‹ Les missions chrétiennes [microforme]Chapitre 13 sur 226 · TT FR · texte numérisé non relu

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Plusieurs œuvres ont été commencées pour soutenir le mouvement du retour des Bulgares. Les Lazaristes ont ouvert une école normale dans leur collège de Salonique et de Monastyr, les Pères Résurrectionnistes polonais à Andrinople et les Pères de l’Assomption à Philippopolis ont fondé un collège et une école dans le même but.

La lutte est commencée, les combattants ne feront pas défaut; les catholiques, nous en avons l'espoir, ne leur refuseront pas les secours matériels qu'ils demandent avec instance, et sans lesquels leurs progrès seraient entravés.

« Nous avons la certitude morale, disait le révérend Père Lescœur, en 1862, que dans tous les centres où l’on bâtira une église catholique, n’eût-elle été désirée de personne, à peine élevée, elle se trouvera remplie de fidèles. Voyez ce qui vient de se passer à Andrinople; il a suffi à un de nos envoyés de se montrer et de faire comprendre aux populations ce qu'était l'Union, pour qu'aussitôt dix mille nouveaux fidèles nous fussent acquis. »

Terminons ces quelques mots sur une mission si pleine d'avenir, par un passage remarquable du rapport envoyé à l’œuvre des écoles d'Orient par le comité bulgare de Constantinople. « A la première nouvelle de l'union des Bulgares avec Rome, le patriareat grec a trembié jusque dans sa base; et le métropolitain d'Athènes demandait à ce moment, dans une lettre confidentielle à l’un de ses collègues, si l'heure n’était pas venue de cesser cette opposition inutile et de reconnaitre l'autorité du Pape. Puis vint la défection de Sokolski, qui dissipa les terreurs des uns et arrêta les nobles instincts des autres. Mais aujourd’hui que l’Union est sortie victo ricuse de cet ébranlement, de nouveaux symptômes commencent à se manifester, et laissent déjà entrevoir la dissolution imminente de l'orgueilleux patriarcat. Il y a un mois à peine, cinq évêques grecs et huit prêtres ont adressé au Saint-Père une supplique dans laquelle ils demandent à être admis dans le sein de l'Église de Rome. D'autres conversions se préparent encore parmi les hautes classes de la société grecque de Constantinople. En présence de ce progrès, chaque jour plus prononcé ; en présence de l'avenir grandiose qui se prépare au milieu de ces Églises rivales, fléau séculaire de l'Orient; à la vue de cette voie miraculeusement ouverte au catholicisme et à la civilisation pour se répandre dans l'Asie, uu

{ Rapport du comité bulgare, 1861.

catholique ne pourrait-il pas s’écrier du fond de l’âme, comme jadis Clément VII lors de la consécration de l'union reuthènne : 0 mei cari Bulgari, per vos totum Orientem convertere spero ! »

D'après un rapport sur l’état des établissements catholiques dans la Turquie d'Europe, présenté par le révérend Père Gagarin aux membres de l'œuvre d'Orient, et d’après l'annuaire pontifical, le Saint-Siége entretient dans diverses parties de cet empire un assez urand nombre d'évêques et de vicaires apostoliques.

Nous trouvons en Moldavie un vicaire apostolique de l’Ordre des Mineurs conventuels, et un en Valachie de l'Ordre des Passionistes. Ces Religieux sont chargés en même temps de l'administration spirituelle de la Bulgarie, qui compte cinquante mille catholiques du rite latin. :

Dans la Roumélie, au pied des Balkans, la ville de Philippopolis possède un vicaire apostolique de l'Ordre des Capucins. Les catholiques de Bosnie ont pour clergé, depuis des siècles, des Franciscains du pays, qui instruisent la jeunesse depuis les premiers éléments de la grammaire jusqu’à la théologie inclusivement. Le nombre des catholiques du rite latin s'élève à un chiffre assez considérable, cent cinquante mille. L'Herzéqovine possède un vicariat apostolique de l'ordre des Mineurs observantins.

En Albanie, il'existe sept évêques catholiques qui se sont entendus pour établir à Scutari un séminaire central destiné à former en commun Île clergé de leurs différents diocèses. Ce séminaire, confié aux Pères Jésuites autrichiens, donne de grandes espérances, L’évêque de Scutari est en instance pour obtenir des Sœurs de Saint-Vincent de Paul. MM. les Lazaristes y possèdent une maison de même qu'à Monastyr. Ils ont de plus une mission à Salonique et à Santorin avec des écoles dirigées par les £œurs de Saint-Vincent de Paul, au nombre de trente pour ces deux résidences.

En Grèce, à Athènes, le gouvernement français fait bâtir une grande église ; les Sœurs de Saint-Joseph de Marseille ont un pensionnat. Près d'Athènes, Syra est la résidence de l'évêque catholique; les Pères Jésuites siciliens s’y sont établis; les Frères dirigent des écoles gratuites.

Pour les îles loniennes, un évêque catholique réside à Corfou.

Quelques missionnaires appartenant à différentes congrégations parcourent les îles de l'Archipel. Un assez grand nombre de Maronites catholiques habitent l'île de Chypre.

Nous nous inquiétons peu des missions protestantes, toujours stériles pour le bien, dans ces régions comme ailleurs. On assure que dans la Roumélie seule il y avait, en 1569,

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