivante au P. Campana.
En i885 se tient la Conférence de Berlin. Léon XIII fait insérer à l'acte diplomatique qui la couronne, sur la demande du représentant de l;i France, une clause assurant aux missionnaires la protêt-tion des Gouvernements, et la liberté de conscience aux néophytes. On fixe enfin d'une façon plus précise les limites des juridictions, en les (ai- ' ' 1 sant cadrer avec le ■-^- ■ partage accompli tant Jr"^.
par la Conférence que par les traités qui suivirent (1885-1887). C'est alors que la Préfecture apostolique du Congo cède aux missionnaires belges ses postes de Nemlao, de Banane, de Boma, et de Kwamouth ; tout le Congo français se détache pour former un, puis deux Vicariats apostoliques; la Préfecture, gardant toujours son siège à Landana, étend sa juridiction sur l'enclave portugaise de Cabinda, et, au delà du Zaïre, sur les régions du diocèse d'Angola, non occupées par des prêtres portugais « à une distance de trois heures ».
Plus tard encore (1900), cette partie plus ou moins distincte de son domaine se détache, en fait, pour se constituer en administration
particulière sous le nom de Mission de la Lounda ou Mwata- Yamvo, Depuis longtemps les dispositions primitives du Portugal visà-vis des missionnaires se sont modifiées, grâce surtout à Tintervention du feu roi Dom Luiz, de Mgr José Netto, évoque d'Angola, aujourd'hui Patriarche de Lisbonne, et de M. Fernando Pedroso, qui vient de mourir (if)oi). Ce dernier, membre très-actif du « Comité Colonial », fit voir à ses concitoyens que le relèvement de l'empire du Portugal ne peut se produire que par l'apostolat catholique. Le Roi lut, avec le plus vif intérêt, les mémoires du P. Duparquet qui lui montraient les pays du Patronat portugais, les immenses régions de la Cimbébasie, envahis à la fois et par les missionnaires protestants anglais, et par les Boers huguenots établis jusque sur le Plateau de Huilla. Enfin Mgr Netto, appelé en 1880 à succéder à Mgr Castro sur le siège de Loanda, était enchanté de recevoir le concours des missionnaires; il leur délivra les pouvoirs les plus étendus et dans l'Angola et dans la colonie de Mossamédès.
SITIATI0> ACTUELLE
Congo Portugais, — La Préfecture apostolique du Congo portugais, ou Bas-Congo, se trouve donc réduite, aujourd'hui, à ce qu'on appelle l'Enclave de Cabinda, enclave, en efTet, resserrée entre la rive droite du Congo, l'État Indépendant et le Congo français. Un fleuve, le Tchiloango (Petit Loango), traverse ce petit pays; il est formé de deux affluents principaux, le Louali et le Loukoula, qui, l'un et l'autre, ont reçu des Stations de missionnaires. A son embouchure s'étend Landana, centre commercial assez important. Landana est resté le siège ordinaire du Préfet apostolique : le P. Campana en a été le titulaire, après le P. Jauny et le P. Carrie. Toutes les œuvres habituelles, écoles primaires et professionnelles de garçons et de filles, hôpital, séminaire, noviciat, villages chrétiens, magnifiques cultures, sont ici représentées, dominées par une belle église en pierres encore inachevée.
coNiio i:t ax(;ola soi
Cabinda, au Sud^ est le lieu de résidem-c du Gouverneur. Là aussi, existe une Mission intéressante.
Enfin, dans l'intérieur, l'une du coté du Congo français, l'autre sur la frontière du Congo belge, deux Stations at-hévcnt l'occupation de toute l'Enclave. D'anciens " enfants de la Mission », aujourd'hui des jeunes gens et des hommes, sont répartis comme catéchistes dans les villages indigènes. Sans doute, les anciens se rangent mal à ce nouvel état de choses, mais la jeunesse est gagnée, et la jeunesse c'est l'avenir. Malheureusement , les avantages matériels appellent trop souvent les jeunes gens vers le Congo beige, et, par ailleurs, la redoutable maladie du sommeil faitdanslesv
ravages mquiétants.
Grâce au zèle des catéchistes, on a pu enregistrer cette année j8o nouveaux baptêmes. La Mission de Landana à elle seule en compte iç)5. Le nombre des mariages chrétiens va toujours grandissant. Ceux des enfants ([ui l'ont quittée pour entrer au service des Européens sont tout heureux de revenir à la Mission pour faire bénir leurs mariages, et, si faire se peut, pour s'y établir. C'est ainsi que Landana a vu se former 37 nouveaux ménages, et d'autres se préparent.
Le grand et le petit séminaire se maintiennent, ainsi que les différents postulats des Frères indigènes. Dernièrement, un des grands séminaristes a reçu les ordres mineurs, et un autre vient d'entrer en philosophie.
Quant aux Stations, tout fait prévoir une abondante moisson
d'âmes. Le village de Ngobé, évangélisé par les missionnaires, compte aujourd'hui une centaine de Chrétiens, presque tous adultes.
Loiinda, — L'importante ville de Loanda, autrefois très prospère, est le siège d'un évèché. Les paroisses du diocèse sont confiées aux prêtres sortis du Séminaire colonial de Sernache (Portugal), et c'est ainsi que sont occupés San-Salvador, Ambriz, Benguella, Mossamédès, etc.
Mais, en dehors des paroisses régulièrement constituées, dans les limites et en dehors des limites du diocèse, nombre de pays et de populations sont dépourvus de prêtres. C'est à l'appel de ces abandonnés qu'essaient de répondre les Pères du Saint-Esprit, et c'est dans ce but qu'ont été établies la Mission de la Lounda,dont le siège est à Malange, la Préfecture de la Haute-Cimbébasie, avec Caconda pour centre, et la Mission du Counène, dont le Supérieur réside à Huilla.
A Loanda même, depuis 1887, les Pères ont une procure et prêtent aux œuvres de la ville le concours de leur ministère, surtout à l'hôpital, desservi par 10 Sœurs franciscaines; auprès des transportés, le Gouvernement portugais ayant fait de l'Angola une colonie de relégation; enfin, près des Noirs qui, au nombre de loooo, la plupart Chrétiens de nom, vivent dans une ignorance totale et un complet abandon. Les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny ont à Loanda une belle école, avec 6 Religieuses et 120 élèves.
C'est à. Malange, centre important situé à 600 kilomètres du littoral, que réside le chef de la Mission. La Station est desservie par 3 Pères, 3 Frères et 3 Sœurs de Saint-Joseph. Les écoles et les œuvres d'apostolat sont prospères, notamment les œuvres anti-esclavagistes que l'on a établies près de là, à Kanamboa. Les conversions se multiplient dans des proportions consolantes.
Jusqu'ici les communications ont ofFert des difficultés. Le chemin de fer de pénétration, qui doit être prolongé jusqu'à Malange et
au delà, n'est encore qu'à quelque distance d'Ambaca. De Malange, les missionnaires, aidés par le Gouvernement portugais, se proposent de rayonner dans toute l'étendue de la vaste province de la Lounda. Ils n'ont encore que deux Missions terminées : l'une sur le Couanza, au Sud, date de 1893 ; l'autre sur le Koango, à l'Est, est reliée à Malange par la station de Loui, et s'étend aux vastes régions, à peu près inexplorées, bornées par le Kassaï et TEtat Indépendant. La Mission a fixé son centre à Moussoukou, par le S^ lat. Sud et le i5® 20' long. Est, au milieu de tribus qui ont fait un accueil enthousiaste, le roi Quipacaça en tète, au Tata Nzambi. Les dispositions de ces peuples et de ceux qui les environnent paraissent encourageantes. On constate des progrès réels, et l'avenir en promet de plus manifestes encore.
La Préfecture (Landana et Lounda) compte 6475 Catholiques et 632 hérétiques, sur un nombre inconnu d'infidèles. Il y a eu 56o conversions en 1901. Le personnel compte 18 prêtres, 21 Frères dont 4 indigènes, i5 Sœurs et 6 catéchistes. Il y a un grand et un petit séminaire, 7 postulats et noviciats, 12 orphelinats, 18 écoles, 12 hôpitaux, 12 œuvres agricoles et ateliers, 5 ouvroirs, 12 pharmacies et 12 villages chrétiens.
Cimbébasie. — La Mission de la Cimbébasie est née et a grandi dans des difficultés exceptionnelles.
Omarourou, la première Station fondée par le P. Duparquet dans le Damaraland, succombe sous les jalouses persécutions des ministres luthériens allemands, qui ne rougissent pas de pousser les chefs Noirs à la violence contre la personne même des missionnaires catholiques.
Obligés de céder à l'orage, les PP. Hogan et Lynch se retirent d'abord à Walfish-Bay, d'où ils vont fonder la Mission de Houmbé, au delà du Counène. Ils entreprennent ensuite celle de N.-D. des Amboëllas, dans l'Ovampo, où ils meurent l'un et l'autre des mêmes
fièvres, à moins d'un mois d'intervalle (12 février — G mars i885). Trois mois après, aux premiers jours de juin, le P. Louis Delpuech et le Fr. Lucien sont massacres par les Noirs dans la Mission de Saint- Michel du Kouanyama. Le P. Charles, en même temps assiégé dans Iloumbé, en territoire portugais, ne doit son salut qu'à l'arrivée des soldats, dont le P. Antunès s'est constitué l'aumônier. Le Fr. Narcisse, à la tête de wagons à bœufs dont il est l'énergique conducteur, va recueillir les enfants et le matériel échappés à ces désastres, pour les réunir, partie à Huilla, partie à N.-D. des Amboëllas. Dans cette dernière Station, en octobre de la môme année i885, le feu est mis à un baril de poudre, et tout le mobilier devient la proie de l'incendie. Le P. Schaller, malade de la fièvre, n'échappe aux flammes que par miracle, et le Fr. Anastase a le bras gravement brûlé. Là-dessus, les PP. Lecomte et Génie surviennent, et l'on décide le transfert de la Mission à Cassinga. Enfin, en mai 1892, le Fr. Carlos, puis en août de la même année, le Fr. Angelo, sont dévorés par les lions, qui abondent sur la route de Benguela à Caconda, et à Caconda même.
Rien ne put décourager le P. Emonet, Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit, ni le P. Duparquet, ni ses confrères. On envoya des renforts; on multiplia les postes sur les deux rives du Counène, et l'on compta bientôt 20 Stations et plus de 60 missionnaires. Au P. Duparquet succéda, en 1887, le P. Schaller, qui fut à son tour remplacé par le P. Ernest Lecomte, aujourd'hui Préfet apostolique.
En 1892, on provoque une nouvelle répartition de ces territoires pour en faciliter l'évangélisation, et la Cimbébasie fournit cinq Préfectures nouvelles : la rive droite du fleuve Orange, confiée aux Oblats de Saint-François de Sales, de Troycs; la Cimbébasie inférieure et le Bechuanaland, cédés aux Oblats de Marie; la Cimbébasie supérieure et la Mission du Counène, laissées aux Pères du Saint- Esprit, à l'ouest de ce fleuve.
La Cimbébasie supérieure comprend sept Stations : Caconda,
Bihé, Baîlondo, Cassinga. Massaca, Catoco et Kouanyama, formant un vaste cercle qui n'a plus qu'à se resserrer pour occuper toute la région,
La Station la plus importante est celle de Caeonda, tant par sa nombreuse école de garçons qui fournit des catéchistes à toute la contrée, que par la communauté des Sœurs de Saint-Joseph qui
tient l'hôpital et l'école des filles. Elle compte 4 Pères, 6 Frères et
6 Sœurs.
La Mission possède en tout i6 Pères, iG Frères, 5 Sœurs, G églises, 2 chapelles, 8 cases-chapelles, 8 écoles primaires avec 4G6 élèves, i3 écoles rurales avec plus de 100 élèves, 3 dispensaires,
7 villages chrétiens, ^GjS Catholiques contre i5o hérétiques et plusieurs millions d'infidèles. Il y a eu 6G baptêmes d'adultes et 481 d'enfants en 1901.
Longtemps, la partie méridionale a été en butte aux dépré-
dations des Kouanyamas, et le gouvernement portugais lui-même ne savait comment contenir ces tribus remuantes et pillardes. Le P. Lecomte, qui avait vu la Mission de Saint-Michel, autrefois établie dans ce pays, et qui gardait pour cette population une sympalhic particulière, en raison même des dangers qu'il y avait courus, eut
alors une véritable idée
de missionnaire : il alla droit au Kouanyama, fut reçu par la Reine mère, retrouva comme chefs des enfants qu'il avait connus et aimés, et fut autorisé d'enthousiasme à fonder une Mission.
De nos sept Stations, la plus récente, celle du Kouanyama.
est en train de s'installer. Celle du Bihé n'a * cHF.v»i. stH 11^ BcttiP P^s produit jusqu'ici
de grands résultats, par suite surtout de l'invasion des trafiquants européens qui sont un véritable fléau pour le pays. Les cinq autres sont en plein développement, et l'évangélisation s'y poursuit d'après un plan qui donne les meilleures espérances pour l'avenir et nous a déjà procuré de précieuses consolations.
Sur les I2O0 catéchumènes qui fréquentent les catéchismes, nous comptons obtenir un certain nombre de bons Chrétiens : i5 jeunes familles, constituées ces derniers temps, en sont une garantie.
Counciie. — La Mission du Counène, pour la partie située en
CONGO ET ANGOLA 5o7
deçà tic ce fleuve, se trouve englobée dans le diocèse d'Angola. Aussi son Supérieur, le R. P. José Maria Antunès, est en même temps reconnu par le Gouvernement portugais comme Vicaire-général et curé de Iluilla.
Une concession fort étendue — plus de 2000 hectares — avec deux autres propriétés acquises un peu plus tard, ont permis aux
missionnaires de grouper dans ce centre lescpuvrcs les plus diverses: des champs de cultures et d'élevage; des ateliers, des fermes, des moulins, des briqueteries, une brasserie, une imprimerie; le grand et le petit séminaire de Loanda, avec un bon nombre d'élèves, transférés à Iluilla par l'accord de Mgr Netto et du Gouverneur de Loanda, et confiés aux missionnaires; le noviciat des Frères indigènes; puis des écoles, des orphelinats, des hôpitaux. Pour toutes ces œuvres, il y a trois communautés de missionnaires, comptant ensemble 8 Pères, 2 Prêtres indigènes, 3o Frères, 7 Sœurs de Saint-Joseph, françaises et portugaises, venues de Lisbonne. Une particularité à noter : à
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l'embarquement de ces dévouées auxiliaires des missionnaires, les conduisant au bateau qui devait les porter à Mossamédès, on remarquait, à côté de l'infatigable M. Pedroso, le marquis de Pombal, l'arrière-petit-fils du trop fameux Carvalho de Ponibal, qui avait autrefois ruiné les Missions en ruinant les Ordres religieux. L'histoire
a de ces retours et de ces réparations
L'imprimerie, .outre ses travaux ordinaires, a entrepris et mené à bien de nombreux ouvrages sur les langues indigènes, du P. An-
tunès, du P. Bonnefoux, du P. E. Lecomte, Préfet de la Cimbébasic. Ici également, comme au Fernan-Vaz (Gabon), on a réussi à domestiquer l'éléphant africain et à en obtenir les mêmes services. Un observatoire astronomique et météorologique est installé dans de bonnes conditions, et tels Pères sont membres correspondants de la Société de Géographie de Lisbonne et de plusieurs autres sociétés savantes.
Une centaine de familles de fermiers boers, et des colons venus de Madère, en plus gi'and nombre, exploitent les campagnes de llumpata et de Loubango, et reçoivent des missionnaires les secours reli-
gieux. Les Boers adultes restent huguenots endurcis, du moins pour la plupart, mais les enfants suivent les écoles, et leurs parents ne s'opposent pas à leur conversion. De même les missionnaires visitent régulièrement et avec fruit les villages des environs de lluilla.
La Mission compte, outre llullla et ses annexes, cinq autres Stations :
i" N.-D. des Victoires du Jaoi/, érigée en i88(), et desservie par
2 Pères, I Frère, 3 catéchistes. Des Sœui-s y seront bientôt installées. Là s'est déjà formé un beau village chrétien de ^o à jo familles.
2," Sdint-Denoit de Tt/ii'ingiiiro, fondé en i8ç)2, com|)te 3 Pères, 4 Frères et 3 catéchistes. L'orphelinat n'élève pas moins de i3o sib it toiNisK enfants. Là aussi on
attend des Sœurs. Il y a déjà un village chrétien, et ceux des environs sont évangélisés.
3° Sainl- Michel de Kihita, fonde en 1893, a 1 Pères, i Frère et
3 catéchistes. Le petit royaume de Kihita sera bientôt tout entier chrétien, après son roi Dom Miguel et sa reine Dona Maria Amelia, qui, avec quelques autres membres de la famille royale, ont reçu le baptême en grande solennité le 2Ç) septembre 1898.
4° Saint-Antoine des G«mios (i8()4) a aussi 2 Pères, 2 Frères et
4 catéchistes. Les chefs de villages acceptent volontiers de se grouper sous la protection de la Mission. Deux conditions seulement leur sont demandées : ils se feront instruire et observeront la mono-
garnie. Neuf villages se sont déjà ainsi constitues en fédération chrétienne.
5° La Station du Saint-Esprit à Kouvalé est en voie de fondation.
L'évangélisation a continué, mais avec un certain ralentissement parmi les adultes.
Dès le début, notre espoir s'était porté tout spécialement sur l'éducation de la jeunesse. Les révélations recueillies au sujet des pratiques abominables des sorciers, sur Tanthropophagie à laquelle ils s'adonnent en secret, l'évocation des mauvais esprits, les sacrifices humains et les mystères de la religion fétichiste, nous ont ménagé de tristes surprises insoupçonnées jusqu'à présent. Ayant commencé à combattre ces pratiques abominables, nous avons vu s'élever, suscitée par les sorciers, une persécution sourde mais bien constatée, contre nos Chrétiens. Le but des persécuteurs visait à éloigner du missionnaire la jeunesse catholique du pays. Heureusement, ils n'ont pas réussi.
La Mission du Counène compte actuellement 4^14 Catholiques, 4oo Protestants, 4 ooo ooo d'infidèles ; 20 prêtres européens et 2 prêtres indigènes; 3o Frères dont 6 indigènes; 7 Sœurs et '^1 catéchistes; I grand séminaire, 2 petits séminaires, 1 noviciat de Frères,
I école de catéchistes, i3 écoles primaires, 2 écoles professionnelles, 6 fermes agricoles, 4 hôpitaux, 8 pharmacies et 7 villages chrétiens.
II y a eu 752 conversions en 1901.
Ouvrages à consulter. — De Paivo Masso, Historîa do CongOj Documenlos, Lisboa, 1882. — Le P. Euciier, Le Congo. Essai sur l'histoire religieuse de ce pays depuis sa découverte jusqu'à nos jours, Portugal cm Africa, Lisboa. — Le P. Di:- PARQiJKT, Voyage en Cimbébasic, Lyon, 1881 ; Documents relatifs à la Préfecture apostolique du Congo, brochure in-8, Paris, 1881. — CxnEtio^, Across Africa, London, 1877, * ^'*^^' Traduction française, Paris. — Livixgstonf., Missionary travels and researches in South Africa, London, 185 7. — Missions catholiques (passim), Lyon.