‹ Les missions catholiques françaises [microforme]Chapitre 59 sur 105 · ET SEE · texte numérisé non relu

ET SEE

Péruviens. Les Chinois viennent l'acheter au poids de l’or, ure once se vend jusqu’à 200 fr. La Corée produit également ce précieux végétal, mais il est de qualité inférieure. La population de la Mandchourie est évaluée à 1,500,006 âmes : elle se compose de Chinois émigrés, de Mandchoux appelés inexactement Tartares. Ils appartiennent à la famille Fongouse, et ont une langue particulière. Ce sont eux qui ont fait la conquête de la Chine en 1644 et qui r°#ont encore aujourd’hui sur elle dans la personne de soi: empereur. Sur les bords de l’Amour et de ses affluents habitent des tribus sauvages, tels que les Peaux de poisson, les Yupis, les Killimis ou Ghiliakes, appelés par les Chinois Tartares à longs poils. De l’autre côté du Saghalien, sur le territoire russe, se trouvent les Ssolons-tatsse. La langue de ces peuples est appelée langue fiatta. Tous les fétichismes s'y retrouvent.

Moukden, appelée encore Kirin, Tchin-Yang, Foungthian, située par 124° 18’ de longitude est et 41° 50’ de latitude nord est la capitale de la Mandchourie. Cette ville, sise à 200 lieues de Pékin, dans la province du Leaotong, renferme 200,000 habitants. Elle est le berceau de la famille impériale actuelle.

Chaque été, l'empereur vient résider dans son palais de Jee-Ho (fleuve chaud), à 40 lieues au nord de Pékin. Cette résidence d'été est entourée d'un mur de 12 kilomètres de circuit. Dans ses environs s'élèvent de hautes montagnes couvertes de forêts giboyeuses dans lesquelles le céleste empereur se livre à la chasse. A côté, se trouve une lamaserie importante qui renferme 25,000 lamas, elle porte le même nom que la lamaserie de H’Lassa, Pouta-la (Bou-da-la, demeure de Boudha). Il s’y trouve des sources.thermales.

La Mandchourie faisait partie de l’ancien diocèse de

la Mongolie. Le Saint-Siége y envoya pour premier vicaire

Pékin, Elle en fut distraite en 1840 en même temps que EE

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apostolique Mgr Verroies. Il arriva avec M. l’abbé de la Brunière, évèque nommé de Trémite. Ce missionnaire voulant reconnaître les tribus de Tartares à longs poils, remonta en 1842 jusqu’au village Ghiliake ou Killimi de Wraite, sur la rive gauche de l'Amour, à 8 lieues au dessus de Nicolaïef. Il y fut massacré par ces sauvages qui l’enterrèrent dans une île du fleuve. Les Russes l’ont appelée île du Massacre et ont élevé une croix sur son tombeau. Mgr Berneux, é,èque, martyr de Corée, a été provicaire de la mission de Mandchourie avant d’entrer dans sor vicariat apostolique.

Résidences actuelles de la mission :

1° Moukden, où se trouvent un.séminaire et un orphelinat ;

20 Ing-ise, grande ville commerciale importante à l'embouchure du Leao; les Anglais la confondent avec Niou-ichoung, située à 20 lieues plus haut sur le même fleuve. À 3 lieues à l’est dans les montagnes se trouve la résidence épiscopale et la cathédrale dédiée à saint Hubert au village de Xaï-tcheou ou Yang-Koan. Cet endroit est appelé la passe aux cerfs. De là au Saghalien, il y a 500 lieues;

3° Aouan-tcheng-tso ;

4 Fa-kio-ise ;

5 Les pins ; Song-chou, Tsouei-ize (bouche des pins), Notre-Dame des Neiges en Mongolie, à 6 kilcm'tres de la barrière de pieux. C’est là que se trouvait le s ‘inaire, lors de la persécution de 1850, époque à laquelle les missionnaires furent arrêtés. Cette stauon leur sert de refuge contre les persécutions. La mission de Mandchourie se compose d’un évêque, de 10 missionnaires français et de 8,00” catholiques.

ARTICLE VI

Japon. — Vicariat apostolique de la société des missions étrangères.

L'empire de Japon ou Niphon, se compose de trois îles principales qui s'étendent à l’est de la Chine, entre 30° et 45° de latitude nord, 125° et 427 de longitude orientale, ce sont : 4o Yeso, Niphon, Xicoco, ou Sikokf ; 20 l’archipel Liou-tchiou composé de 36 îles; 3° les deux kouriles les plus rapprochées de la Corée appelée Tsiosin.

Le Japon représente deux fois la grandeur des îles Britanniques. Il n’a pas de fleuves importants, mais renferme un grand nombre de montagnes aux neiges perpétuelles et des volcans en activité : l’Ungea dans l’île de Niphon est le principal. Son sol fertile contient des miuéraux variés et précieux ainsi que du charbon de terre. Son climat en général tempéré est quelquefois refroidi par les tempêtes glacie'°s de la mer de Tartarie.

La population du Japon s’élève à près de 30,000,000 d'habitants. Il y a plusieurs versions sur son origine, voici la principale. Un empereur chinois atteint d’ane maladie très-grave aurait envoyé au Japon 300 hommes et autant de femmes pour recueillir une herbe qui devait lui rendre la santé. Ces individus y seraient restés et auraient formé la souche du peuple japonais.

Les Japonais appartiennent à la branche chinoise de la race jaune. De taille au dessous de la médiocre, ils ont les jambes grosses, le teint olivâtre, le nez un peu écrasé et relevé, les yeux petits moins enfoncés que ceux des Chinois encadrés de sourcils épais, les joues plates ornées d’une barbe très-claire et les cheveux bruns. Sobres, peu fastueux à l'exception des grands qui aiment la magnificence, durs et cruels, remuants, vindicatifs et défiants, les Japonais sont doués d’une imagination vive, ainsi que

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Is s'appliquent avec un grand soin à l'éducation de leurs enfants et cultivent les sciences et les beaux-arts: sous ce rapport, ils ont beaucoup reçu des Chinois. La ciselure. la peinture, la gravure, la dorure la fabrication de la purcelaine et des soieries ont atteint chez eux une grande perfection. Ils possède incomparable.

Les Japonais sont industrieux avec Soin, Ils ont re de la Chine,

La langue japonaise a un alphabet, elle est nette, articulée et syllabique. Comme la langue Chinoise, elle s’6crit de haut en bas à l’aide de signes nombreux; elle admet en plus des liaisons et des particules qui unissent

les mots entre eux, ces signes représentent les sons de la langue parlée,

L'instruction de la des différents cultes.

On y distingue plusieurs religions : le bouddhisme dont le dieu est appelé Boudsod : la religion de Confuc.us venue de Chine : divers fétichismes, le sabéisme ou culte des astres, et le sintoïsme,

La religion du Siuto est une mythologie à travers les fables de laquelle on peut saisir les vestiges de la révélation primitive.

Kuni-toko-dat sino-mit-oto

assez droit, capable d’une très-grande “susceptibles sur la question de l’hon-

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est le premier des dieux ; deux autres forment avec lui une triade au-dessous de laquelle sont deux Couples de dieux et de déesses, qui

ont fait surgir le Japon de l'Océan. Ces dieux vinrent y

habiter et donnèrent Raissance à une race de demi-dieux Ou dieux terrestres appe

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en descend en ligne directe. Chaque chose a son dieu ; il y a celui de la guerre et celui du commerce, etc. c'est pourquoi vous trouvez au Japon un nombre infini d’idoles, plus horribles les unes queles autres, auxquelles on offra des sacrifices. Chacun de ces dieux a son paradis particulier appelé mias où résident les âmes immortelles.

Le Sinto recommande la pureté du cœur et l’abstinence

de tout ce qui peut être impur. Son chef est l'empereur, mais il n’a pas de prêtres particuliers. On a pris à tort pour des prêtres du sintoïsme les canusis, simples gardiens des temples, et les jammabos ou soldats des montagnes, espèce de solitaires toujours prêts aux plus grands sacrifices pour défendre leur croyance. Les Fekis forment une association de tous les aveugles de l'empire; leur général est à Méaco. Il reçoit ane pension du mikado' ou duïri.

Le Sintoïsme admet une confession faite aux jammabos dans une balance suspendue au-dessus d’un précipice. À la moindre hésitation du pénitent, ils le laissent tomber dans l’abîme. Cette religion engendre un tel mépris de la mort qu'eile la fait considérer comme un bien. Elle a pour conséquence le suicide religieux d’une foule de malheureux qui se tuent de diverses manières pour honorer leurs dieux. Auprès de Meaco s’élève un panthéon qui renferme 360 idoles.

Le premier empereur connu, daïri ou mikado, demidieu, adoré comme le dalaïÿ-lama du Thibet, fut Sinau, 660 ans avant notre ère. Ses successeurs restèrent maîtres de l'autorité souveraine, temporelle et spirituelle, jusqu’en 1585. A cette époque, un général chargé de réprime: une révolte, Cubo-Sama, s'empara du pouvoir et laissa ’empere * avec sa cour ecclésiastique jouir de l’auorité spir. 1.0 à Meaco. C'est pourquoi il y a au Japon deux souverains ; l'einpereur spirituel et l'empereur temporel ou laïcoun, qui réside à Fedo. Au-dessous de lui, vien-

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LES MISSIONS CATHOLIQUES FRANÇAISES, 331 nent les daïmios ou seigneurs féodaux qui gouvernent 604 principautés et 13 conseillers qui l’aident dans son gouvernement. Les objets qui servent au mikado sont détruits ou brisés, Il a 42F » nes, la mère du prince héréditaire est l'impératrice ; ses héritiers lui succèdent selon le degré de parenté.

Le taïcoun lui fait une visite tous les cinq où six ans pour lui rendre un hommage dérisoire.

Les Japonais sont divisés en huit casies :

1° Les daïmios, princes vassaux héréditaires ; 2° les siomios, noblesse féodale héréditaire ; 3e 4 les soldats ; 3e les médecins et les fo 6° les marchands ; 7° les artisans ; 8° quatres premières appelées yaconins

. Chaque noble doit résider à la Cour une partie de l’année, fournir un nombre de Soldats proportionné à sa fortune. Par suite de cette Organisation féodale, l’armée peut être évaluée à 500,000 hommes.

Les Japonais ne paient qu'un seul impôt sur le foncier et une contribution volontaire pour le gouverneur, Chez eux l'esclavage est en pleine vigueur. Le mariage n’est conclu que par les parents ; la fille n'a pour dot que ce qu'elle porte sur elle-même. Cependant, malgré la polygamie, les époux peuvent se séparer. D’après la loi, les bonzes doivent être appelés auprès des morts, les funérailles commencent par des réjouissances: la douleur et le deuil durent deux ans.

Au peuple sont réservés les supplices du feu, dc la Croix, la décapitation ou bien encore le bourreau taille le patient en morceaux avec un cimeterre. Les fonctionnaires obtiennent la faveur de s'ouvrir le ventre euxmêmes. C’est le Portugais, Mendez Pinto qui toucha le

les prêtres ; nctionnaires ; les cultivateurs, Les portent l'épée.

Premier au Japon en 1542, mais déia €

signalé au xtn° siècle par Rubriquis. En 1549

Géjà Ce pays avait été Marco Polo et le franciscain de saint François-Xavier abordait au

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port de Cangoæima avec deux jésuite:. 11 convertit un grand nombre de Japonais et alla mourir dans l’île de Sancian. 1 fut remplacé par d'autres missionnaires de la compagnie de Jésus. Le succès de leurs prédications fut si grand, qu’en 1582, il y avait au Japon 200,000 chrétiens et 250 églises. Trois rois convertis avec leurs peuples envoyaient une ambas .de au pape Grégoire XIII. Cependant les bonzes, craignant pour leur influence, et les Hollandais, jaloux des établissements commerciaux des Portugais, profitèrent des troubles et de la révolte du taïcosama pour faire regarder les missionnaires comme des espions et des conspirateurs. À leur instigation, le mikado lança un édit qui les internait dans Nangasaïi; 6 franciscains, 3 jésuites et 17 chrétiens dont 3 enfants au-dessous de 45 ans furent crucifiés sur les collines qui environnent cette ville le ÿ février 4587. Ils ont été béatifiés en 1629 par Urbain VII et canonisés par Pie IX en 1862. Malgré cette exécution, les conversions augmentèrent, En 1593 d'autres franciscains venaient se joindre aux jésuites dont le nombre s'élevait à 434. L'un de ceux-ci, le P. Martinez, fut le premier évêque du Japon.

La persécution se ralluma en 1596 : alors les dominicains et auguslins espagnols et portugais arrivè:ent au Japon partager les dangers de l’apostolat avec les autres missionnaires. Les conversions augmentèrent; en 4599 on en compta 70,000. En 1605, il avait au Japon 1,800,000 chréties. À cette époque, Luiz Serqueyra en était le dernier évêque. Alors les cérémonies du culte catholique se faisaient publiquement, les jésuites avaient établi de nombreux colléges, et fondé un observatoire ainsi qu’une académie à Ozaka. La haine religieuse et com: merciale des Hollandais et des Anglais contre les Portugais et les Espagnols vint arrêter l'essor de ce peupië vers la véritable civilisation. !ls excitèrent le cubosama

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. A ee année eut lieu l'exécution appelée le martyre ; 52 missionnaires de tous les ordres reli Me 18 dominicains, sont mis à mort auprès de Nan: a ï is ne de 60,000 spectateurs accourus pour pi ou 4 jé pq, inoui. Sur ce nombre 22 a tre Aus décapités, avec eux on brûla et | au a tous béatifiés, le 7 juillet 1868. De 1622 . ss persécuteurs employèrent des raffinements mu qui laissèrent bien loin en arrière Néron en . ne Chrétiens poussés à bout se révol-

: AV, VUU, Hs allaient obtenir un ien 2 . paix honorable, sans l'intétentit d di at Le si ss ne Capitaine établit une batterie à nes s rda la place bar terre et par mer. Tous les

PS lurent massacrés, D. pareils services ne favori-

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sèrent pas beaucoup le commerce hollandais. Les Japonais traitèrent ces marchands avec tout le mépris qu'ils méritaient. En 1640, arrivèrent quatre ambassadeurs portugais, on les mil à mort avec 14 personnes de leur suite, 43 matelots seuls parvinrent à se sauver. Désormais, tous les ports seront fermés; les Hollandais, confinés dans la petite île de Desima en face Nangasaki, ne pourront commercer avec les Japonais qu'en consentant à marcher sur la croix placée sur le débarcadère. Ils subiront toutes les humiliations et toutes les avanies, afin d'envoyer chaque année un ou deux navires échanger quelques denrées contre les porcelaines et objets d’art du J-yon dont ils se sont assurés le monople.

En 4649, 5 jésuites débarquent dans une île du royaume de Satsuma. Après 7 mois de prison et de supplices douloureux, ils sont mis à mort avec 8 chrétiens. Au mois de mars de l’année suivante, cinq de ces chrétiens subirent le supplice répété de la scie En 1647, 5 dominicains ré-emment arrivés sont mutilés et mis à mort; quelques autres parvienneut à se cacher. L'année 1666 détermina des mesures qui devaient en finir avec la chrétienté du Japon.

Dans chaque localité fut instituée une commission chargée de contraindre les habitants à fouler aux pieds la croix et les images de la sainte Vierge. Toute famille où se trouvait un chrétien devait être mise à mort jusqu'aux pere et mère exclusivement. Défense fut faite aux Japonais de quitter leur patrie: on plaça une croix sur tous les débarcadères ; chaque voyageur devait la fouler aux pieds. À partir de cette époque on ne cite plus que le missionnaire sicilien Sidotti qui, débarqué en 1709, fut emprisonné pendant plusieurs années et muré dans un trou étroit. Cependant, il est à croire que des miscionnaires de Manille et de la Chine purent y pénétrer el

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