LA TERHE ET LES HOMMES
de la vie future même s'y montre souvent; mais leur vraie religion s'adresse pareillement et surtout aux mânes des ancêtres. Le sacrifice humain y est connu et il y a été parfois, comme au Dahomey, pratiqué largement. ,
Mais ces populations, dont plusieurs sont très intéressantes, se sont trouvées, depuis longtemps, en rapports fréquents avec le Mahométisme, et, à mesure qu'on se rapproche du Nord, on les en trouve de plus en plus imprégnées.
Au reste, l'Islam gagne toujours, suscitant de temps à autre de grands conquérants, qui sont aussi d'épouvantables fléaux, comme El lladji Omar, Ahmadou, Samory, Rabah, presque tous de race supérieure, s'imposant à la fois par le prestige religieux, l'autorité d'une tyrannie sans frein et la perspective d'un pillage illimité.
Ces races supérieures auxquelles les Nigritîcns se sont souvent unis pour créer des populations métisses, comme les Toucouleurs, sont représentées par les Hamites (Chamites), appelés tfussi Rouschistes, Ethiopiens ou Nubiens. A ce groupe se rattacheraient les BedjJs de la Nubie, les Oromos ou Gallas, les Afora ou Danaktls, les Somalis, les Massais, et, à l'Ouest, les Foulbé.
Toutes ces populations dont la peau est noire, bronzée ou rougcâtre, par suite sans doute d'un mélange plus ou moins considérable avec les premières tribus qu'elles ont rencontrées, ont généralement un type régulier, souvent beau, les attaches délicates, le visage ovale, le nez droit et fin, les cheveux frisés, toute une atlitude remarquable
qui ressort encore mieux par Taptitudc qu'elles ont pour se draper à la manière des statues antiques.
Presque tous ces peuples mènent la vie pastorale, et, divisés en espèces de clans, ils poussent leurs troupeaux sur la large bande de pâturages, en pays semi-désertiques, qui s'étend du cap Guardafui au Cap Vert. Intelligents, guerriers, indépendants, volontiers pillards et pleins de mépris pour les « nègres », ils sont d'un voisinage plutôt redouté, mais leur influence est partout considérable. Malheureusement, à l'exception de la plupart des Gallas et de tous les Massais, ces belles tribus sont musulmanes, et l'Islam, en ajoutant à leurs défauts naturels, paraît ne leur avoir donné aucune qualité. C'est à ce groupe hamite ou éthiopien que doivent aussi se rattacher la majorité des populations chrétiennes d'Abyssinie, mais avec cette diflerence qu'elles sont plus sémitisées que les autres.
Des Ilamites nous passons naturellement aux Berbers^ qui, plus ou moins imprégnés de sang arabe, forment la couche supérieure et dernière parmi les éléments de la population africaine proprement dite. Différents de types, de mœurs et de langues, ^—plusieurs parlent arabe, tandis que d'autres ont gardé leur idiome, qui est d'origine hamitique, — les Berbers comprennent les Barabra et les Fellah de la vallée du Nil, les Rabilcs de l'Atlas, les Touareg du Sahara, les Maures de la côte occidentale, sans compter la part considérable qu'ils ont donnée à la formation des populations dites « arabes » des « Etats barbaresqucs ».
Tous ces Berbers sont aujourd'hui musulmans, mais plusieurs gardent, dans leur Islam, des coutumes qui ne lui appartiennent pas, comme la monogamie ; les Kabiles sont revenus quatorze fois au Christianisme avant d'être définitivement fixés, par la tyrannie des envahisseurs, dans la religion de Mahomet.
Par-dessus ces éléments divers est venu se placer et fusionner avec eux, dans des proportions plus ou moins considérables, Télément sémite. On le retrouve surtout dans l'Afrique du Nord,