CHAPITRE II
AFRIQUE SEPTENTRIONALE. — MISSIONS FRANCAISES D’AL- GÉRIE, DU SAHARA, DE TUNIS ET D'ÉGYPTE.
ARTICLE PREMIER
Algérie.
Les régences d'Alger, de Tunis, de Tripoli et le Maroc formaient les pays appelés autrefois Barbarie ou états barbaresques.C’est de leurs ports que les Mahométans s'élançaient avec leurs galères rapides, comme des vautours affamés, sur les rivages et sur les navires chrétiens. De retour dans leurs reraires, ils vendaient comme esclaves tous leurs prisonniers. Ces malheureux, entassés dans des bagnes infects, enduraient toutes les souffrances et quelquefois la mort, pour avoir résisté aux capices de leurs maitres. La conquête de l’Algérie mit fin à cette humiliation de l'Europe. Grâce à la France, depuis 1830, les états chrétiens ne paient plus de tribut aux pirates, pour assurer à leurs vaisseaux une sécurité incomplète.
L'Algérie est située entre les 4° 30/ et 6° 30’ de long. est. Elle a pour limites : au nord la Méditerranée ;
jAISES D’AL- PTE.
ripoli et le ois Barbarie que les Maes rapides, ages et sur repaires, ils nniers. Ces fects, enduis la mort, rs maitres.
humiliation s 1830, les ux pirates, rité incom-
30/ de long.
diterranée ;
au sud le Sahara ; à l'ouest le Maroc ; et la Tunisie à l'est. Elle a 900 kilomètres de côtes sur au moins 300 de profonceur. À la distance moyenne de douze lieues de la mer, s'élève l’Atlas qui forme un bourrelet de chaines en étages successifs parallèle à la côte. Il commence en Tunisie et va mourir au sud-ouest du Maroc. ses cimes les plus élevées sont le Djurjura, {montagne des élourneaux), où se trouve le fort Napoléon, en Kabylie ; le Titteri et l’Aurès, en Tunisie : elles ont au moins 3000 m. d’altitude. L'Atlas renferme des mines de fer, de cuivre et de plomb ; ses flancs sont ombragés par des forêts considérables de chênes-lièges.
4 L'Algérie n’a que des lacs de peu d'importance, — 4 | (sebkas) ; ses rivières, qui sont des torrents au lit 1 desséché pendant l'été roulent des trombes d’eau pen- 1 dant l'hiver (oued) ou disparaissent dans le sable 0 du désert (tchot). En général, leurs eaux sont M saumâtres et malsaines. Son climat est doux, tem- “| péré ; cependant la majeure partie des Européens est «1 obligée de payer un tribut assez considérable aux 4) fièvres intermittentes. Les contrées du littoral sont 07 rafraîchies par les brises de la mer; mais à partir du “7 mois de juin, le simoun ou sirocca, vent du désert, vient, à certains jours, transformer l'atmosphère en \ une fournaise ardente.
Aujourd’hui l'Algérie forme trois provinces : celles } d'Alger, d'Oran et de Constantine. Par derrière, ie Sahara étend son sol calcaire balayé par des vagues » de sables jusqu'au Soudan. A des distances éloignées, | des oasis de dattiers permettent aux caravanes de le traverser. L’absence d’eau. est la seule cause de sa stérilité. Cependant une découverte importante, qui date d’une trentaine d'années, permet de changer sa
surface desséchée en terres cultivables. La couche
supérieure du sol n’a, paraît-il, qu'une moyenne de 50 m. d'épaisseur; elle recouvre un lit imperméable d'argile au-dessous duquel s'étend une nappe d’eau très-considérable. Il suffit de forer cette couche d’ar-' gile pou faire monter l'eau à la surface et féconder le désert. C'est le procédé employé de temps immémorial par les arabes pour créer les oasis. Le forage et l'entretien de ces puits est un priv.lège, qui appartient à une corporation de noirs. L'administration française a mis à profit cette découverte ; par ses soins, des ateliers de forage ont été montés, et, dans leurs loisirs, nos soldats ont creusé de nouveaux et d'anciens puits dans le Sahara algérien; quelques-unes de ces fontaines donnent plus de 2000 litres d’eau par minute. Ainsi la prospérité a été rendu à des oasis que le fataliôme mahométan Mmenaçait d’une ruine complète. Nouveau titre de la France à l’ingratitude des Arabes! Quoique nous fassions nous ne serons Jamais, aux yeux des mahométans, que des infidèles, des chiens de chrétiens voués à l'esclavage et condamnés de par le Coran à mort. L'ignorance ou l'oubli de ce principe a été la cause de bien des fautes irréparables!
L'Algérie se compose de l’ancienne Numidie, ainsi que des Mauritanies Césarienne et Sitifensis (où l’on a soif). D'abord gouvernée par les rois indigènes Jugurtha, Massinissa, etc., elle fut conquise par les Romains qui en firent une province florissante et fertile. Sous leur domination des villes importantes s’élevèrent jusqu’au milieu du désert, Ces ruines grandioses, semées depuis Carthage jusqu’à Lambessa et Laghouat, sont des témoignages irréfragables dece que peat faire un gouvernement qui connait son but et marche constamment vers lui.
De 429 à 534, les Vandales succédèrent aux Ro:
ISES,
moyenne de imperméable nappe d’eau
couche d’ar-
e et féconder temps immés. Le forage >, qui appardministration rte ; parses ités, et, dans nouveaux et uelques-unes ‘es d’eau par des oasis que ruine comratitude des srons jamais, nfidèles, des , condamnés l'oubli de ce irréparables!
amidie, ainsi isis (où l’on ndigènes Ju- > par les Roate et fertile.
tantes s’éleruines gran- Lambessa et les dece que son but et
ent aux Ro-
mains; leur nom seul indique ce qu’ils ont fait de l'Afrique. Bélisaire la remit sous la domination des Césars bysantins, jusqu’à l’arrivée des conquérants Arabes en 590. Après eux, devenue successivement tributaire du roi de Bougie, des Espagnols et de Barberousse, l'Algérie fut placée sous la suzeraineté du sultan Sélim, qui en fit un pachalik en 4520. Les janissaires, soulevés en 1600, nommèrent ur chef pour Cétendre leurs intérêts sous le nom de dey, (tuteur). En 1710, le dey Baba-Ali chassait le pacha Turc. La ré-
4 gence fut de fait indépendante dela sublime Porte :
alors les janissaires purent élire et réélire autant de
él deys qu’ils voulurent. Cette situation politique fut
terminée par la conquête française.
La population de l’Algérie est composée d'éléments disparates que nous classons ainsi : 4o les Maures, habitants des villes, métis descendant de leurs populations mélangées ; ils disparaissent rapidement ; on peut prévoir l’époque de leur extinction totale;
2° Les Arabes, tribus nomades, également mahométanes, venus plus récemment de l'Asie.
3° Les Berbers. Ces tribus descendent des anciens Lybiens, uniques habitants du littoral méditerranéen
0 de l'Afrique, depuis l'Égypte jusqu'à l'Océan Atlan-
tique à l’époque de la fondation des colonies phéni-
| ciennes; c’est pourquoi les Carthaginois furent appelés à : sbiens à double langage, du phénicien qu'ils avaient 0 conservé et du berbère qu'ils adoptèrent. La langue } berbère est encore parlée chez les Kabyles; elle est ap- | pelée schowiah, parmi ceux du mont Aurès en Tuni-
évéques et sans prétres, isolés complètement du monde chrétien, ils perdirent insensiblement la notion véritable de la foi et finirent par embrasser l’Islamisme pour la forme, afin de vivre en paix avec leurs remuants voisins. On retrouve encore aujourd’hui dans leurs usages et dans leurs traditions une forte empreinte du christianisme.
Ils se divisent en trois branches distinctes : les Xaby: les, les Shulus ou Schelhas et les Tuaregs ou Tuariks.
Lo Les Kabyles sont actifs et intelligents ; leur teint brun, quelquefois noirâtre, est encadré par des cheveux lisses et noirs. Robustes et bien faits, leurs corps maigres, nerveux, grêles, de taille moyenne, ne menquent pas d'élégance. Ils se rasent le devant de la tête et,ne conservent que les cheveux de derrière, depuis le sommet jusqu à la nuque.
Ceux du haut Atlas ont des formes plus athlétiques, leurs traits sont durs et sévères; patients et endurcis à la fatigue, ils vivent indépendants, du produit de leur chasse et de leurs troupeaux.
Les tribus des plateaux neigeux habitent des cavernes depuis novembre jusqu'en avril. La misère Îles pousse au pillage et aux incursions sur le territoire de leurs voisins.
Les Kabyles de l’Aurès, ont la peau blanche, les cheveux jaunâtres, et les yeux bleus.
2% Les Shulus. — Montagnards des versants septentrionaux de l'Atlas. Ils sont-plus policés que les autres: ils construisent des maisons en pierre et les recouvrent d’ardoises. Cependant, quelques-uns d’entre eux vivent sous des tentes. Laborieux, robustes et actifs, ils exploitent les mines de leurs montagnes, en cullivent
avec soin les différents étages et se livrent à l'éducation des abeilles.
ISES L]
ètement du nent la nor embrasser
P11 paix avec .
core aujouriditions une
s: les Xabyou Tuariks.
s; leur teint ar des che- , leurs corps ne, ne mEëndevant de la de derrière,
athlétiques, et endurcis
oduit de leur
tent des ca-
a misère les fs territoire de M
nche, les che-
sants septenue les autres:
es recouvrent tre eux vivent actifs, ils ex- , en cullivent nt à l’éduca-
Certaines tribus du petit Atlas, vers la Tuxisie, habitent des huttes de branches d’arbres recouvertes d'argile : elles rappellent les magalia, habitations des anciens Numides.
On représente les Shulus da Maroc, comme des hommes vifs, intelligents, aux formes athlétiques, trapues, et au teint clair.
3 Les Tuaregs. — Ce sont les berbers nomades
L répandus dans tout le Sahara jusqu'au Soudan. Il paraît qu'ils se sont étendus jusqu'aux îles Canaries, dont les premiers habitants, les Guanches, auraient été les descendants d'une colonie berbère. Quoiqu'il en soit, on rencontre les Tuaregs jusqu'aux frontières | d'Égypte, dans l'oasis de Jupiter-Ammon. Leurs caracà tères physiques varient selon l'altitude et les climats différents des parties habitables du désert. Ici les Tuaregs ont la peau blanche, là vous en rencontrez au teint basané, plus loin vous en voyez de couleur noire: les traits de ces derniers diffèrent beaucoup de ceux des nègres.
Visités et décrits par Léon l’Africain, ils ont été joubliés jusques vers 1830. A cette époque, plusieurs députés de leur nation vinrent à Alger et plus tard à Paris nouer des relations avec la France. On espérait attirer le commerce du Soudan sur l'Algérie par le moyen de ces maîtres du désert. Mais cela est une
lusion ; le principal commerce de l'Afrique est la raite des esclaves autorisée par le Coran; par consé- Quent, les caravanes se dirigeront de préférence sur les archés dn Maroc et de Tunis où elles sont assurées écouler leur marchandise et de faire de beaux profits. À Les Tuaregs appartiennent à la même race que les Foulabs et les Fellatahs, qui vivent sur les hauts pla-
teaux de l’Afrique centrale, depuis le Sénégal jusqu’en Abyssinie. En effet, ils ont les mêmes mœurs et sont également semi-nomades et pasteurs.
La variété des nuances de leur couleur, commenant au blanc coloré et finissant au noir, indique qu'ils sont un des traits-d'union dans lesquels la race blanche s’unit à la race nègre.
4 Les nègres. — L'esclavaäge a jeté en Algérie une certaine quantité de noirs du Soudan : ils y ont conservé leurs mœurs, leurs usages et leurs costumes.
5° Européens. — Depuis la conquête sont venus en Algérie des Maltais et des Italiens, adonnés au petit commerce ainsi qu’à la pêche du corail ; des Espagnols cultivateurs, surtout dans la province d'Oran ; des Mahonaiïs venus des îles Baléares. Robustes, intelligents, actifs, chrétiens solides, les Mahonais, acclimatés d'avance, forment des familles nombreuses de colons sérieux. Ce sont eux qui cultivent.les Ce envoyés en France pendant l'hiver.
Quelques colonies de Suisses, un certain nombre d'ouvriers allemands, des Juifs, maîtres du haut com-
merce, et enfin des Français, appartenant à l'armée et É
aux administrations, ou à cette population mêlée qui suit l'armée.
T'elle est la population de l’Algérie, évaluée en 1863 à 2,999,124 habitants, dont 485,100 catholiques.
Ce chiffre est bien minime si on le compare à ce qu'il pouvait être sous la domination romaine. En effet, le christianisme, introduit, dès les premiers siècles, parmi les populations africaines, nous montre des églises considérables gouvernées par un grand
nombre d’évèques. A l’époque de saint Augustin 1l y = L en avait 400, ce qui suppose autant de aisoésbs: Les guerres en diminuèrent insensiblement le nombré.'Au E-
ES
. ’ al jusqu’en anrs et sont
r, commendique qu'ils ls la race
Algérie une s y ont conostumes.
nt venus en nés au petit |; des Espance d'Oran ; justes, intel- | onais, accli- Hi mbreuses de les primeurs
tain nombre u haut com- # à l’armée et on mêlée qui
luée en 1863 liques.
ompare à ce romaine. En es premiers nous montre ir un grand \ugustin il ÿ liocèses. ‘Les nombre.'Au ÎSe
FE
A Te TE PS de Re | ll Me
iv° siècle ils étaient encore assez nombreux ; en 484; saint Victor est un des derniers évêques de cette époque. L’invasion arabe, terminée au vrre siècle, acheva de disperser les chrétiens ; beaucoup d’entre eux embrassèrent le mahométisme. Quelques-uns, bravant la persécution, restèrent dans leurs foyers. Ces églises étaient encore gouvernées par cinq évêques en 1053 ; vingt ans plus tard, en 1073, il n’en restait plus que deux, y compris celui d'Hippone. Ces débris d'églises, séparés de la chrétienté, ne tardèrent pas à disparaître ; avec le sacerdoce, la foi s’éteignit.
Ce furent les esclaves chrétiens, enlevés par les pirates barbaresques, qui jetèrent la base de la nouvelle église d'Afrique, dans les bagnes d’Alger, du Maroc, de Tunis et de Tripoli. Des prêtres, prisonniers comme eux, les entretenaient dans la foi; des religieux Trinitaires et de la Merci venaient les racheter et les franciscains accouraient pour les encourager. Les mahométans leur laissaient volontiers la liberté de Conscience, mais un certain nombre d’entre eux apostasiaient, afin d'être mieux traités. C’est ce qui rendait nécessaire la présence permanente des religieux. Aussi les uns restaient dans les bagnes en otage pendant que les autres reconduisaient en France ceux qu'ils avaient rachetés. Parmi eux plusieurs donnèrent leur sang pour la foi et les Français y brillent au premier rang,
C'est en 19240, Sérapion, religieux anglais de la
: Merci resté en otage. Coupable d’avoir baptisé plu- | sieurs mahoméians : conformément au Coran, il fut
mis à mort. On le crucifia sur le côté, un pied et.un bras en haut de la Croix, puis on le Coupa en morceaux : l'Église a autorisé son culte en 1728. En 1994, Pierre d'Armengol, religieux du même ordre, vient
également à Alger ; il rachète 500 esclaves et reste au bagne en otage pour un certain nombre de ceux qu’il a rachetés. Leur rançon n’arrive pas assez vite au gré des mahométans : on l’accuse d’être l'espion des monarques chrétiens. Après avoir enduré toute espèce d’outrages, il est pendu ; son corps reste exposé aux oiseaux de proie Le sixième jour après son supplice arrive le père Florentin avec la rançon désirée ; il s'apprête à ensevelir le corps de Pierre, et Pierre l’interpelle, il lui apprend que c’est à la sainte Vierge qu’il doit le prolongement de ses jours. Ce miracle frappa tellement les mahométans que le roi de Bougie fit une remise de 4000 ducats sur sa rançon. Pierre.en profita pour racheter 26 esclaves de, plus et retourna en Espagne où il vécut encore dix ans.
Le 18 septembre 1569 est martyrisé le jeune maure Géronimo, converti au christianisme. Conduit à Alger, devant le pacha ; il résiste à toutes les sédnctions, à toutes les tortures et enfin il est enfoui dans un bloc de béton qui servit à réparer les murailles du fort des Vingt-quatre heures. Son corps, retrouvé lors de la démolition de ce fort en 1853, fut transporté ia même année dans ia cathédrale d’Alger avec un grande solennité : Pie IX a approuvé son culte en le-déclarant vénérable.
Plus tard, en 1613, un autre espagnol, le mineur observantin Ziran, envoyé par le roi d'Espagne auprès d’un roi kabyle, tombe avec ses compagnons entre les mains des Arabes. Huit d'entre eux furent empalés à Alger, un neuvième fut brûlé vif, et le père Ziran condamné à être écorché. Il subit son supplice à la porte de Bab-Azoun, en chantant le psaume des trois jeunes gens dans la fournaise — Benedicite — et après l’enlèvement complet de sa peau il expira en s’écriant :
nn et = €
ECO 2 m5 =
ES
et reste au e ceux qu’il vite au gré ion des Mmooute espèce exposé aux son supplice désirée ; il Pierre l’ininte Vierge Ce miracle i de Bougie n. Pierre.en et retourna
une maure uit à Alger, éductions, à ans un bloc du fort des ors de la dérlé ia même | grande s0le- déclarant
, le mineur agne auprès ns entre les t empalés à e Ziran con- :e à la porte trois jeunes ; après l’enn s’écriant :
LES MISSIONS CA HOLIQUES FRANSAISES. 33
Je remets mon âme entre vos mains, Ô Seigneur, in manus tuas, Domine, commendo spirilum meum. Sa peau remzlie de paille resta accrochée quelque temps au dessus de cette porte d'Alger,
En 1632, l'Algérie devint une préfecture apostolique confiée aux Lazaristes français. Les fonctions de préfet et de consul furent réunies dans la personne de M. Nouéli, ainsi que le titre de vicaire ‘général de l'6vêque de Carthage, avec juridiction sur tous les prêtres et religieux de la régence. MM. Nouéli, Le Sage et Dieppe se prodiguent auprès des esclaves pendant la peste: ils meurent tous trois après en avoir racheté un grand nombre. M. Ze Vacher devient préfet apos: tolique et rentre dans sa patrie avec un cortége de 70 esclaves rachetés.
Pendant que les Lazaristes exercent leur ministère dans les bagnes de l'Afrique, l'œuvre des autres rédempteurs prend un nouvel] essor, Les religieux français de la Merci ou Mathurins, Hérault et Boniface des Lois viennent chercher un grand nombre d'esclaves. Le premier revient une seconde fois avec le père Droilhac, il reste on otage et subit des tortures Inouïes en attendant sa rançon. Pendant six semaines, il est jeté au fond d'un silo où grouille une masse de reptiles ; il n’a rien pour se reposer, alors il est réduit à se creuser avec ses ongles un appui dans le talus de sa fosse. Il meurt des suites de ces souffrances, assisté . par le franciseain David religieux français, l’un de ces
nombreux martyrs inconnus de la charité, qui vivait
dans l'intérieur des bagnes avec les esclaves. La mort
du père Hérault fut un deuil public ; les mahométans
eux-mêmes, obligés de rendre justice à sa sain-
teté, honorèrent son inhumation, 3000 esclaves et,
chose inouïe pour l'Algérie, 40 prêtres reconduisirent
ve
son Corps à sa dernière demeure. On était en 4647. Le lazariste Jean Le Vacher, venant de Tunis, succède à son frère, en 4677 en qualité de préfet apostolique et de consul de France. La peste est permanente à Alger ; il change sa résidence en hôpital; avec ses confrères ilsoigne les esclaves français. En 1683 l’amiral Duquesne vient demander compte de leurs rapines aux pirates algériens. Le Vacher est l'intermédiaire des négociations ; il est sur le point d'obtenir un résultat satisfaisant, lorsqu'une révolution renverse le dey. Les insurgés ne veulent rien entendre: ils attachent M. Le Vacher à la gueule d'un canon et l’envoient en place de projectile contre le vaisseau amiral. Duquesne bombarda la ville et conclut un iraité qui ne fut pas plus exécuté que les autres.
M. Montmasson, autre lazariste français, succéda à M. Le Vacher : il était un des derniers survivants de la triste mission de Madagascar. Il eut le même sort que son prédécesseur ainsi que le frère #rancillon, lorsqu’en 1688 l’amiral d’Estrées se présenta devant Alger pour rappeler aux forbans le traité qu'ils avaient conclu avec Duquesne. Le frère Francillon était voué au service des esclaves depuis quarante ans.
M. Montmasson fut rempiacé par M. Duchesne. Ce Lazariste continua avec succès l’œuvre de ses prédécesseurs, devenue moins difficile, grâce aux exploits du duc de Beaufort, de Duquesne, de Tourville et de d'Estrées. Sous son administration, en 4720, les religieux français Comelin, Philémon de la Mo'te et Joseph Bernard, trinitaires : Rivière et de la Case, pères de la Merci vinrent racheter un grand nombre d'esclaves ; le père Bernard alla jusqu'à Tunis d’ou il en rapatria beaucoup.
À cette époque les deys, adoucis par le canon fran-
ES
it en 4647.
Tunis, sucéfet apostopermanente il; avec ses 1683 l’amiurs rapines termédiaire nir un rérenverse le endre: ils in Canon ef le vaisseau ‘onclut un autres.
, Succéda à rvivants de même sort Francillon, nta devant l'ils avaient , était voué
ichesne. Ce ses prédéix exploits rville et de 20, les reli- 1 Mo'le et le la Case, id nombre nis d’ou il
anon fran-
çais, étaient devenns plus traitables ; ils donnaient audience aux Rédempteurs ‘u'ils recommandaient même au bey de Tunis lorsque cela était utile à leur mission.
En 1723, les trinitaires français d’Arcisas, La Faye,
Leroy et Machar, belge, a' ordèrent à Alger, ils veuaient du Maroc où ils n'avaient pu racheter que quinze esclaves pour la somme di 4,000 piastres, soit 21,960 francs de notre monnaie actvelle.
En ce royaume la con:'ition de ces malheureux était 7 bien plus dure qu’à Alger et à Tunis, Les Trinitaires avaient rencontré dans un des bagnes marocains, un père jésuite portugais, esclave lui-même, remplissant les fonctions sacerdotales auprès de ses compatriotes, Tous les matins il disait la messe dans une embarcation à quelque distance du rivage. Il refusa son rachat et voulut continuer son admirable ministère dans le bagne.
La mission du Maroc se rattache à celle d'Algérie, c’est pourquoi nous en dirons un mor en passant. Ce royaume était le théâtre des mêmes dévouements que ceux d'Alger et de Tunis. Les esclaves y étaient plus maltraités et les religieux Rédempteurs rencontraient de grandes difficultés pour leur rachat. On leur demandait des sommes exorbitantes ; ainsi, en 4749, “ 1" 12 esclaves coûtaient 4,000 piastres, soit 1,830 francs par tête.
La mission du Maroc date de 1219, année dans la- } quelle saint François d’Assises y envoya les six francis- Cains français et italiens, Bérard, Accurse, Othon, Adjute et Pierre. Le roi Miramolin, ou l’émir Al-Moumein, les fit jeter dans une fosse ; ils y endurèrent des privations inouïes ; ensuite ils furent fouettés et trainés sur des morceaux de vases cassés; on jeta de
regagner
ps
l’huile bouillante sur leurs plaies. Enfin Miramolin, furieux de voir ses ,ñnenaces, ses promesses inutiles pour les faire apostasier, se précipita sur eux et leur coupa lui-même la tête. C'était le 42 janvier 4220.
Six autres franciscains les remplacèrent immédiatement, ce sont : les pères Samuel, Ange, Domne, Léon, Nicoias et Hugolin: ils furent flagellés, décapités et coupés en morceaux à Maroc en 1221. L'Église approuva le culte de tous ces mertyrs en 1481.
Cependant le sultan se radoucit: frappé de voir la peste, en permanence dans ses États, diminuer ou cesser à l'invocation de ces martyrs, il accorde la liberté de conscience à ses sujets. Il demande même un évèque catholique pour sa capitale, à condition qu'il sera choisi parmi les frères mineurs de saint François. Le SaintiSiége s’empressa de nommer le frère français Agneau, évèque de Maroc. Ces bonnes dispositions persévérèrent dans quelques-uns des successeurs de Miramolin. L'un d’eux, Yacoub-el-Mansour, fit venir d'Espagne pour sa garde particulière 500 cavaliers mozarabes chrétiens avec leurs familles et leur bâtit une église. Ils zestèrent au Maroc jusqu’en 1390. Au frère Agneau succéda le frère Loup, Dain, et en 1449, nous trouvons sur le siége épiscopal de Maroc le mineur portugais Alphonse de Pernus.
Les esclaves s'étaient ressentis de la faveur que les sultans accordaient aux chrétiens : aussi les frères Rédempteurs vinrent faire d'amples moissons dans les bagnes marocains. Mais le Coran ne tarda pas à reprendre le dessus, ses prohibitions furent renouvelées. Alors, nous voyons en 1532 le mineur italien, André de Spotlète, jeté dans une fournaise ardente d’où il sort plein àäe force et de vie : c’est un magicien, s’écrient les musulmans et il meurt lanidé
222€ + 22 ns } dub Ad
ES
Miramolin, ses inutiles eux et leur r 4220.
immédiatemmne, Léon, décapités et 21. L'Église xé de voir la iuer Ou Cesde la liberté même un idition qu’il it François.
re français dispositions cesseurs de r, fit venir J0 cavaliers leur bâtit en 1390. Au et en 1449, e Maroc le
eur que les
les frères ns dans les la pas à reenouvelées.
ien, André d’où il sort n, s’écrient
En 1680, les pères français de la Merci, Monnel, Bernède, Mège, Castel et La Faye, sont retenus prisonniers et ne sont rendus à la liberté après bien des avanies, qu'au prix d’une très forte rançon. Les sultans goûtaient fort ce moyen de remplir leur trésor lorsqu'il était à sec. En général tous les Rédempteurs qui venaient à Alger passaient par le Maroc et allaient à Tunis.
Bientôt la mission du Maroc n'eut plus d’évêques, alors elle resta à l’état de préfecture apostolique administrée par les mineurs espagnols. 11 y a quelques années le frère Paronolin en était le préfet.
Les deux derniers évêques in partibus, de Maroc furent monseigneur Guillon mort en 4847 et monseigneur Biancheri, lazariste piémontars coadjuteur du vicaire apostolique d’Abyssinie, également décédé en
La régence d'Alger resta préfecture apostolique jusqu’après la conquète française. Alors l’Église y prit de grands développements. En 1838 le clergé se composait d'un évêque in partibus, vicaire apostolique, d’un vicaire général, de trois chanoines et de vingt prêtres. En 1843, le Saint-Siége érigea la ville d'Alger en évêché suffragant de l’archevêché d'Aix, . monseigneur Dupuch vicaire apostolique en fut natu-
2 rellement le premier titulaire. Après.avoir jeté ‘
bases de toutes les œuvres apostoliques de l'Algérie, il donna sa démission, Monseigneur Pavy, doyen de la faculté de théologie de Lyon, lui succéda en 4846. Il trouva dans son diocèse 66 prêtres et 130,000 catholiques. Sous son administration se développèrent toutes les œuvres catholiques dont son prédécesseur avait jeté la semence dans ïe sol algérien. Une cathé-
drale fut Construite àu milieu de la ville; elle est
nn een
ist © eZ
dédiée à saint Philippe. En 1848, ilobtenait un ancien camp placé au sommet de la colline de Xouba (coupole) qui borde la plage au centre de la baie, et le transformait en grand séminaire: aujourd’hui un magnifique édifice en pierres remplace les barraques en planches à travers lesquelles filtraient le vent et la pluie. Cet établissement est dirigé par les Lazaristes . Pendant ce temps, monseigneur Pavy établissait son petit séminaire, dans le. village de saint Eugène, sur le versant nord du mont Bouzareah, à l'opposé de Kouba. Mgr Lavigerie l’a transporté à Kouba,
Après avoir pourvu au recrutement du clergé, il donna ses soins à l'instruction des enfants. Les frères des écoles chrétiennes, vinrent ouvrir des écoles à Alger, Blidah, Constantine, El Biar, Oran, Sidi Bel- Abbhès, Tlemcen, Milianah, Mostaganem et Stora. Dans toutes les localités où cela fut possible, les écoles, les orphelinats de tilles ainsi que les hôpitaux furent confiés aux filles de la charité, anx sœurs de la doctrine chrétienne et aux sœurs de saint Joseph.
Les jésuites ouvraient des établissements à Alger, Aumale, Gonstantine, Delly Ibrahim , Mustapha, Oran, Sétif, Philippeville; ils établissaient les orphelinats agricoles de Bouffarik dans la province d'Alger, et de Ben- Aknoun dans celle d'Oran; c’est le Père Brumault qu'en fut le premier fondateur.
Outre ces œuvres, les Trappistes sont venus à leur tour fonder un grand établissement modèle de culture aux portes d'Alger, sur notre premier champ de bataille, à Siaoueli près de Sidi-Ferruch où débarqua l’armée française en 1830.
Les Lazaristes ont conservé leur ancienne maison d'Alger ; ils secondent le clergé des paroisses.
Les sœurs du Bon Pasteur ant ouvert auprès d’Ai-
ac
ES
it un ancien ba (coupole) et le transi un magniarraques en vent et la Lazaristes .
ablissait son Eugène, sur l'opposé de ba, u clergé, il s. Les frères es écoles à n, Sidi Bel- Stora. Dans s écoles, les furent conla doctrine
nts à Alger, apha, Oran, elinats agri- , et de Benmault qu'en
venus à leur > de culture * Champ de )ù débarqua
Anne maison es.
auprès d’Al-
ger, à Oran et à Constantine des refuges et pensionnats semblables à ceux de France,
Enfin les petites sœurs des Pauvres prennent soin des vieillards indigents.
Plusieurs fois monseigneur Pavy tenta de fonder des établissements pour la conversion des arabes; il dut ajourner indéfiniment ses projets devant les obstacles qu’il rencontra de tous côtés. |
Il réussit cependant à faire de l’Algérie une nouvelle province de l'Église. Alger fut érigée en archevêché en 1865, avec les nouveaux évêchés d'Oran et de Constantiné pour suffragants. Or, en 1866 mcaseigneur Pavy s'endormit dans le Seigneur, archevêque d'Alger, après un épiscopat de vingt ans pendant lesquels il créa la nouvelle Église d'Afrique. Il avait fait ériger près de 200 paroisses et 44 vicariats.
En mourant, ileut la consolation de laisser à l’Algérie deux patrons officiels : là Vierge Marie, en l’honneur de laquelle il fit construire un magnifique sanctuaire, sous le vocable de Notre-Dame d’Afrique auprès du village de saint Eugène sur le Bouzareah : etle vénérable Geronimo dont il fit transporter les reliques dans sa cathédrale.
Monseigneur Lavigerie, évêque de Nancy, succéda à monsêigneur Pavy ; son arrivée dans son archidiocèse fut suivie de calamités terribles. Les sauterelles détruisirent les récoltes, la famine et le choléra décimèrent
| les populations : ces trois fléaux: firent un grand
nombre d'orphelins. Le cœur apostolique de Sa Grandeur se dilataen proportion des besoins de sesenfants.
Malgré l'opposition formidable de toutes les administrations, il adopta 1700 enfants. Il leur ouvrit les orphelinats existants et en créa d’autres. Il avait esnéré
22% ve
dans le Seigneur, il ne fut pas confondu ; il trouva
on :
Stress nina am aq
ÉD Genre
#1) À + j î fi à ds Là xd # { H À LR : + | RE ! LI D Li Ë ur è EM h | l HAT | ê Î F Î L | À Wt ri % F LEZ H # à k: JE } H i f :
| Ê 8 {l | HA L'HE ol !
{ | i { l mi l | | : 1F F.] | [il Î !
les secours, et l'appui dont il avait besoin, et put leur donner le pain du Corps et de l'ÂAme ainsi qu’un abri assuré. Tel est le sort des œuvres de Dieu ; elles doivent toujours être marquées du sceau des contradictions humaines,
ARTICLE II
Délégation apostolique du Sahara et du Soudan. f
Au delà des limites indéfinies de l’Algérie, existent des populations d’origine Zerbère. Ce sont les Tuaregs ou Tuariks, peuples nomades qui habitent le Sahara on désert 41 Lybie des anciens, Premiers habitants chrétiens , de l'Algérie, de la Tunisie et de la Tripolitaine, mahométans pour la forme, ils ont conservé leur état Social frappé au coin du christianisme, En effet, sur leur front, sur tous leurs objets, vous voyez la croix ; ils en connaissent la signification. La confession publique des premiers siècles est en usage parmi eux. Chez eux, la femme n'est pas une esclave sans âme comme chez les mäahométans, elle est légale de l’homme, ante aux fonctions du gouvernement et entourée d'honneur et de respect ; ils sont par conséquent monogames. En outre, ils ont un recueil de lois appelés (Kanoun) canon qui doivent être une reproduction des anciens Canons de l'Église d'Afrique. Or, disent-ils, ces livres leur ordon:ent d'honorer Jésus et Marie, C’est à Cause de cet attachement aux vestiges du christianisme que les arabesleur témoignent un grand mépris, ils les appellent abandonnés de Dieu .(fuaregs) et les cinquièmes (Hamsi), c’est-àdire, étrangers à l’une des quatre sectes reconnues
SES
, et put leur si qu'un abri Dieu ; elles des contra-
oudan.
rie, existent les Tuaregs t le Sahara rs habitants > la Tripolint conservé lanisme, En ‘Vous voyez La confessage parmi sclave sans L l'égale de nement et par consérecueil de être une d'Afrique.
d'honorer ement aux émoignent donnés de ), c’est-àreconnues
du mahométisme. Aussi les Tuaregs sont-ils séparés des Arabes par une haine implacable.
Les Tuaregs forment une grande confédération ; ils sont adonnés au commerce, et vont sur le littoral échanger les denrées du désert contre du blé. Ce sont eux qui protégent ou pillent les Caravanes, selon les circonstances. La tribu la plus rapprochée des possessions françaises est celle des Beni-Mzab, campée à une cinquantaine de lieues de Laghouat. Elle est gouvernée par ses marabouts.
Ces étincelles de christianisme enfouies sous la cendre mahométane peuvent être ravivées par le souffle de la prédication Catholique. C'est pourquoi Pie IX a voulu tenter de ramener les peuples berbères à la vraie foi. En conséquence, ce grand Pape des missions, au cœur d’apôtre, a créé deux missions pour leur évangélisation : la première, desservie d'abord par des jésuites autrichiens et ensuite par des prêtres séculiers de la même nation, s'étend au sud-ouest de l'Égypte et au sud de la régence de Tripoli jusqu’au Kordofan, au Darfour et au Fezzan; elle comprend la partie oriéntale du Soudan et du Sahara et dépend
du vicaire apostolique d’Alexandrie. , La deuxième | embrasse les contrées comprises entre l'Océan Atlantique à l’ouest, le Maroc, l'Algérie etla Tunisie au nord, le Fezzan à l'est, le Sénégal et la Guinée au sud. Elle a été érigée par décret de la Congrégation 4 de la Propagande, le 6 août 1868, sous le titre de délé- …Salion apostolique du Soudan et du Sahara et confiée + à monseigneur Lavigerie, archevêque d'Alger, délégué
.] apostolique.
| Aussitôt l'érection de sa nouvelle mission, monseigneur Lavigerie fonda piusieurs établissements à D Alger pour lui sérvir de base ; ce sont :
qe gomme Smet hoeté Diilimérase nb A trie D ms Li ES 2 inner SR x RE t 7 " ee in Æ RER LE TE ES ES EE " = 2 - +” - Eee 3 w
00 OR mr
1° Le grand séminaire institué sur le modèle de celui des missions étrangères de Paris. Les Pères jésuites,en farent les premiers directeurs, et l’un d’eux, le Père Vincent, rédigea les constitutions du nouvel institut. |
2° Le petit séminaire auprès de l’église de Notre- Dame d’Afrique.
Ces deux établissements comptent au moins soixante élèves. |
3° Un institut de frères et de sœurs sous le vocable du vénérable Géronimo, pour vaquer aux soins matériels, et à l’instruction des enfants de la mission.
40 Un asile pour les femmes arabes.
Ces trois établissements sont dans le village pitto- : resque d’El-Biar, situé près d’Alger, derrière le fort | l'Empereur.
5° Un orphelinat de garçons, à la maison carrée, $ sur la rive droite de l’Arach, rivière, qui se jette dans à ù la mer au fond de la baie, après avoir traversé la ! Mitidja. La maison carrée est un ancien fort, destiné à d’abord à la détention des Arabes, et converti, il y a À cinq ans, lors de la famine, .en orphelinat pour les ; enfants des victimes du fléau. Le nombre des enfants recueillis par la charité de monseigneur Lavigerie, à MS cette occasion, fut de 1700: la moitié mourut dès la Ls première année ; une centaine ont été rendus à leurs À familles et les autres sont restés volontairement.
60 Un second orphelinat, au fort Napoléon, en Kabylie. -
1° Un orphelinat de filles dans le village de Kouba.
80 Une première station, à Laghouat, dernier poste ‘ français dans le désert: il s'y trouve deux prêtres et # une maison de sœurs. se 9° Un village d'indigènes chrétien en voie de forma- |
ISES.
le modèle de tion, sur les bords du Chélif, petit fleuve qui vient se
Les Pères jé- jeter dans la Méditerranée entre Arzew et Tenès,
et l’un d’eux, après un parcours de 450 kilomètres.
is du nouvel | Ainsi la mission du Sahara est organisée, elle se | 0 développera, nous n’en doutons pas, si la liberté d’ac-
ise de Notre- in de monseigneur Lavigerie n’est pas entravée.
oins soixante
4 ARTICLE III us le vocable d:
x soins maté- 4
pes Régence de Tunis.
nission.
village pitto- MS La régence de ‘ ui ituée entre celle de Tripoli à rrière le fort M'est et l’Algérie à uest, a 580 kilomètres de:prc-
+ Mondeur sur 290 de largeur. Son sol est très-fertile ; il tison carrée, Micontient des mines d'argent, de plomb, de cuivre et
se jette dans Me mercure. Sa population est évaluée à 2,90,000 r traversé la habitants. Elle formait, sous les Romains, les deux proà fort, destiné MSvinces d'Afrique et la Bysacène ; de leurs mains elle onverti, il y à passa sous la domination des Vandales, fut conquise linat pour les | par les kalifes d'Égypte ei resta indépendante sous la e des enfants Mynastie des Hafsites de 1206 à 1534, année dans la-
r Lavigerie, à quelle Bar.crousse s’en empara. Rendue au pacha nourut dès la SMétrôné par Charles-Quint en 1538, elle fut mise sous
endus à leurs Ma suzeraineté de la Porte par Sinan-Pacha en 1573, rement. après le départ des Espagnols. Dans les derniers siècles
oléon, en Ka- es janissaires se sont arrogé le droit d’élire leur $ ouverain: de là des révolutions fréquentes, Leur élu
ge de Kouba. rend le titre de bey (colonel), et recoit l'investiture du
dernier poste Sultan.
Ux prètres et” La ville de Tunis, Capitale de la régence ou beylik,
MEst l'ancienne Tunes: elle est assise au fond de la
oie de forma- agune de Boghaz par 8° de long. est ei 36°44' de
1 | iat. nord, sa population est de 200,000 âmes. D'abord 4 Don humble village, Tunis ne prit d'importance qu'après je LE la destruction complète de Carthage par les Arabes. à au Un étroit canal appelé la Goulette (goletta, goulet) br ji unit son port à la Méditerranée. jé 7 oh La Tunisie fut évangélisée dès les premiers siècles ae Ja 42 notre ère ; les Papes y envoyèrent des apôtres qui gs DLL 1 1èrent de nombreuses églises dont Carthage devint étaie | hr la métropole. C’est de cette ville que la foi se répandit Mes
| b rapidement dans la Numidie et en Mauritanie. En 240, cité Dur les chrétiens étaient déjà plus nombreux dans les villes ï ui | | que les païens. A la fin du re siècle, Agrippinus à + Lou évèque deCarthageréunissait un concile de 70 évèques ; “ # | (fi. saint Cyprien en convoquait ua autre de 87 évèques sn e {| appartenant seulement à trois provinces. Carthage vit os.
i | LL un grand nombre de conciles assemblés dans ses Réd Etui murs, le plus important était composé de 214 à k RU évêques : il eut lieu en 398. Tertullien, Arnobe, Lac- bè AR : ur iieb sades AE tance, saint Cyprien et saint Augustin évêque d’Hip- dével Lin pone, illustrations du catholicisme, naquirent sur son : rs L'UN territoire ; elle produisit en outre des iuartyrs nom- de … Bin breux. Le relâchement introduit par les hérésies by- wi
LU ; | : s capti RES zantines commençait à dissoudre cette église lors de ne ai ai l'invasion vandale au v° siècle. Bélisaire reconquii pe
2 (RE : ; : ‘ nalen cette province en 534; elle jouit un instant d’une ne ii tranquillité relative ; mais bientôt les Arabes s’en em- ra parèrent. Ils eurent facilement raison de ces peuples à jé | énervés par le schisme. Ils achevèrent la destruction de | : “à rité. ( de Carthage, alors Tunis devint la métropole de l’é- à là RL | glise d'Afrique. La plupart des chrétiens terrifiés em- ue, brassèrert le mahométisme ; d’autres s’enfuirent dans 4 fe les montagnes et dans le désert; un petit noyau per- de 1: sista dans la foi: ainsi toujours la Tunisie eut des : j rache
chrétiens et de temps en temps des martyrs. En 1073,
ES
ies. D'abord ice qu'après les Arabes.
tta, goulet)
niers siècles apôtres qui hage devint i se répandit nie. En 240, ans les villes Agrippinus 10 évêques ; e 87 évèques Carthage vit és dans ses osé de 214 rnobe, Lacèque d’'Hiprent sur son ar£iyrs nomhérésies byglise lors de e reconquit istant d’une bes s’en emces peuples dest'uction opole de l’éterrifiés emfuirent dans t noyau per-
+ des L