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fut empoisonné et assommé par un Chef nommé Andian Mananghe, qui l'avait attiré sous prétexte d'éribrässer le catholicisme. La mauvaise administra-
tion des-gouverneurs, les exactions des négociants,
l'inconduite des soldats, les révoltés fréquentés des naturels, les guerres de Louis XIV et les ravages oCcasionnés par les fièvres, décidèrent le roi à renoncer à Madagascar, devenue le cimetière les Européens. En 41674, les établissements furent abandonnés, et lé roi défendit aux navires français d'y relâcher. A cette époque; la mission était composée de quatre missionnaires, l’un fut tué par les Malgaches, un autre fut brûlé dans la maison de la mission, et les deux survivants revinrent avec peine en france. L'un d’eux,
M. Montmasson, vint mourir glorieusement à Alger. Ce ng fut qu ’en 4750 que la France revint à l'idée d'occuper Madagascar. En cette année, l'île Sainte- Marie fut occupée, et de 1768 à 1774, quelques établissements étaient fondés dans la baic d’Antongil. L’aventurier polonais Beniowski, mis à la tête de cette expédition, tenta de conquérir Madagascar pour son compte personnel ; le gouvernement français fut
obligé dé le coinbattre et de détruire ses établisse. ments, en 4786, L’évacuation de l'île fut encore unt&
fois la ruine de la mission, En 1844, la France réprit Foulpointe, Tamatave et Tintingue; mais lés coñquêtes des Hovas nous forcèrent d’évacuer ces posi-
tions en 4822. Aucun missionnaire n’avait accompagné È
cette expédition.
De 1786 à 14829, Madagascar ne vit pas de prêtre Ca tholique ;; petiant ce laps de temps elle releva de la
préfecture apostolique de Bourbon. M. de Solages était E
alors le préfet de cette colonie ; profitant de la mort de Ranavolona, il tenta d'établir une mission sur la côte
orientale, 11 vint à Tamatave pour y mourir martyr 6e
chef nommé son zèle. Quelques années plus tard, en 1835, soû suc sous prétexte D cesseur, M. Dalnond, missiontaire de la congrégatioh se administra- D du Saint-Esprit, après plusieurs voyages dans les pe. es négociants, tites îles et sur le littoral, vint fofider quelques Fax
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blissements sur la grande île, avec onze mission: naires dont quatre jésuites, uñ bénédictin et cinq missionnaires du Saint-Esprit. La plupart moururent en peu de tetnps frappés par les fièvres, Le premier établissement fut fondé par les jésuites à Tulléar, grand village sakalave, à trois lieues aù nord de l4 baie de Saint-Augustin, Les naturels téçurent les Pères avec enthousiasme : mais bientot des tracasseries inouïes leur furent susci'4es par des ñnégociants européens. Après quatre mois de patience évangélique, ils retournèrent à Bourbon pour mettre leurs jours en sûreté. Ce n’est que quatorze ans plus tard en 1859, qu'ils revinrent à Tulléar, à la demande dés Sakalaves ; la guerre entre les tribus de cette côte ét l'incendie du village les forcèrent de l’'abandonner de nouveau,
Pendant cé temps, lé Saint-Siége érigeait l’île en v:tarlat apostolique, et choisissait M. Dalmond pour en tire le premier évêque ; mais cet apôtre mourait én 1847 dans l’île Sainte-Marie ; sa bulle d'institution is encore à temps pour être déposée sur son cer-
cueil.
Son successeur fut monse zneur Monnet ; d’abord | apôtre des noirs de Bourbon, puis supérieur général
du Saint-Esprit. IL vint mourir en prenant possession de son vica-iat apostolique, le 4° décembre 1849, âgé de 37 ans, dans l’île de Mayotte.
; Dès lors, Madagascar redevint préfecture aposto- Llique, confiée définitivement à la compagnie de Jésus. Le père Jouen en est le préfet depuis le 43 août 4830. D Ue missionnaire fonda l'établissement de Baly ou Ma-
as de prêtre Ca:
lle releva de la de Solages était E nt de la mort de sion sur la côte urir martyr Ge
hagolo sur la côte occidentale, le 5 août 1853. Ge village est situé dans la province d’Ambongo, au fond d'une des baies les plus sûres de Madagascar. Les Pères furent accueillis avec joie par les Sakalaves ; Je roi d'Ambongo se déclara leur protecteur. Malheureuse: ment, ce prince mourut au moment où il réalisait ses promesses. Sa fille, qui lui succéda, ne suivit pas la mème politique. D’autres c aséquences désastreuses compromirent la mission ; des navires européens vinrent engager des Malgaches pour les colonies de Bourbon et de Maurice. Cette traite dissimulée don:
nait lieu à des brigandages inouïs. Les naturels, mal à
traités et abusés, conçurent une haine implacable contre les blancs; plusieurs soulèvements suivis de piilages et de massacres attirèrent les représailles de la France. Le 13 février 1859, la corvette la Cordelière venait enlever les missionnaires et brûler Baly. Après six ans de labeurs, les Pères se retirèrent à Nossi-bé, au moment où ils allaient recueillir la moisson qu'ils avaient semée dans la souffrance. LR
Aujourd’hui cette mission forme deux préfectures apostoliques : celle de Madagascar ei celle des pe-
tites îles.
SIL. La Ressource et Nazareth.
Il existe un lien très-étroit entre deux établissements de l’île de la Réunion et Madagascar, c’est pour quoi nous en parlerons avant d'aborder la mission de la grande île, ce sont : les établissements de la Àes-
‘source et de Nazareth.
Après bien des essais infructueux, les missionnaires,
convaincus que leurs efforts principaux pour la régi: nération de la société malgache devaient tendre. vers l't-R
ducation des enfants, se décidèrent à se faire institu-
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teurs de la jeunesse, Mais pour atteindre efficacement ce but, il était nécessaire de sortir les enfants du milieu de perversion dans lequel ils vivaient, et de les élever dans une société chrétienne et intelligente, pour qu'ils puissent devenir des chrétiens solides, La Providence seconda leurs projets: une pieuse ‘amille de la Péunion, la famille Desbassyns, donna à Ja mission un des plus beaux emplacements de l'île. Alors en 1850 furent fondés deux établissements voisins pour l’éducation des garçons et des filles recueillis à Madagascar, on les nomma la Ressource et Nazareth.
1° La Ressource. Cet établissement est une école centrale pour les garçons. Les pères et les frères coadjuteurs de la compagnie de Jésus le dirigent : il contient aujourd’hui cent jeunes Malgaches, choisis parmi les plus intelligents et les mieux disposés des écoles de la inission. Là, ils apprennent à devenir des hommes et des chrétiens ; on leur enseigne l’agriculture ;,0nen lait de bons ouvriers dans tous les corps d'état, fels que Menuisiers, charpentiers, Maçons, forgerons, ferblartiers, mécaniciens, tailleurs, Cordonniers. Il S'y trouve même une imprimerie, les jeunes Malgaches h ont composé des dictionnaires, des grammaires mal-
gaches, des Catéchismes, des Cantiques, des manuels de piété, des vies .de sain{s, et tous les Ouvrages à l’usage de la mission. :
La Ressource est en outre une école normale et un à séminaire : les Pères Y forment des instituteurs pour
les villages, des Catichistes qui les précèdent dans les à Slations et des séminaristes appelés à former le noyau
d'un clergé indigène, sans lequel toute mission est destinée à périr dès les premières persécutions.
2 Nasareth. I1 fallait préparer des épouses chrétiennes à ces jeunes ouvriers, et des institutrices pour les filles de Madagascar; par ce moyen seul, des villages
solidement chrétiens pouvaient être fondés. Grâce à la générosité de la famille chrétienne de Villèle, une mai- son semblable à celle de la Ressource fut établie pour les filles auprès de la Ressource. Elle s'élève à mi-côte en face de la mer, dans un endroit très-salubre ; elle contient également une centaine de jeunes filles malgaches. Les sœurs de Saint-Joseph de Cluny en ont la direction : elles y forment des bonnes ouvrières, des domestiques dévouées, des épouses laborieuses, d’excellentes mères de famille et des institutrices intelligentes.
En un mot, dans ces deux établissements, chacun des enfants est dirigé vers sa vacation selon ses aptitudes reconnues,
La Ressource et Nazareth onf répondu aux espérances qu'ils ont fait concevoir, Chaque année, un certain nombre des jeunes gens et de jeunes filles, en âge d'être établis, sont mariés ensemble et voni dans la mission former le noyau de villages chrétiens, au milieu desquels le missionnaire réside comme un père vénéré.
Les missions africaines possèdent cinq établissements de ce genre, ceux de Saint-Joseph de N ’gasobil en Sénégambie, du Gabon, de Bagamoyo au Zanguebar, de Hourbon, et de Saint-Jaseph en Cafrerie. Là est l'avenir de ces missions ; il serait à désirer que touies
: sent en avoir de semblables, Nous ne doutons pas que des établissements de cette sorte seraient un moyen
puissant pour assimiler à la civilisation les tribus sau-
vages des deux Amériques,
$ IT, Préfecture apostolique de Madagascar.
La mission de la grande île est composée de trois BR
établissements principaux : Tamatave, Sainte-Mari, et Tananarive et d’au moins 50 stations. Lé R. P, Jouet
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1° Tamatave. Cette ville est la deuxième ville et le principal centre de commerce du royaume, Elle est située à peu près par 48°de latitude sud etcontient 7,500 habitants, Son portest le plus fréquenté de la côte orientale, on y voit un fort occupé et abandonné plusieurs lois par la France. Les missionnaires s’y sont installés en 1844; mais ils ne purent pénétrer dans l’intérieur qu'en 1861,à l'avènement de Radama Il, protecteur du catholicisme. Les habitants y ont fait construire une grande et belle église, Trois missionnaires de la compagnie de Jésus desservent ce district : une école de garçons et une école.de filles dirigées par des-frères des écoles chrétiennes et des sœurs de Saint-Joseph de Cluny y sont dans l'état le plus prospère. À
2 Sainte-Marie, — C'est üne île qui s’étend devant à baie d’Antongil, entre 46°48' et 172’ de latitude sud. Elle contient 8,000 habitants. La mission de Sainte-Marie a été commencée par les missionnaires lazaristes sous le règne de Louis XIV: plusieurs fois abandonnée et plusieurs fois reprise, elle fut enfin définitivement fondée par M. Dalmond vers 1844. Après bien des vicissitudes, cette mission réalise ls espérances qu'eile avait données. Elle contient deux stations et trois chapelles. Au chef-lieu, résidence de trois missionnaires, il-y à une école fréquentée par 80 garçons. Les sœurs de Saint-Joseph de Cluny en ont une autre de 70 filles, Le gouvernement y à fait construire une église fort convenable. En outre, ls Pères ont établi un Catéchuménat florissant qui donne des résultats très-consolants.
Le développement de la mission de Sainte-Marie a nécessité l'établissement d’un nouveau poste à cinq lieues du chef-lieu, Une chapelle a été élevée et un ménage d’instituteur venu des établissements de Bourbon y.a été installé. Le mari et la femme ont chacun
+ Enfin pompier. pra di
BE op
80 élèves à leur école, Un missionnaire parcourt l’île flue et séjourne daus chacune des stations. Ces 3° Tananarive. — Cette ville est la capitale du l'in royaume hova : elle renferme 75,000 habitants. Ce ce. n’est qu'avec beaucoup de peine que les missionnaires ÆR les : sont parvequs à s’y établir en 1862, sous le règne de M vaie Radama II. Après la mort de ce prince, leur position être devint très-précaire ; tous les moyens de persécution les E furent employés contre leurs écoles et les fidèles. Par- pron mi les supplices qu'on fit subir aux catholiques, à lique nous citerons ceux du feu, de la fosse et de l’eau M cont bouillante. Ce dernier est appliqué avec un grand nière raffinement de cruauté. Les parents de la victime sont nouv forcés d’en être les bourreaux; et cela, sous peine de mort. Liée avec des cordes très-serrées, on la jette au LS fond d’une fosse, etses père, mère, enfants, frères, sœurs et autres parents versent eux-mêmes sur sa tête La des chaudiè: *s d’eau bouillante. posée Ces persécutions n'arrêtèrent pas le développement DS l'arch
de la mission hova, En effet, en 1863, il n’y avait à DS là gr: Tananarive qu’une seule case servant d'église, et con- L tenant 300 personnes au plus ; les missionnaires étaient D Como inconnus dans les campagnes. En 1870, on comptait eau no: dans la ville cinq églises insuffisantes pour le nombre ES Comor
des catholiques et des catéchumènes ; et aujourd’hui ha trai les missionnaires desservent cinquante stations de la Bite de campagne : ils ne peuvent se r adre dans toutes les Leu:
localités où les chefs les appellent. Les classes de Ta: nanarive sont en pleine prospérité : trois frères des écoles chrétiennes dirigent les écoles de garçons et} plusieurs sœurs de Saint-Joseph de Cluny sont à l
moçan Brique, races :
. tête de celles des filles. En outre, les frères coadju- May teurs de la compagnie de Jésus ont établi des ateliers Be long où se forment des ouvriers chrétiens. omètre
En ce moment, le gouvernement hova est sous l’in- 25$,000 h
arcourt l'île D fluence des méthodistes’ tout-puissants à Tananarive.
Ces ministres anglais ont tout tenté pour anéantir capitale du l'influence française et détruire la mission. Dans iabitants. Ce ce but, ils ont ouvert un collége dans lequel tous missionnaires D les arts, toutes les science
s et toutes les langues de-
s le règne de Yaient être enseignés. Ce Pompeux programme ne put
ji
leur position être réalisé, Après l'enthousiasme des premiers jours, e persécution les Hovas, qui s'étaient laissés séduire Par de si belles s fidèles. Par- promesses, ramenaient leurs enfants aux écoles catho-
catholiques, D liques. Ainsi, les méthodistes ont obtenu un résultat e et de l’eau D contraire à celui qu’ils attendaient. D'après les derec di grand nières nouvelles, les Jésuites viennent de fonder une a victime sont nouvelle résidence à Ménabé, dans l’Ancova.
sous peine de on la jette au nfants, frères, :
nes sur sa tête La préfecture apostolique des petites îles est composée des îles du canal de Moçambique : Mayotte dans éveloppement DS l'archipel des Comores, Nossi-bé et Nossi-faly près de il n’y avaità DS là grande terre, en sont les résidences. église, et con- 1° Mayotte. — Cette île appartient au groupe des inaires étaient Æ Comores, situé entre 11°20/ et 1308’ de latitude sud, on comptait au nord du canal de Mocambique. 11 se compose de our le nombre EE Comore, Anjouan, Mohilla et Mayotte : l’abolition de et aujourd'hui D traite des noirs leur a fait perdre une grande parstations de à tie de leur importance.
ans toutes les Leur population est composée d’Arabes, de nègres classes de Ta: MmOçambiques, de Cafres, de Makoas importés d’Aois frères de: Brique, de Malgaches et de métis issus deces différentes : le garçons et Braces : la plupart sont mahométans. Elle est évaluée à uny sont à là 220,000 habitants.
frères coadju- Mayotte est située au sud-est de l'archipel, par 42°59 bli des ateliers Be longitude est et 12°50’ de latitude sud. Elle a 80 ki- Omètres de longueur sur 32 de largeur, et compte »,000 habitants, Y Compris ceux. des flots voisins de
S IV. Préfecture apostolique des petites iles.
a est sous l'in-
Pamandazi et Zaoudzi. Elle a été cédée à la France en 1843 par le sultan d’Anjouan. Son climat passe pour ôtre très-insalubre.
À la suite de l'occupation française, les missionnaires vinrent s’y fixer; ils s’occupèrent d’abord des soldats malgaches de la garnison, et des autres individus de cette nation dispersés dans les cultures. Des écoles de garçons et de filles furent immédiatement fondées : les sœurs de Saint-Joseph de Cluny dirigent ces dernières. L'école des frères contient actuellement 10 enfants, et celle des sœurs 40 filles ; à côté de ces établissements un orphelinat fut ouvert pour recueillir les petits noirs provenant des cargaisons confisquées par les gouverneurs ou naufragés sur la côte de Mayotte. Le Coran autorise l'esclavage : tant qu’il exis tera des mahométans, la traite des noirs ou des blancs sera en honneur: C’est pourquoi, un grand nombre de boutres, petits navires arabe”, viennent, chaque année, acheter à bas vrix des négrillons sur la côte d’Afrique, nour les revendre dans tous les pays musulmans de la ‘mer des Indes. De temps en temps, la tempête pousse vers Mayotte quelqes-uns de ces négriers ; alors le gouverneur français saisit la cargaison et la confie à l’orphelinat de la mission. Cependant un gran nombre de ces enfants est vendu aux habitants des iles voisines : les pères et les sœurs en achètent quel: ques-uns avec leurs économies. Les économies d'un missionnaire ! ! Que de privations renfermées ‘dans
ce mot!
Trois missionnaires résident à mu yoÿte : plusieur
ont déjà payé un cruel tribut à son climat.
2 Nossi-bé (grande île). — L'île de Nossi-bé esl
située à peu de distance de la côte nord-ouest de Ma}
dagascar : elle a 32 kilomètres de tour, et contiell 416,000 habitants. ,
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