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RÉSULTATS DE L'ÉDUCATION CATHOLIQUE ET DE L'ÉDUCATION PROTESTANTE

La diffusion de l'enseignement est le moyen principal employé par les sectes pour étendre leur influence. En écoutant leurs or:teurs, on pourrait supposer que l'histoire des siècles durant lesquels l’Église seule cultivait les sciences humaines et était le sanctuaire du savoir comme de la sainteté, ne trouve aucune place dans leur inyrate mémoire. « Lois, savoir, éducation, science, tout ce que nous appelons civilisation dans l’état social actuel de l’Europe, — des esprits hostiles l'ont avoué, — ressort de la suprématie des Pontifes romains et du clergé catholique sur les rois et les nobles du moyen âge‘. » Guizot, Haxthausen, et d’autres auteurs d'une trempe vigoureuse et d’une impartialité inexorable, reconnaissent que sans l'influence civilisatrice de l'Eglise, les intelligences eussent été partout écrasées par la force brutale. Lorsque nous remercions Dieu, disent-ils, de tous les trésors de connaissance et d’art en notre possession, nous devons le remercier aussi pour la vigilante et généreuse prévoyance de l'Église à qui nous les devons.

Les protestants, promoteurs de la littérature païenne au seizième siècle, affectèrent, pour la première fois dans l’histoire, de regarder les catholiques comme des obscurantistes. Pourtant la renaissance était due en grande partie à l'activité incessante de ces derniers ; on sait avec quel enthousiasme la cour amie des lettres de Léon X accueillait la découverte d'un manuscrit nouveau. Malgré les vifs éloges qu'ils se donnaient à eux-mêmes, et les aveux de leurs maîtres, l'Église les met hors de combat avec leurs propres armes, « Rome continuait à être la métropole de la civilisation, nous dit Ranke, sans rivale en fait d'érudition profonde et variée, » Les écoles des Jésuites répandues en Europe étaient très-supérieures à celles des leurs orgueilleux rivaux; Bacon le découvrit sans peine, « Leurs élèves apprenaient plus en un an que ceux d’autres maîtres, en deux, Des protestants faisaient revenir leurs enfants de gymnases éloignés pour les confier à leurs soins?, »

Daus le: sphères les plus élevées de la culture intellectuelle, ces hommes ont servi de modèle à leurs rivaux ingrats, Recevant leurs

1 Laing, Observations on Europe, ch. xv, p. 994, 8 Ranke, Liv. V, vol. 1, p. 397; div. VIE, vol. I, p. 208,

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inspirations de cette foi lumineuse qui a étendu le domaine de la raison en lui posant des limites, ils ont encore été dans des sphères plus humbles les maitres de leurs stériles imitateurs qui affectaient, avec des prétentions disproportionnées à leur pouvoir, une suprémalie universelle. « Dans la catholique Allemagne, en France, en Italie, en Espagne, l'éducation du peuple entre les mains du clergé est au moins aussi généralement répandue, et aussi fidèlement suivie qu’en Écosse. Loin d'être comprimée, l'éducation est en réalité encouragée par l'Église du Pape ; elle est entre ses mains un puissant instrument, habilement manié. A cette heure, Rome possède environ cent écoles de plus que Berlin, pour une population beaucoup moindre. Si l’on demande ce qu'on enseigne dans ces classes au peuple de Rome, — on peut répondre : précisément ce qu’on enseigne à Berlin‘! »

Cette observation est applicable aux autres pays catholiques. « Ni en Angleterre, ni en Prusse, dit un Anglais voyageant en Autriche, l'éducation du peuple n’est plus universelle ni plus soignée?, » Dans chaque village de l'Autriche il y a des écoles, même sur les frontières reculées de la Transylvanie; « les bâtiments en sont beaux, » et l'instruction excellente®. Les Anglais manqueraient ici de raison ou de modestie; ils sont entrés les derniers parmi les autres peuples de l'Europe sur le terrain de l’éducation publique. En 1862, ils sont obligés d'avouer, qu'après une énorme dépense, dirigée par une habile administration, leur système national tardivement inventé, et s'étendant seulement à une fraction des écoles les mieux organisées, eut pour résultat un insuccès lamentable ; un « nouveau code » est impérieusement nécessaire pour assurer un enseignement meilleur des connaissances élémentaires !

« Depuis un demi-siècle, l'instruction est devenue un des premiers objets de l'attention sociale et politique de ces contrées. Qu'en est-il advenu?... Notre population agricole est encore tellement ignorante, que nul être raisonnable ne lui demanderait une question d'histoire ou de géographie en dehors de son village, ou remontant au delà de cinquante ans. Ils sont encore la proie du premier visionnaire ou imposteur venu pour les exploiter. Voilà la vérité pour nos paysans après l'enseignement qu'on leur prodigue. Pour les ouvriers les choses sont certainement encore plus tristes *, »

! Notes of a Traveller, ch, vi, p.167; eh. xx, p. 439-41.

3 Vienna and the Austrians, par F. Trollope; vol. EH, lettre Lvir, p. 207, 559. % Austria, par 3. G. Kohl, p. 300 (1845),

4 The Times, 15 octobre 1862.

Les mêmes hommes, néanmoins, auteurs de ces aveux, font des discours avec un air de supériorité dans laquelle ils se complaisent sur la civilisation de l'Angleterre protestante ; ils affectent de déprécier le paysan de France ou d’Autriche, d'Espagne ou du Canada, dix fois mieux instruit, même dans les arts de la vie commune, et éclairé de plus par cette foi divine dont le paysan anglais est aussi dépourvu que le troupeau dont il semble faire partie, ou la charrue qui n’est guère plus inanimée que sa personne.

Ces faits acquerraient dix fois plus de gravité, si nous en poursuivions l'inventaire per rapport aux résultats moraux, quel que soit le terrain choisi. La Prusse et la Hollande ave: leurs systèmes d'enseignement obligatoire, plus encore la Suède et le Danemarck, ont atteint la condition morale la plus basse où les nations soi-disant chrétiennes puissent descendre. En Amérique où l’instruction universelle a créé parmi les protestants une génération de « faquins froidement calculateurs, » la seule éducation utile et améliorante, nous assure-t-on, est celle des écoles et des colléges catholiques. Mais revenons aux païens puisqu'ils sont le principal objet de notre étude.

1. En Chine, une foule de voyageurs protestants n’ont pas assez d'éloges pour « les maîtres capables et distingués, » qui enseignent non-seulement les auteurs classiques du pays, mais encore les langues européennes, les arts de la musique, de la peinture, de la sculpture avec un succès « vraiment merveilleux. » Là, des femmes, comme les Sœurs de charité françaises, n’ont pas besoin d'aides. Les élèves indigènes qui « regardent leurs maîtres spirituels avec des sentiments d'affection et de gratitude, » attirent sur leurs compositions les éloges des professeurs païens de l’Académie impériale de Pékin. D'un autre côté, les essais d'éducation de deux cents missionnaires protestants presque tous obligés, par manque de connaissance, d'enscigner au moyen de Chinois salariés, sans pouvoir apprécier leurs succès ni corriger leurs fautes, sont appreciés de la sorte par les mêmes témoins faverables : « On n'apprend aux enfants que les œuvres les plus rudimentaires des classiques chinois. Leur éducation semble donc de peu d'utilité, entre eux, ou avec les étrangers. » « Ils apprennent seulement l'anglais, assure le docteur Ball, unique avantage dont leurs maitres puissent disposer, pour les appliquer ensuite à leurs intérèts commerciaux, » « Trop souvent, ajoute M. Oliphant, les connaissances qu'ils acquièrent servent à augmenter ieur influence pour le mal. » Le seul effet de leur « éducation anglaise, affirme un

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IT. Dans l'Inde, les effets de l'éducation protestante, dirigée par des milliers d'agents, pendant des générations entières, sont effrayants. Les écoliers, avons-nous appris d’une autorité anglaise, « rejettent le paganisme sans embrasser le christianisme et deviennent d'entêtés infidèles plus difficiles à aborder que les païens. » Ils peuvent avoir «une parfaite connaissance des Ecritures, » et « expliquer de la manière la plus claire le point cardinal de la justification ; » ils peuvent même censurer « l’idolâtrie papiste, » par une suite convenable de textes ; mais, malgré ces avantages fournis par leurs missionnaires, «ils n'ont pas plus de foi en Jésus-Christ, qu’en leur propre religion. Ils croient le Jésus des Anglais et le Krishna des Hindous, également imposteurs. » — Pour en finir — car il serait inutile de reproduire des témoignages absolument semblables, — « le naturel éduqué est un hypocrite ou un latitudinaire, avec le cœur d’un athée sous la robe d’un idolàtre, Le plus grand nombre ont urre tendance invincible vers un état moral inférieur à celui d’où l'éducation prétendait les tirer!, »

II. A Ceylan, « les résultats moraux de l'éducation sont limités et peu satisfaisants. » Les Américains seuls ont la réputation d’avoir eu plus de cent mille élèves daus leurs écoles. Comme les autres sectes, ils ont exercé le suprème contrôle sur une grande masse d'élèves depuis l'enfance jusqu'à la virilité ; ils ne peuvent cependant toucher les cœurs! « Les écoles ont fait peu de bien, assure le docteur Brown ; les enfants élevés par elles, une fois devenus grands, fréquentent les temples des idoles ; à peine un jeune honme est-il vu à la chapelle, à moins d'être encore écolier. » Nous avons appris combien les élèves catholiques sont unanimes à faire honneur à leur croyance et à la manière dont ils la pra-

! En mars 1863, le correspondant du Times, décrivant la cé ‘monie de la délivrance des grades académiques aux naturels de l'université de Galeutta s'exprime ainsi ; « Les jeunes gens qu'on y éleve deviennent déistes... Cet état de déiste les distingue par leur immoralité ; les vices anglais sont autant de mode que ln littérature anglaise, — Leurs pères déplorent les erreurs de la génération naissante. » Times, 27 avril ARGS.

b08 LES MISSIONS CHRÉTIENNES.

tiquent : « Ni corruption ni contrainte ne purent les induire à j ment s abjurer leur foi. » réussis:

les plus IV, En Australie, les naturels élevés à la mission « vivent nus

dans les bois et tuent plus tard leurs enfants. » A la Nouvelle-/6. VIL. lande, au sujet des nombreux enfants livrés aux missionnaires pro- aussitÔ testants, un rapport ofliciel de 1859 nous dit : « Avec une remar- Syrie, quable activité d'esprit dirigée vers le développement des idées po- lessant litiques, » leur éducation les a rendus pires, moralement, sociale- SUPPIIT ment, physiquement qu'ils étaient il y a cinquante ans, Elle à avoir € stimulé plutôt que réprimé l'impureté et la corruption qu’ils mon- acte, et trent maintenant, « dans le corps et l'esprit, dans toutes leurs du doci pensées, paroles el actions. » accepta : rendait V. Aux îles du Pacifique, — les missionnaires catholiques ont laux, » | transformé les tribus barbares des Philippines avec un plein succès ; } mission LÉ un voyageur proiestant le signale avec admiration : « Il y a très- meuré : Et peu d’Indiens ne sachant pas lire. » — Les émissaires d’une | docteur sil autre foi impriment, chaque année, pour un seul groupe d'iles, la semai 1] plus de vingt mille volumes ; nous connaissons, par leurs aveux, 1} ce que deviennent leurs élèves « depuis la hutte du serviteur jus- VIT. QE qu’au palais du roi; » une autorité du pays l’assure: malgré, ou, - de l'édu {| pour mieux dire, à cause des procédés d'éducation, « tout ce qui cinquant Wal concerne la race indigène est à la fois physiquement et moralement elle est v rétrogade. » russe l’a si, après VE En Afrique, les écoliers protestants au Caire reprennent quoi d’ét leurs habitudes premières aussitôt leur instruction terminée; dans séparées l’ouest, cette éducation « les rend seulement capables de se per- quences, fectionner en scélératesse, » « Les hommes les mieux instruits, pas vers qui peu d'années auparavant se distinguaient par leur zèle pour le le mond christianisme, vivent maintenant hors de son sein. » « Les pro- courage tégés des missionnaires, affirme le capitaine Hewett, sent in- alMige la variable nent menteurs, rusés et complétement vils, de sorte « Lep qu'aucun habitant de la colonie ne veut employer comme servi- les filles teur aucun indigène qui a fréquenté les classes des missionnaires. » le rempl Le gouverneur de Sierra-Leone rapportait que « les enfants sortis de ses co de ces écoles sont des vagabonds, » Au Sud, — un auteur anglais le mépri nous l'a dit, « les protestants [lottentots peuvent chanter tont le moscovit long du jour les souffrances de l’Agneau, sans en savoir sur l'A- cher l'or gneau ou sur ses souffrances plus long qu'un de leurs vils ani- ces long inaux, » L'éducation donnée par les missionnaires est si compléte- mules th , / L "{

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VII. En Grèce, l'éducation protestante paraît s’être évanouie, aussitôt que les maîtres d'école sont devenus missionnaires, En Syrie, au rapport du docteur Valentin Mott, « les Arméniens professant le christianisme se joignaient aux Turcs trompés, pour supprimer les écoles protestantes ; » mais ce docteur ne paraît pas avoir compris que la profession de christianisme leur ait inspiré cet acte, et qu’ils pouvaient raisonnablement songer à rejeter, au dire du docteur Woitf, «une foi vague et incertaine » proposée à leur acceptation, et mettre en doute la valeur d'une instruction qui rendait ses participants « les derniers des hommes parmi les Orientaux. » En Arménie, malgré l'attrait des gages distribués par les missionnaires, tout effort pour protestantiser les habitants est demeuré stérile ; ils admettent même, par la bouche de leur ami le docteur Wagner, que s’ils cessaient de payer aux écoliers le tribut de la semaine « les écoles deviendraient bientôt vides, »

VII, Nous avons encore présent à la mémoire l'effrayant tableau de l'éducation du clergé moscov'te chargé d’enseigner l'Évangile à cinquante millions d'hommes. Regardons cette hideuse peinture: elle est vraie, puisqu'ayant un pope pour auteur, le gouvernement russe l’a fait mettre sous les yeux de chacun de ses évêques. Mais si, après avoir soulevé le voile, nous avons trouvé la pourriture, quoi d' étonnant ? L'Église moscovite, comme ses sœurs SC hismatiques séparées du tronc, est à l’état de mort, elle en suit toutes les conséquences. À ce spectacle, avec quelle ardeur ne nous portons-nous pas vers cette Église, la seule dépositaire du sel divin qui sauve le monde d'une corruption universelle! Ayons encore une fois le courage de dir: ce qu'est le pope, « cette plaie sociale imposée qui all'ige la population. »

« Le pope est un être à part, parqué dans une caste où il épouse les filles de ses pareils, et où se recrutent les enfants qui doivent le remplacer. C'est un homme perdu pour la société, oppresseur de ses compatriotes qu: le détestent, valet brutal du pouvoir qui le méprise. Enlevé à l’âge de neuf ans et cloitré dans un séminaire moscovite jusqu'à l'âge de vingt-deux, l'être humain destiné à précher l’orthodoxie sort de son réduit stupide et atrophié, Pendant ces longues années de compression, il a bourré son esprit de formules théologiques prises aux Basiliens dégénérés, et que ses pro-

fesseurs mêmes ne comprennent pas... Dieu et le Czar, voilà sa formule évangélique. Ce n’est pas un prêtre, mais un fonctionpaire; pas un directeur, mais un gendarme des consciences, tenu par la loi de rendre compte au gouvernement des révélations de son pénitent sur toute conspiration... Avec cela, pauvre et chargé d'enfants, sale et crasseux, les cheveux et la barbe enduits de suif, et l’âme aussi immonde que l'extérieur ; envieux, avare, ivrogne et dilapidateur. Voilà pour les slaves Ruthènes, Russes blancs ou Lithuaniens, le consolateur religieux !. »

Lorsqu'il s’agit de la Russie ou Moscovie on n’est plus en Europe ; les institutions sont différentes, les mots mêmes pour exprimer les nôtres n'existent pas. Ainsi, par exemple, on ne connaît pas ce qui correspond chez nous at ministère de l’Instruction publique, mais bien le ministère de l’Instruction des classes inférieures (Minister narodnago prosvieschtchenïa). Avant Alexandre l*, on ne s’occupait nullement de l'instruction des classes non nobles, le bourgeois n’y avait aucun droit, on le laissait dans l'ignorance la plus absolue. Les nobles seuls étaient obligés d’envoyer leurs enfants aux écoles militaires du gouvernement, parce que l'instruction comme chez les Chinois confirme et confère la noblesse.

Lire et écrire chez les peuples touraniens (Tures, Tatares, Chinois) ne constitue pas la civilisation, le développement de l'intelligence dans sa force créatrice. Le voyageur européen s'étonne de voir chez le Thibétain les pâtres sachant lire et écrire. La même chose s’observe chez les Moscevites ; en voici les motifs. Les deux cents sectes religieuses qui se partagent les quarante millions de moscovites les obligent à apprendre la lecture et l'écriture pour soutenir entre eux les raisonnements erronés qu'ils puisent dos la Bible; le second motif se trouverait dans leur génie qui les porte à l’industrie et au commerce, au point qu'ils méprisent les Ruthènes (habitants de la Pologne orientale), parce qu'ils se livrent à l'agriculture, ne s'occupent pas de commerce et haïssent les sectes. La preuve du peu de parti que les Moscovites savent trer de la lecture et de l’écriture est que jusqu'aux dix-huitième siècle tout ce qui s'appelle littérature russe n'est que la production des Ruthèno-Polonais. Selon le témoignage du baron de Korff, au commencement du règne d'Alexandre LI", c'est-à-dire de 1801 à

1 La Question europi fenne, par Elas Regnault, p. 80 (1863). — Le pope se môle aussi d'éducation, çt s’ impose comme professeur, « Aussi voit-on de nos jours une diffé rence énorme entre les pères et les fils Ruthènes. Les premiers ne reconnaissent pe leurs enfants, lorsqu'ils ont passé par les mains des popes orthodoxes. » 1bid., p. 82.

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1812, il y avait dans tout l'empire russe (grande Russie) à peine cent personnes qui sussent l'orthographe ‘. Depuis la seconde moitié du douzième siècle les sectes ont commencé à paraître et à se développer chez les Moscovites.

Pour une population de soixante-dix millions d'habitants, il y a seulement six Universités qui conférent le rang (le Tschin) qui se divise en quatorze classes ; la similitude deces usages avec ceux de la Chine n'échappe à personne. Le gouvernement fait de nos jours de grands efforts pour établir des écoles, mais dans le seul but politique de s’assimiler les populations non moscovites en imposant la langue et le schisme?. }

IX. Enfin, une grave autorité anglaise a rappelé les résultats de l'éducation des sectes protestantes sur les Indiens de l'Amérique. Aussitôt leur apprentissage terminé, « ils reviennent vers leurs frères les plus scélérats et les plus paresseux de la communauté indienne. » L'observation de ces faits invariables engageait un fameux chef Sénécas à faire aux missionnaires cette observation : «Les membres : : ma tribu soi-disant convertis du paganisme au christianisme, se sont dèshonorés en essayant de couvrir le dévergondage de l’un par l’hypocrisie de l’autre, » Les élèves Indiens du docteur Wheelock, quoiqu'ils « aient fait des progrès considérables en latin et en grec, quoique les talents et la science de quelquesuns promettaient de nous être très-utiles, sont maintenant enfouis dans leurs habitudes brutales et sauvages, comme auparavant5, »

Des ministres hollandais parlant d’un de leurs élèves qui lisait à haute voix dans leur église la Bible qu’ils lui avaient donnée : « Hélas, disent-ils, il a mis sa Bible en gage, il boit de l'eau-de-vie, ct il est devenu une véritable brut”, faisant plus de mal que de bien parmi les Indiens *. »

{ Biographie du comte Spéranski par le baron Modeste de Korff, t, I. p. 144.

? Ces indications nous ont été fournies en partie par le savant professeur Duchinski deKiew), auteur des Etudes sur les peuples Aryas et Tourans (Paris, 18641.— Pendant le cours de notre travail, des rapports fréquents avec les exilés polonais nous ont permis d'apprécier la valeur morale et intellectuelle de ce peuple qui produit en grand nombre des hommes supérieurs dans les sciences, la littérature et les arts, Une nation n'est pas agonisante quand pendant deux années, avec quelques milliers de braves, «ans aucun secours étranger et avec la certitude de ne pas en recevoir, elle a tenu en échec une armée de deux cent mille Russes. Elle plutôt donné dans sa gloricuse défaite une preuve de son énergie indomptable et de l’incompatibilité absolue entre la civilisation moscovite et la civilisation chrétienne ou occidentale, La fusion, les Russes le voconnaissent et la pratiquent, est au prix de l'extermination.

$ Documentary Histery-ef New-York, vol, IV, p. 506,

# Travels in New-England, var Timothée Dwight, lettre 1x, vol. IT, p. 99.

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L'uniformité dans les désastreux résultats de l’enseignement protestant sur tous les points du globe pourrait faire naître le mépris railleur envers ceux qui le soutiennent, si ce sentiment était possible en présence de maux immenses. Après les millions répandus par les différentes sectes, uniquement pour entraver l’action de l'É glise dans le monde, après leurs vanteries bruyantes, leurs triomphes anticipés, leurs éloges de complaise ance sur leur habileté et leurs lumières, ils n’ont abouti qu’à élever un petit nombre de Chinois, « dont le savoir augmente l'influence pernicieuse, » des Iindous, « devenus infidèles orgueilleux, pires que des païiens, » des Singhalais qui au sortir de l’école fréquentent avec plus de zèle les temples de leurs idoles ete., ete. — Nous serions plus aveugles et plus irréfléchis que ces pauvres disciples si ces faits ne servaient pas à nous instruire. L’abserce de vocation et de mission des ministres protestants peut exÿliquer bien des points de contrasto, mais ne peuvent pas rendre raison de .pareils phénomènes, Un certain nombre de ces hommes sont au moins supérieurs en puissance morale et intellectuelle à leurs élèves. Quelques-uns sont même sincères et zélés et se proposent honnêtement d’améliorer ceux qu'ils instruisent, Ces efforts sont cependant inutiles, ces bonnes instructions entravées ; ils élèvent des générations entières avec tous les soins indiqués par l'expérience, ou rendus possibles par les richesses, mais toujours les mêmes fruits! De paiens, ils font des athées, d’honnêtes gens, des coquins. D’où vient donc cette effrayante uniformité de désastres ? S'ils sont privés des dons apostoliques et ne les revendiquent pas, ils auraient pu cependant par les moyens purement naturels s'attendre à de meilleurs résultats. D'où vient donc, demandons-nous encore, cette universelle flétrissure toujours à leur poursuite comme la nuée ténébreuse suspendue sur les Égyptiens, fanant les plantes et les fleurs que leurs mains ont touchées ? N'est-ce pas qu’en leur refusant tout don surnaturel, Dieu à voulu neutraliser leurs pouvoirs naturels, employés partout à infliger au monde païen de profondes malédictions et des maux plus irréparables.

L'avantage de nos recherches est de nous avoir conduit, en dehors de la région des controverses spéculatives , sur le terrain des faits. Nous n avons pas eu à débattre des prétentions ou des doctrines, nous avons regardé l'Église et les sectes à l'œuvre: épreuve décisive indiquée par Notre-Seigneur. Partout il a manifesté, par des signes nombreux, sa présence continuelle dans l'Église ; partout il a refusé de reconnaitre le stérile ministère des sectes. En présence de ces faits, nous pouvons demander à nos

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adversaires protestants ou schismatiques s'ils nous croient disposés à traiter sérieusement des prétentions dont l’histoire fait justice et que Dieu même a condamnées s° : nos yeux”? Ils n’ont pas droit de s'étonner si désormais nous déclinons une discussion inutile ; elle n'aurait plus de sens; un arrêt divin a clos le débat. Ils ne peuvent plus se plaindre, si, nous contentant de sourire lorsqu'ils affectent de nous endoctriner, nous opposons le silence à leurs provocations, le pardon à leurs outrages, la prière à leurs blasphèmes.

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