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& Tchen-kiang : préiecture, port ouvert aux Euro- . péens par le traité de 1864. Il est situé à la bouche du canal impérial, sur la rive méridionale du fleuve Bleu. En face, sur la rive opposée, quelques maisons indiquent la place où s'élevait la ville importante de Aoua-tcheou, détruite par les débordements du fleuve. |
Tchen-Kiarg est l’entrepôt du commerce de l’intérieur. Cette chrétienté renferme seulement 350 chrétiens répandus dans les environs et dans la ville de Yang-icheou au nord du fleuve. Quelques chrétiens sont encore disséminés dans la région des lacs. Deux missionnaires résident à Tchen-kiang, ils y ont établi une école et une pharmacie.
go Nankinou Kiang-nin-fou. (nom de cette ville depuis qu’elle n’est plus la capitale de la Chine). Le district de
Nankin comprend, en outre de sa préfecture, la province du Vgan-hoei, capitale Ngan-kin. Il contient un millier de chrétiens dirigés par deux missionnaires.
Nankin est l’ancienne capitale de l'empire chinois. 9ccupée, et ruinée comme toute la province, par les rebelles,
“elle n’est plus que l'ombre de sa grandeur passée. Elle
est située à 50 lieues de la mer, sur la rive droite du fleuve, au centre d’un hémicycle formé par une chaîne de cellines qui a dix lieues de développement, se termine au piton de Tsio-kin-chan et vient retrouver le fleuve Bleu. Un petit canal le relie à la ville. Au nord de la rive opposée court une autre chaîne composée de grès rouges et de marbres superbes. Sur le versant du Tsio-kin-chan est assise la ville de Nankin. À ses pieds se développe une plaine marécageuse, insalubre et couverte de rizières. Une eñceinte crénelée remarquable l’environne. Elle est entourée également par un canal qui traversait la ville : l'incurie des vice-rois l’a laissé s’obstruer.
La résidence des missionnaires est l’unique maison bâtie à l’européenne avec deux étages et des caves voûiées.
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Aussi, les Chinois viennent-ils la visiter comme une curiosité. Un certain nombre de mahométans habitent: Nankin,
leurs mosquées sont bien entretenues. Chaque année’
quelques-uns d’entre eux vont à la Mecque. Ils sont visités de temps en temps par des imans venus des provinces occidentales. 11 ÿ à aussi à Nankin trois ministres protestants. À 45 lieues environ au nord, se trouve Ou-ho-tien, entourée par cinq branches du Hoei, ancien affluent du Hoang-ho. Il se décharge aujourd’hui dans le lac Hong-tse. À 10° Ngan-Hoei ; Ngan-kin-fou, Capitale de cette partie du Kiang-nan, à 60 lieues de Nankin, sur le fleuve Bleu. Entre ces deux vilies, le pays est tellement dévasté qu'il n'y est resté qu’une famille sur 200; les terres et les maisons encore debout appartiennent au premier occupant. | Ngan-kin-fou est la résidence d'un missionnaire, Au nord-ouest, dans la co"trée montagneuse de la préfecture de Son-ngan-tcheou, se trouvent les villes de Yngchan-hien, de Ho-chan-kien, situées au fond d’une admirable vallée, Au sud, dans la préfecture de Tcheoufou, est Kien-tee-kien où sont des chrétiens émigrés du Houpé. À 16 lieues de cette dernière localité, on rencontre le bourg de Tongnien, relevant de Hoie-icheou-fou, préfecture riche en cultures de thés. Cette chrétienté est composée d’anciens habitants du Kiang-si. Plus au sud, on entre dns la préfecture de Ning-ko-fou, où se trouvent des villages habités uniquement par des émigrés des provinces voisines, il - a parmi eux quelques chrétiens. Cette région, effroyablement ravagée, est riche et salubre, Le village de Hin-tsen contient 70 chrétiens 11° Hai-men. Le Yang-tse-kiang mesure 30 lieues de largeur à son embouchure. Nous avons vu comment ses alluvions, qui ont formé le Pou-iong et ie Pou-nan, comblent une partie du fieuve et forment les îles de
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Tsong-min et la presqu'île d'Haï-men. En effet, devant son embouchure, s'étend l'île de Tsong-min, qui a 20
lieues de longueur sur 40 de largeur. Elle se compose de ;
cent îlots réunis, elle est très-fertile et très-peuplée. Son ,
PE extrémité occidentale n’est qu'à 12 kilomètres de la côte. |
| | 1 1) Il y a quatre-vingts ans, elle gisait à 30 lieues du rivage ;
nl les montagnes voisines de Lang-Chan n'étaient que des è 4 rochers en pleine mer. Elle contient 2 millicns d’habi- | tn tants dont un grand nombre sont esclaves. Sa population B! chrétienne est de 8,450 âmes. Elle fut évangélisée par le
| P. Le Favre, à la fin du xvn° siècle. En 1708, il y avait t
déjà 3,000 chrétiens. Après la persécution qui suivit le 1
règne de Kang-hi, il en restait 4,000, et en 1845 les mis- ét
sionnaires en trouvèrent encore 6,000. Actuellement leur d
nombre afteint presque le chiffre de 9,000. La mission y À} K
\l possède une résidence de deux missionnaires, 47 églises, &
46 écoles, 3 orphelinats et plusieurs pharmacies.
42° Mao-ka-tsen, centre de la chrétienté dans l’Haï- :
men. Elle est ie siége d’un mandarin. Deux pères y ïà
résident ; outre une église, la mission y possède un :
petit collége, des écoles et une pharmacie. ke
Une pharmacie vient d’être établie à /ou-Kao, ville 7
située à 44 lieues dans le ressort de Tong-tcheou. | Je
M Actuellement, la mission du Kiang-nan contient près h: 1e | de 80,000 catholiques. Son personnel est composé de
Mgr Languillat, évêque in partibus de Sergiopolis, vi- . caire apostolique et administrateur du diocèse de Nan-
kin, de son vicaire général, le supérieur de la mission, .
de 82 missionnaires français, de 17 prêtres chinois, ba de 6 religieuses carmélites françaises de Laval, de 10 sœurs auxiliatrices de Paris et de nombreuses sœurs chinoises pour l'instruction. Elle a un corps d'institu- dé teurs, de catéchistes et de pharmaciens-médecins. Elle | possède A7 églises, 48 orphelinats, 495 écoles et 19 ate- Li
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de païens ont été baptisés : sur ce nombre 5,315 ont vécu : ils sont élevés dans les établissements, chez des nourrices ou chez des Catholiques qui les adoptent.
Depuis la reprise de la mission, la Compagnie de Jésus y a envoyé 180 missionnaires, presque tous Français. Ils
ont retrouvé les tombes des 36 premiers missionnaires du Kiang-nan.
$ Ii. Pe-tche-li orientai.
Cette partie du Pe-tche-li, ou province de Pékin, contient quatre préfectures et 39 sous-préfectures. Elle a 10 millions d'habitants. Le fleuve Pei-ho la sépare au nord et au nord-ouest du Pe-tche li septentrional, et divise la province en deux parties égales. Entre elle et Kiang-nan s'étend au sud la province du Chan-Tong, évangélisée par les missionnaires italiens de la Propagande. Cette contrée n’a pas de montagnes, elle est formée de plaines basses et sablonneuses et traversée par le grand canal impérial. Des lacs et de nombreuses rivières la rendent sujette à des alternatives d’inondations et de sécheresse. Aussi a-t-elle été fortement éprouvée par le choléra et la famine. Pendant ce dernier fléau les habitants étaient réduits à manger de la paille hâchée. Déjà le passage des hordes de brigands associées aux Taï-ping l'avaient à peu près ruinée.
Le premier vicaire apostolique du Pe-tche:li oriental, en 1857, a été Mgr Languillat, actuellement administrateur du diocèse de Nankin. Il a pour successeur Mgr Dubar, installé en 1865.
Voici quels sont les établissements de cette mission :
1° Wei-hien, dans le district de Aouang-ving-fou, dont dépendent les chrétientés de Tchuo-kin-Tchouang et Weitsnen, ce dernier village est à 7 kilomètres au nord de Wei-hien. C’est une ancienne chrétienté de 800 catholiques. Elle à une église récente de style gothique, en
terre avec un revêtement de briques. Les païens en ont déjà détruit deux depuis le commencement du siècle. Des écoles, un orphelinat, une pharmacie composent les œuvres de la mission:
2° Tchouang-kia-tchang. Une partie des habitants de cette localité, ayant embrassé le catholicisme, ils forcèrent les autres à leur rendre, au prorata de leur souscription, une partie des édifices et des terres attachés à
une pagode, construite à frais communs. C’est pourquoi
la résidence des missionnaires est établie dans un ex-couvent de bonzes et possède 15 hectares de terres ;
30 Tchem-Tcheou, écoles et pharmacie;
4 Taï-ming-{ou, écoles et pharmacie :
ÿ° Ho-kien-fou, préfecture; mission fondée en 1868. Dans la première année, 2,325 adultes ont été baptisés malgré les persécutions et les malheurs occasionnés par les occupations successives des rebelles et des impériaux. Le caractère des habitants de cette préfecture est querelleur et difficile. Écoles et pharmacie.
Ce district contient aujourd’hui plus de 12,000 catholiques. Il est composé de 12 sous-préfectures, possède 90 paroisses, 18 écoles de garçons et de filles, 33 sœurs chinoises consacrées à l’enseignement et au soin des malades, 10 maîtres d'école, 60 catéchistes. La moyenne annuelle des baptêmes d'adultes y est de 1,500. Plusieurs localités ont embrassé la foi en masse et d’autres s’apprêtent à les imiter. Quarante nouvelles chrétientés ont été fondées dans la préfecture du nord.
6° Lim-cham. Ge village important du Ouang-ping-fou est à 20 kilomètres du précédent. Il a une école de catéchistes de 25 élèves, des écoles ordinaires et une pharmacie.
70 Chien-Shien, près la rive droite du Pei-Ho, écoles, pharmacie et séminaire de la mission, Cette ville est le
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tholiques; Chien-shien et les pays d’alentour ont été saccagés par les rebelles en 1868. Les établissements de la mission ont eu leur part de ces malheurs. Les missionneires, les séminaristes, les sœurs chinoises furent maltraités, blessés ou tués. Tous les missionnaires du nord ont été obligés de se réfugier à Zien- {sing avec Mgr Dubar. Outre le vicaire apostolique, la mission du Pe-tche-li oriental est administrée ‘par 45 missionnaires français et plusieurs prêtres chinois.
ARTICLE V
Missions de la Société des missions étrangères.
8 I. Vicariat apostolique de Kouang-tong, du Kouang-si et de l’ile d'Hai-nan.
1° Le Kouang-tong. Cette province est située à l’extrémité sud de la Chine, entre le Hou-nan et le Kiang-si au nord, le Kouang-si à l’ouest, le Fo-kien à l’est, la mer de Chine au sud et le golfe du Tong-King au sud-ouest. Elle mesure 1,000 kilomètres de longueur sur 300 de largeur. et contient dix départements et trois cantons immédiats. Sa population s'élève à 20 millions d'habitants.
2° Canton ou Kouang-tcheou-fou. Cette ville peuplée d’un million d'habitants est la capitale du Kouang-tong. Elle est assise sur les bords du Tigre ou Tchu-kiang, fleuve formé par la réunion du Pe-kiang et du Te-kiang. Le Te-kiang vient du Yun-nan : il a près de 1,000 kilomètres de longueur. C’est au confluent de ces deux cours d'eau que se trouve Canton. Comme toutes les grandes villes chinoises, elle se compose de deux villes murées, séparées par une muraille : la ville chinoise interdite aux étrangers et la ville tartare. Sur les bords du fleuve s’étendent les factoreries de la ville européenne peuplée de Chinois au milieu desquels sont noyés 3,000 Européens
environ. A côté de la ville terrestre existe la ville flottante, population de 100,000 âmes, qui habite sur le fleuve dans des bateaux. Prise en 1842 par les Anglais, elle a été reprise à nouveau par les forces combinées de la France et de l’Angleterre en 1857.
En 1855, les Taï-ping ont essayé inutilement de s'en emparer.
Caaton est la plus ancienne des missions de la Chine. Saint François-Xavier est venu mourir à ses portes dans l'île de Sancian, en vue de cet empire qu’il brûlait d'évangéliser. C'était en 1552. Quatre ans après, en 1556, le père Melchior Barreto et trois autres jésuites y entraient avec une ambassade portugaise. En 1559, le franciscain Pierre d’Alfaro s'y établissait avec trois autres religieuxide son ordre venus avec lui de Manille. Ils y fondèrent une chrétienté que le père jésuite Ruggieri retrouva en 1581. Ce missionnaire bâtit une chapelle et fit de nombreuses conversions. Un jeune bonze de ses néophytes confessa la foi dans les tortures. En 1582, arriva le père Ricci, fondateur principal des missions de Chine. Alors cette chrétienté prit des développements considérables : la paroisse des franciscains comptait 4,000 catholiques, et le père Mitz, jésuite français, dénoncé par des marchands européens, y subissait le martyre.
Canton devint le centre des missions chinoises, Les dominicains, les franciscains et les jésuites y avaient des établissements, et lorsque la tempête des persécutions se leva, elle devint leur lieu d’exil. En 1666, 235 mission-
naires arrachés à 175 églises y furent conduits enchaînés.
Ces confesseurs de la foi tinrent un synode dans leur prison. Ils décidèrent que la formation d'un clergé séculier indigène était l'unique moyen d’arriver à perpétuer la foi, et qu’il fallait imiter en cela la conduite universelle et constante de l’Église. En 4722, irenie-cinq autres missionnaires et quatre évêques furent internés à Canton.
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Un d’entre eux, le jésuite français Dubaury, y fit des prodiges de charité.
Cependant, en 1777, le procureur de la Propagande, : repoussé de Macao, vint s'établir à Canton. Chose surprenante, il ne fut point inquiété. |
À partir de cette époque, les missionnaires ne purent pénétrer en Chine que très-difficilement ; et, pendant les quarante années qui suivirent la révolution française, la mission de Canton fut à peu près délaissée. Ce n’est qu'en 1849 qu’elle fut relevée par Mgr Guillemin, évèque de Sibistria, vicaire apostolique du Kouang-tong, du Kouang-si et de l’île d’Haï-nan. 11 rassembla les débris de la chrétienté composés de 150 chrétiens et de quelques portugais. Quant aux neuf églises de la ville, elles étaient changées en tribunaux, en pagodes et en prisons. Mans la province, on put seulement en reconnaître quinze, toutes I3s autres avaient été dénaturées ou démolies Malgré les traités, les chrétiens et les missionnaires furent encore persécutés, et les prisons de Canton reçurent encore’des confesseurs de la foi. Citons le caté-
chiste Augustin H6, coupable d’avoir introduit un mis-
sionnaire dans l'intérieur, il fut délivré par l’amiral Cécile ; l'abbé Renou, ramené en 1848 du Thibet, chargé de chaînes ; l'abbé Leturdu, conduit en 1850 à Canton, la chaîne au cou ; l’abbé Jacquemin en 1856 et l'abbé Verchière incarcérés en attendant les réclamations des consuls. Après les opérations anglo-françaises, le gouvernement accorda à la mission un terrain ex compensation des biens et des églises confisquées depuis la mort de Kang-hi. C’est sur ce terrain que s’élèvent aujourd’hui les établissements catholiques.
1° Canton. Cette ville possède une belle cathédrale : gothique consacrée en 1867, la résidence épiscopale, celle des missionnaires, le séminaire, un orphelinat considérable dirigé par les sœurs de Saint-Paul de Chartres;
2° Tchau-tchong, sur le bôrd de la mer à 16 kilomètres de l'île Sancian;
30 Taï-yong, au pied des montagnes de l'intérieur;
4 Louei-icheou, incendiée et rebâtie trois fois par les païens ; {
ë° Tchea-icheou ;
6° Len-cham, à l’extrémité occidentale de Kouan-tong;
7 L'ile de Sancian, formée par un massif de granit de 32 kilomètres de tour. Sa population est composée de 6 à 800 habitants dispersés dans une vingtaine de hameaux, cachés sous des bouquets d’arbres ; elle est pauvre, honnête et simple.
C’est dans cette île que saint François rendit !v .dernier soupir. Le père Visdelou lui fit élever, en 1,700, un magnifique monument sur le rocher où il mourut. Mais la rage des pâiens le détruisit. Une pierre et une chapelle en terre le remplacèrent jusqu’à ce que Mgr Guillemin y consacrat une chapelle gothique en 1869.
Sancian, comme les îles de ces parages, est exposée aux descentes des pirates. Elle a été sauvée par son missionnaire M. Braud qui apprit aux insulaires à se défendre et à manœuvrer quatre petites pièces d'artillerie, A quelque distance de cette chapelle se trouve la résidence du missionnaire et une école;
8 Haï-nan (sud de la mer) est une île du golfe de Tong-King, séparée de la côte du Kouan-tong par un détroit de 17 kilomètres de largeur. Elle en a 270 de long sur 130 de large. Sa population est évaluée à deux millions d’habitants. Son chef-lieu et Khiong tcheou. Son climat est chaud, humide et insalubre. Cette île appartient aux Chinois depuis un siècle avant notre ère.
[l'y a peu d'années qu’elle est évangélisée ; une résidence et une école sont les œuvres de la mission;
9% Kouang-si. Cette province est située au nord du Kouang-tong, entre le Koueï-tcheou et le Hou-nan au
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