BEYROUTH ET SIDON
« [y a dix mille chrétiens à Beyrouth, catholiques romains pou la plupart, » dit le révérend docteur Durbin, ministre protestant. Cependant'il y en avait fort peu autrefois; de plus, « Beyrouth est le centre des missions américaines en Syrie, et les missionnaires ont ici plusieurs presses » qui emploient beaucoup de papier. M. Neale remarque « le magnifique établissement qui s'élève ici pour les Sœurs de charité, dont l’arrivée a rendu si heureux les catholiques de Beyrouth, » ainsi que leur « pensionnat et leur externat pure filles pauvres et les petites Arabes, de plus l'hôpital de marine. »
Si M. Neale avait revu Rial en 1865, il eût sans doute reconnu que les établissements signalés précédemment par lui sont loin d’être stationnaires. Les Sœurs de Saint-Vincent de Paul, au nombre de quarante, ct dans cette ville un orphelinat, une école gratuite, une école normale pour former des institutrices, en tout inille élèves. Outre l'hôpital, elles donnent leurs soins à quatrevingt mille malades environ par an à leur dispensaire, et vont aussi les visiter à domicile.
M. Cuthbert Young observe, en 1848, que « l'établissement des Jésuites, à Beyrouth, passe pour être un de ceux qui exercent le plus d’action ; ‘beaucoup d'enfants maronites et grecs sont élevés dans leur école. » Enfin, M. Warburton s'exprime en ces termes : « J'ai été très-frappé du zèle, du talent et du tact déployés par ces religieux. »
Ayant entendu ces témoins protestants nous pouvons, Sans enleindre notre règle, citer des autorités catholiques.
En 1859, le Père Badour adressait le rapport suivant au directeur des écoles d'Orient : « Notre établissement actuel comprend
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une église publique, une imprimerie et d'assez vastes écoles, Notre église est très-fréquentée. Notre imprimerie arabe, française italienne et même turque est sous la direction d’un de nos Frères coadjuteurs. Nous recevons gratuitement sans distinction de religion, de langue ou d’origine, cent soixante-dix élèves; des enfants grecs, juifs et tures s'y trouvent confondus avec nos petits catholiques, melchites, arméniens, maronites et latins. » Aujourd’hui cette école compte cinq cents élèves.
Un ecclésiastique français, qui avait fait le pèlerinage de Terre Sainte, s'exprimait en ces termes, au sujet de Beyrouth : « J'ai visité les écoles de Jérusalem, de Bethléem, de Jaffa, mais surtout celles de Beyrouth; en cette dernière ville particulièrement J'ai été ravi et étonné du bien que je voyais. Quelle intelligence dans cette jeunesse orientale! Que de progrès en peu de temps! J'ai vu des petites filles, après six mois de français, subir des examens sur la grammaire, faire l'analyse et parler déjà assez correctement, J'ai vu, là aussi, des enfants de dix ou onze ans répondre en trois ou quatre langues.
«Le bienfait de l'instruction se donne sans distinction de religion. On voit des Juifs, des Grecs schismatiques, des Druses, des Maronites, des Arabes, des catholiques, des Tures; et les écoles sont tellement appréciées par tous, que les pachas y enverraient leurs enfants s’ils osaient ; ce n'est pas seulement dans l'école que se fait le bien, c’est aussi dans la famille. J'ai vu de jeunes femmes sorties des mains des Sœurs, qui par leurs vertus et leurs capacités imposaient d'abord le respect à leur mari; elles gagnaient leur estime et leur affection, s'emparaient du gouvernement de la maison et amenaient leurs époux à des idées morales, puis religieuses. Enfin elles élevaient leur famille de manière à pouvoir servir de modèle, Qui ne bénirait la cause.de tant de bien, et qui ne se sentirait le désir de s’y associer ! »
Nous ne voudrions pas jeter une ombre sur ce charmant tableau, mais le même ohservateur francais se croit obligé de faire cette réflexion : « En Orient, la Russie ne recule devant aucun sacrilice. L'Autriche, de son côté, rivalise avec elle. Le gouvernement français ne fait rien ou presque rien! » |
«A Sidon (Seida), nous apprend en 1862 un ministre protestant, on compte dix-sept cents chrétiens, dont seize cents catholiques et cent cinquante grecs schismatiques. » Le protestantisme est entièrement stérile !.
The Land and the Book, par NM, Thompson, ch. 1x, p. 108.
d0 LES MISSIONS CHRÉTIENNES.
Dans cette ville, qui compte environ cinq mille habitants, les Pères Franciscains remplissent les fonctions de curé. Les Pères Jésuites enseignent gratuitement le français et l'arabe à trois cents élèves, Les Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition ont un hôpital, un dispensaire, des écoles gratuites, un orphelinat de soixante enfants.