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CONTRASTE GÉNÉRAL

L Pendant un demi-siéele, les auteurs protestants, partageant une admiration manifestée souvent par les païens avec plus d'éucrgie, mont cessé de célébrer le courage, le dévouement et la charité des missionnaires catholiques en Chine. Depuis Ricci jusqu'au dernier martyr qui conquérait hier encore la couronne, ls ont reconnu, sans les comprendre, les preuves d'une vocalion surnalurelle, Morrison se compare avec eux, sans tirer aucune instruction de ce contraste, « I veut se sacrilier — il s'offre à Dieu, » tel est son appréciation d'un missionnaire catholique qu'il se permet d'admirer à distance, « Ils seront égalés par bien peu d'hommes, et rarement surpassés, disent ensemble MM, Milae et Medhurst, ils n'épargnérent pas leur vie,

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et triomphèrent par le sang de l'agneau. » «C'étaient des hommes saints et dévoués, reconnait Malcolm malgré ses profondes antipathies, ils l’ont prouvé par la perte de leur vie et la sérénité de leur martyre. » « Ils m'ont paru, observe Power, surpasser les hommes que j'ai rencontrés jusqu'ici, tant ils étaient oublieux d'eux-mêmes, pleins de pitié et de compassion pour les autres. » « On est étonné de ne jamais les voir effrayés par les plus rudes fatigues, » remarque M. d'Ewes. « Il est fâicheux que tous les missionnaires n'aient pas le mème esprit de sacrilice, » ajoute Scarth. « Nous ne pouvons leur refuser notre respect, » avoue le colonel Mountain, « Un éloge que je n’ose me permettre est dû à de lels hommes, » proclame le capitaine Blakiston. « Ils ne regardent ni les difficultés ni les dégoûts, » signale M. Sirr, cherchant en vain les mêmes qualités dans leurs opulents rivaux. «Je ne puis m'empêcher d'admirer l'héroisme, le dévouement et la supériorité des missionnaires catholiques, » s’écrie Robertson. Et les païens répètent, mais avec un plus profond enthousiasme et une appréciation plus vraie, les éloges forcés des protestants, lorsqu'ils demandent pardon aux missionnaires qu’ils torturent en implorant la bénédiction de ceux qu'ils vont mettre à mort.

D'autre part, les mêmes témoins, qui les ont vus à l'œuvre, parlent avec chagrin ou dégoût des ministres protestants en Chine, malgré leur active sympathie pour leurs opinions religieuses, Morrison, nous disent-ils, « ne s’est jamais aventuré hors de sa maison, » il prèchait seulement « les portes bien closes, » il donnait des livres avec de telles précautions, « qu'on ne pouvait remonter à la source d'où ils venaient ; » il se hasardait seulement dans des opérations «d'un ordre peu éclatant et peu héroïque, » HE « trouva qu'il était difficile de précher l'Évangile en C hine, »

s'enfuit, Gutzlaff fit sa fortune, « et cessa de s ‘appeler missionnaire, » Medhurst se contente de répéter : « Pourquoi n'avons-nous pas de succès dans les conversions? » Tomlin abandonne l'entreprise «au pape, à Mahomet et à Brahma!, » Smith injurie les hommes qu'iln'ose imiter, jette ses Bibles sur «les bords des fleuves » ct provoque les méprisantes censures de son propre troupeau. Le reste « prétait de loin l'oreille aux récits de ce qui se passait dans l'intérieur; ils buvaient et jouaient aux cartes le dimanche, refusaient de visiter les malades dans les hôpitaux, accepiaient un séjour peu honorable dans un lieu obscur, sous un déguisement quelconque, » Voilà comment les leurs nous les dépeignent, « Ils

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s’entourent de tout le confortable possible, se dispitent entre eux à qui aura les plus belles maisons, marchandent sans honte dans toutes leurs transactions et s’attirent le mépris par leur vie oisive. » « Nous sommes peinés jusqu’au fond du cœur, écrit M. Sirr, de voir tant de missionnaires protestants s'occuper de soins séculiers, de commerce et de trafic. » « Ils sont de purs agents salariés d’une compagnie, » assure un auteur protestant. « Ils n'iront pas audevant des périls et des dangers comme les catholiques, » rapporte un second, « Ils professent le plus bas degré de moralité, et attirent l’humiliation sur leur ordre, » reconnait un troisième. « Ils vont pas plus de dévotion que ma botte, » affirme un quatrième, Les Chinois païens, plus exacts appréciateurs de leurs pédagogues religieux que les protestants anglais et américains, en parlent dans eurs maisons et les saluent avec ce titre de « diables prêchemensonges. »

Le contraste fourni par ces témoignages ne doit pas nous surprendre. Un homme impartial consentirait-il à employer des termes plus mesurés en comparant d’un côté les Ricci, les Schaal, les Verbiest, les Parennin, les de Rhodes, de Fontaney, Borie, Imbert, Jaccard, Gagelin, de Maistre, Chapdelaine, les Marette, les Perboyre, Sanz, Dufresse, les Melchior, les Diaz, et cent autres; avec des Morrison, des Gutzlaff, des Tomlin, des Kidd, des Gillespie, des Williams, des Edkins et des Smith?

Les convertis, comme nous l'avons vu, -— dont cinq, d'après une estimation favorable, appartiennent aux sectes, et un million à l'Église — offrent les mêmes différences que leurs maitres. Ce que furent les Chinois catholiques depuis le seizième siècle jusqu'au dix-neuvième, nous le savons ; ce qu’ils ont été depuis 1805, des témoins hostiles nous l’ont appris. Malgré des tourments qui ne furent jamais sur passés en durée et en violence, plus de sept cent mille âmes furent réunies à l’Église depuis que Timkowski visita Pékin ; il trouva « plusieurs milliers de personnes ayant embrassé le christianisme, même parmi les membres de la funille impériale, » au point que le président du tribunal criminel avait été obligé, dans cette ville, de modérer sa sévérité, «presque tous ses parents et ses serviteurs étant chrétiens. » Ces néophytes Chinois, dans toutes les provinces de l'empire, ressemblaient si exactement aux premiers disciples par l'ardeur de leur foi, l'éclat de leur piété, leur constance dans les tortures et li mort, que les mandarins, cédant à la vérité, furent forcés de confesser du haut de leurs sièges, en présence de tant de ver-

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une bonne religion! » Les conversions incessantes de leurs voisins idolâtres, sur tous les points de l’empire, étaient dues non-seulement au zèle apostolique des missionnaires, mais peut-être plus encore à l'impression d’un héroïsme nouveau déployé par leurs concitoyens, et par la sainteté qui révélait à leurs perceptions grossières le mystère de la grâce divine dont ils deviendraient à leur tour les dociles instruments !.

Les rares Chinois convertis au protestantisme, écume des ports de mer, pensionnaires sans probité d’une libéralité immorale, sont des objets de suspicion pour ceux dont ils ont consenti à recevoir les gages, et de ridicule pour ceux dont ils affectent d'adopter la religion. Un jour « ils prennent la fuite avec le plat de communion ; » une autre fois « avec des caisses de caractères à imprimer, » où ce qui pouvait leur tomber sous la main. Ils sont partout de ces hommes qui, d’après les paroles d'un témoin sincère, «objets d’anxiété pour les obtenir, se changent en objets d'anxiété pour ceux qui les ont obtenus. » Les « prédicants » et les « catéchistes » employés par les missionnaires anglais ou américains, abrutis par l’opium, prets à enseigner le bouddhisme, aussi bien que l'anglicanisme ou le méthodisme, pour le même salaire, acceptent le baptême protestant, comme condition de leur emploi. [ls l'apprécient tellement qu'ils mettent désormais tous leurs soins à empêcher les autres de participer avec eux au baptême, dans la crainte de les voir aussi partager leurs bcnélices.

IL Dans les provinces situées à l’ouest des monts Himalayas, le contraste n’est pas moins complet que dans celles au-delà du Gange. Comparer saint François-Xavier avec le docteur Thomas Middleton ; — de Nobili, avec « le riche et fashionnable » Kicrnander ; — le martyr de Britto, qui gagna au Christ des âmes par milliers, avec Schwartz, dont les convertis salariés « étaient célbres pour leur scélératesse; » — Laynez, vénérable comme un patriarche des anciens âges, avec le tendre et larmoyant Martyn : — Borghèse, qui souriail aux tortures, avec l'ex-ménétrier Bucha-

1 Le 24 décembre 1863 le rév, P, Leboucy écrivait de la mission de Pétehély: « Depuis mes dernières lettres, nos catéchumènes ont augmenté d'une manière presque prodigieuse : il y a un mois, j'en comptais 2,000 environ dans mon district; un voyage que je viens de faire m'a donné plus de 4,000 nouveaux élus, Je ne saurais vous dire tous les prodiges que la grâce opère ici chaque jour, » Nous apprenons en mars 1864 que le rév, P, Leboucq lut décoré de la perle bleue, pour ses services durant li dernière guerre. Cet insigne lui donne rang parmi les mandarins, Etudes religieuses, noyembre 1864.

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nan ; — Martin, «le martyr dela charité, » avec le vain et bavard Rhenius ; — Bouchet qui rappelait saint Grégoire le Thaumaturge, avec l'élégant mais à moitié païen Héber; — comparer Belmonte le martyr, Bouttari, « pénitent sans tache, » Carvalho battu jusqu'à la mort, Beschi, aux pieds duquel le plus sage des Hindous était fier de s'asseoir comme un simple écolier, et des centaines d’autres qui vécurent comme saint Paul ou saint Jean-Baptiste, avec un Corrie, un Wilson, un Cotton, respectables pères de famille pour qui « l’ascétisme est en dehors du système évangélique, » et dont la vie est en harmonie avec leur croyance, — ce serait à la fois fastidieux et inutile. Par les premiers, l'Évangile a été prèché dans l'Inde avec une puissance irrésistible, malgré l'absence de tous moyens humains. Sans les événements d'Europe qui arrachèrent ces apôtres à leur œuvre inachevée, « tout le pays eût été converti; » les protestants l'ont franchement avoué. Jusqu'au milieu du dix-huitième siècle ils travaillèrent avec un succès prodigieux et fascinèrent les Hindous par leur sainteté entraînante, au point que « chacun des missionnaires convertissait au moins par an mille païens, » quelques-uns en gagnaient autant chaque mois, Si l'œuvre de ces dignes ministres de l'Évangile, survivant à l'oubli et à l'oppression de soixante années, a été suspendue ou : imparfaitement reprise, ce n’est pas que la race des héros et des martyrs soit éteinte ; mais l'Hindou apprit, par la conduite des prédicants anglais, à regarder le christianisme avec un mépris et une horreur profonde. Il a souvent déclaré « qu'il préférerait être précipité en enfer » plutôt que d'accepter une pareille religion ou de s'associer avec ses promoteurs. Lorsque les Anglais seront chassés de l'Inde, événement que la justice de Dieu pourrait leur ménager, les apôtres de l’Église entreront une seconde fois en lutte, à conditions plus égales, avec l’esprit mauvais dont ce pays subit l'em-

‘pire. Alors l'Hindou aura une fois encore des maitres dont la vie

traduit la doctrine et manifeste, même à ses regards stupides, la présence de Dieu, Alors il aura été débarrassé de ces prétendus missionnaires dont le luxe le blesse et dont les contradictions le révoltent. Alors il ne verra plus leurs misérables disciples athées et hors-castes, « devenus de plus en plus pervers, » repoussés mème des maisons anglo-indiennes, « disciples dont la morale reldchée blesse les sentiments des idolâtres leurs concitoyens, » et forcent les ministres à les congédier, « pour prévenir la ruine de leurs employés païens, »

I, L'ile de Ceylan tient une place petite sur la surface du globe ;

cependant, si nous cherchons à montrer Dieu agissant par l'Église et non pas par les sectes, elle nous en fournit la preuve. Il serait inutile de comparer encore les missionnaires entre eux; mais qui pourrait être insensible au contraste de leurs disciples? Quelle histoire plus noble, plus imprégnée des dons et de l'influence divine, que celle des catholiques cyngalais, racontée par des auteurs protestants! « Ni corruption ni contrainte, — nous savons avec quelle liberté on usa de l’une et de l’autre — ne purent les induire à abjurer leur foi. » Pendant trois cents ans, ces faibles Asiatiques, cfféminés et pusillanimes par nature, ont enduré toutes les épreuves imaginables, D'abord la furieuse opposition de leurs concitoyens idolâtres, qu’ils mirent bientôt à bout par la joie avec laquelle ils accueillaient le martyre ; ensuite, la cruauté impitoyable ou le subornage plus démoralisant encore des Hollandais ; et enfin, de nos jours, les patients artifices des Anglais et des Américains prodiguant l’or de tous côtés, leur tendant des piéges, soit par des écoles, soit par des hôpitaux, et recommençant aujourd’hui avec de nouvelles ressources ce qu’ils avaient hier vainement essayé. Les Cyngalais pourtant, fussent-ils paysans ou pêcheurs, ne donnent qu'un sourire à une politique si peu efficace et si coûteuse. Remplis, comme leurs pères, de cette foi surnaturelle capable de survivre à tous les assauts, guidés par les Pères Oblats de Marie Immaculée, ils forcent leurs adversaires à reconnaître leur inflexible constance, leur zèle religieux, leur unité indissoluble ; tandis que les païens autour d’eux comparent leur ohéissance empressée, leur générosité, leur piété, avec les dissensions, l’incrédulité et l'indifférence de leurs maîtres anglais.

Qu’a fait le protestantisme auprès des naturels de Ceylan, avec son or et ses livres, son patronage du gouvernement et ses missionnaires pensionnés? Avec d'énormes dépenses, après les incessants efforts d’un demi-siècle, il a réuni, ses avocats nous le disent, une poignée de sectateurs dégradés dont la fidélité n’est jamais sûre pour vingt-quatre heures ; on les voit adorer les démons en secret, quitter en hâte le temple protestant pour se purifier dans le leur; sont-ils malades ou affligés, ils s'empressent d'abandonner une religion impuissante qu'ils ont fait semblant d'adopter. Elle a laissé leur cœur insensible, leur conscience endurcie, leur intelligence aveugle et leur volonté insoumise,

IV. Aux antipodes, l'Angleterre et le protestantisme ont trouvé trois nations prêtes à subir leurs influences. Deux sont détruites, la troisième est à la veille de disparaître. Rien ne sauvera « une

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population arrivée à un tel degré de décrépitude. » Leur condition morale correspond à leur état physique. « La souiilure est à l'extérieur et à l’intérieur, dans le corps et dans l'esprit, dans toutes leurs pensées, leurs paroles et leurs actes, » comme la carie dans les os ; « leur décadence spirituelle est générale, » dit encore un de leurs docteurs en 1862; et selon l'archidiacre Brown : « Les roues du char d: nos missionnaires se meuvent péniblement. » Après cinquante ans d'efforts et une dépense qui déconcerte tout calcul, voilà leur condition avouée : « Le christianisme de ceux qui le professent encore est purement nominal; » et ce fait plus grave, du « retour de beaucoup d'individus à leurs anciennes habitudes, » joint à leur refus d’avoir désormais aucun commerce avec les missionnaires. La religion de leurs malheureux disciples, bien qu’élevés par eux dès l’enfance, est qualifiée. de «vain nom » ou tout au plus de « grossier mélange de paganisme et de christianisme. » Comme les protestants cyngalais, malades ou affligés « ils en appellent, pour recouvrer la santé, à leurs dieux d’autrefois. » Avec une sage prévoyance, « de peur d'être punis par la maladie, ils les honorent secrètement à l'heure de la prospérité! » Cependant la Nouvelle-Zélande, pour laquelle le protestantisme a été une malédiction si fatale, jouit de la présence de cinq évêques anglicans, sans compter une multitude de prédicants de différentes sectes. Leurs travaux combinés ont apporté le malheur à ces races autrefois nobles et vigoureuses. Après cela on ose nous dire : « L’œuvre du chrisiianisme dans la Nouvelle-Zélande ne fait que commencer. » Cette œuvre sera finie, nous pouvons le prévoir, lorsque le dernier Zélandais sera descendu dans la tombe déjà creusée pour le recevoir.

Telle a été, dans ces îles, la conclusion de tous les travaux des missionnaires, à l'égard des naturels. Quant aux colons anglais, ceux qui les connaissent le mieux nous disent qu’ils n’ont « aucune qualité religieuse, » excepté celle reconnue par un des leurs qui les dépeint « comme prétentieux et hypocrites en toutes choses. » Ces rejetons de l’Église anglicane sont destinés à devenir « ou romains, ou athées matérialistes, » D’autres déplorent leur incurable apathie ou leur insubordination perfide. Vainement le docteur Selwyn essaya-t-il d'exciter leur zèle languissant; les appels réitérés les plus pressants « aux principes de leur Église » ne les empéchèrent pas de partager leurs fonds avec « les ministres de différentes sectes. » Conclusion naturelle d'une histoire qui commença par l'adultère, l'ivrogneric, la fraude « chez les chefs de la mission, » Cette histoire nous a montré les ministres pretes-

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tants, pendant trente années, faisant mille bévues par leur précipitation trop ardente pour amasser de l'or et pour dépouiller les naturels sans défiance. Elle représente les Zélandais étonnés de voir ces prétendus missionnaires occupés « à se neutraliser mutuellement, » ou, selon les expressions du docteur Selwyn, « à attirer sur eux les suites de la désunion, » et à introdnire chez eux « la contre-partie de notre Église divisée et contentieuse. » Est-il étonnant que le sagace Maori, impressionné de ces phénomènes, seuls résultats du protestantisme, prononce enfin cette sentence : « Le paganisme avec la charité est préférable au christianisme sans elle. »

Ce que l’évêque Pompallier et ses collègues auraient fait pour ces sauvages heureusement doués, corrompus maintenant presque sans remède, nous pouvons le conclure des succès obtenus par les missionnaires catholiques dans bien des contrées, parmi des tribus beaucoup plus dégradées et plus féroces. L’Omagua éiait plus brutal, le Guarani plus sanguiuaire, le Huron moins intelligent que le sauvage de la Nouvelle-Zélande. Cependant ils acceptèrent, comme cent autresitribus, le christianisme et la civilisation offerts par Monroy, Cavallero, Rasles ou Mesnard. Les fruits obtenus dans ces nombreuses peuplades, si récemment encore plongées dans la barbarie, furent tels qu’ « en douze mois pas une faute mortelle n’était commise. » À l'heure présente leur piété et leur docilité sont encore attestées par les voyageurs protestants. Mais le missionnaire catholique, dans des îles moins favorisées, rencontre des armes plus redoutables que le couteau ou la hache; il lutie avec moins de succès contre le martyre plus terrible à ses yeux d'une corruption universelle qu’il est venu trop tard pour guérir, et contre une avarice sordide devant laquelle la prédication de ses exemples vient souvent échouer; d’incessantes discussions religieuses avaient élevé la cité de confusion avant qu’il ait eu le temps de jeter les bases de la cité de Dieu.

La vérité du moins commence à se faire jour ; on lisait dernièrement dans l'organe de publicité le plus autorisé en Angleterre, le Times, au sujet de la conduite des ministres protestants lors de la dernière insurrection à la Nouvelle-Zélande : « De tous les imposteurs les missionnaires sont les pires ; aussi longtemps qu'un public aveugle fournira des fonds pour leur entretien dans une vie de paresse, ils se permettront des milliers de mensonges pour le tromper'. »

{The Times, 28 octobre 1865, (voir ln citation entire 1. FE, p. 396).

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