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le criblèrent de coups de poignard et l'immergèrent dans la rivière. Ne pouvant réussir à le noyer, ils lui mirent la tête sous une grosse pierre et il expira. Le corps de cet apôtre était couvert de 82 plaies ; son martyre eut lieu
. le 29 août 1565.
Quatre années après, le 29 janvier 1869, un autre missionnaire français, M. l'abbé Jean-François Rigaud, était décapité également pour la foi, en con.pagnie de 2 séminaristes et de 50 chrétiens qui furent taillés en pièces.
Les mandarins avaient décidé la destruction totale de cette chrétienté. Mais il fallait couvrir leur responsabilité ; alors ils attirèrent les rebelles du Koueï-tcheou et les déchaînèrent contre les chrétiens. Ainsi donc, émeutes de païens, invasion des rebelles, dénis de justice, excitations et calomnies venues des autorités, impunité et protection assurée aux coupables, massacres, pillages et incendies, tout fut mis en œuvre. Aussi les chrétiens exaspérés finirent par se défendre dans le village de Ho-che-ia, où ils réussirent à tenir tête à l'orage.
Malgré ces persécutions, la mission fit de grands progrès. De nombreuses conversions récompensèrent les missionnaires de tant de sonffrances.
Le district de Ycou-yang contient un grand nombre d'habitants primitifs de la contrée, ou Miao-tse.
La mission du Sse-tchuen oriental se compose d’un évêque, de 21 missionnaires français et de 34 prêtres indigènes ; elle possède un séminaire, 98 écoles et 2 orphelinats ; sa population se compose de 38,000 catholiques dont 10,000 Hiao-tse.
$ IV. Vicariat apostolique du Sse-tchuen occidental.
Mgr Perrocheau, évèque de Maxula, envoyé par le
Saint-Siége en 1818 pour sacrer ses collègues, fut le pre- Bi
mier évêque de Sse-ichuen. Pendant les quarante-trois
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années de son douloureux épiscopat, il assista aux persé : cutions sanglantes qui désolèrent sa mission, dix ans consécutifs. Il eut à soutenir ses chrétiens au milieu de la guerre, de la famine, de la peste, du choléra, des tremblements de terre, et à relever des chrétientés sans cesse détruites. Il passa de cette passion continuelle à la couronne et à la gloire du Sauveur pour lequel il avait tem souffert en 1861, dans la 74° année de son âge. Mgr Pinchon, évêque d’Elenopolis, lui succéda.
Résidences : 1° Tchong-kin, ville la plus commerçante du Sse-tchuen. Assiégée et prise par les rebelles, elle fut le théâtre d’un massacre épouvantable. Pour ne laisser échapper ni soldats, ni prétoriens, cachés sous les habits civils, les Taïping massacrèrent tous les hommes de 18 à 60 ans ; 2° Moping où se trouve le séminaire : 3 Louitcheou, sous-préfecture qui contient 3,000 chrétiens.
La mission du Sse-tchuen occidental est composée d’un évêque, de 17 missionnaires français et de 34 prêtres indigènes ; elle a 2 séminaires et colléges, 102 écoles, 2 orphelinats et 35,000 catholiques.
& V. Vicariat apostolique du Sse-tchuen méridional.
Il à été érigé en 1850 avec des territoires détachés des vicariats précédents. Mgr Lepley en est le vicaire apostol'rue.
Résidences : 4° Æien-lin près du Yun-nan, résidence pillée en 1870 ; 2 Sni-fou ; 3° Nyan-te-fou.
Le personnel de cette mission se compose d’un évêque, de 13 prêtres français et de 5 prêtres indigènes ; elle a 2 séminaires-colléges, 69 écoles et un orphelinat. Les catholiques y sont au nombre de 17,000. Ainsi la province du Sse-tchuen renferme 90,000 catholiques. Chaque année un millier de conversions en moyenne augmente ce nombre. Trois évêques, 51 missionnaires français et 70
prêtres chinois administrent ses nombrèuses chrétientés 1846
dans lesquelles ils ont créé 269 écoles gratuites pour les M de S. enfants des deux sexes, 5 séminaires-colléges et 5 orphe- Vo linats. Tout cela au milieu d’une tempête ‘de persécutions perpétuelles, avec les faibles ressources de la Propagation trou de la Foi et l’inépuisable trésor de l’amour et de la grâce boule de Dieu. certa $ VI. Vicariat apostolique du Yun-nan.
Le Yun-nan est la province la plus occidentale de la 1854. Chine, au sud-ouest de laquelle elle s’étend. Ses bornes pillés sont : la Birmanie à l’ouest et au sud-ouest ; l’Annam ou darin Tong-kin au sud : le Thibet et le Sse-tchuen au nord : le enfan Koueï-tcheou et le Kouang-si à l’est. Sa population est | la mé composée d'éléments divers, parmi lesquels les Chinois M tantc dominent ; il s’y trouve aussi un grand nombre de ma- repre hométans, Houï-tse, dont le type est complétement tran- “ant ché. Révoltés contre le gouvernement de Pékin, ceux-ci 2 | ouvrent le Yun-nan de massacres épouvantables. Ajoutez DE 4 Pe à ces horreurs les représailles des Chinois égorgeant tous n 0 Au les mahométans, les hostilités des aborigènes, Pen-ty-sen, Le les tentatives d'indépendance des anciennes tribus, et isay, vous pourrez Vous faire une idée de la misère et des tribu- D autres lations de tout genre au milieu desquelles vivent les chré- Le | tiens et les missionnaires. Aussi sont-ils souvent à la veille son c: de mourir de faim et confondus malicieusement avec les prêtre insurgés. Le Fun-nan est très-riche ; ses montagnes DE 8 orpl et son sol contiennent des métaux précieux etd’immenses Vers10? gisements de houille,
Sa population est évaluée à près de 6 millions d’âmes dont un million de mahométans.
Au xvin° siècle, il a eu plusieurs zicaires apostoliques. | Le 1 Il fut ensuite administré par les vicaires du Sse-tchuen Boudd jusqu’en 1840. En cette année, Mgr Ponsot, évèque de a son Philoménie, en fut nommé vicaire apostolique. Depuis | borné
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1846, ce prélat a pour coadjuteur Mgr Chauveau, évèque de Sébastopolis.
Voici les principaux établissements de la mission :
1° Taly, capitale du Yun-nan, près de laquelle se trouvent de belles carrières de marbre, Ce district a été bouleversé par la persécution ; à plusieurs reprises, un certain nombre de chrétiens ont confessé la foi. C'est à quelque distance de ce chef-lieu, au village de Che-ngaikuo, que M. l'abbé Vachal a été arrêté et emprisonné en 1854. La même année, les établissements de Taly ont été piliés et dévastés par les païens. L'année suivante, le mandarin en faisait massacrer tous les musulmans depuis les enfants en bas âge jusqu'aux vieillards décrépits. Pendant la même nuit, des mandarins subalternes en faisaient autant dans les autres préfectures. Les Chino:: viennent de reprendre Taly, défendue par les mahométans ; en entrant dans cette ville, ils en ont égorgé 30,000 ;
2 Tsao-kia-yn ; 3 Sy-tao, dans la partie occidentale ; # Pe-yeu-tsin (puits de sel blanc); 8° Ta-tien-kay ; Go Au-tsin-fou, près les frontières du Koueï-tcheou.
Le 23 août 1867, le chrétien Joseph Tchan -kouangisay, a été décapité pour la foi dans cette ville, et deux autres ont confessé la foi dans les prisons.
Le personnel de la mission se compose d’un évêque, de son Coadjuteur, de 10 missionnaires français et de 7 prêtres indigènes. Elle possède un séminaire, 41 écoles, 8 orphelinats et 8,500 catholiques. La moyenne des conversions est de 500 par an.
$ VIT. Vicariat apostolique du Thibet.
Le Thibet, appelé par ses habitants Bhout. yid, pays de Bouddah, et Tsan li par les Chinois, à cause de la rivière Fsan-pou qui le traverse, a 600 lieues de longueur. Il est borné au nord par le Koukou-noor (lac Bleu), pays des
Eleuthes ; au sud par l'Inde; à l’est par la Chine et à l’ouest par le Turkestan. Il s'étend entre les 69° et 100° degrés de longitude est, et 27° à 35° degrés 30/ dè latitude nord. Les chaînes de l’Himalaya, de hauts plateaux glacés, des vallées chaudes et fertiles le composent. L’Indus, le Gange, le Brahmapootra, le Mecong, Lan-tsan-kiang ou La-kio, le Martaban ou Lou-tse-kiang, le Meïnam, fleuve du Tong-king, la Salouen et le fleuve Bleu (Yang-tsekiang) prennent leurs sources dansses neiges perpétuelles
* et descendent vers les plaines de la Chine et de l’Inde, à travers des gorges profondes. A l'ouest et au sud, il est entouré par la plus haute chaîne de montagnes du globe, l'Himalaya, qui lui fait une défense gigantesque sur un périmètre d’environ 800 lieues. Au nord, des montagnes non moins élevées le séparent de la Tartarie.
Du côté de l'Inde, ses versants desséchés par lé vent du sud sont arides et pelés ; mais les pentes opposées, tournées vers le nord, sont revêtues de forêts de pins, de cèdres, tapissées de rhododendrons et peuplées de villages entourés de terrasses bien cultivées.
Du côté de la Chine, depuis le Yun-nan jusqu’au nord du Sse-tchuen, 22 petites principautés, dépendantes de Pékin, forment un territoire neutre. Aujourd’hui, le gouvernement du Thibet en a envahi sept, sans la moindre réclamation de la part du gouvernement chinois. C’est peut-être chose entendue entre les deux cours. Le Dalaïlama étant l'instrument déguisé de la Chine, la puissance de cet empire s’y trouvera d'autant mieux affermie.
Les Thibétains cultivent le riz, l’orge à grains jaunes et à grains noirs (né), le maïs, un blé sans barbe, deux autres espèces barbues, l’une à fleurs blanches, l’autre à fleurs rouges ; puis une troisième à gros grains qui donne jusqu'à 60 semences par épi. Ils récoltent encore trois espèces de sarrazin blanc et noir. Leur unique légume est une espèce de courge assez malsaine.
a Chine et à 69° et 100° ’ de latitude lateaux glant. L’Indus, an-kiang ou nam, fleuve 1 (Yang-tseperpétuelles de l’Inde, à sud, il est :s du globe, [ue sur un montagnes
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Le Thibet contient tous les minéraux précieux ainsi que des solfatares considérables, entre autres celle de Napo, village sur la rive gauche du Lan-tsan-kiang ou fleuve du Cambodge, à peu près par 26° 45’ de latitude nord.
Le Thibet est divisé en quatre grandes provinces com-" posées de principautés, ce sont : à l’ouest, le Ngari ou
Ladak, petit Thibet; l’Ou et le Tsang, au centre, et le Kam à l’est. H’Lassa en est la capitale, elle est située dans la province d’Ou, par 30° 43’ de latitude nord, et 89° 30/ de longitude est. Elle a de 40,000 à 80,000 habitants, dont une garnison chinoise et 20,000 Lamas. Sa fondation remonte à l’an 698 de notre ère. Au centre de la ville s'élève le temple vaste et célèbre de Bouddha, Fô cu Sakiamouny, il peut contenir 3,000 personnes. A 130 mètres au dessus de la rivière, on aperçoit le temple et le couvent de Boudala, résidence principale du Dalaïlama. Il habite, selon la saison, dans celui de Neré-Somba, à 2,000 mètres au dessus de H’Lassa et de Brenom-Gomba, également situé dans ses environs. La population du Thibet n’est pas homogène, elle se compose de tribus aborigènes appelés Mo-so, Bodh, de Mongols et de Chinois. Elle est évaluée à 7,000,000 d’habitants. Les Thibétains sont grands et robustes, aux larges épaules. Leur tête longue et carrée est encadrée par une chevelure tressée. Leurs yeux horizontaux et quelquefois bridés à la chinoise sont entourés de sourcils noirs aux arcs accentués, et dominés par un front assez droit, quelquefois bombé au dessus des tempes. Leur bouche est bien fendue, leur barbe peu fournie, leur teint est basané. Les Thibétains sont doux, affables, ouverts, paisibles et jovials, leurs connaissances sont très-bornées. Parmi les tribus sauvages qui habitent le Thibet, nous citerons les Ho-s0, regardés comme ses habitants primitifs ; les Zy-sou, horde de brigands ; les Lama-yen et les Lou-tse, ces
derniers sont plus doux, ils habitent comme les Ly-sou À Quo
les hords du Lou-tse-kiang, depuis Yong-tchang-fou jus- du. qu'auprès de la grande lamaserie de Tcha-mou-tong, lan par 32 de latitude nord. Leur langue, plus douce en inst même temps qu'accentuée, semblé avoir des analogies dan! avec la langue indienne. Ils sont bouddhistes, mais leur es culte est mélangé de nombreuses superstitions. Ce peuple Me vit de chasse et de la racine très-malsaine d’une légumi- qu? neuse qui engendre des maladies. Aussi des villages pe: entiers sont-ils emportés par les épidémies. Ils sont mal- P de propres, corrompus et adonnés à l’ivrognerie, Les hommes qe et les femmes s’enivrent. LL Le Dalaï-lama est le chef suprême du Thibet. Il gou- P pe verne par l'intermédiaire d'un régent (nomekan) ou roi M temporel, et paie le tribut au gouvernement chinois qui ses s’est rébervé la direction politique et générale du pays mL en lui abandonnant les affaires locales. na Les institutions religieuses de ce pays semhleut une ui contrefaçon de l’Église catholique. En lisant la vie de * Sakiamouny, F6 ou Bouddha, on devine malgré soi un id. plagiat de l'Évangile. Le bouddhisme, en effet, est une pui imitation grimaçante du catholicisme, mais il lui manque bé Jésus-Christ. Le Dalaï-lama, ainsi que les chefs de la jen plupart des lamaseries, sont des bouddhas vivants, des pri incarnations de Dieu, des espèces de Présence réelle sur ei cette terre. Lorsque ce personnage meurt ; en vertu de la EL 7 métempsycose, il s’incarne de nouveau dans l’entant ie (chaberon), qui reconnaît les objets du défunt qu’on lui A présente mêlés à d’autres. C’ast le pape du lamanisme. ne Les chefs des autres lamaseries représentent les évêques ae et les lamas sont divisés en prêtres et officiers inférieurs. pe La foi aurait-elle été apportée au Thibet par les Nestor:ens a qui vinrent habiter la Chine aux vie et vire siècles? ou bien us a-t-elle été prêchée par ves phalanges d’apôtres que les nn ren!
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LES MISSIONS CATHOLIQUES FRANÇAISk, 345
Quoi qu’il en soit, il paraîtrait que les formes actuelles du bouddhisme n’existaient pas avant le xime siècle. Les lamas l’attribuent à un étranger d'Occident qui aurait instruit Tsong-Kaba, l’auteur de cette réforme. Cependant en 1230, saint Hyacinthe de Pologne, dominicain, aux travaux apostoliques aussi grands que ceux de saint François-Xavier, évangélisa la Tartarie et pénétra jusqu’à ces contrées. Près d’un siècle plus ta:d, le bienheureux Odéric de Frioul, frère-mineur, dut s’y arrêter plusieurs fois, en franchissant l’'Hymalaya pour se rendre de l’Inde à Khan-Balik. Il y trouva Throgrul-Khan, prêtre et souverain, regardé par quelques-uns coinme le fameux prêtre Jean. Telle est l'explication de ces vestiges de christianisme qu'on retrouve dans plusieurs tribus occidentales du Thibet. Ainsi, chez les Abords, les hommes ont sur le front un tatouage bleu représentant la croix ; les femmes le portent sur les lèvres. Ils regardent cette croix comme le signe du salut.
A la suite de révolutions politiques, Koublaï-Khan s’empara du Thibet et le divisa en province. Il en reconnut le monarque spirituel, qui fut désormais l'instrument des empereurs de Chine. Cette intervention des Chinois engendra des révolutions sérieuses. De 1662 à 1743, elle produisit un schisme important entre les lamas. A la faveur de cette division, les Tartares Eleuthes s'emparèrent du Thibet, et tentèrent d’anéantir l'autorité des lamas. Mais ils comptaient sans un des plus illustres empereurs de la Chine, Khang-hi, qui reprit le Thibet. Toutefois, la puissance des Eleuthes ne fut entièrement anéantie qu'en 1760. Les jésuites profitèrent de cette circonstance pour pénétrer au Thibet. Au xvrr: siècle, le R. P. Desideri et lreyr vinrent à H’Lassa, ils en évangélisèrent les tribus thibétaines ; mais, en 1707, ils furent remplacés par les religieux capucins qui réussirent à s’y fixer pendant irente-cinq ans. En 1742, ceux-ci revinrent dans l'Inde
où ils fondèrent les missions d’Agra, de Patna, Lucknow, etc., dans le Grand-Mogol. Ce n'est qu'un siècle plus tard, en 1846, que deux lazaristes français, MM. Æuc et Gabet, y firent rentrer le christianisme avec la grande caravane de Pékin, à laquelle ils s'étaient joints. Accueillis gracieusement par le régent, ils ouvrirent une chapelle duns le palais même de ce prince. Déjà ils avaient réuni un certain nombre de néophytes, lorsque le représentant chinois, prenant ombrage de leur présence à H’Lassa, les fit recunduire à Canton. Après cette tentative infructueuse, les prêtres des missions étrangères attaquèrent à leur tour le Thibet.
En 1848, l'abbé Renou pénétrait par le Sse-tchuen dans la ville de Lytong, capitale de la principauté de ce nom. Il y rencontra le même régent qui avait reçu MM. Huc et Gabet. Ge prince les accueillit avec la même bienveillance. En ce moment, les livres bouddhiques annonçaient la prochaine arrivée de sages venus d'Occident pour régénérer le Thibet. M. Renou fut reconduit comme ses devanciers à Canton. Trois ans après, en 1851, M. Robin tentait le passage de l'Himalaya du côté de l'Inde ; on le rapportait mourant à la première station anglaise. La même année, M. X'ik y pénètre par la vallée du Brahmapootra ; mais, après un mois de séjour au Thibet, les guerres des tribus le forcent de revenir sur ses pas. En 1853, il escalade 1es montagnes qui sont plus à l’ouest et atteint les tribus des Abords où il trouve des vestiges de christianisme. Les guerres le contraignirent encore une fois à redescendre dans l’Inde. En 1854, accompagné de M. Boury, il reprend la voie du Brahmapootra. Ces deux
* missionnaires sont égorgés dans un village thibétain par
les Michemis, tribus sauvages de l’Himalaya.
En 1857, MM. Desgodins et Bernard remontent le Sutlege, affluent thibétain de l'Indus. A travers des dangers inouïs, des contrées abruptes et arides, sans le
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moindre vestige de entier ; ils arrivent à Chini, chef-lieu de Bushaire, à 80 lieues dan l'Himalaya, situé sur les bords du Sultége, par 2,833 mètres d'altitude, En face de la ville, l’autre rive de la rivière se dresse comme une muraille perpendiculaire qui en atteint 6 000. L'opposition des chefs des tribus emyêchèrent les deux missionnaires de passer outre. M. Desyodins rapporta dans l'Inde son Compagnon expirant,.
Pendant ce temps, MM, Aenou eu Page parvenaient à pénétrer dans le Thibet ve le Sse-tchuen et le Yun-nan avec quelques chréticns. Ils se fiyaient dans là vallée solitaire de Bonga par 90° 30/ de longitude est et 28° de latitude nord. C’est une gorge étroite, sauvage, de 30 kilomètres de longueur, sur la principauté de Tsa-rong, qui fait partie d’une longue suite de vallées se prolongeant jusqu’à H’Lassa, Sa température moyenne est de 8° à 42 centigrades. Au milieu des neiges et des forêts peuplées de bêtes féroces, les missionnaires parvinrent à fonder une mission, à acclimater la plupart de nos légumes et plusieurs plantes fourragères. Déjà ils avaient construit une maison, une chapelle, une école, un orphelinat, une pharmacie et groupé autour d’eux 34 chrétiens, lorsque la jalousie des lamas vint détruire de si belles espérances. Bonga fut pillée deux fois en 1858, les missionnaires et leur personnel s’enfuirent. Aussitôt la tempête passée, ils revinrent relever leur établissement.
À cette époque, en 1871, Mgr Thomines Desmasures venait d’être nommé évêque de Synopolis, vicaire apcstolique du Thibet et chargé provisoirement du Sse-tchuen Septentrional, où se trouvaient 3,000 chrétiens.
Deux autres résidences furent fondées auprès de Bonga; à Kio-na-tony, village situé à 43 lieues de cette résidence, et à Kiang-ka. Celle-ci est une bourgade située sur un plateau élevé au delà de Pä-tang, par 34° de latitude nord, sur la rive gauche d'un petit affluent
du Lang-tsang-kiang. Bientôt la persécution prit uu caractère plus violent. Méfense fut faite aux missionnaires de communiquer avec les Thibétains. Deux chrétiens paient de leur tête, à Kongieur, l’infraction à cet arrêté. Cinq autres sont emprisonnés et confondus avec les
mahométans révoltés. Enfin, une horde de barbares se.
précipite sur Bonga et détruit de fond en comble cette chrétienté. C’est dans cette circonstance que M. Durand fut tué, en traversant la rivière sur un pont de cordes.
Les établissements de Kiang-ka et de Kio-na-tong eurent le même sort. Prisonniers avec leurs néophytes, les missionnaires ne tardèrent pas à être relâchés, après avoir subi bien des avanies et avoir vu un de leurs messagers jeté dans le Meï-cong du haut des rochers. Leurs chrétiens allaient tous avoir le même sort ; heureusement, une circonstance providentielle empêcha l'exécution du projet des persécuteurs.
La mission du Thibet était donc détruite en 1865. Les missionnaires ne se découragèrent pas; ils recommencèrent leurs travaux, du côté du Yun-nan, entre les mahométans révoltés d’une part, les Thibétains et les Chinois de l'autre, au milieu des persécutions incessantes, de la famine et des épidémies.
Les résidences nouvelles ont été établies autant que
possible sur la route de H’Lassa :
Lo Ta-tsien-loù. Cette ville est située à l'entrée du Thibet, dans une gorge aride et rocheuse sur la route de H'uassa ;
20 Ly-tang. Bourgade à 100 lieues ou 10 journées de la ville précédente. Elle est dans une plaine élevée, froide, vaste et inculte, où il tombe de la neige au mois de mai;
3 Pd-tang. Ville située au fond d’une vallée étroite, sur les bords du Kin-cha-kiang, par 30° de latitude nord; son climat très-ch«ud permet la culture des céréales; ses environs sont fertiles. Le 14 avril 4865, cette ville a été
prit uu mission- « chrétiens cet arrêté.
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ournées de vée, froide, ois de mai; lée étroite, itude nord; éréales ; ses à ville a ét
détruite par un tremblement de terre dont les secousses ont continué jusqu’au 23 du même mois. Trois mille habitants, dont 430 lamas, ont péti sous les décombres. Les trois missionnaires et leurs chrétiens ont été sauvés. Un grand nombre de villes voisines ont eu le même sort ; des montagnes se sont effondrées. L'atmosphère était bouleversée : des tourmeutes de neige succédaient à des embellies, pendant lesquelles un soleil ardent éclairait ce spectacle siristre ;
4° Fercalo, dans le Yun-nan, à un kilomètre de la frontière du Thibet, sur ia rive gauche du Lang-tsangkiang, près de salines, par 29°2/30/ nord. Sur les deux rives du fleuve, au dessous de Yercalo, s'étendent les tribus Mo-tso ou Nachis, employées dans les puits de sel. Plus bas sont les Min-kia, dont Taly “tait la capitale. Les autres tribus, dont nous avons parlé, s'étendent jusqu’à la Birmanie ;
&o Tse-Djron. Village sur la rive droite du même fleuve, par environ 27° de latitude nord, en face de Tcha-moutong. Ce dernier point est sur le Lou-tse-kiang ou Ngen- Kio.
Le personnel de la mission se compose d’un évêque, Mgr Chauveau, transféré du Yun-nan au Thibet en 1864,
de neuf missionnaires et de quelques centaines de catho-
liques.
$ VIIT. Vicariat apostolique de la Corée.
La Corée, Kao-li des Chinois, forme une presqu'île qui forme dans la mer Jaune le golfe auquel elle donne son nom. Située entre 122° et 128° de longitude est, et 30°9/ et 43° de latitude nord. Elle a pour bornes. au nord, la Mandchourie et la province chinoise de Leao-tong ; à l'ouest, la mer Jaune; à l’est, la mer du Japon ; au sud,
le détroit de Corée. Cette partie de la mer Jaune gêle en
hiver et est remplie de bas-fonds, dont les sommets
émergent en archipels considérables. De temps en temps de 1 des baleiniers font naufrage sur ces côtes inhospitalières, est 1 et leurs équipages sont ordinairement massacrés. Ces vue, méfaits expliquent la crainte du gouvernement coréen Asie pour les étrangers. C’est sur l’île Ko-toun-to (du camp) L’ que se réfugia l'équipage des navires français la Gloire de s et la Victorieuse, échoués sur les bancs voisins en 1848. deu La presqu'île coréenne est formée par une série de mon- l'em tagnes qui se divisent en plusieurs chaînes. Elle est chré séparée de la Chine par le fleuve Hop-nok, la montagne LE acco impénétrable de Nang-lin, et par un désert de 45 lieues Nan; de largeur dans lequel quatre villes florissantes ont été ville. détruites pour le créer. Il est défendu sous peine de 1644 mort d'habiter cette zône. Le gouvernement coréen à . M desi voulu isoler ses états de toutes les nations ; c'est pour- dans quoi il a rendu toutes les communications difficiles et NH sess semé ses frontières de postes d'observation. Son com- tanc. merce, presque nul, se fait avec le Japon, et deux fois ses É par an avec la Chine, dansla ville frontière de Pien-mien. | tèrer La Corée a 10 millions d’habitants, elle compte huit sans provinces. Sa capitale est Séoul ou Hang-Yang, située y pét par 37°31/ de iatitude nord et124°34/30/ de longitudeest. DS fidèl Assise au fond d’un bassin formé par les montagnes voi- E Lip sines sur les bords du fleuve Han, Séoul est très-peuplée : plusi. et ressemble à toutes les villes chinoises. D lape Les autres localités ne méritent pas le nom de villes; phyte ce sont des bourgades aux toits de chaume. Les Coréens liste sont divisés en trois classes : la noblesse qui est au dessus | nom: des lois, la classe moyenne composée des commerçants, Ota, et le bas peuple. Ils sont tous habillés de toile blanche ; A7 le costume de deuil est en toile écrue, le visage est alors è Ly e couvert d’un petit voile. A7 Depuis la fin du x° siècle, la Corée a toujorrs été sou- |} AT!
mise à la Chine : les Tartares Mandchoux l’occupèrent à | 17€ plusieurs reprises. Aujourd'hui ses rois sont tributaires AT
en temps italières, rés. Ces it coréen
du camp) a Gloire en 1848.
de mon- Elle est nontagne 15 lieues ont été peine de
coréen à .
st pourficiles et on Comdeux fois en-mien.
ipte huit 19, Située itude est.
gnes vois-peuplée
de villes ; s Coréens au dessus merçants, blanche ; > est alors
été souupèrent à
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de la cour de Pékin. L'influence du gouvernement chinois est très-grande en Corée: il ne faut pas perdre ce point de vue, lorsqu'il s'agit de juger les événements de la Haute- Asie.
L'histoire de l’Église coréenne est écrite avec le sang de ses apôtres. Le christianisme y a été introduit par deux voies, 4° Par le Japon au xvr° siècle. A cette époque, l'empereur japonais y fit une descente avec une armée de chrétiens dont il cherchait à se débarrasser ; deux jésuites accompagnaient cette expédition. Leurs confrères de Nangasaki convertirent les Coréens prisonniers dans cette ville. Cette tentative n’eut pas de suite. 2° Plus tard, après 1644, alors que le R. P. Schaal était à ia tête du tribunal des mathématiques de Pékin, le roi de Corée, prisonnier dans cette ville, se lia avec lui. 11 fit venir plusieurs de ses sujets pour s’instruire à son école. Malgré ses instances réitérées, on ne put envoyer de missionnaire dans ses États. Quelques néophytes, baptisés à Pékin, rapportèrent la foi en Corée. Cette Église prit ainsi naissance sans prêtre et sans évêque. Cependant, quelques jésuites y pénétrèrent, ils furent martyrisés avec des centaines de fidèles. A la fin du xvre siècle, un prêtre chinois nommé Ly parvint à s'y introduire, il y trouva une chrétienté de plusieurs millions de catholiques. Obligé de tuir devant la persécution, il revint mourir pour la foi avec les néophytes qui l'avaient fait entrer dans ce pays. Voici la liste des principaux martyrs de Corée dont on connaît les noms. Avec les pères jésuites : 1° Vincent, Kussu ; Juhe, Ota, Coréens.
1784. Le prêtre chinois Pacifique Ly, les fidèles Pierre Ly et Thomas King mort en exil.
1791. Paul In et Jacques Kouan.
1795. Paul Joun, Sabas Tsi, Mathias Tsot.
1798. Paui Ni, emprisonné et torturé pendant un an.
1799. Laurent Pak.
Malgré ces exécutions, la mission de Corée comptait 10,000 catholiques en 1800. Chose inouïe ; elle se multiplia pendant trente années sans aucun prêtre. Enfin, en 1834, Mgr Bruguière, évèque de Capse, lui fut énvoyé en qualité de vicaire apostolique par le Saint-Siége. Ce prélat mourut en arrivant dans sa mission en 1836. En 1838, Mgr Imbert, évêque de Canope, parvint à y pénétrer avec MM. Maubant et Chastan. Ces trois missionnaires furent décapités pour la foi le 42 septembre 1839 à Séoul avec le catéchiste François Tchuez, et 40 autres catholiques. La même année, Mgr Ferréol, évèque de Belline, fut envoyé en Corée; il ne put y entrer qu’en 1844, il mourut en 1853. Pendant son administration, la persécution s’adoucit un peu, la mission. pansa ses plaies. En 1852, M. Maiïstre errant autour de la mission depuis dix ans y débarque, grâce au courage du R. P. jésuite Helot qui le conduisit à travers de grands dangers de Schang-Haï en Corée, sur une mauvaise petite jonque. C'est Mgr Berneux, évêque de Tipase, confesseur de la foi à Hué en Cochinchine et coadjuteur de Mandchourie, qui le remplaça en 1856. Il eut pour coadjuteur, en 1887, Mgr Daveluy, évêque d’Acônes.
En 1857, la mission de Corée comptait 15,000 chrétiens, 2 colléges, un petit orphelinat où étaient élevés 60 enfants. Dans cette même année 500 adultes ont été baptisés.
En 1861, le nombre des catholiques était de 18,000 et de cette année à 1866, il s'était accru de 3,225 adultes. Dans les montagnes et sur les bords de la mer du Japon, l'Église jouissait d’une assez grande liberté. Ces quelques années de calme relatif n'étaient qu’une préparation à la tempête la plus effroyable qui ait jamais ébranlé une église. Le roi étant mort des suites de ses excès, sa veuve, resiée sans Cnfanis, adopta le fils mineur d’un des grands de la cour qui devint régent. Sur ces entrefaites quelques
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navires russes se montrèrent près des côtes. Alors le régent craintif fit mander Mgr Berneux à Séoul pour parlementer avec les Russes. Ces derniers ayant disparu, les : ennemis de Dieu se décidèrent à en finir avec le christianisme, On était en 1866 : le régent déclara qu’en dix ans il fallait en finir avec les chrétiens de Corée.
Les missionnaires trompés par les avances de la cour furent arrêtés et décapités pour la foi avec un grand nombre de chrétiens. Trois d'entre eux purent s'échapper et sortir de Corée. Voici les noms de ces glorieux martyrs sit ‘
1° Mgr Berneur, âgé de 52 ans, né à Château-du-Lo, diocèse du Mans ;
2° M. de Bretonnière, 28 ans, de Châlon-sur-Saône ;
3° M. Dorie, 29 ans, de Saint-Hilaire de Talmous, diocèse de Luçon ;
4 M. Bernard-Beaulieu, 26 ans, de Langon, diocèse de Bordeaux ;
9° Alexis Ou et Marc Tieng, décapités le 8 mars 1866 ;
6° M. Petit Nicolas, 46 ans, de Coinches, diocèse de Saint-Dié ;
10 M. Pourthié, provicaire, 36 ans, de Valence, diocèse d’Alby.
Ces deux missionnaires dirigeaient le séminaire de Paisone, ils ont été exécutés le 44 mars.
8° Mgr Daveluy, 48 ans, d'Amiens :
9° M. Huin, 30 ans, de Laferté, diocèse de Langres ;
100 M. Aumaitre, 29 ans, d'Auzecq, diocèse d’Angoulême ;
1° Les chrétiens Luc Hoang et Paul Tchang.
Ces cinq martyrs arrêtés à Kesou ont été exécutés au bord de la mer le 30 mars.
De plus, ont été également exécutés dans la même année quinze chrétiens à Hong-tsion et dix-sept à Song-to. MM. Ridel, Calais et Féron ont pu se sauver à temps.
Ainsi dans le seul mois de mars 1866 la mission de Corée ér fut ruinée, dévastée et presque anéantie. Avec les mis- pas sionnaires, des trésors de science ont disparu. Mgr Ber- À neux, Mgr Daveluy, MM. Pourthié et Petit Nicolas avaient varie préparé un dictionnaire, une grammaire de la langue de 1 coréenne, de nombreuses notes scientifiques sur la z00- MTS logie, la botanique, la géologie, la géographie de la Corée. PE Tous ces trésors, fruits de longues années d’études, au (fleur milieu de tribulations égales à celles de l’époque des ca- | mb tacombes, tous ces trésors, disons-nous, sont anéantis. ou 50 La France a envoyé ses vaisseaux demander raison du tune sang de ses enfants égorgés : mais après leur départ la us persécution prit des développements inouis : 4,500 fr. us, sont accordés à tout misérable qui livre un Européen. sue Les chrétiens errent sans asile dans les déserts, repoussés mérid de tous, mourant de faim et de froid, traqués comme ou Te des bîtes fauves. Malheur à ceux qui les secourent et aux . malheureux qui, vaincus par la douleur, apostasient. Ils ‘ de ten sont soumis à des tortures dignes de Dioclétien et mis à ” mort. D'après des nouvelles récentes, 8,000 chrétiens au- - Fe raient été torturés et tués dans l’espace de Cinq mois ; | Re le reste est soutenu par quelques prêtres indigènes. % “ M. Ridel, sacré évèque de Philippopolis, en 1869, à Rome, p ; est voué au martyre, ainsi que ses trois confrères, ils n’ont AAA pu encore rentrer en Corée. S'il est vrai, comme on l’an- . cl nonce, que les États-Unis établissent une station sur les ne. côtes de ce royaume, la situation de l'Église changera us complètement. ru ; tempé:
ii la terre S IX. Vicariat apostolique de Mandchourie. Lai La Mandchourie fait partie de la Mongolie. Une bar- dont ! rière de pieux forme la frontière de ces deux contrées. 1 den-se Située au nord-est de l'empire chinois, elle est bornée au ms be ra
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d’Okotsk la séparent; à l’ouest par la Mongolie, au sud par la Chine à la grande muraille, la Corée et la mer Jaune; à l’est par la mer du Japon et la Manche &e Tartarie. Elle mesure 1,900 kilomètres de longueur sur 4,600 de largeur. On la divise aujourd’hui en deux parties, la Mandchourie russe, la Mandchourie chinoise, et en trois provinces : le Saghalien, Amour ou In-long-Kiang, (fleuve du Dragon noir) est son principal fleuve. Il est navigable par des navires assez considérables pendant 4 ou 900 lieues. Aussi les Russes ont-ils compris son importance pour leurs possessions asiatiques. En 1864, ils se sont emparés de tout son cours. Le Soungari et l'Oussouri sont les deux pri. r‘paux affluents de l'Amour. Deux autres rivières i:,. ‘tes en traversent les provinces méridionales, le «ao. y Sera-Mouren, et le Fan-Kiang ou Zchi-Kiriou. !"..se jettent dans le golfe du Leaotong. Le massacre de Tien-tsing vient d'augmenter les prétentions des Russes. En effet, trois de leurs sujets ont été confondus et tués avec les Français. C’est pourquoi le gouvernement russe s’est adjugé, en compensation, quelques territoires sur les bords de l'Oussouri, déjà une de leurs canonnières est venue en 1871 jusqu'à Ing-tse.
La Mandchourie est traversée par la montagne de Sse- Paoling qui forme quatre étages superposés et se relie aux Chaîne. coréennes et aux monts Blancs. Dans le nord des déserts, dans le sud, des forêts immenses couvrent son territoire. Quelques pins parasols et de rares chênes rabougris en rompent la monotonie. En hiver, par des températures au dessous de 30 à 40 degrés centigrades, la terre gêle jusqu’à 2 mètres 40 de profondeur.
La Mandchourie produit de la rhubarbe et une plante dont la racine est l’objet d’un grand commerce, c’est le Jen-se (trésor de la Mandchourie). Cette racine, paraît-il, à la vertu de rendre les forces aux anémiques, ia vie aux Mourants, elle produit un effet analogue à la Coca des