INDO-CHINE
L'Indo-Chine ou Inde transgégangétique s'étend au sud de la Chine, du 880 au 4070 de longitude est et du 4° au 27° de latitude nord. Bornée au sud par le détroit de Sincapour, à l’est per la mer de Chine, à l’ouest par le golfe de Bengale et au nord par la Chine, elle renferme l’empire d'Annam, la Birmanie, le royaume de Siam, différents petits royaumes dans la presqu île de Malacca, le Cambodge et le Laos. De hautes montagnes parallèles aux côtes descendent de la Chine et, se prolongeant à l’est dans ce pays jusqu'auprès de Canton, onvrent les vallées qui forment les bassins de l’Arakan, de l’Irawady, de la Salouen, du Menam, du Mekong et du Song koï, fleuves dont la plupart sortent du Thibet. L’Indo-Chine est très-fertile,
elle est apte à recevoir toutes les cultures. Elle était inconnue des anciens.
ARTICLE PREMIER, Annam.
S I. Notions générales.
D'abord appelé Annam (sud paisible); puis en 4819 Vsetnam (splendeur du midi), par l’empereur Ghiâ-long,
cet État se compose de la Cochinchine, du Tsiampa, du
Tong-king et d'une partie du Laos. ii contient à peu près
37,000,000 d'habitants,
La Cochinchine se divise en Basse-Cochinchine ou Cochinchine française, appelée encore Cochinchine méridionale et occidentale, en Cochinchine orientale et en Cochinchine septentrionale formant autant de vacariats apostoliques confiés à la congrégation des missions étrangères.
La longueur d’Annam est évaluée à 1,700 kilomètres sur 300 de largeur, et sa superficie à 360,000. Deux chaînes de montagnes la traversent du nord au sud. L’une sur la côte de la mer de la Chine, c’est la chaîne des Moi, habitée par les peuples sauvages de ce nom ; l’autre est celle du Laos qui confine au royaume de Siam et se rattache au Thibet. L’Annam est borné au nord par la Chine, à l'ouest par l’Inde anglaise, la Birmanie et le royaume de Siam; la mer de Chine et le golfe de Siam baignent ses côtés du sud et de l’est.
Son climat est varié : dans le sud, il est très-chaud et salubre, mais sur les côtes ilest brûlant et malsain. Dans la Basse-Cochinchine, la température moyenne est de 28° centigrades, les pluies durent d'avril à novembre.
L'Annam est d’une fertilité remarquable. Son sol y
donne les productions de l’Inde et de la Chine. L'upas-
antiar, célèbre poison de Java, y est très-répandu.
Le nom de Cochinchine a été donné à l’Annam soit par les Portugais qui trouvèrent une ressemblance frappante entre ses côtes et celles de Cochin au Majabar, ou par les Chinois qui l’appellent Tchen-Tching. Les premiers habitants de l’Annam sont représentés par les tribus de sauvages qui habitent les montagnes du Zsiampa, du Laos jusque dans le Yun-nan et le Thibet. Les Annamites ne sont que des descendants des Chinois qui sont venus s'emparer du pays. Le climat les rend plus jaunes, leur visage est plat en forme de losange et leurs yeux sont
égaiement bridés. De taille plus petite, ils sont trapus & |
robustes; si ce n'était leur nonchalance, on les croirait
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faits pour les travaux les plus durs. Ils ont en général les qualités et les défauts des Chinois. Leurs religions sont les mêmes, sauf que leur bouddhisme est un schisme : du bouddhisme thibétain.
L'histoire de l’Annam n’est connue que par les écrivains chinois. À partir de 2337 avant Jésus-Christ, elle ne présente qu'une série d’invasions chinoises et de révoltes contre leur domination. Les rois sont ordinairement tributaires de la Chine. Ils profitent des révolutions de cet empire pour s'émanciper, mais bientôt ils retombent sous son joug après l'établissement d'une nouvelle dynastie. Tantôt le Tong-king est séparé de la Cochinchine, tantôt il en dépend. Cette réunion eut lieu définitivement en 1802, sous le règne de Ghia-long. Quatre dynasties arinamites successives ont encore des représentants.
Ghia-long, fuyant devant la révolution, se réfugia avec Mgr Pigneau de Béhaine, évêque d'’Adran, vicaire apostolique de la Cochinchine, dans une île du golfe de Siam. Il trouva auprès de lui un asile sûr qu’il n'aurait pas rencontré dans ses États. Mgr Pigneau se rendit en France et conclut au nom de ce prince avec Louis XVI un traité par lequel il donnait les îles de Poulo-Condor et la baie de Tourane à la France, moyennant l’envoi d’un corps de troupes pour le rétablir sur son trône. Louis XVI chargea de cette expédition l’Irlandais Conway, gouverneur des Indes françaises. L’évêèque d'Adran vint auprès de lui, mais il n’en put rien obtenir et vit les ordres du roi éludés par l'influence de madame de Vienne qu'il ne voulut pas flatter. Après avoir attendu assez longuement, il engagea lui-même des officiers et des mate-
lots français. Avec leur aide, Ghia-long reconquit tous ses États. Ce sont eux qui fortifièrent à la Vauban les places fortes de Cochinchine. L'empereur prit son nom officiel de Ghia-iong (gloire parfaite), et confia l'éducalion de son fils aîné à Mgr Pigncau. Cet enfant mourut
encore jeune, et avec lui disparurent les espérances de l’évêque. Le roi conserva pour lui une grande amitié et une grande déférence, mais il oublia les services que lui avaient rendus les chrétiens. Toujours il tint le glaive de la persécution suspendu sur leurs têtes sans jamais le laisser tomber. L'évêque d’Adran mourut en 1799, Ghialong en 1820. Menh-Ménh, son fils naturel, lui succéda. Ce prince cruel et débauché montra une telle haine pour le christianisme qu'il mérita d'être appelé le Néron d’Annam.
Le christianisme fut introduit dans la Cochinchine en 1624 par le père jésuite Alexandre de Rhodes, l’un des fondateurs du séminaire des missions étrangères de Paris. En 1639, avec ses confrères italiens, espagnols et portugais, il avait déjà formé une église de 82,000 néophytes, parmi lesquels se trouvaient une sœur du roi, de nombreux dignitaires et 200 bonzes. La mission possédait un séminaire de 100 élèves et une congrégation de sœurs appelées amantes de la croix, pour le soin des malades et l'éducation des filles. Le père de RAvies fut banni cinq fois, il en profita pour venir solliciter du Saint-Siége l’envoi d'évêques en Asie ; il refusa l’épiscopat et alla mourir dans les missions de Perse. Pendant cinquante ans les Jésuites furent les seuls missionnaires de l’Annam. Au bout de ce temps, les missionnaires français de la congrégation des missions étrangères, les dominicains espagnols et les augustins vinrent partager avec eux l’honneur de l'apostolat.
En 1666, l’Annam était divisé en 2 vicariats apostoliques, celui de Tong-king et celui de Cochinchine. Le premier vicaire apostolique français fut Mgr Lamothe Lambert, évèque de Beryte, qui arriva en Cochinchine en 1651. Le deuxième évêque est Mgr Pigneau, évêque
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À l’avénement de Menh-Ménh, il comptait 6 évêques
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âgés : Mgr La Bartète, évèque de Veren, vieillard octogénaire, et son Coadjuteur, Mgr Audemar, évêque d’Adran, que plusieurs auteurs ont confondu avec Mgr Pigneau de Brehaine : deux au Tong-king avec deux coadjuteurs ; douze missionnaires, 110 prêtres indigènes et 400,000 chrétiens. Le roi (chova) résolut d'anéantir le christianisme dans ses États. Alors commença de 1825 à 1862 une effroyable persécution. Pendant cet 5space de temps, 260 confesseurs de la foi et Martyrs souffrirent les tortures les plus raflinées, 400 églises furent détruites, les prétoires des mandarins, où l’on tenaillait les chrétiens, étaient devenus les seuls sanctuaires chrétiens,
La présence de l'amiral Bougainville dans la baie de Tourane, n’apporta aucune amélioration à cet état de choses, il amenait l'abbé Regereau.
En 1830, la persécution prit des proportions inouïes, 80,000 cathol:ques se dispersèrent, les Communautés furent entièrement dissoutes, le nom chrétien était un crime punissable de mort. Après vingt années de persécution, cette église comptait 100,000 chrétiens de plus. Pour en finir d’un seul Coup avec les missionnaires, sous prétexte de consulter les savants de ses États, Menh. Ménh les COnVoqua tous à Hué. Quatre d’ent dévouèrent et entrèrent dans la cage du tigre, L’ le père Odorico, fut exilé au Laos, il y mourut la veille du jour où il devait être étranglé. Le vicaire apostolique, Mgr Taberd, évêque d'Isauropolis, se réfugia à Siam et à Poulo-Condor avec son séminaire, Alors Mgr Cuenot, évêque de Metellopolis, lui fut donné Pour Coadjuteur en 1831. Ce prélat ne pénétra dans la mission qu'en 1835, au moyen du seul navire français qui avait le privilége de venir cCommercer une fois par an avec les Cochinchinois.
En 1833, M. Gagelin fut évranglé ; M, Marchand eut le
même sort en 1838. Celui-ci, surpris par ies rebelles,
re eux se un d'eux,
avait été enfermé par eux à Saïgon. Après la prise de
cette ville, ramené à Hué par les troupes royales, il fut tenaillé, crucifié et coupé en morceaux avec les chefs de la révolte. Un prêtre indigène, Pierre Tuy, eut l'honneur du martyre avec lui. En cette année, Mgr //avard était le vicaire apostolique de la Cochinchine, son clergé se composait de 26 prêtres indigènes et de 8 prêtres français. Aucun missionnaire ne pouvait plus y pénétrer. En 4837, un autre Français, l'abbé Cornay, est décapité et dépecé ; l’année suivante, M. Jaccard est étranglé en compagnie de 26 autres martyrs indigènes. En 1840, M. Delamotte, tenaillé, succombe à ses tortures. Enfin, en 184, Min-Ménh meurt, et son fils Thieou-thri lui succède. Ce prince demanda l'investiture à l’empereur de Chine, contrairement à ce qu’avaient fait ses prédécesseurs. {1 continua la persécution commencée par son père. Alors étaient gardés en cage, dans la capitale, cinq missionnaires : MM. Gally, Berneur, Charrier, Miche et Ductos. ls allaient être suppliciés, lorsque M. Lévéque, commandant de la corvette française l'Héroïne, mouillée dans la baie de Tourane, força le roi à les lui remettre, le 2 février 4843. Il les emporta à Hong-kong, d'où la plupart revinrent dans leur mission. L'année suivante, la Cochinchine fut divisée en deux vicariats apostoliques : celui de la Cochinchine occidentale et celui de la Cochinchine orientale. En 1845, Mgr Lefebvre, évèque d'Isauropolis et vicaire apostolique de la première province, fut mis également en cage à Hué.
Un commodore américain accourut à Tourane ave k
son vaisseau ; il tenta inutilement de le délivrer, le roi ne consentit à le remettre qu’à M. Fornier-Duplan, commandant de la frégate française l’Alcmène. Il revint dans sa mission où il mourut deux ans après. M. Duclos, deux fois prisonnier pour 1 ‘oi, mourut en 1846.
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la Victorieuse. Le roi le reçut avec une bienveillance apparente ; il l’invita même à un grand diner avec son étatmajor. Cette amabilité cachait un piége. An milieu du repas, M. Lapierre et ses officiers devaient être égorgés pendant qu’on aurait incendié ses navires. Le commandant, informé à temps de cette trahison, brûla l’escadre annamite et appareilla pour la Chine.
En 1847, Tu-Duk, deuxième fils de Thieou-Thri, monta sur le trône ; ilsuivit la môme politique persécutrice. Son frère aîné, dépossédé de ses États, voulut les reconquérir. Dans ce but, il tenta de s'appuyer sur les chrétiens ; Mais d'après les conseils de Mgr Pellerin, évêque de Biblos, vicaire apostolique de la Cochinchine septentrionale, ils s’abstinrent de toute participation à un soulèvement qui aboutit à la mort de son chef, A la persécution se joignirent le choléra, la famine et les inondations. De temps en temps, le pavillon français se montrait à Tourane ais il n'occasionnait après son départ qu'une recrudes. cence de rage dans les persécuteurs, qui se refusaient à toute négociation. Ainsi, en 1856, M. de Montigny, envoyé français, ne put arriver jusqu’au roi. Deux AUIA missionnaires français et quatre évêques espagnols avaient été mis à mort au Tong-king. Alors la France et l’'Espagne envoyèrent une escadre et des troupes pour punir tous ces affronts et en exiger une réparation éclatante Cette expédition arrivée dans la baie de Tourane en 1858, s'empara de Hué le 9 février 4839. Elle évacua Tourane pour s'établir à Saïgon dans la Basse-Cochinchine.
La Cochinchine se divise en trois vicariats apostoliques ceux de la Basse Cochinchine. appelée aussi méridionale et occidentale ; de la Cochinchine orientale et de la Cochinchine septentrionale. Ils sont confiés à la société des missions étrangères de Paris,
8 Il, Vicariat apostolique de la Cochinchine occidentale, Cochinchine françise.
Cette région, conquise par les Annamites aux xvir° et xvu° siècles, faisait partie du Cambodge. En 1860, la France prenait Saïgon, sa capitale ; le 12 avri' 14861, elle s'emparait de My-tho ; en janvier 1862, de Bien hoa, et le 22 mars suivant, de Vin-long, sur le fleuve du Cambodge. Enfin, le 5 juin de la même année, T'u-Duk était contraint de céder à la France trois provinces de cette partie de son empire, de consentir à ne jamais envoyer de garnison dans les trois autres provinces limitrophes et d'ouvrir à nos navires trois ports du Tong-king. Ce traité le force également à accorder la liberté de conscience à ses sujets et à respecter les missiounaires. Mais s’il a fermé l'ère des martyrs, une persécution sourde, masquée sous toutes les fourberies, n’en tourmente pas moins les catholiques soumis à toutes sortes de vexations, d'impôts et d'injustices.
Le Me-kong traverse la colonie française et vient se jeter dans la mer par six bouches. Ce fleuve, appelé encore le Mé nam kong (mère des eaux de la province de Kong), prend sa source dans le Thibet et dirige son cours capricieux du sud au nord, à travers le Yun-nan, le Laos et le Cambodge pendant 3,000 kilomètres, et vient se jeter dans l’océan Indien par six bouches, après avoir formé un delta considérable.
La rivière de Mytho a reçu le nom de rivière japonaise, parce qu’une colonie de catholiques japonais, fuyant la persécution, vint s'établir sur ses bords à la fin du xvir® siècle. Qui sait! des prêtres français de cette mis: ion ou quelques jeunes gens de ces familles émigrées élevés au sacerdoce sont peut-être allés soutenir le courage et entretenir la foi des chrétiens japonais persécutés, Saïgon est la capitale de nôtre colonie ainsi que de
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LES MISSIONS CATHOLIQUES FRANÇAISES. 347 la province de Ghiadin ou Tan-bin, E rive droite de la rivière dont elle porte le nom et qui se jette dans le Dong-nai, à 100 kilomètres de la mer, Ce dernier fleuve communique avec le Mekong p.. »'usieurs arroyos, Saïgon est une ville de 100,000 âmes séparée en deux parties distantes de 8 kilomètres l’une de l'autre,
Vers le nord-est, confinant au Tsiampa, s'étend la province üe Bien-hoa ou de Dong-nai (royaume du dehors), par Opposition au Dong-Kong (royaume du dedans ou
Cochinchine proprement Cite). La ville de Bien-hoa est
sur le fleuve de ce nom. Au sud-ouest de la province de Saïgon se trouve celle de Mytho ou Ding-tuong, dont la capitale, fortifiée sous Louis XVI rer le colonel du génie Olivier, a été p1s2 en 1861 Elle est sise sur la rive orientale de ja branche septentrionale de Me-kong. Plus au sud ouest est la : “Vince de Vin-thang ou Long-ho, comprise entre les deux grandes branches du fleuve. A l’ouest est celle de Fang-kiang composéesurtout des îles formées par les bras du Me-kong. Son chef-lieu est Chaou-dok, située non loin du Canal de Kan-kao. La province de ce nom, Ou Ha-tien, s'étend entre le fleuve et le goife de
Siam, elle est très-marécageuse ; Kan-kav, son port prin-
Cipal détruit par les rebelles en 1817, 8 été rebâti plus
près de la mer.
Le vicariat apostolique de la Basse-Cochinchine a été érigé en 1844. Son premier évêque Mgr Lefebvre, évèque d'Isauropolis, est mort en ‘865 à l’âge de55 ans. Mgr Miche, évêque de Dansara, d’abord vicaire apostolique Au Cambodge, est son SuCCesseur, il a pour coad-
juteur Mgr Colombert, évêque de Samosate, sacré en
lle est assise sur la
L'occupation française a permis de relever d'anciennes chrétientés détruites pendant la persécution, d'en élever de nouvelles et de consacrer une belle cathédrale à Sar
60n. Les progrès de la foi ÿ Sont considérables,
L'année 4863 a vu 2000 conversions et en 1864, 1256 adultes ont reçu le baptème. Voici ses principaux établissements: 4° Saïgon, résidence de l’évêque, deux colléges-séminaires contenant 115 élèves, une écoie de 106 élèves (école de l’évêque d'Adran), un internat de 100 pensionnaires et écoles gratuites dirigés par les frères francais de la doctrine chrétienne ; un orphelinat de 136 enfants des deux sexes ; des écoles de filles et un hôpital dirigés par les sœurs de Saint-Paul de Chartres arrivées avec notre expédition. Ces sœurs ont en outre un noviciat où sont formées des sœurs indig?nes. Elles s occupent du soin matériel des séminaires ; enfin un couvent de cinq carmélites françaises qui ont réussi à se donner 25 compagnes anamites ; 2° Mytho, résidence, une pagode a été transformée en église; écoles et hôpital desservis par les sœurs de Saint-Paul ; 3° Bien-hoa ; 4° Chongan ; 3 Barca; @° Bassak ; To Kam-kao.
La mission possède cinq établissements de sœurs annémites ou amantes de la croix au nombre de 120, Ces bonnes filles dirigent des écoles, des ouvroirs de jeunes filles, et plus trente écoles primaires. Elles enseignent la langue écrite avec les caractères français, ce qui favorise beaucoup les progrès des élèves.
Cette mission se compose de 3 évèques, 39 missionnaires français, 143 prêtres indigènes et 38,500 catholiques ; sa population totale est de 3,500,000 âmes, 15
villages ont des églises.
En outre, en 1861, la France a pris possession des 42
îles Poulo-Condor (îles des Calebasses).
S HI. Vicariat apostolique de la Cochinchine orientale.
La Cochinchine orientale s’étend entre Faï-fo, la baie de Tourane au nord, ia Basse-Cochinchine au sud, el les montagnes de 1 ouest peuplées de tribus indépen-
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dantes. Elle renferme six provinces, celles de Quang-nam, Quang-ngaï, Binh-dinh ou Qui-nhon, Na-trang et de Binh-thuan, ancien royaume de Tsiampa au sud.
Le Tsiampa, indépendant jusqu’au xv° siècle, a été conquis de 1460 à 1498 par les rois du Tong-king. Ils firent une guerre d'extermination à ses habitants dont les descendants réfugiés dans les montagnes avaient encore un roi en 1820.
La Cochincaine orientale a été érigée en vicariat apostolique en 1844. Elle a eu Mgr Cüenot pour premier évèque. Cet intrépide co: ‘esseur de la foi est mort dans les prisons de Binh-Dinh, le 27 octobre 1861, la veille du jour où il devait être martyrisé. Il avait évangélisé cette mission pendan! 28 ans dont 26 d’épiscopat.
Mgr Charbonnier, évèque de Domitiopolis, son successeur, est venu du Tong-king. Ce prélat vécut en persécuté pendant presque toute son existence apostolique. Il fu torturé et renfermé, la cangue au cou, dans une cage pendant onze mois avec l'abbé Matheron. Cette mission eut de nombreux martyrs. À Phan-hy, 2 prêtres annamites et 5 chrétiens ont été décapités. En même temps qu’eux, 21 autres fidèles étaient étranglés pour la
foi.
Les établissements principaux de la mission sont : 1° Bin-thouan dans le Tsiampa ; 2 Na-tiang ou Bin-hoa ; 3° Pou-yen ; 4° Binh-dinh 5° Quang-noci, chef-lieu des provinces de ce nom ; 6° X non; 7°. : -fo près la baie de Tourane. Ils se composent d’un collége séminaire contenant 100 élèves, d'écoles nombreuses et d’un crphelinat dirigés par les amantes de la croix qui forment 6 communaulés et de 40 églises. Elle a pour personnel un évêque, 25 missionnaires français, 39 prêtres annamites, 60 catéchistes et de 29,826 Catholiques. La population totale est évaluée à 4,500,090 habitants.
Deux missionnaires ont pu commencer les missions
chez les sauvages dés montagnes au prix de difficultés inouïes. On peut s’en faire une idée en pensant qu’il leur a fallu quatre mois pour faire un voyage qu’on peut faire en quatre jours.
& IV. Vicariat apostolique de la Cochinchine septentrionale.
Il s'étend du 16° degré de latitude nord aux frontières du Tong-king par le 19°, et renferme quatre provinces : celles de Ding-tat ou Quang-duk ou Quang-tri, de Cham ou Quang-nam, de Quang-binh et de Ding-ngoi ou Nghé-an. /ué, capitale de l'empire, ville de 290,000 âmes, est en même temps le chef-lieu de la province de Quang-duk. Elle est située par 105°2’ de longitude est et 16°25 de latitude nord. La baie de Tourane trop vantée par les voyageurs est dans ses environs. Du 16° au 16°30/ de latitude sud dans le Qouang-bin s’élève la grande muraille ou Loui-suy construite autrefois pour arrêter les invasions des Tong-kinois.
Ce vicariat apostolique faisait partie du précédent; il a été érigé en 1850. Son nr "emier prélat fut Mgr Pellerin, évêque de Biblos, coadjuteur de Mgr Cuénot. Il a été le promoteur de l'expédition française qui nous à donné la Basse-Cochinchine. Il est allé mourir à Pulo-Pinang le 13 septembre 1869, accusé injustement des premiers revers de l’expédition française à Tourane. Or, la seule raison de cet insuccès a été l'abandon de ses plans. Mgr Pellerin vécut au milieu des persécutions pendant onze ans; son successeur est son coadjuteur, Mar Sohier.
Les résidences sont : lo /Jué avec un séminaire, coilége et écoles ; 2 Pouang-tri; 3° Quang-bin; 4° Quangnam ; 5° Ke-hoa ; 6° Ha-tin.
En outre, il y a un second séminaire, 24 églises, 8 communautés contenant 300 sœurs de la croix, char-
difficultés
t qu’il leur | peut faire
entrionale.
x frontières provinces :
1, de Cham ig-ngoi ou de 90,000 province de itude est et trop vantée 6° au 46°30/ srande mur arrêter les
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ons pendant ar, Mar S0-
aire, coilége 4 Quang-
21 églises, croix, char-
gées des écoles et d’un orphelinat. Le personnel de cette mission se compose d’un évêque, sept missionnaires français, 33 prêtres annamites et de 26,000 catholiques. Sa popuiation s'élève à 2,500,000 Ames.
ARTICLE II Tong-king.
$ L. Notions générales.
Le Tong-king (ville royale à l’Orient) mesure 150 lieues de longueur sur 100 de largeur et s'étend entre 19030/ et 23° de latitude nord où l’Annaïn-kiang (fleuve de l’Annam) le sépare de la Chine. Sa Superficie
représente celle du quart de la France, sa POPulation est évaluée à 20,000,000 âmes.
Il est borné au nord par la Chine, Laos, au sud et à l’est par la Cochinchi quel il donne son nom.
Plusieurs fleuves et rivières le parcourent dans tous les sens. Le Song-koi (grande rivière) qui descend des Montagnes du Yun-nan le divise en deux parties presque égales. 11 vient se jeter dans le golfe du Tong-king par six branches,
Le Tong-king peut être divisé en deux parties, les régions basses et les plateaux. Ceux-ci appartiennent aux Montagnes de l’ouest, qui se prolongent au nord jusqu’en Chine.
Les plaines s'étendent dans la partie orientale jusqu’au bord de la mer. Chaque année les inondations y déposent un limon qui permet de faire trois récoltes annujes. Ces alluvions épaisses ont permis aux populations de COtquérir des terrains considérables et fertiles sur la mer ; Où ieur a donné ie nom de Kim-son.
Les habitants des montagnes sont des tribus abori-
à l’ouest par le ne et le golfe au-
gènes ; les Muongs, les Xas, nomades divisés en sept familles, les Thi et les Nongs. Ceux-ci sont des Chinois. Ils parlent tous un patois annamite difficile à comprendre. Ces montagnards, grands, robustes, à la peau blanche, ont des mœurs rudes, mais simples. L'habitant des plaines est plus civil, plus doux, il est reconnaissant, docile, patient, intelligent, industrieux, adroit, généreux et frugal, mais il est corrompu, vindicatif, inconstant et léger. Les Tong-kinois ne se servent pas de lait, ils mangent de la viande de boucherie. Le mouton est inconnu dans ce pays.
Le Tong-king se divise en quatorze provinces dont neuf appartiennent aux missions françaises : Thanth-hoa (fleur verte), Nam-dinh (midi fixe), Ninh-binh (paix), Ha-noï ou Ke-cho (intérieur du fleuve), Son-tay (montagnes de l’ouest), /ing-hoa (progrès continu), et Tuyen- Quang (grande source). Nyhé-an, Son-thaï, Haï-dong, Avuang-yeu, voisines de la Chine, Bak-nin, Thoingouyen et Lang-son au nord du Song-kaï appartiennent aux missions espagnoles.
Le gouvernement est le même que celui de la Chine. Chaque localité s’administre elle-même; il y a des bourgs pour chaque industrie.
La province est divisée en phu (fou de la Chine), pré-
cantons. Les communes se composent de plusieurs vil-
lages ; soit trois en moyenne el représentant à peu près È
1390 âmes. Ce chiffre donnerait 3,900 habitants par lieue carrée. Le Tong-king serait donc trois fois plus peuplé que la France. D'après l'annuaire officiel, il renferme 10261 communes. Les jeunes gens se marient de 17 à
48 ans; c’est une des raisons qui expliquent l’accroisse-E
ment continuel de population.
Ke-cho (marché) ou Ha-noï est la capitale du Tong-
king ; appelée d'abord Tong-king en langage relevé, elle
ser kin koï, 150, bous
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Com} se rei En 1( 12,00 évêqu lique.
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» etrenferme au moins 150,000 habitants. Les Maisons sont en
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»000 âmes et chef-lieu de ù se trouvent les bouches du
Le père Diego Advarte
cher la foi au Tong-king en 1396. En débarquant il trouva unc croix de bois
Compromis par les soldats de sa nation, il fut obligé de
évèque d’Héliopolis, qui
lique.- Malgré la persécution, cette église fit de grands progrès. Elle a eu pour
Pallu et en 1679 le Saint-Siége le divisa en Tong-king oriental, évangélisé par les dominicains Spagnois; et en Tong-king occidental, confié aux mis- S les augustins, les dominicains et les prêtres des missions étrangères et du Saint-Esprit
vinrent partager le fardeau de l’apostolat avec les R. P. jésuites,
Cependant la ra temps en temps ils faisaient
Frédérik,
ept ans dans les Mgr de Goriine, évêque de Veren, mort en 1820, eut pour successeur Mgr Havard, décédé en 1838.
prisons.
L'épiscopat de ces évèques fut un long et douloureux martyre. Toujours persécutés, souvent traqués comme des bôtes fauves, il leur fallait continuellement soutenir et nourrir leur troupeau désolé et alfamé. ns
En 1820, lu Tong-king comptait 150,000 catholiques presque ious confesseurs de la foi.
En 1846, le Saint-Siége divisa le Tong-king occidental en deux vicariats : le nouveau prit le nom de Tong-king méridional. En 4848 il forma le Tong-king central détaché de l’oriental. Ces deux derniers vicariats apostoliques sont confiés aux dominieains espagnols de Manille.
& Il. Vicariat apostolique du Tong-king occidental.
Ce vicariat apostolique a 88 lieues de longueur sur 25 de largeur. Il se compose de cinq provinces : celles de Thauth-bou, Mam-dinh, Ha-noi, Son-thaï et Minh-binh, de 21 phu, de 94 huyen et de 462 tong, sa superficie est de 2000 lieues carrées. La province de Ha-noi située au bord de la mer est renommée par sa fertilité. Parmi les curiosités de ses montagnes, on cite la grotte de Thruthrue, aux voûtes soutenues par de magnifiques colonnes de stalactites et ornées de coupoles qui mesurent 95 mètres de diamètre sur 9 de hauteur.
Cette mission est la plus ancienne du Tong-king ; elle a subi les vicissitudes les plus dures. Ses établissements ontété plusieurs fois détruits par les persécuteurs. Parmi ses nombreux martyrs, il faut compter trente prêtres indigènes et MM. Cornay décapité en 1837, Bonnard le Aer mai 1852 avec deux autres prêtres indigènes, Laurent,
Huong, Paul Tinh; Schæffer le 4er mai 1851, Néron le 3 novembre 4860 et Vénard le 2 février 1862.
Elle a eu pour premier évèque Mgr Retord, évèque
d’Acanthe, mort le 28 octahre 1858 après un apostolat dë &
vingt-sept ans. Son successeur fut Mgr Jeantet, évèque
de
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Me Le | Cao-bang (plateau élevé). Ces monta 4 par des tribus presque Sauvages, L roi md Muong contient 6000 catholiques at M non de la mission : 4° Vingt-tri, près la ri- Meinérènns - as centre et résidence de l'évêque, sé- Me. dt jé ; 2° So-kien, grand séminaire : 3° Ke-non nes … M collége ; 4° Hoang-Nguyen (source risk inh-phu, dans la province de Minh-binh : Rue A cb 7° Ke-bang: 8o Sou-nga (mont he ; rés ua (hameau des Cocotiers), dans le ip io ven (paix du printemps), Me ar Frs 21 paroisses, les séminaires conétudes chez les A os £ .
M les chrétiens, sur ce . Pa M va be si dirigés par les sœurs ou amante ee X. Deux imprimeries éditent des ouv s et latins. de Le personnel de la mission se co , el mpos cn rss français, 83 Bou En pr 600 sœurs ou amantes de la croix qui Mots s écoles de filles, les ouvroirs, les orphelinat soin des malades, et de 140,000 Catholiques . )
Sa population to Pr tale est évaluée entre 6 à 8 millions
ARTICLE III Yicariat apostolique du Tong-king méridional.
Ce vicariat est composé des deux provinces méridionales du Tong-king voisines du Laos et de la Cochinchine, Nghe-an et Son-thaï. Il est séparé du Tong-king occidental par le Song ba, fleuve qui descend du Laos et vient se jeter dans le golfe du Tong-king. Par son Cours, on pénètre dans le Laos en quinze jours ; aussi les Laotiens le descendent-ils sur des radeaux pour apporter leur ivoire dans les villes commerçantes.
Cette mission a payé également un large tribut à la persécution. Parmi ses martyrs on compte 22 prêtres indigènes morts pour la foi, autant de catéchistes décapités de 1838 à 4360, et un grand nombre de confessqurs. Malgré le traité, trente-cinq villages ont été incendiés pour avoir reçu les missionnaires.
Dans ces dernières années, des aventuriers venus de Chine ont fait irruption dans le Tong-king qui appela les troupes chinoises à son secours. Leur séjour de celles-ci causa plus de mal que les déprédations des ennemis.
Voici quels sont les établissements catholiques du à
Tong-king méridional :
4° Ning-phu, résidence de l’évêque, séminaire; écoles et orphelinat; 2° Phu-nac, collége de 60 élèves; > Ha-ting ; 4 Bo-chinh ; 5° Son-thaï. |
Dans ces dernières années, les missionnaires ont pénétré chez les sauvages du Laos.
Ce vicariat a été érigé en 1846 par le pape Grégoire XVI. Son premier évêque est Mgr Gauthier, évèque d'Emmaüs, il a pour coadjuteur Mgr Croc, évèque de Larande depuis 4854. Son personnel se compose de deux évêques, de 8 missionnaires français, de 38 prêtres indigènes, de 80 catéchistes, de 108 sœurs de la croix réparties dans
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Grégoire XVI.
1e d'Emmaüs, à Larande dedeux évêques, indigènes, de réparties dans
10 maisons et autres écoles et de 7000 catholiques. La population totale est de 1,800,000 âmes. Il possède 2 séminaires, colléges et orphelinat.
ARTICLE IV Vicariat apostolique du Cambodge.
Ce royaume est appelé K ambodja par les Malais, Kamp'ou-hi par les Chinois, Kammem par les Siamois et Kmer ou Maha, Nokhor-kmer (illustre royaume de Kmer) par ses habitants. Le Cambodge était, il y a un siècle, un État considérable qui s’étendait depuis le golfe du Bengale jusqu’à la mer de Chine. Mais placé entre la Cochinchine et le Siam, il fut insensiblement entamé par ces deux royaumes. Ils l’ont réduit à une telle humiliation que, non-seulement il paie un tribut annuel à chacun d'eux, mais encore son roi-est obligé d’envoyer ses trois enfants comme otages à la cour de Bankok. Ils ne lui ont laissé qu’une zône de 700 kilomètres de longueur sur 400 de largeur, S'allongeant de l’est nord-ouest à l’ouest sud-ouest; entre 40444 et 10% de longitude est et 847 et 15° de latitude nord. Il est borné par les montagnes du Tsiampa et de la Cochinchine à l’est, par le Laos au nord, par le Siam à l’ouest et par le golfe de Siam au suc.
Ses guerres avec ses deux voisins l'ont dépeuplé. En 1835, l’armée siamoise forte de 80,000 hommes vint jusqu’en Basse-Cochinchine. En battant en retraite, elle laissa derrière elle des ruines et des déserts. Elle emmena avec elle une partie de la population. D'un autre côté, les irruptions fréquentes des Cochinchinois causent des ravages irréparables, c’est pourquoi le Cambodge ne compte qu'un million d'habitants, et encore beaucoup d'entre eux sont Malais, Tsiampois, Cochinchinois et Chinois.
| nie Pour échapper à ses puissants ennemis, le roi de Cam- D: LAS bodge reconnut la suzeraineté de la France devenue sa bus AL: protectrice en 1862. Le traité conclu à cette occasion émig LL proclame la liberté de conscience. Le Me-kong traverse Lu le Cambodge et il y reçoit la rivière Ou-dong qui sort eus à q Lé d'un lac assez curieux. Le Tale-sab (lac roi, mer d’eau tribu Lt douce) est formé par une dépression de la plaine cam- tants fe bodgienne; sa longueur du nord-ouest au sud-est est de ce nel Le, 450 kilomètres sur 50 de largeur pendant les pluiés. Les A l'es RE dimensions et la hauteur de ses eaux varient selon la Ou 114 4, saison. Pendant les pluies sa profondeur est de 15 mètres. OP 4 Au sud, se trouve le lac plus petit de Tale-ma-poke, d’où longi
de sort l’Ou-dong. Cette rivière large et magnifique se réu- vièr “ 4 LE nit au Mekong à Panomping. Pendant la saison des milie: ! Le pluies de décembre à mai, elle coule vers le fleuve et FIN LU pendant les autres mois de l’année ses eaux descendent IRPe DUR 2. vers le Tale-sab avec celles du Me-kong. Plus à l'est se FAIR (A IE trouve le Chelong autre affluent de ce fleuve. voit | Les Cambodgiens diffèrent de leurs voisins de l’Annam. SUN | fe De haute taille, bien découplés, ils ont la peau couleur | son ég Il À de brique foncée, leur tête aux cheveux courts est ornée Lo é IA ds sur le sommet d'une touffe trisée. Ils sont doux, indo- ARR Le lents, craintifs et superstitieux à l'excès. Leur commerce par la
1 est entre les mains des Chinois et des Malais. Il consiste Le n en riz, poisson séché et indigo. Leur langue n’est pas mo- golfeit Là nosyllabique; elle est assez harmonieuse, quoique rem- ; * 2
1} plie d’aspirations, elle se parle sans changement de ton. Pi
f La langue écrite emploie les caractères palis. La religion . de
! des Cambodgiens est le bouddhisme. On retrouve parmi LR D le eux toutes les superstitions du paganisme. Leurs bonzes à . + vêtus de jaune sont chargés de l'éducation des enfants, Pen : Le ils peuvent à volonté retourner dans le moade et revenir du : ro à la pagode. Le régime gouvernemental est une monar- KE 7 chie absolue. Il en est de mème dans le Siam et la Bir- res:
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Dans les montagnes de l'est et du nord vivent des tribus de sauvages ; les Moï et les Cham venus de Java, émigrés du Tsiampa ; les Stiengs, les Fenongs qui se cassent les dents de devant pour ne pas ressembler aux singes ; cette tribu est la plus importante. Ces peuplades tributaires du Cambodge, probablement premiers habitants de l’Indo Chine, ont le teint olivâtre, elles sont cruelles, croient aux génies et à l’immortalité de l’âme. A l’est du Tale-sab habitent les X uys.
Ou-dong ou Cambodge, capitale du royaume de ce nom, est située par-11°40/ de latitude nord et 102020 de longitude est; à 60 lieues de la mer dans une île de la rivière Ou-dong. C'est une réunion de chaumi’+es au milieu desquelles le palais du roi se distingue par sa muraille de briques, que fortifie une palissade de 3 à 4 mètres de hauteur. A quelque distance, se trouvent les ruines de Kampong-chneang et de Kampong-long. On y voit l’ancien collége général des missions, fondé par l’évèque d’Adran, et l’ancienne chrétientéde Pambrichom ; son église a été convertie en pagode.
Louvet-vin-long au nord et Poimtenang sont deux anciennes capitales ruinées. La seconde a été détruite par la dernière invasion siamoise.
Le principal port de Cambodge est Kampot sur le golfe de Siam.
À 20 kilomètres du Tale-sab, au milieu d’une épaisse forêt, s’élève le temple gigantesque de granit récemment découvert de Nokhor-vat ou d'Ankhor ainsi que les ruines de l’ancienne capitale Fokhor-long, détruite par les Cochinchinois en 200 de notre ère.
Le christianisme a été introduit au Cambodge vers 1655 par les soldats portugais qui vinrent se mettre au service du roi. Le village de Pinalou est encore habité par leurs descendants. Avec eux, vinrent Îles missionnaires jésuites dépendant de la mission de Cochinchine :
il eut les mêmes évêques. Mgr l’évêque d’Adran avait établi le séminaire central des missions de la Haute-Asie près d’Ou-dong et un grand nombre de chrétientés s'y étaient formées, mais la plupart ont été détruites par les guerres et les révolutions. Le Cambodge et Siam servaient de refuge aux missionnaires de l'Annam pendant les persécutions. Cette mission fut relevée en 1848, Pie IX érigea le Cambodge et le Laos en vicariat apostolique. C'est Mgr Miche, évèq ie de Dansara, depuis longtemps missionnaire en Basse-Cochinchine, qui eu fut le premier évêque. Aujourd'hui il est vicaire apostolique de la Basse-Cochinchine. La mission du Cambodge est administrée par un supérieur provicaire. Les Cambodgiens ne se -onvertissent pas facilement ; mais les Chinois et les Annamites émigrés sont très-accessibles à la foi.
Établissements de la mission du Cambodge :
4° Ou-dong, capitale, résidence du supérieur, séminairs, écoles, orphelinat ;
2 Panoumping ou Nam-vang (montagne d’abondance), au confluent de l’Ou-dong, écoles ;
3 Samboc, chef-lieu de la province de ce nom, Com-
‘ posés de cinq villages presque déserts : 6,000 de ses habi-
tants ont été emmenés à Bankok par les Siamois. Cette localité est sur le Ke-k”ng, à la trontière du Cambodge ;
4° Thamacré, population de Malais, Tsampois, Chinois et Annamites ;
5° Mot-caza, mission récente où M. l'abbé Barreau à 4t6 tué par les rebelles qui ont posé sa tête au bout d’une pique plantée sur les bords du fleuve.
Le personnel de la mission se compose de dix mission: naires français, d’un certain nombre de sœurs indigènes de la croix pour les écoles et le soin des malades, de quelques catéciistes, et de 10,000 catholiques. Il y a 1 ans on n’en comptait que à00.
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ARTICLE V Vicariat apostolique de Siam,
1 Siam, royaume de Sejam |race brune), est appelé ,*" ‘es habitants Wiang-thaï (royaume € ;3 hommes lies). Il embrassait autrefois toute la presqu'île de ki 1).9Ca, mais, depuis quelques années, une partie des États malais ayant secoué son joug, il ne s'étend plus que du 4° au 22° latitude nord, et du 96° au 102% de longitude est. Sa longueur est de 450 lieues et sa largeur de 450.
Il est borné au nord par la Birmanie et la Chine ; à l'est par l’Annam ; à l'ouest par la mer et les possessions anglaises, et au sud parles petits royaumes de Pahang et de Pirah; sa superficie est évaluée à 40,980 kilomètres carrés. Outre ses possessions immédiates, le Siam renferme un certain nombre d'États trit ‘aires, ce sont : le Tringanu, le Calentan, le Quedah, le Patani, le Ligor ou Lakhon, au sud, les principautés Laos de Muang-Korât, de Muang Phra-Bang, une partie du Cambodge à l’est et le r yaume Lao de Xieng-mai avec ses principautés. Au nord, la Salouen ou fleuve de Martaban, une rivière qui aboutit à la ville de Ko-krich, une chaîne de montagnes qui court du nord ouest au sudest et la ville de Myawaduhu le séparent de la Birmanie.
Le Siam est traversé longitudinalement par deux chaînes boisées qui descendent de l'Himalaya ; l’une qui plonge dans le Cambodge, et l’autre qui forine l’épine dorsale de la presqu'île de Malacca. Elles détachent sur leurs flancs quelques rameaux qui composent le Laos. À partir du pied des montagnes s'étend jusqu’à la mer une immense plaine de 450 lieues de longueur sur 50 de lar-
geur, arrosée par de nombreuses rivières et par le Me-
nam. Cette plaine s’augmente chaque jour des alluvions que charrie actuellement le fleuve. Jusqu’à Juthia à 30 lieues sur le Me-nam, sox, sol est rempli de débris de jonques et autrés objets de marine indiquant la place autrefais occupée par la mer.
Le Me-nam (mère des eaux) descend du Yun-nan, il a 3,000 kilomètres de longueur. L'intérieur du fleuve est navigable jusqu'à Juthia, ancienne capitale : à Barkok, il mesure 40 à 45 mètres de profondeur et peut donner un abri des plus sûrs à 10,000 navires. Il fut un temps où ceux-ci remontaient jusqu à ! hitsalok. Pendant la saison des pluies le Me-nam inonde une grande partie de la plaine et donne aux rivières uue fécondité inouïe. Le climat de Siam est assez salubre, ses plaines sont rafraichies par les brises de la mer; mais dans les montagnes revêtues de forêts épaisses, il y règne la fièvre des bois qui attaque les populations deux fois par an. Le thermomètre oscille entre le 10° et le 36° centigrades à l'ombre. |
Pendant toute l’année les moussons soufflent successivement dans toutes les directions. Le royaume de Siam est d'une fertilité r°".arquable, il produit tous les végétaux de cette zône. Parmi eux, nous citerons 40 espèces de riz, le commun, le rouge, le gluant pour faire de l’arak, et le riz des montignes qui pousse sur des terrains secs; le kloï, espèce de pomme de terre blanche des montagnes, le palmier éventail ou à sucre qui produit une sève incristallisable, 50 espèces de bananiers, une vigne des bois produisant des raisins énormes dont le cep meurt chaque année mais repousse de sa racine tuberçuleuse; et la reine des fleurs, le grand nénuphar ruse aux élamines d'or et aux pétales de 50 centimètres de large. Il donne cinq semences que l'on mange comme des châtaignes.
Le sol de Siam contient des salines, des mines d’or el
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mines d’or et
d'argent, ainsi que de tous les autres métaux. Certaines montagnes, celles de Chantaburi en particulier, recèlent une très-grande quantité de pierres précieuses variées
La population s'élève à 6,000,000 d'habitants, sur ls. quels il n’y à pas 2 millions de Siamois : les autres sont des Malais mahométans, des Annamites, des Cambod giens el des Chinois. Le commerce est presque éntière- RES entre 18 mains de ces derniers. Elle est maintenue à l’état stationnaire par la polygamie, ses difiérents éléments appartiennent donc à la race jaune.
Les Siamois sont bien proportionnés, ils ont le teint olivâtre, le nez légèrement écrasé, les yeux grands, trèsnoirs et bridés. Les classes supérieures laissent “hotte leurs ongles at l'usage de mâcher constamment du bétel rend leurs dents noires: c’est une beauté, paraît-il
Doux, révérencieux, Ccbéissant et poli, le Siamois ne manque pas d'intelligence : il est réfléchi, industrieux et bienfaisant. Son Caractère est gai, mais superstitieux inconstant el paresseux. Il est rare qu'on entende parler d'un crire à Siam, la croyance en la métempsycose em pêche les Siamois de tuer, même les animaux. Ils n’ont pour tout vêtement qu’une espèce de cotte (langouti) et une écharpe jetée sur la moitié du Curps. L’esclavage F est pratiquée sur une grande échelle; le quart de "i ñ pulstion est composée d’esclaves. g
Une partie de ja population habite sur les rivières :
4 aussi le Me-nam est-il couvert des rangées de boutiques
flottantes disposées comme des rues.
La religion des Siamois est le bouddhisme, ses p.âtre (phra) sont appelés talapoi id te Le appelés laiapoins. Ils sont les uniques institusie de la jeunesse : ils peuvent retourner au monde à k su Le souverain les gouverne par un prince appelé e roi des Cénobi harät). Des viei . MAL Ce . (songiharät), Des vieilles filles ou
se font talapouines (nanxi) : elles prennent
[Som des talapoins. Le pouvoir paternel est absolu, Les
jeunes gens se marient de 45 à 17 ans; et bien que la prin r.'ygamie soit admise, la première femme épousée est sont 1 cpouse légitime. La femme est plus honorée à Siam com qu'en Chine ; !* mari a le droit de vendre celle qu'il a ans, achetée. La monnaie consiste en ticaux coirespondant L’ aux taëls, et en sapèques. vidu Les Siamois ont deux ères: l’ère religieuse qui part de vice 2397 ans avant Jésus-Christ; l’autre, civile, ne commence bien nom}
que 638 ans après. :
La langue des Thaï vient des brahmanes de l'Inde, ils les m
l’appellent sajam-phasa-thaï (langue àes hommes libres). VETses
Elle est chantante, mais non monosyllabique, et possède nique un alphabet composé de 20 voyelles et diphthongues buri, ainsi que de 40 consonnes. Cet alphabet forme un diction- pagoc naire de tous les mots. Elle se divise en langue vulgaire du pi et en langue noble, et s'écrit de gauche à droite avec des M schist caractères sanscrits et palis un peu altérés. Comme elle marqi se parle sur cinq tons différents, elle a des caractères pe- autres tits, moyens, et des accents pour l'écrire selon le ton em- | dha s
annale
ployé.
Le royaume de Siam est divisé en 41 provinces. Son } Comm
gouvernement héréditaire et absolu a deux rois ; le pre- deux b mier porte les titres pompeux de maître de la terre (chao- 1 hhalôk phen-din), descendant des anges (the-phajo-phong), etc. [1550 « 11 a la faculté de choisir son successeur parmi ses enfants, Rhbles. mais il est soumis lui-même à un règlement de vie très- En 1 minutieux. Des gendres pourraient être ambitieux, par 3 h
Mes Birr
conséquent ses filles sont condamnées au célibat. Elles vivent cloîtrées avec la reine et les autres femmes du ro ve E su dans un magnifique palais, sous ia surveillanss d'une Wu ‘on gouvernante. Le second roi (Vangna), proche parent du foi à premier, habite un palais semblable ; c’esi lui qu °°" Quat: mande les armées en campagne. èrcut d La hiérarchie se compose d’un vice-roi (Vanglen£) | choisi parmi les princes, de 4 ministres, de 12 dignité
bien que a épousée est orée à Siam celle qu'il a :respondant
qui part de e commence
de l’Inde, ils nmnes libres). >, et possède iphthongues > un dictiongue vulgaire oite avec des Comme elle aractères pen le ton em-
"ovinces. Son rois ; le pre- \ terre (chao- -phong), etc.
i ses enfants, 1t de vie trèsnbitieux, par célibat. Elles :mmes du ro!
illancs d’une he parent du Jui qui co
| Ve i (Vanglen£
e 12 dignité
4 l° suite de plusieurs Changements de dy:
LA Ô dur "ons à l’époque où saint Françcis-Xavivr vint prêcher
princières et de cinq ordres de mandarins. Ces Charges sont héréditaires. Le ‘ecensement de la population n comporte que les hommes de 20 à 70 ans. Tous les trois ans, le roi envoie une ambassade en Chine.
L'industrie de Siam est peu développée, car tout individu qui se distingue dans une profession est pris au service du roi. Cependant quelques artisans travaillent fort bien les métaux. On voit autour de la capitale un certain nombre de sucreries construites par les Chinois. En outre, les missionnaires ont introduit parmi les Catholiques di. verses industries européennes, telles que la dorure galvanique, la Savonnerie, la teinture, etc. Non loin de Saraburi, sur la branche Est du Me-nam, se trouve la célèbre pagode de Phra-Bat, où l'on voit sur la roche l’empreinte du pied de Bouddha. Cette montagne est composée de schistes bleus sur les couches desquelles on rencontre des marques bien nettes de pieds d'éléphants, de tigres et autres animaux, Il est très-probable que le pied de Boud- . | dha a une même origine que les précédents. D’après les annales de Siam, ce royaume a eu pour fondateurs, au péommencement de l'ère de Bouddha (Phra-khodom) deux brahmanesindiens. Ils avaient fon M llaldk. Mais depuis 538 ( [1350 de notre ère tables,
En 1350, haja-Uthong bâtit Juihia, sa capitale. Après un série de succès et de revers,
6 la ville de Sang-
712 de l'ère de Siam), jusqu’en » Son histoire n’est qu'uu tissu de
dans les guerres contre
Mes Birmans, les Cambodgiens, et la conquête d': Laos:
qu iies, nous
à foi à Malacca.
Quatre fois les Missionnaires portugais de hislacca tenèrcut d'y établir une missionet quatre fois.ls furent obligés °"eAOnCer à leur éutreprise, alors huit dominicains furent artyrisés pour la foi, En 4616, la paix {ant faite entre
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