‹ Les missions catholiques françaises [microforme]Chapitre 18 sur 105 · GES · texte numérisé non relu

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Chaque année, les religieux rachetaient une grande quantité d'esclaves, mais leur nombre était accru constamment par les courses des pirates, Ainsi en 45353, Charles-Quint avait trouvé 20,000 eselaves à Tunis, en 1641 il y en avait encore 7000, et plus, 3500

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d'années, les Pères français de la Merci, Charles d'Arras, en 1635; Audruger et Dœshées en 1638 ; Hérault et Boniface des Bois, en 1642, vinrent racheter plusieurs milliers d’esclaves. L'époque où saint Vincent de Paul allait réaliser ses projets apostoliques était arrivée : ce saint racheta 1200 chrétiens et dépensa pour eux ‘un million de livres. En 1645, il envoya à Tunis un des prêtres de sa congrégation, M. Guérin, en qualité de chapelain du consulat français. Ce lazariste parvint à former une église florissante au milieu des bagnes de la capitale et de Biserte; il soutint le courage de plusieurs martyrs. Épuisé de fatigue, il obtint du roi Agi-Mohammed la permission de faire venir un de ses confrères. Cle fut M. Jean Levacher, qui eut l’honneur de partager ses souffrances. IL vit mourir M. Guérin et M. Lange consul de France pendant la peste. Alors il remplit par intérim les fonctions de ce dernier, jusqu’à ce que Louis XIV eût donné les consulats de Barbarie à la congrégation de la Mission ou Lazaristes. Levacher, confirmé dans cette fonctiun, s’en servit pour faire un plus grand bien. Tombé en disgrâce, en 1653, il alla porter ses soins aux esclaves du bagne de Biserte, mais bientôt justifié, il fut nommé préfet apostolique et redeviat consul.

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et à la double défaite de la flotte barbaresque, en vue de Tunis, par l’escadre française du duc de Beaufort, M. Levacher put négocier un traité favorable aux chrétiens : il'y fit reconnait: nouveau, pour le consul français, le’ droit d'entretenir, dans le consulat (fondouk), un chapelain chargé du service spirituel des résidents européens.

Après avoir rendu tant de services, il dut résigner ses fonctions devant une intrigué ourdie par des négociants injustes. Il rentra en France »n 1660, accompagné d’une foule d'esclaves qu'il avait rachetés el vint occuper les mêmes fonctions à Alger où nous l’avons vu mourir glorieusement pour sa foi et sa patrie. M. Levacher fut le dernier lazariste de la mission de Tunis. En partant, il la remit entre les mains de deux capucins italiens qu’il avait rachetés. En l’absence de missionnaires français, les musulmans n’observèrent aucune clause des traités ; il he fallut rien moins que les bombardements ainsi que la destruction des flottes de Tunis et de Tripoli par Duquesne et Tourville en 1681, pour les décider à relâcher les esclaves français. Cela ne les Corrigea pas suffisamment. En 1685 l'amiral d’Estrées vint bombarder encore Tripoli et exigea une forte indemnité des Tunisiens. Le trésor du bey était alors à sec : il en paya une partie en donnant au commerce français le droit d'établir un

g Comptoir au cap Nègre, à 20 kilomètres est, de Ta-

barka. Un capucin y fut immédiatement attaché. D'Estrées fit insérer dans son traité cette clause : Que lous les missionnaires sans distinction de nationatité seraient considérés comme sujets français, placés sous la protection immédiate du roi de France. Malgré

j tous ces châtiments, la piraterie n’en fleurissait pas

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Tunisie. C’est alors que fut fond: la compagnie royale d'Afrique : sescomptoirs établis à La Calle, à Biserte, au cap Rouge, ainsi qu'à Porto-Farina, arsenal maritie de la régence, devinrent autant de résidences de missionnaires.

En 1705, une révolution mit sur le trône Hussein, fils d’un renégat candiote: son -ègne inaugura une ère de tolérance relative. Les Trinitaires espagnols en profitèrent pour ouvrir un hôpital dans la ville de Tunis et les capucins y louèrent, en 1735, une maison qui servit de paroisse aux résidents européens. À cette époque, la compagnie française cherchait à acheter

ix Gênois l’île de Tabarka, centre de la pêche du corail. Alors, Ali-Pacha, craignant ce voisinage inquiétant pour les pirates, s’en empara à l’improviste en 4742 ; ‘il en détruisit les fortifications et ramena 842 tabarquins dans ses bagnes. Dix ans plus tard, pour récompenser la fidélité de ses troupes qui avaient réprimé une insurrection fomentée par son propre fils , il leur accorda le pillage des maisons chrétiennes peudant cinq. jours. La résidence des missionnaires ainsi que leur église ne furent pas plus épargnées que les autres. Il en fut de même en 1756, lorsque les Algériens prirent Tunis. Ali-Bey, successeur d’Ali- Pacha, laissa une certaine tranquillité aux chrétiens, de 1759 à 1782.

Mais à la suite de si terribles épreuves, la mission était d'ns une telle misère qu’en 1764, le préfet apostolique mendiait son pain. La piraterie tombait en décadence, ainsi en 1780 il-n'y avait plus que 2,000 esclaves dans la régence: elle continua à diminuer jusqu’à la prise d'Alger par les Français en 1830, Alors le bey Hussein consentit à l'abolition de l’es-

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thage, un emplacement pour la construction d’un monument commémoratif de la mort de saint Louis.

Depuis cette époque, la mission se développa con: sidérablement. Un grand nombre de £'ciliens et de Maltais vinrent s'établir sur le littoral de la Tunisie, Le siége de la paroisse fut transporté dans l’ancien hôpital des Trinitaires ; le bey consentit à le louer aux capucins pour la somme annuelle de deux à tois cents francs. En 1837, une chapelle plus grande était construite sur la piac* de celle des Trinitaires espagnols.

En raison de ces d£ ppements, le Saint-Siége érigea la régence en v ‘ariat apostolique. La prélecture avait duré 219 ans, sous l'administration de 39 préfets. Depuis 1843, monseigneur Fidèle Sutter, religieux capucin, en est le vicaire apostolique. A:cette époque, la mission contenait 3,000 catholiques : le bey Mohammed faisait remise du loyer de l’église ; en 1845 il y ajoutait l’emplacement de l’ancien consulat Espagne; en 1850 un vaste terrain pour agrandir le cimetière chrétien. En cette année, le choléra sévit dans la régence, le dévouement et la charité des missionnaires augmentèrent sa bienveillance.

À partir de cette époque, la population catholique augmentant chaque année, de nouvelles stations furent établies. Elles sont au nombre de neuf, et comptent parmi les codpérateurs des Capucins italiens, des frères et des sœurs appartenant aux congrégations françaises des écoles chrétiennes et de Saint-Joseph de l’Apparition.. En 1843, le monument de saint Louis étant terminé, un prêtre français, l'abbé Bourgade, y fut attaché en qualité de chapelain.

Ces établissements sont : Tunis, la Goulette, Suza,

Sfax, Medhia, Biserte, Porto-Farina et Monasiyr.

4° Puis, Lu mission y possède une église et quatre chapelles : elle ost desservie par huit pères capucins ot quatre prêtres séculiers, Depuis 1855 dix frères de la doctriñe chrétienne y ont ouvert des écoles gratuites el un pensionnat : le nombre de leurs élèves dépasse 300, Les sœurs de Saint-Joseph dirigent une école gratuite de filles, un pensionhat, un orphelinal et un pelit hôpital.

Tunis forme une paroisse de 11,800. âmes.

La chapelle de Saint-Louis est à 49 kilomètres à l'ouest, sur le point culminant des ruines de Garthage : elle est sous la juridiction du vicaire apostolique.

A 2 kilomètres au nord-ouest de Tunis, est le Bardo, résidence du bey {ils y trouve 200 catholiques.

2 La Goulette, Ge port est l'arsenal militaire de la régence, ilirenferme 1300 catholiques, et possède une église terminée en 1866, Deux missionnaires et un prôtre du pays y résident: les frères des écoles chréliennes e! les sœurs de Saint-Joseph y dirigent les écoles, Es sœurs desservent en outre l'hôpital,

d Suza, Cette ville importante fait un commerce considérable d'huiles, Un grand nombre d'Italiens et de Malais étant venus s'y fixer, la paroisse fut établie en 1836, et l'église achevée en 1837, Elle est la résidence d’un missionnaire; nous y retrouvons encore les sœurs de Saint-Joseph à la tête des écoles.

Suza contient 709 catholiques.

Syar, Ancienne Taphrura, La paroisse date de LEA: grâce à la hibéralité du bey, le presbytère et l'église ont été terminés en 1846 ; elie a une école dirigée par les sœurs de Saint-Joseph et contient 680 catholiques.

à° Gerby (Djerba) est une île située entre les régences de Tunis et de Tripoli. Autrefois siége d'un

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évêché, elle a 250. catholiques et possède une chapelle; un missionnaire y réside depuis 1847.

Ge Hedhia, Petite ville au nord-est de Sfax, avec 215 catholiques : la chapelle y a été installée dans un ancien nagasin Gouné par le bey ; elle est ia résidence d'un missionnaire depuis 1848.

7 Biserte (Hippo-Zaritus). Ce petit port de mer renferme 100 catholiques : mais pendant la saison de la pôche du corail, il devient un centre important de pêcheurs italiens et maltais. Il a une chapelle desservie par un missionnaire depuis 4850.

8° Porto-l'arina. Station de 80 catholiques reprise en 1853: quelques-uns d'entre eux appartiennent au village peu éloigné de Resgibel.

9 Honastyr, appelée ainsi à cause d’un couvent de bénédictins qui s’y trouvait autrefois: elle a 2920 catholiques.

Un certain nombre de catholiques sont dispersés sur le territoire de la régence ; un missionnaire va les visiter de temps en temps.

En résumé, la mission de la Tunisie renferme 15,553 catholiques, 300 grecs, 25 protestants, 400,000 juifs et 2,000,000 d'infidèles. Elle est desservie par 22 missionnaires, dont 5 prêtres indigènes, et possède 9 églises et 4 chapelles.

En 1829, les protestants ont essayé de s'établir à Tunis ; mais ils quittaient cette position en 1846. Des ministres écossais les remplacèrent; ils ouvrirent un temple et deux écoles; découragés par un insuccès permanent, ‘ls s'en allèrent en 1850.

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