DANEMARK ET ISLANDE
Le Danemark ne fait pas exception aux autres pays sur lesquels la Réforme continue à exercer son fatal pouvoir. Barthold avoue, en langage énergique, qu’immédiatement après son introduction, « la servitude semblable à celle du chien, » s’étendit sur les habiun voyageur anglais ajoute : « Jusqu'à ce jour, il est souvent curieux, ou plutôt déplorable, de voir la conduite arrogante de quelques riches propriétaires à l'égard du pauvre malheureux qui officie dans l’église, et l’obséquiosité de celui-ci? » L'évêque Pontoppidan déclara, dans une de ses lettres pastorales, qu'au dix-huitième siècle « un aveuglement païen régnait sur le pays. » « Vers la fin du dernier siècle, selon M. Hamilton, l’inertie était devenue complète ct le christianisme vital semblait avoir abandonné la contrée. » « D’après des récits danois, la grande majorité du clergé est aussi imbue des nouvelles idées théologiques que leurs frères luthériens du clergé d'Allemagne. » De son côté, le prédicant du Sleswig, Petersen, rapporte que, « dans le clergé danois, la conduite religieuse et morale est l’exception, et non la règleÿ, »
On a récemment essayé de rendre la vie à ce cadavre, principalement Grundtvig homme de zèle et de talent, mais, par malheur, il avait des principes qui devaient être nécessairement fatals à ses projets. Le seul résultat appréciable de ses peines, M. Ilamilton le confesse, « fut de partager le monde des intelligences en sections opposées qui se haïssent profondément les unes les
tants des campagnes
« La religion, en Danemark, est chose exclusivement réservée au dimanche, écrit le correspondant du Times, témoin des événements de la guerre en 1864; en ce jour, un cinquième à peine de la population met le pied dans une église. » « Depuis la Réforme, ajoute-t-il, croyant faire son éloge, le luthéranisme a été un fardeau
vége, s’est transporté dans li seconde ville du royaume, Gothenbourg, et y a posé les fon. dements d'une colonie de missionnaires, 1 a ensuite visité les églises catholiques éparses eur divers points de la Norrége. » {Le Monde, 18 octobre 1864 ;
4 Düllinger, p. 84.
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léger pour la race danoise, une doctrine confortable, que les prédicateurs rendent très-douce à leurs ouailles!. »
Lorsqu'en 1849, le Danemark accordait une certaine liberté au culte catholique, le Holstein et particulièrement le Sleswig se refusèrent à suivre son exemple; on persista dans l’ancienne tyrannie. Malgré cela, le protestantisme est en ce pays dans une décadence marquée. « Il y a quelques semaines, écrit-on en octobre 1864, un catholique étant entré par curiosité dans le temple principal de Sleswig, ancienne cathédrale, pour assister au service protestant, y trouva le matin quatre personnes; et le soir une quarantaine, concours relativement considérable. — Pendant la dernière guerre, il s’est opéré, dans ces contrées, un bien immense qui, certainement, ne se serait pas réalisé dans d’autres circonstances. Or, ce bien est le fruit de l’impression produite par la charité, » L'auteur de lalettre donne le détail des œuvres admirables accomplies par les Sœurs de différents Ordres dans les hôpitaux et les ambulances, et des actes de dévouement des Pères Jésuites et de MM. les aumoniers. « Aussi, dans le Sleswig, les anciens préjugés se dissipent, la haine contre les catholiques s’apaise, les lois qui tyrannisaient les mariages mixtes sont abolies par les magistrats civils ; ils ont rendu à chacun pleine liberté de suivre les inspirations de sa conscience. Ce que l'Autriche n'avait pu obtenir, pendant plusieurs siècles, la charité catholique l’a fait*?. »
Un ministre anglican, qui déteste la religion catholique, dépeint, en 1865, les effets de la Réforme en Islande : « La Réforme fut imposée de force au peuple par le monarque du royaume uni de Danemark et de Norvége. Son introduction fut partout accompagnée de sang ; l'historien luthérien, Pierre Jousson, s'efforce inutilement de jeter un voile sur les cruautés atroces de cette époque®. » «Dans les temps catholiques, observe le même auteur, on avait établi des hôpitaux dans l'ile pour les malades pauvres ; mais après la Réforme, la charité s'affaiblit et on cessa d'entretenir ces institutions, » À Reykjavik, la capitale, « le nombre ordinaire des habitants qui fréquentent l'église pendant l'été — je ne parle pas le l'hiver — est de cinquante à quatre-vingts, sur une population de quatorze cents âmes. » Dans l'intérieur, les choses seraient encore moins brillantes !.
{ The Times, 5 août 1864,
# Voir pour les détails, Etudes religieuses e! historiques, novembre 1864. S Iceland, its Scenes and Sagas, par le vév. Sabine Gould, introd., p. xt. #Jbid., chou, p. 51; ch. vin, p. 161, =. Pour les détails navrants, d'après les veux des ministres, sur les ruines qu'ont amené la Réforme, voir le ch, x1v,
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Malgré le triste état de cet île, les autorités locales s'ingénient à faire de l'opposition aux bons missionnaires catholiques qui se dévouent à l’évangéliser. Elles se firent tout récemment expédier des lettres d’Havnic, centre du gouvernement danois, pour inter-
dire aux catholiques tout exercice de leur culte, malgré la to-
lérance qui commence à s'introduire en Danemark. En dépit de ces obstacles, la présence seule des missionnaires et leurs exercices
religieux suffirent pour faire déserter le misérabie établissement de “luthériens. « € I n'existe peut-être aucun peuple qui trouve dans sa nature à dans son climat même un attrait aussi puissant vers la religion, écrit en juin 1864 le Père de Kicre, missionnaire apostolique. S'il avait le bonheur de connaître notre foi, il s'y attacherait avec beaucoup plus d’ardeur qu'il n’en déploie em se mettant à la suite du spectre de Luther. »
Partout la soi-disant réforme a produit un fanatisme stérile ou une incrédulité sans espoir. Tandis qu'à la même époque l'Église ramenait de la barbarie vers Dieu des nations entières, et retirait des royaumes chrétiens des mains de l'hérésie, les sectes n'ont pas seulement échoué en voulant répandre le christianisme dans le moirtdre pays idolâtre, mais elles ont partout appris au monde païen à hair et à mépriser la religion du Christ; elles étaient en même temps sans force pour ’aaintenir chez leurs adeptes les vérités les plus fondamentales ; double infamie des sectes protestantes.