‹ Les missions catholiques françaises [microforme]Chapitre 39 sur 105 · LS PA · texte numérisé non relu

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ARTICLE II

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L'île de la Réux‘on appartient à l'archipel des Mascareignas, composé de l'île de France, ainsi que des îlots Rodrigue et Corgados. Elles furent découvertes, en 1545, par le navigateur portugais Mascareignas, qui leur donna son nom. 7,a Réunion est situ$e ertre ls 52° 56’ ei 53° 34/ de longitude est ; 200 50/ et 21° 25, de latitude sud; mesure 77 kilomètres de longueur sur 53 de largeur, et 260 de circonférence. Sa popu-

lation est évaluée à 109,000 habitants.

Vue de la mer, elle à l'apparence d’une grosse tortue; ses bords arrondis, entourés & une plage étroite couverte de galets, n’ouvrent aucun port aux navires qui sont obligés de mouiller dans ses rades ouvertes ; ce qui les force à regagner la haute mer aussitôt que le vent souffle avec violence : c’est pourquoi son atter-

rissage est très-difficile. L'île de la Réunion est d’orisine volcaniqne, elle a renfermé plusieurs volcans :

mais de nos jours, il n’y en a plus qu'un seul en‘acti-

vité. Eile présente deux parties distinctes : la région du nord et celle du sud. La première, qui est la plus grande, est tourmentée par des torrents profonds ; des toulées de laves couvrent ses rontagnes basaltiques, et ses vallons sont sillonnés de fissures profondes. De helles forêts dissimulent ce sol brûlent sous leurs

dômes de verdure.

La seconde présente deux montagnes volcaniques ;

une seule est en activité, c’est le Piton de la Fournaïise ou Gros Morne; il s'élève à 2,716 mètres d'altitude, au milieu d’un plateau désert de # kilomètres de longueur, qui vient aboutir à l'Océan. Cette partie est la plus aride. On la divise en deux districts. Celui du Vent ou district oriental, et celui £e dessous le Vent, ou occidental. L’aspect du premier est riant, ses plantations de canne à sucre, de café, etc., donnent des produits inférieurs; ils ont une saveur alcaline qui leur est communiquée par les pluies et les vapeurs d’eau de mer que le vent chasse davantage dans cette direction. Le district occidental est moins arrosé que le précédent, mais il est plus riche, et le produit &e ses cultures est de qualité supérieure.

Ces deux sections sont séparées par le pays brûlé, aux terres hautes, volcaniques et désolées, Une grande plaine, appelée plaine des Chicots, la domine, et au milieu s'élèvent plusieurs mornes, le piton des Salazes et le piton aux Veiges; ce dernier atteint 3183 mètres d'altitude.

L'île de la Réunion resta inhabitée jusqu’à ce que les gouverneurs de la colonie française de Madagascar, de Pronis et de Klacourt, en aient pris possession au nom du roi de France, en 1653. Elle servit d’abord de lieu de déportation aux soldats et aux colons insubordonnés de la grande île; et lorsque celle:ci fut abandonzée, sa position sur la route de l'Inde y attira une population importante. Alors, les cultures de café ,prirent une grande extension. Les premières semences y furent apportées d’Arabie en 1768; un cyclone en détruisit une grande partie en 4806 ; elles furent remplacées par des plan-

tations de canne à sucre. Æn 1840, l’île tomba au pouvoir des Anglais Mais en 1814 ils la rendirent à la

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sûrs et les atterrissages faciles avaient fait apprécier l'importance. Depuis cette époque, elle s’est appelée ile Bourbon, et en 1848 elle a repris le nom d’ile de la Réunion, que lui avait donné la première république française. Le chef-iieu de la Réunion est la ville de Saint-Denis, siége d’un gouverneur. Vue de la mer, Saint-Denis présente un tableau sauvage et tourmenté ;. derrière elle, s’élève un théâtre de rochers basaltiques, qui viennent se terminer à droite sur la mer par une muraille aux colonnes perpendiculaires, La houle courte et saccadée de sa rade ouverte rend le débarquement toujours difficile. Du haut du quai élevé, s'avance au-dessus de la mer un pont de 40 mètres de longueur. D’un côté une échelle de corde, pour les marins ei ceux qui préfèrent ce mode d’ascension ; de l'autre, une grue pour monter les femmes et les colis : tel est l'unique chemin qu'il faut prendre pour entrer dans Saint-Denis. La ville semble triste, morne et négligée ; la maison du gouverneur, le collége et le jardin botanique en sont les principaux ornements, elle contient 19,200 âmes. À quelques lieues de la capitale, se trouve la jolie ville de Saint-Paul ; encadrée de mornes couverts d’une végétation luxuriante. Cette ville est plus avenante et plus coquette ; elle est assise au fond d’une belle rade, et sa plage est d’un abord facile, C’est là que les Français firent leur premier établissement. Elle a 16,300 habitants. La population de la Réunion est composée de différents mélanges de blancs, de mulâtres, de noirs et de Malgaches, croisés ensemble, Depuis l'abolition de l'esclavage, les noirs, usant de leur liberté pour se laisser aller à la paresse, il fallut recourir à d'autres moyens, pour sauver la colonie d’une ruine totale. On fit venir des coolies de ‘Inde et des Chinois. Ces ouvriers ne restent pas dans l’île ; aussitôt leur engagement fini, ils repartent

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pour leur pays retrouver leurs femmes qu’ils n’emmènent jamais avec eux. Ils sont tous païens, mais préférables aux nègres à cause de leur sobriété, de leur activité et de leur intelligence. Ils sont l'objet de la sollicitude de la mission ; chaque année, un certain ‘nombre d’entre eux embrasse le catholicisme.

L'ile de la Réunion fut une préfecture apostolique jusqu’en 1850. À cette époque le gouvernement français eut l’excellente idée de donner des évêques à ses colonies ; en conséquence, un évêché fut érigé à Saint- Denis. Le premier évêque de la Réunion fut monseigneur Monnet, l’apôtre des noirs de la colonie, qui vint mourir au milieu de sa visite pastorale à Mädagascar. Depuis ce temps, trois évêques s’y sont succédé. Leur sollicitude s’appliqua à développer les œuvres, qu'ils avaient trouvées en voie de formation, et à en créer d’autres conformes aux besoins du moment.

Outre les prêtres séculiers placés à la tête ñes paroisses , les missionnaires de la congrégation du Saint-Esprit et du saint Cœur de Marie dirigent :

4 L'établissement de la Providence, près Saint- Denis. Cette maison renfermait un pénitencier, un hospice de vieillards et une école professionnelle ; une partie de ces établissements n'existent plus. L'esprit anti-chrétien de certaines gens a contraint les missionnaires à modifier leurs œuvres. Il s’y trouve deux prêtres et trois frères. :

9° La paroisse de Saint-Bernard, avec un hospice de vieillards et des écoles. Deux pères, deux frères et deux sœurs de Marie s’occupent de ces différentes œuvres.

3 Un pénitencier dans l’îlet à Guillaume, sur la rivière de Saint-Denis ou des Galets, dirigé par deux pères et cinq frères. |

Le diocèse de Saint-Denis possède six cures de pre-

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Les frères des écoles chrétiennes dirigent les écoles primaires de Saint-Denis, Saint-André, Sainte-Anne, Saint-Benoît, Bras-Panon, Champ-Borne, Entre-Deux, -Saint-Joseph, Saint-Leu, Saint-Louis, Sainte-Marie, Saint-Paul, Saint-Philippe, Saint-Pierre, La Possession, Sainte-Rose, Salasie, Sainte-Suzanne et Trois-Bassins.

Quatre congrégations de femmes apportent le concours de leur dévouement à ces missions ; Ce sont :

1° La congrégation de Saint-Joseph de Cluny, qui y possède une province composée de dix-huit écoles et . hôpitaux; cent-vingt sœurs sont occupées dans ces divers établissements.

2 La congrégation des Filles de Marie, instituée su le modèle de celle d'Agen. Cette communauté a

: été établie à Saint-Denis, en 1846, par le père Lé Va-

vasseur pour la conversion des noirs. Elle se compose aujourd’hui d’au moins cent soixante sœurs, dispersées dans les différentes missions de la Réunion, de Madagascar, du Zanguebar et des îles Seychelles.

œ% Les sœurs de Marie Réparatrice,

4 Les Filles de la Charité.

ARTICLE II

Ile Maurice,

La seconde île du groupe des Mascareignes est l’île de France. Elle est située entre les 04° 56’ et 85° 26, de longitude est, 49° 58 et 20° 34’ de latitude sud. Elle fut découverte en 1505 par le Portugais Mascareignas qui l'appela Cerno. Les Portugais ne l’ayant pas oceu-

pée, les Hollandais, commandés par Van-Neck, sy établirent en 1598. Ils lui donnèrent le nom de Mau-

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