‹ Les missions catholiques françaises [microforme]Chapitre 35 sur 105 · FES TS · texte numérisé non relu

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et dotina la communion à 30 personnes. Cé résultat indique la présence d’un noyaäü important de chrétiens que la nouvelle siation développera d’une manière s4tisfaisante.

Le personnel de la mission se compose de doue missionnaires et de huit sœurs.

ARTICLE VII

Guinée méridionale, — Saint-Esprit et Saint Cœur de Marie.

La Guinée ou Nigritie méridionale est bornée au nord par la Guinée septentrionale, au sud par le Cimbébasie, à l’ouest par l'océan. Atlantique et à l’est par de hauts plateaux, le Fungeno et le Matamba.

Elle fenferme les royaumes de Loango, Congo, Bemba, Sala, Malouas, Humé, Libolo, Guisama, Sela, Baïlundo, Nano, Bihé, d’Angola et de Benguela. Ces deux derniers appartiennent anx Portugais depuis 1860. Le Congo jusqu'alors indépendant est dévenu possession portugaise. Son climat est moins insalubre que celui de la Gu'née septentrionale, bien que les Européens y soient exposés aux mêmes maladies.

Le Congo a été découvert en 1684 par le navigateur Diego, ou Jacques Cam. Il remonta le Zaïre et fut bien accueilli par les habitants de ses bords. Plusieurs Portugais restèrent dans le Sosno, pendant qu’il rétournait en Portugal avec des ambassadeurs de ce royaume.

Trois grands fleuves venant du centre de l'Afrique traversent la Guinée méridionale. L’Avongo ou Ogdoue, Ogovai, Fernand Vaz, qui sort d’un lac situé à 250 lieues de la mer et à une centaine de lieues de l'équateur, Après avoir formé un delta considérable coupé de lagunes et de nombreux canaux, il vient se

jeter dans l'Océan par plusieurs embouchures au Cäp

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Lopez. Son cours ëst rapide, il est tävigable, et sépare lé Loango des possessions francaises du Gabon. La tribu cafre des Fans, peuple robuste et très-fécond, ainsi que plusieurs autres, sont veriues s'établir sur ses bords.

Le Congo ou Zaïre, dont on ne connaît pas encore la longueur, mesure 4 kilomètres de largeut à son embouchure ; sa profondeur moyenneïest de 80 mètres; dans quelques endroits, elle va jusqu’à 300. Il descend des platedux supérieurs pär des Cataractes plus importantes que celles du Nil. Lès premières sont à 480 et les secondes à 200 kilomètres de l'Océan. Pendant la saison des plüies, elles causent de grandes inondations dans les contrées environnantes. Ses eaux rapidés déterminent un courant violent qui sé fau sentir à 90 liéues au large. De nombreuses îles couvertes de pälétuviers, de bamboüs, de palmiers, etc., ornent son cours inférieur. Le Zaïre traverse l’ancien royaume de Sogno. On y rétrouvé des vestiges de christianisme. Les principales localités de ses rives sont : Bañane ou Kabinda, sur le bord septentrionäl de l’'embouchüre dans le N’Goio; Porto da Lenha, port du bois, où se trouve une factorerie française; M'Boma, ancien marché d'esclaves, au site admirable, au sol très-fertile. Pinda et Banza Sogno, ancienne capitale, où l’on retrouve une église et quelques objets servant au culte. Les nègres, moussouroungous, habitants pillards ét voleurs des rives du fleuve, font un grand tort au coiimerce. Le Coxnza, qui paraît avoir 800 kil. de longneur, Les Portugais trouvèrent sur ce territoire des populations livrées au même fétichisme qu’au Lab smey. Un prêtre, probablement un dominicain, était resté au Sogno avec les otages laissés par Cam. Il fit Connaître ies grandeurs de là roiigion chrétienne äu prince de ce pays qui l’envoya auprès de son neveu le

roi du Congo; celui-ci se convertit à son tour. En dé 1485, Cam revint, et Jes nègres qu’il ramenait, racon- dti tèrent à leurs compatriotes les merveilles qu'ils avaient mai vues en Portugal. Alors, le roi du Congo profita du re- | tour de Cam dans sa patrie pour envoyer une ambas- peer sade chargée de demander des missionnaires au roi Le "Jean II. Les ambassadeurs reçurent le baptême à Lis- pana! bonne et revinrent en 4494 sur la flotte de Ruy-Souza, Ë de € Ils amenaient avec eux cinq dominicains, cinq capu- il se cins, cinq augustins et plusieurs prêtres séculiers. Des D den milliers de nègres se convertirent ; et, le jour de Pâques Le 1491, le roi, la reine du Congo, son fils aîné, son oncle n 1 et un grand nombre de dignitaires du royaume re: MN Al çurent solennellement le baptème. Le roi prit le nom M ftall de Jean et son fils celui d’Alphonse. Mais bientôt sa BR tous ferveur se ralentit; cédant aux intrigues des féti- cet el cheurs, il apostasie et devient persécuteur des catho- famil liques. Son deuxième fils Pango, resté païen, se met à is L la tète du parti des idoles. La reine Éléonoré tient ù sise seule tête à l’orage en attendant le retour d’Alphonse, Il occupé dans les provinces éloignées. Heureusement MN San. pour la mission, Jean meurt en 4492. Grâce à la pru- ce PI dence et à l'énergie de sa mère, Alphonse monte sur BA l'exen le trône : Pango, devenu ke chef de tous ceux qui re- grand grettaient les sacrifices humains et la polygamie, as- lique. siége son frère dans la capitale Banza-Congo. Alphonse des sé. y est renfermé avec une poignée de fidèles : grâce à | arrivé l'intervention divine, il met en fuite l’armée rebelle. son Alphonse s’aprliqua à donner une forte organisation DR Contr à ses États : il créa une aristocratie, imitée de celle de À Alo: l’Europe ; ainsi, il érigea les provinces de Sogno et de BR Mas,1 Pango en comtés. La première devint presque entiè- l'évèq rement chrétienne ; elle fut évangélisée par les pères D} pes | Capucins et compta dix-huit églises, La seconde était Cas nouvellement conquise. By thédre

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Le Bamba, le Sundi et le Batta *evinrent des duchés subdivisés en plusieurs seigneuries. Elles comptaient une immense quantité de chrétiens évangélisés par les jésuites et des prêtres séculiers.

Le Sundi, pays montagneux et sauvage, devint l’apanage des héritiers du trône. Il n’eut jamais beaucoup de chrétiens. Le Batta confinait au pays des Jagas : il se ressentait du voisinage de ces farouches et belliqueux voisins.

Le Pamba, province de la capitale, fut érigé en marquisat.

Alphonse, voulant assurer la perpétuité de son œuvre, fit alliance avec Emmanuel roi de Portugal, et donna tous ses soins à la formation d’un clergé indigène. A cet effet, il envoya à Lisbonne plusieurs princes de 5a famille avec des jeunes gens intelligents, pour recevoir l'instruction nécessaire et être admis aux ordres, s'ils en avaient la vocation.

Il changea le nom de la capitale en celui de San-Salvador (Saint-Sauveur) et mourut en 1598. Ce prince aida puissamment les missionnaires par l'exemple de ses vertus, à convertir ses sujets dont la grande majorité entra dans le sein de l'Église catholique. Il appela dans ses États des maîtres d'école, et des ouvriers en tout genre, Il fit venir des franciscains arrivés en 1505 avec douze religieux capücins.

Son fils Pierre, don Pedro, lui succéda en 1525 ; il continua l’œuvre de son père.

Alors le Congo dépendait de l'évêché de Saint-Thomas, Île portugaise de la côte. Sous le règne de Pierre, l'évêque vint faire la visite pastorale de ceite partie de son diocèse. De grandes fêtes célébrèrent son entrée dans la capitale ; il érigea l'église Sainte-Croix en cathédrale, institua un chapitre et divisa le diocèse en circonscriptions paroissiales, Il préparait ainsi le siége

166 LES MISSIONS CATHOLIQUES FRANCAISES, du prémier évêque indigène. Em effet, un des princes D l'autre nègres, envoyés en Europe fut consacré évêque de À En : San- Salvador, mais il mourut en revemant prendre jésuite possession de son siége em 429. Un évêque portugais premi le remplaça. Pierre mourut sans enfants en 4530. Ce Profit fut son frère François qui lui succéda, il marcha dans tectior la même voie que ses prédécesseurs, et mourut aussi serent sans enfants-en 4532, après un règne de deux ans. : de celt Jacques Diego, son cousin, monta sur le trône en gamie. 1632. Sous son règne, digne de celui de ses prédéces- D favoris seurs, le Congo vit son troisième évêque. C’est à cet un eff époque, d’après le récit de certains historiens, que les tournà premiers missionnaires jésuites y seraient arrivés en tèrent 1538. Quoi qu’il en soit, le catholicisme fit de grands vahir ; progrès dans ses États et dans les contrées voisines. A d'Alv:. Diegn mourut en 1540. Henri son fils hérita de la cou- avec sk ronne, mais il fut tué deux ans après, en 4542, dans habitar une guerre qu'il faisait aux Anzicos. A Henri succéda tagnes Alvare [°. Le règne de ce prince marque un temps Jagas r d'arrêt dans les progrès de la mission; c'est le com- joignire mencement de sa décadence. D'un côté, la difficulté et sont la la rareté des communications avec l’Europe, retardant trer le le départ des prêtres qui allaient remplacer les mis- cours À sionnaires décimés par ce climat dévorant: de l’autre, États a des troubles religieux, qui nécessitèrent l’intervention En rec: de l’évèque de Saint-Thomas, entravèrent l’action du suzerair petit nombre de missionnaires survivants. Pend: Enfin, en 1549, arrivèrent, d’après certains historiens, copale les premiers jésuites. C’étaient les pères Vaz, Ribeira, l’Angol: Diaz et Saveral. Is établirent un collége à San Sal- Mais il : vador ; immédiatement il y eut 600 élèves. En cinq le servi mois Vaz convertit 2700 idolâtres, Ribeira 4700, Diaz Fi donc dé 40) et Soveral 300. Alors trois églises nouvelles furent Æ8 Unes construites dans la capitale, Vaz mourut bientôt. pour le

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l’autre échoua devant lès manœuvres des fétichéurs.

En 1555, ceux-ci avaient réussi À faire expuülser les jésuites. Ils se retirèrent à Saint-Paul de Loanda. Ce premier avantage enhardit les chefs du fétichisme. Profitant de la faiblesse d'Alvare, abrités sous la protection d’un mernbre de la famille royale, ils accusèrent publiquement le christianisme par Ii bouche de celui-ci, d’étouffer la liberté en prohibant ja polygamie. Ces déclamations et autres tombant de si haut, favorisées en outre par le silencé du roi, produisirent un effet désastreux parmi le peuple. Une partie retournà immédiatement aux idoles. Les Jagas profiièrent de cet affaiblissèment du roy£ume pour l’envahir ; ils saccagérent le Batta, Yainquirent l’armée d'Alvi:e, et ce prince n'eut que le temps de s’enfuir avec sa Cour dans une île du Zaïre. La plupart des habitants dé la câpitale se réfüugièrent dans les monlagnes voïsines. Après avoir brûlé San-Salvador, les Jagas rävagèrent le reste du royaume. À la guerre se joignirent là famine, la peste et tous les fléaux qui en sont la conséquence. De si grands désastres firent rentrer le roi en lui-même, il envoya demander du secours à don Sébastien de Portugal et réconquit ses États avec laide des troupes envoyées par ce prince. En reconnaissance de ce service, Alvare reconnut la suzeraineté de ce royaume.

Pendant ce temps de désolation, la résidence épiscopale fut transportée à Saint-Paul de Loanda, dans l'Angola, où la religion avait fait de grands progrès. Mais il n’ÿ restait qu’un petit nombre de prêtres pour le service religieux des Portugais ; les nègres furent donc délaissés jusqu’à nouvel ordre.

Une seconde faute d’Alvare eut des suites très-graves pour le Congo. Le roi Sébastien avait entendu parler des mines d’or de ce royaume : il envoya des officiers

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auprès d’Alvare pour s’informer de la contrée ou elles se trouvaient afin de les exploiter. L'inconstant et l’ingrat Alvare, mal conseillé, donna des indications fausses et détourna le commerce portugais de ses États. En conséquence, les relations entre la Guinée méridionale et le Portugal devinrent plus rares, surtout après la réunion des couronnes d’Espagne et de Portugal. De nouveaux missionnaires ne purent y parvenir qu’à des intervalles éloignés. Cependant un évèque espagnol, André de Gliova, vint occuper le siége de Saint-Thomas. Desservi auprès d’Alvare par le gouverneur portugais, il ne put faire la visite de son diocèse qu'après sa justification complète, en 14562. Alors, il conduisit au Congo quelques missionnaires, et après y avoir’ passé huit mois, il retourna en Portugal. De 4570 à 1580, il ne restait plus au Congo que six missionnaires. En 1582 quelques jésuites d’Angola et des carmes déchaussés purent y pénétrer ; et, en 1587, année de la mort d’Alvare, douze missionnaires restaient seuls chargés du service de 30,000 localités. La principale cause de cet état déplorable de décadence doit être attribuée à la négligence apportée à la formation du clergé indigène ; les séminaires étaient abandonnés depuis longtemps, les missionnaires étrangers mouraient et ils n'étaient pas remplacés.

Alvare Il, fils du roi précédent, fut plus ferme que son père ; il rappela les jésuites ét obtint du Saint- Siége l’érection de San-Salvador en évêché distinct de celui d’Angola. L’évêque qui vint en prendre possession amena avec lui un grand nombre de religieux et de prêtres séculiers. La chrétienté du Congo parut se relever un instant de ses ruines ; mais plus tard l’évêché et le chapitre de San-Salvador furent unis à celui

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naires ; Ce fut en vain. Alors, il s’adressa au pape Paul V qui désigna un certain nombre de religieux italiens pour cette mission. Mais les ministres espagnols ne consentirent à laisser partir que des Portugais. Les jésuites de cette nation profitèrent de cette occasion pour y envoyer un certain nombre de prêtres. C’est en cette circonstance qu'il fut question, pour la première fois, d'établir des missionnaires français au Congo. L’abbé de Brétigny, réformateur du Carmel de : France, s'offrit au Saint-£iége pour’aller avec d’autres prêtres français évangéliser ce peuple. En même temps il fondait une rente À Lisbonne pour l'entretien de plusieurs missionnaires ; de plus, il se proposait d’emmener avec lui des religieuses pour la direction des écoles.

Tant de zèle et de générosité vinrent se briser contre le mauvais vouloir du gouvernement de Lishonne, La mission française fut donc ajournée à des jours meilleurs.

Alvare III, monté sur le trône de son père en 1694, sollicita également du Saint-Siége l'envoi de missionnaires capucins. En 1718, un nombre considérable de ces religieux italiens s’apprêtaient à partir, mais ils reçurent contre ordre. Ils furent remplacés par un convoi considérable de jésuites portugais dont les prédications ramenèrent une partie du peuple à la religion.

Alvare III mourut en 1722, trop tôt pour le bien de son peuple. Il est le dernier roi chrétien dont l’histoire nous ait conservé le nom.

À partir de cette époque, l’histoire de cette mission devient obscure; ce n’est que par les rares départs des missionnaires que nous pouvons avoir un peu de lumière,

En 1645, sous Garcias 11, le religieux capucin Bona-

Ru A venture, nommé préfet apostolique, aborda au Congo il ya :# avec cinq religieux de son ordre. Ils vinrent à San- méric DURE Salvador, où l’église de Notre-Dame de la Victoire leur tamb

fut confiée. Zir

ra En 1659, des carmes déchaussés évangélisent l’An- l’exer LÉ gola ; ils établissent des maisons de leur ordre à Saint- versic dB Paul. struir A À cette époque, les Hollandais s'étaient emparés des église Li colonies portugaises de la côte occidentale d'Afrique. Ensui pi Ils persécutèrent les missionnaires et détruisirent une BB ville «

[IL croix plantée à l'embouchure du Zaire par Diego Cam. ls chitec Dur LS Le roi les forca de mettre en liberté quatre capucins tion. |

Lg qu'ils détenaient injustement. Bientôt les Portugais re- D public

Alta prenaient leurs possessions, et, en 1648, ils concluaient h l'age jt un nouveau traité d'alliance avec don Garcias IT par trène LM l'entremise du Père Bonaventure. Il y fut stipulé qu'il luenc

| LE serait donné à la préfecture apostolique une maison à nisme (I 1ERE Saint-Paul de Loanda, pour recevoir les missionnaires le pèr

[le LE nouvellement débarqués. En ha [it Un nouveau convoi de capucins arriva d'Italie, sous dier la (l} PA la conduite du père Jean François de Rome, préfet Pen pts apostolique. Alors les pères Bonaventure de Carriglio Maopo LA et Francisco Veas allèrent évangéliser le royaume d’0- petites (As vando, dans l'intérieur. Les Jagas, étant venus le rava- lées, €

1 sn ger, conduisirent les deux missionnaires enchaînés à gouver fil: tie leur reine Zingha. Or, Zingha avait été baptisée en 1622, ÈS prince || Al ÿ à l’âge de 40 ans, à Saint-Paul ; mais, de retour dans BP garda , [il le Matamba, elle s’était laissée aller de nouveau à ses M vai : LH tie instincts sanguinaires : elle avait apostasié. Les mis- DR loyaur [| us sionnaires lui firent des remontrances qu’elle écouta. M tiser. Alors elle les renvoya avec prière de solliciter du pape seuler jl | l'envoi de missionnaires pour ses Ætats. Sa demande | à lui a jt à 1 fut exaucée ; et, en 4554, 12 pères capucins venaient BB Ctlen dll Ed au Matamba, sous la direction des pères Cavazzi et put pi 4 Joseph de Cortone, préfet apostolique. A cette époque, pays. I

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il y avait trois préfectures aposioliques dans la Guinée méridionale, celles de Micoco, du Congo et de Matamba.

Zingha (Anne) les reçut avec piété, et donnant l'exemple de toutes les vertus, elle contribua à la conversion d'une grande partie de ses sujets, Elle fit construire dans la ville de Cabazzo, sa capitale, une vaste église sous le vocable de Sainte-Marie de Matamba. Ensuite elle fit bâtir sur les bords de la Vamba une ville et une grande église dont le père Ignace fut l’architecte : 17,000 ouvriers travaillèrent à sa construction. En 4660, la reine inaugura l’église en y recevant publiquement la communion. Elle mourut en 1663, à l'âge de 81 ans. Barbe, sœur de Zingha, mouta sur le trône; mais, épouse d’un mari païen, elle subit l’inlluence des zinghilles ou féticheurs, retourna au paganisme et persécutales missionnaires. L'un d’entre eux, le père lialla, fut assommé à coups de bâton en 1664. En haine du christianisme, les zinghilles firent incendier la capitale.

Pendant ce temps, le père Cavazzi évangélisait le Maopongo, chez les Jagas. Cette province, couverte de petites chaînes de montagnes et de roches amoncelées, est à 500 kilomètres de la mer ; elle était alors gouvernée par le frère de Zingha, Angola-4rii. Ce prince se convertit ; mais, comme bien d’autres, il ne garda que les apparences du christianisme. De là, Ca-

L vai fut envoyé dans le Ganghella, au centre du

royaume ; le gouverneur de cette province se fit bapüser. D’autres chefs suivirent ces exemples, mais seulement pour la forme. Ses succès ne tardèrent pas à lui attirer l’inimitié des païens; sa mort fut décidée, et le mari de Barbe l’empoisonna. Heureusement, il put prendre à temps du contre-poison et quitta le Pays. Le père Cavazzi avaitété nommé préfet aposto-

lique en 1670 : il mourut en 1692 en Italie, après avoir évangélisé la Guinée-méridionale pendans 34 ans.

En 1666, un nouvel envoi de 16 capucins vint com bler une partie des vides creusés par la mort dans les rangs des missionnaires. Sur ce nornbre beaucoup succombèrent rapidement aux fatigues de l’apestolat. L'un d'eux, le père Carli, fut obligé de revenir en Europe après avoir converti 8,700 uègres. Alors les missionnaires fondèrent divers établissements dans les possessions portugaises et principalement à #ass4ngano. Malgré tant de zèle, l’état de décadence de la mission augmentait chaque jour; alors les trois préfectures apostoliques furent réunies à celle du Congo. En 1770, le “ère Cavazzi en était le seul titulaire.

Son successeur fut le père François de Pavie. En 1698, les résidences des pères capucins étaient au nombre de huit. Loanda, Bengo, Massangano, Danda, Caenda, Embuella, Incussu et Sogno, dans les États de Benguela, du Congo et de Gniga. Quelaues bernardins portugais débarqués à Saint-Paul vinrent les aider. Mais qu'était ce petit nombre de missionnaires pour des milliers de paroisses à desservir ? La plupart d’entr’elles restaient une dizaine d’années sans voir le missionnaire, c’ligé lui-même de rester dans son couvent depuis octobre jusqu’en mai, pendant la saison des pluies, pour échapper aux maladies et à la rt: tel est l’état des choses qui dura jusqu’à nos jours. De plus, l'expulsion des jésuites en 1759 par Pombal, vint porter un coup irréparable aux missions. Une grande

partie du territoire resta absolument sans prêtres, et la majorité des chrétiens retourna au fétichisme.

Cependant, pour remédier à ces malheurs, le Saint-

Siége reprit le projet d'établir une mission française Ê

au Congo. Il érigea en préfecture apostolique distincte

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à des missionnaires français en 4766. M. Belgarde en fut le premier préfet apostolic 1e. Les prêtres français

vuvèrent ces provinces entièrement abandonnées. sl. Descourvières succéda à M. Belgarde. Ses efforts furent inutiles. Isolés, sans communication avec la france et le S:unt-Siége, entourés de l4 malveillance jalouse des Portugais, les missionnaires se consumèrent en efforts stériles; aussi, en 1776, dix ans après sa fondation, la mission française n'existait plus. Or, on comptait encore au Congo les chrétiens par centaines de mille.

Les missions italiennes durèrent quelque temps encore, maïs elles ne tardèrent pas à disparaître égalemen*, Les religieux capucins mouraient et n'étaient nr La mission du Congo s'éteignit en

Pendant trente ans, à partir de cette époque, la Guinée méridionale ne reçutaucun :nissionnaire, Quelques prètres et Mgr Moreira y Reis, évêque d’Angola, desservirent trois paroisses portugaises du littoral, Saint-Paul de Loar la, Saint Philipne de Benguela et Mossamèdes.

Cependant, lors de la reprise des missions de la

| Côte d'Afrique, Mgr Barron alla visiter en 1841 l’é-

Yêque, Il revint consterné de l’état déplorable dans lequel il avait trouvé ces malheureuses populations et demanda au Saint-Siége des missionnaires pour le Congo. Le paye Grégoire XVI jeta les yeux sur les capucins ; il désigna même un préfet apostolique de cet ordre ; mais, en présence des difficultés suscitées par En portugais, leur départ fut contrendé,

La Guinée méridionalé continua à faire partie du

Cal lat apostolique des deux Guinées. Enfin, la Provi-

dence parut prendre ces peuples en pitié. En

la préfecture apostolique du Congo fut rétablie, et l’année suivante, tr'is missionnaires de la Congrégation du Saint Cœur de Marie s’y rendirent. Mais, pendant leur voyage, des événements graves avaient changé la situation de ce pays. Le roi Henri EI étai mort; son fils, don Pedro V, se voyent disputer la couronne par son frère Alvare, appela les Portusais ; ils duï rendirent ses États à la condition d'en êcre les suzerains. En conséquence, ils maintinrent une pelite garnison à San-Salvador jusqu'à l’année 4872. Ayant ces événements, le Libune, petite rivière au sud du Zaïre, était la limite des possessions portugaises.

En débarquant à Amvris, port de mer de la province d'Angola, nos missionnaires trouyèrent donc les choses changées. Le Congo n’était plus indépendant, il appartenait effectivement aux Portugais. Des difficultés sérieuses étaient à craindre ; mais la Providence en aplanit une partie. Ne pouvant aller dans ce royaume, ils restèrenx dans ia colonie portugaise. L'évèque de Loanda ct le gouverneur les accueillirent avec bienveillance * 11s tentèrent de fonder d’abord deux établissements à Ambriz et à Saint-Paul de Loanda. En 1867, deux autres missicunaires et un même nombre en 1869, pariaient de France pour aller parlager leurs travaux. Une troisième mission fut entre-

prise à Mossamèdes, port de mer, au sud des possessions portugaises. Les tracasseries des Portugais firent suc |

cessivement échouer ces diverses tentatives. En 1873, les missionnaires ont fondé un nouvel établissement à Landana, petit port de mer du Loango, situé pr 59 4l' de latitude sud en dehors des possessions portugaises. C'est là que réside le père Duparquet, supérieur de la

mission, que les tracasseries portugaises ont forcé à s'y réfugier. Le Loango s'étend depuis le cap Lopez jus-

qu'au Zaïre, sur une étendue de 150 lieues de côtes.

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La Cimbebasie, contrée aride et déserte, fait encore partie du vicariat des deux Guinées. Ses limites méridionales sont les rives du Gariep ou fleuve Orange.

La mission de la Guinée méridioxale est donc fondée à nouveau. Elle n'attend que des missionnaires : le passé si florissant répond des succès de l'avenir. En effet, dans l’intérieur, les populations conservent avec soin les églises et les maisons désertec des missionnaires, avec l'espérance que Dieu leur en enverra de nouveaux. En attendant, les habitants de quelques anciennes chrétientés se réunissent le dimanche pour faire la prière en commun. Beaucoup d’entr'eux avaient appris à liré et à écrire aux écoles des pères jésuites ; or, depuis leur départ, ils se trensmetter® de père en fils l'instruction qu'ils ont reçue.

Certaines populatiohs sont retournées au fétichisme ; la masse du peuple est tombée dans l’oubli du christiatisme: mais il ést Certain qué la fathille royale du Cotigo est restéé chrétienne, 5e qui suppose un noyau sérieux de chrétiens pour former là base de la nouvellé mission.

Phonr

le nor

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