VON
| ML [Es
M2s A Ps LES |.4 ===
IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT-3) phic
tographi co
464 LES MISSIONS CIRÉTIENNES.
rique. « Le fléau de la guerre a fait ressortir les vertus héroïques des Sœurs de charité et des missionnaires, ainsi que le courage des soldats catholiques. Les conversions deviennent plus fréquentes, les yeux s'ouvrent à la lumière, les oreilles à la vérité", »
On lira avec intérêt les extraits de lettres envoyées par des missionnaires témoins ou acteurs des faits qu’ils racontent. Les catholiques entrant pour une part notable dans les deux armées, plusieurs Pères Jésuites, au début de la guerre, avaient été demandés par les généraux et par les chefs du gouvernement. Dès le commencement des hostilités, l’un d’eux écrivait : « Nos Pères sont tellement occupés, qu'ils passent la plus grande partie de la nuit à entendre les confessions sous la tente. Le réveil du sentiment religieux dans les troupes et les fruits de notre ministère dépassent toutes les espérances. »
Des officiers qui déclaraient n'avoir jamais appartenu à aucun culte, voulaient, avant le départ pour la guerre, être admis au baptême et au sacremen‘ de pénitence?.
« Sur mille hommes dont se compose un régiment, écrit un Père aumônier, sent cents sont catholiques, la plupart Irlandais, avec les qualités traditionnelles de leur nation, foi vive, respect profond pour le prêtre. Un certain nombre de Français et d’Allemands, aussi catholiques, se distinguent moins par la vivacité de leurs croyances. Quant aux protestants, la religion est la dernière de leurs préoccupations. »
Après la sanglante défaite de Bull's-Run, un des Pères obtint un sauf-conduit pour visiter les blessés sur le champ de bataille, Son ministère fut si utile, que le général Beauregard voulait le garder. Un autre écrivait du camp michigan : « Le Roi des rois est en résidence permanente dans notre armée; il y a sa cour d’adorateurs fidèles! Ma petite chapelle est un palais, où y vient à toute heure lui rendre hommage. » Avec ses officiers et ses soldats, le Révérend Père était parvenu à former une société de l'autel.
« Sur les bords du Potomac, tel Père a gagné, à lui seul, toute une brigade, a ramené des pécheurs en retard depuis dix, quinze ou vingt ans; tel autre a administré dix-huit cents baptêmes. À
1 Le Monde, correspondance de New-York du 17 septembre et # octobre 1864.
2 Les Pères qui dirigenient le collége de Georgetown, situé sur une hauteur qui lomine Washington, ayant dà renvoyer leurs trois cent cinquante élèves pour faire place à un régiment chargé de défendre la eapitale de l'Union, le président offrit 10,000 fr, par mois pour prix de location, Les Péres lui déclarèrent qu'il était juste d'avoir leur part de sacrifices, ct ne voulurent rien recevoir,
un des thol van mat dres scie « q!
(VC sus | relig au | faits poux du | riqu Ur ses h € Di lion simpl font ] lions donne de for «D mon r chercl rencot p'ulair deur, « pas «€ plut « rece Je pris bout d yné da Mourir «€ bapti courir à dans Ja bond, J
s héroïques le courage t plus fréla vérité!. »
par des misent. Les cacux armées, ient été denement. Dès « Nos Pères > partie de la eil du sentitre ministère
tenu à aucun tre admis au
ent, écrit un art Irlandais,
vive, respect çais et d’Alle- Ja vivacité de on est la der-
s Pères obtint np de bataille.
rard voulait le € Roi des rois il y a sa cour , oi y vient à ers et ses soline société de
lui seul, toute is dix, quinze s baptêmes. À
betobre 186 +. | une hauteur qui » élèves pour faire le président offrit at qu'il était juste
J une ambulance desservie par les Sœurs de charité, la gràce opéra des merveilles. Plusicurs centaines de blessés, protestants et catholiques, y voient s'ouvrir pour eux la porte du ciel. Gagnés d'avance par le dévouement et les soins maternels des Sœurs, ils ne manquaient pas d'accueillir des conseils donnés avec autant d'adresse que de charité sur les graves intérêts de leur conscience. « Bonne Sœur, disait un malade, je suis prêt à tout ce «que vous voudrez. Vous avez eu soin du corps; je consens « volontiers à ce que vous fassiez du bien à mon âme. » Là-dessus la Sœur se mettait à expliquer les principales vérités de la religion, puis, à défaut de prêtre, elle excitait à la contrition, et, au besoin, administrait le baptême. — Il y aurait bien d'autres faits à citer qui paraîtraient incroyables. — Aussi le missionnaire pouvait-il dire : « Vraiment, il n’y a aujourd’hui que les affaires du bon Dieu qui soient en voie de prospérité dans notre Amérique. »
Un pieux aumônier écrivait de l’île Santa-Rosa, au milieu de ses hommes réduits à la démi-ration et décimés par les souffrances : « Dieu m'’accorde la grâce de me concilier le respect et l'affection des hommes de mon régiment, depuis le colonel jusqu’au simple soldat, sans en excepter les quelques protestants qui en font partie. Qu'il me suffise de vous dire qu’à de très-rares exceptions près, tout le monde remplit ses devoirs religieux ; le colonel donne l'exemple. C’est un brave et loyal militaire et un chrétien de forte trempe.
«Dans une des dernières escarmouches, plusieurs soldats de mon régiment furent tués ou blessés, Pendant que j'étais à la recherche de ces derniers pour leur administrer les sacrements, je rencontrai un soldat irlandais qui avait autour de son cou un scajulaire, une médaille et un crucifix. Il priait avec beaucoup d'ardeur, Dès qu'il m'aperçut : « Mon Père, me dit-il, ne perdez «pas votre temps avec moi, car je suis préparé à mourir. Allez € plutôt à la recherche d'un protestant, mon ami, qui vient de « recevoir une blessure mortelle, et qui désire se faire catholique. » de pris aussitôt la direction indiquée par le soldat irlandais. Au bout de quelques instants, je trouvai le pauvre jeune homme baigné dans son sang et près d’expirer. Sur ma demande s’il voulait mourir catholique : «Oh! oui, Père, me répondit-il, je veux être «baptisé et mourir dans la véritable Eglise. » Je me hâtai de courir à la grève, et, à défaut de vase, je trempai mon mouchoir dans la mer, puis je lis couler l'eau du salut sur le front du mori-
bond, Je lui administrai ensuite l’extrème-onction, en l’instruisant
LR 30
et le consolant de mon mieux. Je me disposais à me séparer de ce cher enfant pour aller à d’autres. Oh Père! me dit-il d'un ton « suppliant, ne m’abandonnez pas. Tous les autres blessés sont « catholiques; ils savent comment il faut mourir, mais moi je ne « le sais pas! » Je ne pouvais me refuser à de pareilles instances; je restai à côté de lui jusqu’au moment où j'eus recueilli son dernier soupir. »
Un des Pères, campé au milieu des marais et malade, fut fait prisonnier et captif pendant trois semaines à Richemond, comme nous l’apprend une lettre datée de Fredericksburg en janvier 1863, Voici ses impressions sur les Américains du Sud. « Les prêtres ne semblent guère s’occuper des événements politiques et me traitent en frère. Il y a, au contraire, beaucoup d'animosité dans la population. C’est au point que beaucoup de personnes seraient fort peu disposées à entendre la messe si elle était dite par un prêtre du Nord. »
Étant de nouveau retombé malade par l'effet de l’insalubrité du lieu joint à la grande chaleur, il fut obligé de prendre un congé. Sa présence était devenue’ nécessaire à New-York. Ses supérieurs, cependant, le laissaient libre de se décider. Il crut devoir retourner, pour le bien des soldats catholiques. Une autre raison le sollicitait : & On venait de réduire le salaire des aumôniers. Plusieurs ministres protestants avaient résigné leur emploi en conséquence, et aussi parce qu’ils trouvaient la vie trop dure. Je pensai qu'il était de mon devoir de montrer qu'un prêtre catholique n’est pas influencé par de tels motifs, et qu'il se trouve partout où il y a du bien à faire, au prix de n'importe quel sacrilice, F 1s exemples sont un argument d'un grand poids pour tout : onde, mais surtout pour les Américains, qui sont essentiellement des hommes pratiques.
« Vous ne sauriez croire combien cette guerre a rehaussé le prêtre aux yeux des protestants, et de quel discrédit elle a frappé leurs ministres. C’est un fait reconnti et admis par tout le monde à l'armée, que les aumônicrs protestants sont absolument inutiles. Ils n’acquièrent aucune influence sur les soldats, et montrent fort pen de dévouement, tandis que tous ceux qui ont eu occasion de voir l'aumônier catholique s'accordent à dire qu'il fait bien plus que son devoir, et que lui seul mérite le nom d’aumônier. »
Un jour, un colonel protestant faisait remarqner, au milier d'un groupe d'officiers, qu'il n'avait encore rencontré aucun aumônier vraiment digne de ce nom. « Eh bien! je puis vous en montrer un, répliqua un médecin, protestant aussi : c'est l'aumo-
nier nos com ches bits Œ « me « no « md OCCAS conn « l'ai € COI L’'e de sc de d homn lois p fessen pulair tères ces re l'arme la con Pen était g de cèd ver un d'une Ajoute he son arrive, cembre lébratic J'étais jour-là, allaque l'avanta mais le champ l'action elte ne
parer de ce il d'un ton blessés sont js moi je ne s instances; ii son der-
ade, fut fait ond, comme nvier 1865.
s prêtres ne time traitent ans la popuseraient fort ar un prétre
asalubrité du re un congé.
s supérieurs, levoir retourraison le solers. Plusieurs conséquence, sai qu'il était n’est pas inoù il ya du ls exemples onde, mais
t des hommes
rehaussé Île elle a frappé out le monde nent inutiles.
nontrent fort uw occasion de ait bien plus ônier. »
er, au miliet ré aucun alpuis vous en c'est l'aumo-
nier de tel régiment, et il est catholique! » « Un autre jour, que nos gens allaient partir pour une expédition assez dangereuse, le commandant de la brigade, un protestant, s’approcha de moi, à cheval, au moment où, debout sur une estrade, je quittais les habits sacerdotaux après la messe : « Oh ça! Père, vour allez venir « avec nous? — Sans aucun doute. S'il arrivait quelque accident, « mes hommes seraient bien aises de m'avoir près d'eux. — Oh! « non-seulement cela; mais s’il m'arrivait quelque malheur à « moi, je serais bien aise que vous fussiez là. » Dans une autre occasion, comme le médecin de mon régiment me faisait faire la connaissance d'un de ses confrères : « Oh! je le connais, dit-il, je « l'ai vu à tel hôpital, c’est le seul aumônier que j'aie encore ren- « contré. »
L'année derrière, un révérend Père, pour soutenir le moral de ses soldats, qui commençaient à en avoir assez, eut l’idée de donner des retraites partielles; il réunissait jusqu’à vingt hommes à la fois dans sa tente ct leur préchait trois ou quatre fois par jour, durant trois jours. Pendant ce temps ils se confessent,.… le quatrième jour ils communient et reçoivent le scapulaire. Ce moyen réussit au delà de toute espérance. Les caractères les plus intraitables se soumettent. Le Père reconnait que ces retraites procurent le bien le plus solide qu'il ait encore fait à l'armée; un changement radical et durable en est ordinairement la conséquence.
Pendant l'hiver de 1865, le froid fut très-rigoureux. « La terre élait gelée autour de mon lit, qui consiste en quelques branches de cèdre ou de pin; trop heureux quand j'ai eu la chance de trouver une ou deux livres d'avoine pour me faire un oreiller! Plus d'une fois nous eûmes à dormir sous le pavillon du ciel, sub Dio, Ajoutez à cela que les vivres nous manquaient. Toutes ces privations ne sont rien lant que la santé est bonne; mais quand la maladie arrive, c'est le comble de la misère, Je m’en aperçus le 8 dé: cembre, quand la fièvre me prit, Le vin qui me servait pour la célébration de la messe se congela pendant la nuit dans ma valise. J'étais rétabli pour le jour de la bataille qui eut lieu le 13. Ce jour-là, vers midi, nous traversämes la rivière Rappahannock pour allaquer l'ennemi, posté de l’autre côté. Nous avions probablement l'avantage du nombre, car nous étions bien cent mille hommes ; mais l'ennemi avait de beaucoup l'avantage de la position. Le champ de bataille s'étendait au ‘delà d’une lieue. A notre droite, l'action s'engagea dès le matin. À la gauche, où je me trouvais, elie ne commença qu'à midi, Notre perte fut considérable : au
moins dix mille tués ou blessés. Je donnai l’absolution à mes gens pendant qu'ils traversaient la rivière, et les accompagnai jusqu'au front de bataille, Nous recevions une grèle de bombes et de boulets. C'était une affreuse musique! Et franchement j'eusse mieux aimé me trouver partout ailleurs. Mais à la guerre comme à la guerre! Un prêtre n’a pas la liberté d'être poltron. Au bout d'une demi-heure je me rendis à l’ambulance, qui se trouvait protégée par un pli de terrain. Cependant nous n’étions pas complétement à l'abri. Un boulet tomba à deux mètres de moi ct me couvrit de terre. Quand la nuit eut mis fin au combat, je revins vers mes hommes. Je les joignis à huit heures du soir. Ils étaient à deux ou trois cents mètres des lignes ennemies, derrière une batterie qu'ils avaient sauvée. La plupart étaient couchés dans la boue, Point de feu, ça va sans dire. J'entendis un grand nombre de confessions. Un peu avant minuit j'étais de retour à l'ambulance, après avoir perdu plusieurs fois mon chemin, et m'être jeté dans trois ou quatre fossés... Tout le monde, Nord et Sud, est fatigué de la guerre. Cependant il y a peu d'espoir d'avoir la paix. Le Giel est courroucé contre nous, Le Sud ne songe nullement à revenir à l'Union, et le Sud marche comme un seul homme, Le Nord veut l'Union, mais le Nord est divisé, »
Dans une lettre du 2 avril 1865, nous lisons ces paroles remarquables : « Cette guerre aura contribué à détruire nombre de préjugés. Le catholicisme et le protestantisme ont èté, dans beaucoup de circonstances, mis en relief à la gloire du premier et à la honte du second, En outre, l'esclavage aura fini son temps; or, l'esclavage est le fléau de ce pays, et cela sous tous les rapports... Durant les trois derniers mois, j'étais dans une position favorable pour l'exercice du zèle, Jai pu visiter tour à tour sept régiments auxquels il n'est arrivé plus d’une fois de prècher en plein air, debout sur une caisse. » Pendant un mois, le Père fut l'aumônier de toute une brigade de quatre mille hommes commandée par le général Corcoran, célébrité catholique... Après une des grandes batailles de l'Ouest, les Sœurs procuraient le baptème à cent quatre-vingt-onze mourants, et comme le prêtre ne pouvait sufire, elles en baptisaient elles-mêmes, Quatre seulement ont survécu.
« Et les pauvres noirs, si innocents de tout ce qui se passe, comme ils sont maltraités par tous, démocrates, républicains, gens du Nord, gens du Sud ! Quelle répugnance universelle à faire quoi que ce soit, même pour leur âme! Priez le bon Dieu que je devienne aumônier d'une brigade noire... »
On nous permettra de reproduire le fait suivant :
de | de | bier allez mor Puis se d van!
hom Ami se d la m sign man liqu Ph plus autr ath laiss ont | Ge d'un peut com en fe CL sa ynag pose autoi peste vaur vous Le d'un venu r'etra
n à mes gens nai jusqu'au es et de bou- ’cusse mieux comme à la u bout d'une vait protégée omplétement ne couvrit de ins vers mes ent à deux ou une batterie ans la boue.
ymbre de conulance, après eté dans trois est fatigué de paix. Le Ciel nt à revenir à Le Nord veut
aroles remarmbre de prélans beaucoup “et à la honte x: or, l'esclaipports..…. Du- Lion favorable pt régiments en plein air, ut l'aumônier nandée par le e des grandes ptème à cent uvait suflire, ont survécu.
qui se passe, blicains, gens e à faire quoi icu que je de-
« Le jour du fameux combat de Bull-Run, le général Smith, de l’armée du Sud, arrivait avec sa division, trop tard pour savoir quel était le mot, ou plutôt — tel est ici l'usage, — le signe de passe. Prévoyant que, s’il avançait, il essuierait le feu de son parti, il se présenta en tête du corps, et demanda s’il y avait un homme de bonne volonté qui fût prèt à sacrifier sa vie pour sauver celle de plusieurs. Un jeune soldat sortit des rangs. — « Savez-vous bien ce que vous faites, mon brave ? — Oui mon général. — Vous allez être Lué, — Oui, mon général. » Alors Smith écrivit sur un morceau de papier : « Envoyez-moi le signe. — Général Smith. » Puis, il donna ce billet au soldat pour le mettre dans sa poche. Il se disait qu'une fois l'homme tué, on le fouillerait, et que, trouvant sur lui le papier, on le porterait à Beauregard. Le jeune homme part; il approche des avant-postes. — « Qui vive? — Ami! -- Donne le signe! » Il avance sans rien dire ; tous les fusils se dirigent sur lui. Il fait rapidement le signe de la croix et lève la main droite vers le ciel. À l'instant, les fusils se relèvent. Les signes que le soldat catholique venait de faire pour se recommander à Dieu étaient exactement ceux que Beauregard, catholique lui aussi, avait donnés le matin à son armée... »
Pans le Sud, les Pères Jésuites observent qu'un changement des plus remarquables s’est opéré dans la population. « Ceux qui, autrefois, ne voulaient pas même entendre parler de la religion atholique, se montrent maintenant très-dociles et tout prêts à se laisser instruire, Dans la seule ville de Norfolk (Virginie), nos Pères ont baptisé huit cents soldats. »
Généralement dans les hôpitaux, les conversions se multiplient d'une manière bien consolante, « Les Sœurs de charité produisent peut-être ici le plus de fruit dans les âmes. Vous ne sauriez croire combien elles sont en vénération. — Les médecins sont unanimes en faveur des prêtres et des Sœurs ; eux voient les choses de près et savent les apprécier. Ils ne sont pas les seuls qui rendent témoignage à la vérité, Dans ses réponses aux questions qui lui furent posées lors d’une enquête, le général Butler, homme d’une grande autorité, à dit : « Quant aux aumôniers protestants, c'est une peste, on ferait bien de les renvoyer tous ; ce ne sont que des vauriens, Mais envoyez-nous des prètres catholiques autant que vous en pourrez avoir. »
Les conversions des protestants commencent à se multiplier d'une manière remarquable, en particulier parmi les soldats revenus de la guerre. Mais c’est surtout pendant les missions et les retraites, qu'on voit ces brebis égarées rentrer dans le hercail.
Par exemple à New-York, en 1865, les résultats de la mission ont dépassé tout ce qu’on pouvait attendre. « De quinze à trente prétres étaient occupés sans interruption depuis le matin jusqu’à la nuit, au ministère de la confession ; pendant ces jours de grâce, vingt mille personnes se sont approchées du tribunal de la pénitence. Cinquante-sept protestants ont fait leur abjuration, et quelques autres s'y préparent en se faisant instruire. Quelle riche moisson d’âmes recueillie dans le grenier du Seigneur pendant trois semaines de travail, de mission En contemplant ce grand succès, nous nous sommes rappelé les premiers travaux des Pères de la Compagnie de Jésus en Amérique, alors que les peuples venaient en foule, avec des cœurs contrits, demander aux ministres de la religion la grâce du baptême. »
Un autre Père aumônier écrivait, en 1863 : « Les armées du Nord comptent, à ma connaissance, quatorze généraux catholiques, et ce n'est pas là, très-probablement, le chiffre complet. Tous, à l'exception d’un seul, pratiquent leur religion ; la plupart sont des hommes véritablement exemplaires. Quelques-uns ont abjuré le protestantisme depuis le;commencement de la guerre. On parle aussi de conversions très-remarquables parmi les ofliciers de l’armée du Sud. Je puis vous donner comme certaine celle du général Braxton-Bragg, l'antagoniste de Rosencranz dans la campagne de Tennessée : lui-même est catholique. »
Ces quelques faits, pris au milieu de bien d’autres, nous montrent de grands éléments de bien se développant en Amérique. L'Église y est dignement représentée par son clergé, ses missionnaires de différents Ordres, ses Frères de la doctrine chrétienne, ses Sœurs de charité, ses nouveaux convertis, ses enfants de toutes les classes. Des progrès importants se réalisent, et de plus magnifiques se préparent.
Cette guerre, avec ses proportions gigantesques, ses effroyables engins de destruction, ses batailles de trois jours, ses énormes hécatombes d'hommes, ses horreurs de toute espèce, a imprimé une impulsion nouvelle en faveur du catholicisme. Partout il est à l'œuvre; la charité et le zèle combinent leurs efforts dans les hôpitaux, les camps, les maisons d'éducation; les œuvres interrompues se transforment ; les missions se succèdent dans les grands centres; l’erreur et ses ministres sont convaincus d'impuissance ct frappés de mépris ; les yeux s'ouvrent à la vérité ; le salut est procuré à un grand nombre d’âmes; les conversions se multiplient dans tous les rangs. Partout, en un mot, l'Eglise rencontre, au milieu de son deuil, des succès qui la consolent.
brai
S l'his la v D Nor Ordi iran inac conc et de son ne entr.
cette peu] tuels noux rejet les à sous une ses 8 cient triste
l’'exe
la mission ont à trente prètin jusqu'à la urs de grâce, al de la péniation, et quel- , Quelle riche neur pendant lant ce grand aux des Pères es peuples veaux ministres
es armées du ix catholiques, nplet. Tous, à upart sont des ont abjuré Île rre. On parle fliciers de l’arelle du général a campagne de
es, nous monen Amérique.
rgé, Ses MISdoctrine chréis, ses enfants falisent, et de
ses effroyables s énormes héh imprimé une artout il est à dans les hôpires interromans les grands impuissance cel > salut est prose multiplient rencontre, au
Ainsi la divine Providence dégage le bien des entrailles même du mal, en le forçant à servir ses desseins.
« L'Église est bien près de triompher quand elle est libre, dit, avec beaucoup de justesse et d'énergie, l'auteur d’une des lettres dont nous avons donné des extraits. Or, ici elle jouit d'une liberté si vigoureuse, qu'on ne saurait plus la lui ravir. Dans cette terre d'Amérique, l'arbre divin a jeté de trop profondes racines pour qu'il soit au pouvoir des hommes de l’abattre où même de l'ébranler!, »
CONCLUSION
Sans emprunter la lumière au souvenir des autres continents, l’histoire des missions américaines suffirait seule pour nous rendre la vérité tangible.
Dans l'Amérique du Sud et dans les colonies espagnoles du Nord comme au Canada, avec le bienveillant accord des autorités civiles, l'Église, les protestants nous l'ont dit, entourée de ses Ordres religieux et de ses héros, enfanta des prodiges, jusqu’à transformer en hommes civilisés des cannibales de la pire espèce, inaccessibles aux armes de l'Espagne et du Portugal. Éternelle condamnation des gouvernants qui, sous prétexte de modération et de prudence, empêchent la seule dépositaire du bien d'exercer son pouvoir. Lorsque devenus jaloux d'immenses bienfaits qu’ils ne sauraient produire, les dépositaires de la force matérielle osent entraver l'Église en suspectant, ou en bannissant ses ministres, celte force, dont ils sont si fiers, se change en faiblesse auprès de: peuples qui naissent à la vie morale. Lorsque leurs guides spirituels leur sont enlevés, le séjour des forêts paraît aux peuples nouveaux préférable au joug d’une froide administration dont ils rejettent le mécanisme. Mais lorsque, poussant plus loin l'audace, les autorités humaines mettent la main à l’encensoir, lorsque, sous les beaux dehors d'unité de commandement, elles s’arrogent une part de l’autorité religieuse, elles engendrent le servilisme et ses suites, elles ont tué le progrès : politique aveugle dont les anciennes colonies du Portugal, comme leur métropole, sont les tristes victimes,
Dans l'Amérique du Nord, avec l'appui des pouvoirs humains et l'exelusion même de doctrines rivales, les se”tes, au mépris de
1 Études religieuses et historiques, décembre 1862 et octobre 1865.
ere
D PRES RE CAS DRE TETE PES Ge €
toutes les lois divines et humaines, ont produit l'extinction d’une race d'hommes tout entière, et l’esclavage d’une autre, sans s'inquiéter d’en faire périr la moitié par le transport et l’acclimatation, pour les livrer ensuite au mépris général. Maintenant, par une miséricordieuse Providence, malgré l'ingratitude d'un sol où l'ivraie domine, la tolérance lniseée à à l'É glise produit des œuvres si fécondes, qu ‘elle arrache à une conscience protestante ce remarquable et magnifique aveu dont la vérité se reconnaît tous les jours : « La foi catholique romaine est le bouclier de l’Amérique'. »
Il n’était pas possible que des hommes capables de distinguer entre le bien et le mal, ne saisissent pas la différence entre le missionnaire catholique et le ministre des sectes. De là cette déclaration de M. Washington Irving : Les premiers agissent « avec une puissance que ne manifestent pas les autres chrétiens. » De là l’hommage du docteur Chauning : « Les missionnaires ont porté le christianisme jusqu'aux extrémités de la terre; les Sœurs de charité ont porté des secours et des consolations aux douleurs les plus désespérées. Cela ne nous enseigne-t-il pas que l’esprit de Dieu réside dans l’Église romaine*? » De là les sympathiques désirs du juste et sincère Washington, dans « son adresse aux catholiques des États-Unis : Puissent les membres de votre société en Amérique, uniquement animés par le pur esprit chrétien, jouir de toutes les félicités temporelles et spirituelles5! » De là aussi ces aveux récents des protestants américains qui expriment une admiration sincère pour les premiers apôtres martyrs et pour leurs derniers successeurs. « En voyant des hommes tels que Cheverus et Matignon, disait un écrivain de Boston ne connaissant encore la religion catholique que par leurs œuvres, comment douter qu’il soit possible à la nature humaine d'approcher de l'Homme- Dieu par son imitation?* » « Qui peut oublier le Père Farmer, ou John Carroll premier évêque catholique de Baltimore, le modèle des prélats et des chrétiens‘; » ou « l'évêque England, chéri et honoré par les hommes de toutes les croyances, pleuré encore dans le Sud comme un de ses plus nobles enfants? » Tels sont les témoignages d'hommes convaincus de la vérité de ce jugement prononcé par un de leurs coreligionnaires : « Les prêtres de l'Église
# English Woman in America, ch. n1, p. %, ® Works of W. E.Channing, p.275; people’s édition (1843) 5 Cité par Rupp, p. 165.
Boston Monthly Magaiine, juin 4895; cité dans la Vie du cardinal de Chevrus liv, IT, p. 92.
5 Franklin Hor£s, vol. VIT, p. 178, éL Sparks.
netion d’une re, Sans s'incelimatation, ant, par une d'un sol où L des œuvres nte ce remarous les jours :
rique’. »
le distinguer entre le miste déclaration vec une puis- De là l’homporté le chrisrs de charité leurs les plus sprit de Dieu ques désirs du x catholiques ciété en Amétien, jouir de e là aussi ces xpriment une artyrs et pour mes tels que 1e connaissant comment dour de l’Hommere Farmer, ou bre, le modèle land, chéri et ré encore dans ls sont les téjugement protres de l'Eglise
rdinal de Chevrus
catholique, dans le cours de leur vie, s'approchent plus près du divin modèle que le clergé d'aucune autre religion‘; » et cette pensée non moins énergique d'un autre américain : « Le catholicisme de nos jours me semble surpasser de beaucoup le protestantisme dans sa vivante imitation du Christ et de ses œuvres*. » Cet auteur avait raison. Pendant les quatre dernières années de la guerre en Amérique, les yeux se sont ouverts, l'erreur et ses ministres sont convaincus d'impuissance et frappés de mépris. Aussi le genéral Butler pouvait répondre à un interrogatoire officiel : « Quant aux aumôniers protestants, c’est une peste, on ferait bien de les renvoyer lous. Envoyez-nous des prêtres catholiques. »
Notre enquête est terminée : toutes les régions du globe ont donné leur réponse. Des hauteurs de l'Amérique septentrionale apercevant pour ainsi dire au delà de l'océan les côtes de l'extrème Asie, nous sommes arrivés à notre point de départ. Un protestant vaincu par l'évidence exprime en un mot les impressions recueillies dans notre long voyage : « On est obligé de faire rejaillir l'honneur sur l’Église catholique romaine, et de jeter une ombre épaisse sur l'histoire du protestantisme®. »
{ English Woman in America.
® Bremer, Homes of the New World, \ol. I, p. 544. 5 Prichurd, ubi supra,