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Le pape Jean XXII lui donna pour successeur le frère mineur français Vicolas, professeur de théologie à Paris. Il partit avec 26 autres franciscains, dont trois évêques. Parmi ceux-ci se trouvait le Français Richard de Bourgogne, qui fonda avec 6 autres de ses frères l’Église d’J4, dans la Dzoungarie, ou Djaggathaï, Tartarie centrale située près la Sibérie. Le grand khan, flatté des lettres du pape, envoya de nouveaux ambassadeurs à Benoit: XII pour lui demander un plüs grand nombrè de missionnaires. Le Souverain-Pontife répondit à ses désirs. Pékin eut encore 12 ou 14 archevêques. Mais, d’un côté, la réaction chinoise qui chassa les Mongols de la Chine et poussa Tamerlan vers l’Europe; de l’autre, le grand schisme d'Occident, arrêtèrent le développement des missions frariçaises et jetèrent les Chinois, les Tartares et les Mongols dans les bras du bouddhisme et du mahométisme.
Ce ne fut qu'après la découverte de la route maritime de la Chine par les Portugais que les Souverains-Pontifes envoyèrent de nouveaux missionnaires en ce pays. Les franciscains et les dominicains y retournèrent prendre la place de leurs devanciers. Quelques années après la mort de saint François-Xavier, les jésuites y accouraient, Les Portugais s’établissaient à Macao, dans une presqu'île, à 20 lieues de Canton, et fondaient un évêché. Cette ville devint la base des missions de Chine. Sa position en faisait la porte du Céleste empire. Malheureusement, les prétentions mesquines des Portugais firent un grand mal à ces missions. Jaloux des missionnaires étrangers, ils ne leur épargnèrent aucune vexation; ils allèrent même jusqu’à les déuoncer aux autorités chinoises pour les faire arrêter, et cela au nom du patronage et du protectorat dont le Saint-Siége les avait investis. Aussi, dès que l'Angleterre eut pris possession de l’île de Hong-Kong, les procures des missions de Chine furent transportées dans
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qu’elles pussent être établies en 1555 à 1583 quatre jésuites portugais et à Canton; mais ils ne purent s'établir à Tchao-King-fou qu'en 1583. Parmi eux se trouvait le célèbre père Ricci. Ses collègues ayant pénétré dans l'intérieur, j! resta seul dans cette résidence jusqu’en 1595. Alors il se rendit à Pékin. Les présents qu’il apportait d'Europe lui gagnèrent la faveur impériale, 11 Opéra de nombreuses conversions même sur les marches du trône, et ouvrit le noviciat de son ordre dans la Capitale. La science était le moyen employé par le missionnaire pour introduire et protéger le catholicisme en Chine. Pendant ce temps, ses collègues évangélisaient avec fruit les autres provinces. Ricci mourut en 1609. Aprèssa mort, un commencement de persécution força ses conirères à quitter la capitale, Mais les services qu'ils rendirent pendant la süorre des Tartares les firent rentrer bientôt dans le palais impérial, Alozs le père Schall succéda à Ricci. Les Tarlares s'étant emparés de Pékin, ce savant missionnaire gagna l’estime de l’empereur Zun-Chi qui lenomma mandarin supérieur du tribunal de mathématiques. À l’aide de sa haute influence, le catholicisme fit de grands progrès dans les provinces. En 1651, on comptait en Chine 160,000 catholiques, et en 1663, il y en avait 310,000, Pékin en renfermait 9,000 avec une magnifique église, Pour donner plus de stabilité à l’Église de Chine, en 1658, le Saint-Siége envoya trois évêques vicaires apostoliques. Jusqu'à cette année, elle dépendait de l'évêché de Macao. Ces évêques étaient MMgrs François Pallu, évêque fran- GS in partibus d'Héliopolis, vicaire apostolique du Tong-King et de la Chine méridionale : Maggi, évêque in Parlibus de Miletopolis, et Sacconi de Domitopolis. Quelque temps après, l'empire du milieu ou Sse-tchuen fut confié à Mgr Saint-Martin de Taradre. Ces succès et ces faveurs excitèrent la jalousie des’mandarins ainsi que
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des lettrés. Aussi profitèrent-ils de la minorité du fils de Zun-Chi qui devait être le célèbre Khar Hi, pour persécuter les catholiques. Les chrétiens furent condamnés à mort et 25 missionnaires exilés à Canton, où mourut le père Schall en 1666. On n'en garda que quatre à Pékin pour les besoins de la science. Bientôt Kang-Hi devenu majeur rappela tous les Révérends Pères et s’attacha au père Verbiest qui introduisit à Pékin les jésuites français : Couplet, Bouvet, Gerbillion, Frémaré, Parennin, Benoist, Gaubil et Amiot, En même temps, les prêtres français du séminaire des missions étrangères de Paris, récemment fondé, s’établissaient dans des différentes provinces au Sse-tchuen et aù Fo-kien; parmi eux, citons MM. Maigrot, de Reymond et Kerhevé.
La science des jésuites fit accorder aux Chinois l'autorisation d’embrasser le christianisme, et permit aux missionnaires des diverses congrégations de se répandre dans tout l'empire. Une branche de la famille impériale, les Sourmia, se convertit. C’est au milieu de cette ère de prospérité qu'éclata cette misérable controverse au sujet de la traduction du mot Dieu en langue chinoise et à propos de certaines cérémonies. Cette querelle porta un coup irréparable aux missions. Le cardinal français de Tournon,
patriarche d’Antioche, fut envoyé par le Saint-Siége en |
qualité de légat pour y mettre fin. Il mourut dans la prison de Macao, où les Portugais l’avaient renfermé.
En ce moment, l’Église de Chine semblait ébranlée, des persécutions partielles annonçaient l'approche d'une grande épreuve; l’activité des jésuites seule pouvait maintenir la faveur de Kang-hi. Ce prince, ennuyé de cette controverse, menaça d’exiler les missionnaires à Canton, à l'exception de quelques-uns, s’ils ne la terminaient pas rapidement. Mais sa mort en 1722 devint un signal de persécution générale. Son successeur Yong-iching fit conduire
tous les missionnaires à Pékin et à Canton : 300 églises
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furent détruites ou converties en temples païens, greniers et magasins. Cependant une partie des missionnaires resta à Pékin pendant que d’autres pouvaitnt se cacher dans les provinces. Malgré les édits de l’empereur, en 1795 il D. avait encore à Pékin plus de 10,000 chrétiens Cette persécution donna un grand nombre de cohfesseurs à la foi parmi lesquels il faut compter plus de 30 membres de la famille impériale de la branche des Sourmia. En 1732, les missionnaires déportés à Canton furent exilés définitivement.
Sous le règne de Kien-long, de 1735 à 1795, la persécution augmenta de violence. Les missionnaires ne pouvaient exercer leur ministère que la nuit, On les rechercha pour les mettre à mort, excepté les jésuites. Ceux-ci, chassés de leurs églises, vivaient à la cour où, du haut de leur observatoire, ils pouvaient contempler la persécution s'étendre comme un vasie incendie et entendre les plaintes des chrétiens que l’on martyrisait pour la cause de Jésus-Christ. IIS disparurent un à un en attendant des temps meilleurs qui ne vinrent pas. Loin de là, avant de mourir, plusieurs apprirent la suppression de leur société.
En 1746, cinq missionnaires dominicains étaient martyrisés avec leur vicaire apostolique, Pierre Marty-sang, évêque de Mauricastre, ce sont: les pères espagnols Rogo, Alcober, Serrano et Diaz, le vicaire apostolique fut décapité, mais ses confrères furent étranglés. Le 12 septembre 1748, les jésuites Tristan de Athémis, italien, et Antoine Henriquez, portugais, étaient également étranglés dans leur prison.
En 1782, à la demande de Louis XVI, le Saint-Siége remplaça les jésuites, par les lazaristes. MM. Rauzx et Ghislain partirent en 1784 et se firent accepter de l'empereur de Chine comme savants. Deux autres missionnaires arrivèrent en Chine en 1738, c’étaient MM. Aubain et
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Hanna, le premier pénétra dans l’intérieur et mourut en prison le 1° août 4795 ; le second obtint enfin l’autorisatis + d'entrer dan$ Pékin pour mourir peu de, temps après. Trois autres lazaristes partis en 1790 ne pouvant aller à la capitale se consacrèrent aux missions des autres provinces. M. Péné alla dans le Houpé, M. Clet dans cette province et dans le Kiang-si, M. Lamiot, reçu à Pékin en 1794, fut interprète de l'empereur; compromis par l'arrestation de M. Hanna, il fut banni de Chine et se retira à Macao, où il fonda le noviciat des lazaristes ; il \ mourut en 1831. Le deuxième, M. Clet, fut étranglé à Ou-ichang-fou, capitale du Houpé, le 18 avril 1819, à 72 ans.
En 1785, un prêtre de la société des missions étrangères, fandateur des sœurs de la Providence en Lorraine, Jean-Martin Moye, établissait en Chine la congrégation des vierges chrétiennes sur le même plan, pour l’instruction des enfants. Cette institution se développa. Aujourd'hui elle compte plus de 1,200 sœurs chinoises.
La révolution française et la prise de Rome semblèrent avoir détruit les missions de Chine, il n’en fut pas ainsi. Malgré les édits de l’empereur Xia-king, malgré les persécutions et le martyre, 200,000 chrétiens persévérèrent dans la foi, grâce aux prêtres chinois échappés aux persécuteurs. Cependant en 1785 trois évèques furent pris : Mgr Magoi, évèque de Miletopolis ; Mgr Sacconi, de Domitopolis, italiens, et saint Martin de Caradre ; les deux premiers moururent en prison, et le troisième, qui était
français, put s’échapper et sortir de Chine où il rentra
en 1787 avec ses compagnons réfugiés à Macao et à Manille. Le successeur de Kia-king, Tao-kouang, renouvela les édits en 1820, à l’occasion de la révolte des sectes chinoises. Malgré cette persécution, le-christianisme se développa, surtout au Sse-tchuen. À cette époque, l'Église de Chine était divisée en trois vicariats apostoliques dépen-
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dants des évêchés de Pékin, Nankin et Macao. Insensiblement la persécution s’affaiblissait avec des recrudes- " cences partielles. En 41838 On @éComptait en Chine 300,000 chrétiens. 1840, M. Jean-Gabriel Perbogne, lazariste, était étranglé pour la foi, le 41 septembre,
En 1845 une nouvelle ère fut inaugurée, Sur le rapport de son Commissaire, l’empereur déclara la religion chrétienne innocente et recommandable, il abolit les décrets de persécution: Les mêmes libertés plus précisées encore furent formulées dans le traité de 1858, conclu entre la France et l'Angleterre d'une part et la Chine
de l’autre, après l’expédition des amiraux Rigault de Genouilly et Seymour.
Aujourd'hui les missi quillité relative: des
, le fanatisme des lettrés, la soif de l'or poussent les mandarins à pres-
surer les fidèles, Mais un autre fléau terri depuis vingt ans ruiner un grand nombre de provinces. Ce sont les Taï-ping. Plusieurs fois ils sont arrivés presqu'aux portes de Pékin, et s’ils n’ont pas détruit les prin- Cipaux ports, c’est grâce au Concours des escadres européennes, Partout où ils ont passé, ils n’ont laissé, derrière eux, que des ruines et des déserts que l’on repeuple avec les fugitifs des provinces limitrophes, Ainsi ont passé les hordes de Tamerlan sur l’Asie occidentale. Les déserts Parsemés des ruines de cités Opulentes révèl. .:; encore la route suivie par les Tartares.
Jusque vers 1830, les missionnaires des différentes congrégations furent employés indistinctement dans les vi- Cariats apostoliques : mais, pour obtenir plus d'unité et d'ordre dans les missions, le Saint-Siége divisa SuCcessivement les provinces de la Chine en vicariats apostoliques. Pour la Chine proprement dite, ces vicariats sont au nombre de vingt-cinq, plus une préfecture apostolique.
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Les jésuites frar.zais de la province de Toulouse ont le Kiang-nan et le Pe-tche-lioriental ; les lazaristes français, les. Pe-tche-li segtentrional et méridional, le Kiang-+ si et le Tche-kiang ; les prêtres des missions étrangères de Paris, le Kouang-tong et l’île d’Haï-nan ; le Kouangsi, les Sse-ichuen occidental, oriental et méridional ; le Yun-nan, le Kouï-tcheou, la Corée, la Mandchourie et la préfecture apostolique de Hong-kong; total, seize missions pour la France. Les prêtres des missions de Milan desservent le Ho-nan ; la propagande, le Chan-tong et la préfecture de ÆHong- hong : les franciscains mineurs, le Chen-si, le Chan-si, le Hou-nan, les Hou-pé septentrional, oriental, sud-ouest, et le vicariat du Kowkou-noor (lac Bleu), ancienne mission d’Ili, dans la Dzourgarie; les dominicains évangélisent le Fo-kien et Formose, et la nouvelle société belge des missions étrangères administre la Mongolie. 1
La procure des missions italiennes est dans l’île anglaise de Hong-kong ; celles des missionnaires français : jésuites, lazaristes et prêtres de la société des missions étrangères, sont établies à Schang-haï.
ARTICLE III
Missionc des lazaristes.
Après la suppression de la compagnie de Jésus, les
lazaristes ont évangélisé plusieurs provinces chinoises. Mais à mesure que les autres instituts de missionnaires se relevèrent, ils durent en abandonner quelques-unes et se concentrèrent dans un moindre nombre. Alors le Saint-Siége multiplia les vicariats apostoliques. Ainsi, de l’ancien diocèse de Pékin, il fit les vicariats de Mandchourie et de Mongolie (1839), du Chan-tong (1840) et les trois Pe-tche-li (1856). Aujourd’hui les lazaristes n'oc-
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Cupent plus que les Pe-tche:-li septentrional.et occidental, le Kiang-si et le Tcïe-kiang dans le sud. La province chinoise du Pe-tche-li, divisée en trois vicariats /apostoliques, est bornée au nord par la grande muraille e{ la mer Jaune à l’est, par le Chan-tong et le Ho-nan au sud, et par le Chan-si à l’ouest. Elle Comprend onze départements et six mouvances directes. Sa population totale est évaluée à 30 millions d'habitants. Le froid y est si intense
pendant l’hiver que la glace des rivières porte les plus lourds chariots.
$ À Pe-tche-li septentrional.
Le Pe-tchei septentrionél donne son nom au golfe profond creusé par la mer entre le Japon, la Chine et la
+ Corée. Il est borné au nord par la Tartarie ; au sud, par
le Pe-tche-li oriental : à l’ouest, par Je Pe-tche-li occidental, et à l’est par le golfe de ce nom; c’est ce qui reste du vaste et ancien diocèse de Pékin érigé en archevêché par le pape Clément V. Il a eu pour titulaires les francis- Cains mineurs : Jean de Montecorvino, le Français Vicolas (1310), les Italiens Côme, transféré en 1368 ou siége de Saraï, capitale du royaume mongol de Kaptack, dans la Russie méridionale : Guillaume de Prato (1370), qui vint à Pékin avec quatre-vingts missionnaires de son ordre. De cette année à 1372, l’ordre des franciscains envoya 234 missionnaires dans le missions de la haute Asie. Sur ce nombre il n'y en a qre douze dont les noms soient connus. On en cite encore dix autres : frère Dominique, mineur (1.103) ; Corrade (1408) et Jacques (1427), dominicains : les mineurs Léonard, Barthélemy (1448), Bernard, Jean de Pelletz (1456), Barthélemy II et Alexandre de Caffa. Ce dernier, pris par les Turcs au siége de Caffa, resta leur esclave pendant sept ans, Ces prélais ne furent probablement que des évêques in par- : 16
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