FOUL
LA TEnnE ET LES HOMMES en Egypte, en Abyssinie et sur la Côte orientale.
Puis sont arrivés les Européens :
Portugais en Guinée, en Angola, au Mozambique; Hollandais à la Côte d'Or, au Cap et dans les vallées de l'Orange et du Liinpopo; Anglais, Allemands et Français dans leurs récentes colonies.
Telle est l'Afrique considérée dans son ensemble : une terre immense, restée en réserve pour notre époque et qui, jusqu'à présent, n'avait attiré l'attention des cbcrcbeurs que par ses mystères.
E-V Africa scmper alif/uid nofi, disait un proconsul romain, traduisant cette formule d'Aristote. Et c'est pourquoi nous avons vu la curiosité de l'Europe poussée sucressivement, mais avec une passion intermittente, vers ces choses étranges : les sources du Nil, le Prêtre Jean, la cité de Tombouctou, les grands lacs intérieurs, les fleuves inconnus, les montagnes aux sommets d'argent, les Pygmées, les hommes à queue, les anthropoïdes fameux qui devaient former la chaîne disparue et si ardemment recherchée entre la bote et l'homme....
Il a fallu du temps pour soulever tous ces voiles ! C'est que l'Afrique se défendait elle-même contre une curiosité inutile et une exploitation prématurée. Sur son pourtour, pas une écbancrurc convenable pour recevoir les voiliers, pas un estuaire à portée de l'Europe ; partout, au contraire, une barre périlleuse roulant sur une mer sans profondeur et battant une côte sans abri. Pour s'enfoncer dans l'intérieur, c'était pire encore ; au Nord, des déserts brûlants et stériles dont on ne pouvait entrevoir les limites; ailleurs, des fleuves aux deltas empestes, que leurs rapides empêchaient de remonter ; des
forêts sans sentiers; des solitudes sans eau, un pays « maudit », où la fièvre arrête riiommc blanc dès ses premiers pas, où abondent les animaux féroces, où l'Islam barre la route à tout Chrétien et où, par ailleurs, les tribus anthropophages sillonnent les plaines sans fin, en quête d'une proie.
Et c'est pourquoi on s'est porté de préférence \ers la partie du continent immédiatement accessible, celle qui fait face à l'Kurope; vers l'Asie, où les croisades nous avaient appelés, et plus tard, après le magnifique essor qui suivît les découvertes du xv'' siècle, vers le Nouveau-Monde, vers l' Extrême-Orient, vers les îles océaniennes. On courait aux meilleures terres, et on avait raison. L'Afrique ne restait là que pour fournir des esclaves, et l'on n'aborda longtemps ses rivages que pour embarquer ses enfants par milliers, de sorte que, en même temps que les Musulmans l'exploitaient ainsi par le Nord et par l'Est, les Chrétiens se réservaientle même trafic de chair humaine sur la côte occidentale.
Ouvrages a CODSnlter : Vivien uk 5ai>t-Marti\, Xoufeau Dictionnaire de Géographie Universelle, Palis, i8;y-i89;. — Kmskk Uuci.i s, .Voiiielle Géographie Univcrseiie, Paris, 1887. — IÎobkht 1Ïro«>, T/w Slonj 0/ Africa and ils Erplorers, Londres. iSj',. — A. ok Pmkvilik. Les Sociétés Afhtcaines, etc.. J'aHs i8yi- — A. DE QutTRKFACEs, Inirodiiclion à l'étude des races humaines, Paris, i8<ji. — Mgr Le Rov, Les Pygmées, rdans les Missions cattioUques), Lyon, 1897.