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LES NÈGRES SOUS DES MAÎTRES CATHOLIQUES

ya des nègres plus favorisés qui ont reçu de maitres catholiques la foi dans sa plénitude. Des témoins protestants ont dépeintleur condition en ces termes : « L'Eglise catholique romaine a toujours été une protectrice et une amie pour ces infortunés*. » « Dans lAmérique espagnole du Sud, l'esclavage a toujours été plutôt un mot qu'une réalité. Les nègres sont traités avec plus d'égard que les serviteurs gagés du pays. Les lois les protègent contre les mauvais traitements; et le sentiment religieux, dans une société où les prêtres exercent une grande influence, agit encore plus en leur faveur, » Le même contraste est signalé par les écrivains américains dans les autres régions. Au Brésil, où près de la moitié de la population esclave est devenue libre, le docteur Kidder, prédieant amé ricain, reconnaît, en 4857, que « plusieurs hommes intelligents et instruits sont de sang africain; des jeunes étudiants distingués sont mulâtres', »

M. Gardner, Anglais protestant, déclare que « la condition des domestiques esclaves au Brésil est peut-être meilleure que celle des autres... Dans les terres où il n°y a pas de service médical, j'ai souvent trouvé la femme “4 propriétaire soignant elle-même les malades à l'hôpital! » « Les maîtres, assure M, Walpole, ont lil

{ The West Indies, par Edward Bean Underhill, p. 58, 229, 950, 505, 309, 540 430 (1862),

2 Le professeur Merivale, Lectures on Colonisation, eh, 1, p. 49

3 Sir Woodbine Parisb, Buenos} Ayres, part, FE, eh. 1x, p, 415

4 Brazil and Braziiuns, eh. vin, p. 199.

8 Yravels in the Interior of Brazil, eh 1, p. 19,

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ouvert sur le salut éternel de leurs esclaves, ils les font toujours paptiser à leur arrivée au Brésil!. »

« Les nègres du Para sont très-dévots; ils ont construit une belle église par leurs seuls efforts, sans aucun secours. Tous les matériaux ont été achetés au prix de leurs épargnes?. »

« Si ce que nous voyons ici, est le véritable spécimen de l’esclavage, mon opinion est que les cris poussés à son occasion en Angleterre tombaient sur un fantôme et avaient pour prétexte une religion apparente. Je voudrais trouver des figures aussi gaies parmi nos pauvres d'Angleterre®. » « Il n'y a pas de comparaison à établir entre le bien-être matériel d'un esclave du Kentucky et d'un ouvrier anglais de la campagne*. »

À Bogota, « l'émancipation des esclaves sera bientôt complète. » Dans l'Amérique Centrale, les nègres sont tous libres, l’esclavage est regardé comme illégal. Au Pérou, les nègre importés ccmme esclaves acquièrent leur liberté dès l’abord, sans aucun détriment pour eux-mêmes, au milieu d’une société profon”auent catholique.

« Évitant d’un côté la précipitation de la mesure ministérielle en Angleterre, de l’autre la basse effronterie de lesclave homme d'État de l'Amérique du Nord, les Péruviens se sont tenus entre les deux extrêmes, » Tandis que la population esclave « s'accoutume graduellement à la liberté, » on la traite avec charité et avec considération au point que « très-peu de noirs en recevant leur liberté complète, veulent quitter leurs maitres, auxquels ils sont attachés par leur paternelle bonté et le souvenir de leur première enfance”. »

Au Chili, «ils sont traités avec une tendresse et une humanité qui adoucissent lee servitude. La loi déclare qu'aueun esclave ne doit être amené dans le pays, de sorte que l'esclavage peut être regardé comme naturellement aboli dans cette belle contrée®, »

Dans la province de la Plata, plusieurs mulâtres sont devenus « professeurs et maîtres dans les arts libéraux, » exemple remar-

1 Four Years in the Pacific, vol L eh, m, p. #7. The Naturalist on the River Amazons, par HW. Bates, naturaliste anglais,

vol. LE ehan, p. 94 (86 .— A Caripi, sur le Bahio, quoiqu'il n’y eût pas de prôtre, le même voyageur trouva les nègres assemblés dans une église pour célébrer la Noël.

fous embrassaient l'image de l'enfant Jésus; leur gravité et lour ardeur étaient vraiment remarquables, » Ch, v, p. 172,

$ Paraquan, Brazil, ete, par GB Mansfield, ch. 1, p. 29.

5 Autons Frollope, North Amerioæ, vol, HE, ch. av, p. 117.

Capitaine Cochrane, Residence in Colombia, vol. A, p. 38 Markham Cusco and Lima, ch. un, p. %

6 M, Hill cité dans Tue Ranbli r, vol. Hi, Pr. 330,

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quable de l'influence civilisatrice du catholicisme. À Venezuela, l'esclavage fut aboli en 1854. « Les Mexicains sont à une grande distance morale au-dessus des Américains par rapport à l’esclavage, aboli dans leur république‘. »

À Cuba, où la mollesse et le luxe des classes riches est moindre que dans les années antérieures, un excellent code réglemente l'esclavage ; aussi M. Olmsted signale que « tout esclave est libr2 de s’émanciper en payant un prix qui ne dépend pas du caprice des maîtres. En conséquence les émancipations se multiplient, et les hommes libres dr couleur deviennent éclairés, cultivés et riches, tandis que, dans aucune partie des États-Unis, ils n’occupent jamais la haute position sociale dont ils jouissent à Cuba?. » « Les esclaves de Cuba ont une grande supériorité sur ceux des Américains, » affirme un autre auteur de ce pays®.

« Ici des juges sont chargés de veiller sur les droits des esclaves, » nous rapporte miss Bremer. « lei une mère peut acquérir la liberté de son enfant, avant sa naissance, pour quinze dollars ; après, pour une somme double, elle petit émanciper son enfant. » « Ces lois d'émancipation ont fait monter la population noire de Cuba à cinq cent mille âmes, environ le moitié de la population entière de l'île, près d’un tiers est composé de nègres libres. Ces nègres de Cuba sont les plus heureux parmi les êtres de la création*. » Nous savons ce que sont les nègres libres dans les Etats protestants d'Amérique — un objet de mepris même aux yeux des esclaves.

Longtemps auparavant, Burke l'avait remarqué : «Les nègres des colonies françaises ne sont pas abandonnés comme chez nous, corps et àme, à la discrétion du planteur. Leurs maitres sont obligés de les instruire dans les principes de la religion. » A Ceuta, assure M. Urquhart, « les Espagnols leur permettent progressivement de racheter leur liberté, et lorsqu'ils l'ont fait, ils les admettent sur le pied d’une égale considération avec les blancs®. » Récemment, M. Sullivan ose indiquer clairement le contraste insinué par M, Olmsted ct d’autres. Dans la catholique Cuba, dit-il, « on permet aux esclaves d’être instruits selon leur Bible; ils ne sont pas chassés à coups de pied hors des cathédrales

! Featherstonhaugh, Excursions through the Slave States, vol. LE, ch. xxxtv, p. 18 2 Gur Slave States, ch. vi p. #4.

> Gan-Eden, or Pictures ef Cuba, ch. x, p. 189 1854

# Homes of the New World, lettre xxx, p. 33 lettre xxxvu, p 241

* European Settlements in America. vol, D, ch, vi, p, #7

\ The Pillars of H: reules eh vi p 104.

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et des églises, comme des chiens, ce qui leur arrive en Amérique‘. » Il veut dire dans les villes où règne le protestantisme, car à la Nouvelle-Orléans, M. Olmsted relate que dans la cathédrale catholique le nègre ct le blanc s’agenouillent à côté l’un de l’autre, spectacle dont l’auteur de cet ouvrage a souvent été témoin dans les églises catholiques de New-York.

Tel est le contraste entre le sort des nègres, sous des maîtres catholiques ou sous des maîtres protestants. Une bénédiction ou une malédiction représente ici l’action relative de l'Église ou des sectes. Nous savons ce qu'est le nègre dans l'Amérique protestante. Dans les États catholiques, il trouve ou une liberté prompte et complète, ou il tend constamment à s’en approcher : non par une émancipation violente et irrationnelle, suivant sans transition une servitude avilissante, mais par une cullure graduelle et une sage discipline ; même avant sa liberté le sentiment religieux lui assure des soins tendres et une sollicitude vigilante rarement accordée en Angleterre ou en Amérique aux ouvriers libres,

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