‹ Les missions chrétiennes [microforme]Chapitre 22 sur 226 · JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

JÉRUSALEM

Le projet du roi de Prusse, chef des Églises luthériennes, a été vivement adopté par une Église qui recherche ordinairement sans

Travels in the Holy Land, par le Rév. I. A. Spencer, M. A., lettre xx, p. 485- 1850).

Travels and Adventures, ch. xv, p. 269 (1861).

# The Holy City, vol. H, ch, vi, p. 597,

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succès l'alliance des autres hérétiques. Enfin elle a réussi. l'Église d'Angleterre, malgré les protestations insignifiantes de quelques ministres qui semblent croire avec Pilate, qu'il suffit de se laver les mains pour décliner toute responsabilité, consentit en 1840 à exercer, alternativement avec un luthérien, le droit de nommer un évêque protestant à Jérusalem,

Le premier représentant de l'Église d'Angleterre fut le docteur

» Alexander lapidé par le peuple dès son entrée dans la Ville Sainte, "Ù les orientaux étant indignés de voir un évêque accompagné de 7 femme et d'enfants. Le docteur Gobat, dont nous avons parlé en “Ù Abyssinie, remplit à présent cet office.

4 D’après un biographe, anglais de naissance et de religion, "0 « Gobat, loin de reconnaitre l'Église d'Angleterre comnic la seule ou même comme la plus conforme à l’Écriture, refusa longtemps d'accepter les ordres de cette Eglise‘. » Cet auteur convient ouvertement qu'il n'aurait jamais dû les recevoir ; mais € Ctait le tour de l’Église anglicane, il fallait bien se résigner. Les comptes rendus de la mission protestante à Jérusalem, excepté deux ou trois, sont uniformes; nous pouvons les consulter au hasard. Les plus sérieux parmi les anglicans sont honteux de toute cette affaire, et ne seraient pas fachés de l’ensevelir dans l'oubli; nous n’avons pas de motifs pour refuser la discussion.

Le biographe du docteur Gobat, dont la franchise est presque indiscrète, révèle le but secret de son parti lorsqu'il dit: « L’évêché de Jérusalem devrait être un patriarcat protestant. » Voyons jusqu’à quel point ce projet fut réalisé.

Prenant les témoignages dans l’ordre chronologique, en voici la marche :

En 1841, un Anglais visitant Jérusalem s'exprime en ces termes : « Nous allämes au temple chez le consul; nous étions seulement dix, un missionnaire américain compris, » joint à la compagnie du voyageur. « Quant aux progrès du jixselytisme, M. Nicholaison ne voit pas plus de cinq conversions opérées pendant les neuf dernières années de sa résidence*?. »

En 1849, d’après un ministre anglais, l'Église se compose « de l'architecte, la famille de l’évêque, avec une partie de ses domestiques, plus deux missionnaires. » D'un autre côté, ce monsieur trouva à peu près huit cents catholiques à Nazareth « remarquables par leur conduite et leur bonne tenue;

1 Evangelical Christendom, vol. 1, p. 79.

2 M. Dawson Damer, vol. 1, p. 309; vol. ET, p. 35.

réellement, les enfants qui vont à l'école du monastére, sont très .

propres, et parlent l'Italien couramment *. » Un des membres les plus distingués du clergé anglican remarque sur la même mission, où il entendit des Arabes convertis au catholicisme répéter les chants de l'Église latine, « qu'il n'y a pas d'église en Palestine où les offices religieux semblent aussi dignes de la sainteté de l’endroit? ; » et d'après un autre les femmes catholiques de Bethléem sont «remarquables par leur indépendance et leur caractère moral®. »

La même année, un voyageur américain ne fait pas même allusion au « patriarcat protestant, » comme s’il n'avait pu le découvrir, et s'exprime ainsi : « Tout voyageur qui a visité Jérusalem, doit avoir éte frappé du contraste entre l'intelligence, l'esprit et la science des religieux du couvent latin, et l’ignorance grossière et abrutissante des moines grecs, dont le fanatisme superstitieux est à peine au-dessus du niveau de celui des musulmans*. » Cette appréciation est confirmée d'une manière assez heureuse par l’auteur de Eothen, quand il dit du « Padre superiore et du Padre missionario du couvent de Jérusalem : «Ils sont regardés à juste titre par les natifs et par les c'tholiques, comme des êtres supérieurs, car la nature semble les avoir couronnés de ses plus beaux dons. Le supérieur du couvert était un noble caractère, son autorité temporelle et spirituelle semblait l'avoir, pour ainsi dire, entouré d'une « cour; » la majesté de son port faisait honneur au trône sur lequel il siégeait.. Lorsqu'il sortait, les catholiques se pressaient autour de sa personne avec une affection dévouée ; c'était à qui participerait aux bénédictions attachées à sa présence, »

En 1845, M. Millard arrive à cette triste conclusion : « Jérusalem est de tous les autres points le moins accessible aux travaux des missionnaires protestants ©, »

En 18##, apparaît un témoin d’une autre espèce. Le lecteur se

{Egypt and the Holy Land, par M. Drew Stent, vol, If, chu, p. 4%; ch, vi. p. 168.

2 Sinai and Palestine, par Arthur Penrhyn Stanley, M, A, p. 457.

5 The Pülgrim in the Holy Land, par le rév. Henry S. Osborn, M A, ch, xui, p. 200,

4 Tour through Turkey, Greece, ete., par E. Joy Morris, vol, EH, ch, vi, p. 116, Le docteur Thompson remarque aussi le contraste entre «le decorum et la dignité » de la tenue des Religieux latins, la grossièreté des « Grecs et des Arm'nien, » The Land and the Book, ch. xvn, p. 650.

5 Ch. x.

U Journal of Travels in Egypt, par D. Miliard, ch. xx, p. 202.

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rappellera peut-être le révérend J. Tomlin, ministre anglican qui visita la Chine et tant d'autres contrées, toujours pour se rendre à des «appels » qu'il n’avait pas le courage de refuser. M. Tomlin nous dit: « Les travaux de l’évêque protestant de Jérusalem ont été singulièrement bénis du Seigneur. » Il l’assure très-sérieusement, sans prévoir ce que d’autres témoins, après lui, pourraient raconter sur le même sujet. M. Tomlin ajoute : « Les légions romaines s'avancent ; elles auront bientôt occupé le terrain ; » et alors il s'écrie, comme s’il éprouvait un tort fait à sa personne : « Elles se glissent en cachette par la voie que leur a ouverte la protestante Angleterre! ! » Cette remarque trahit un certain défaut d'exactitude historique. Il y eut jadis, comme aurait pu se rappeler M. Tomlin, un « royaume chrétien «de Jérusalem; » il dura près de deux cents ans; ct vu que les missionnaires catholiques sont là depuis bon nombre de siècles, nous pouvons l’avancer, sans trop de témérité : la notion de leur arrivée récente et secrète sous la protection britannique est tout à fait digne de M. Tomlin. La protestante Angleterre n’a pas été souvent généreuse envers « les légions romaines, » et ne les a certainement pas beaucoup aidées dans leurs voyages vers Jérusalem.

En 1847, le docteur Rae Wilson, qui n'avait sans doute pas lu M. Tomlin, et qui évidemment ne trouvait point sa solitude « singulièrement bénie, » s'exprime de la sorte: « Alors j'étais le seul protestant à Jérusalem ?. »

La même année, Tischendorff rend ainsi compte des opérations du patriarcat dont le docteur Rae Wilson et M. Joy Morris ne se doutaient pas: « Quant au baptême des convertis à Jérusalem, il s'administre, autant que je puis voir, d'une manière très-conforme au judaïsme le plus moderne. Six mille piastres (1,250 fr. environ) sont offertes au converti à titre de prime; il y a, dit-on, d'autres avantages considérables5, »

Malgré tout cela, on ne pouvait regarder les fruits comme très-satisfaisants ; car la même année lord Castlereagh émettait cette opinion fondée sur ses observations personnelles: « Le progrès des conversions et les intérêts du christianisme ne semblent pas, quant à présent, demander ou justifier ici un pareil établissement ecclésiastique, J'ai fait d’inutiles recherches pour trouver un nombre quelconque de convertis reconnus. » Puis 1 dépeint le

! Missionary Journals, ete. introd, p, 15, 1. * Travels in the Holy Land, ete, ch, xvnr, p, 589. * Travels in the East. par Constantin Tischendortf, p.159

pauvre auditoire officiel avec lequel nous sommes déjà familiarisés : « L'évèque compte à peine une assemblée de fidèles, en dehors de son chapelain, de son médecin et de leurs familles’. »

Toutelois, le docteur Gobat a fait des conversions, nous l'avons vu en Abyssinie, par exemple, dans la personne du « noble abyssinien » Girgis, qui abandonna la religion anglicane pour se faire musulman. Autre spécimen des succès du docteur Gobat. Un certain « Joseph était reconnu par les missionnaires Gobat et Mueller pour être un converti sincère?, » L'amiral Slade relate avec exactitude qu'il a figuré plus d’une fois dans le rapport de la Société Biblique, et qu'il a été cité comme exemple du succès des missionnaires. « On le recommanda même comme admirablement propre à prècher l'Évangile parmi les Arabes. » Voici les titres de ce favori de la Société Biblique. Le docteur Wolff, auquel il donna des leçons d'arabe, dit qu'il était « l'hypocrite et l'imposteur le plus infâme qu'il eût jamais vu; » et il avait bonne raison pour cela, car le missionnaire « si admirablement propre à évangéliser, » ouvrit avec effraction la malle du docteur Wolf, s’'empara de tout ce qu’elle contenait et se sauva . l'videmment le docteur Gobat n’est pas heureux dans ses convertis, ni la Société Biblique dans ses héros.

En 1848, nous avons un compte rendu offisiel présenté par le docteur Gobat lui-même. « Notre petite Société, assure-t-il, va son pelit train. Je regrette que nous n’ayons pas plus de vie spirituelle... Plusieurs croissent en grâce, je pense; il y a moins de divisions *.» Toutefois, mademoiselle Bremer , amie intime des différentes familles, déplore quelques années plus tard « le schisme profond entre chrétiens allant au même temple, » sujet de raillerie parmi les Anglais résidants à Jérusalem, Madame Gobat et madame Finn, femme du consul, «ne se parlent jamais: leurs maris se haissent°. »

En 1852, un ministre anglais, qui décrit le singulier usage fait « des Bibles et des brochures répandues à profusion parmi les peuples de l'Orient, » retrace ce sombre tableau des convertis obtenus jusqu'à ce jour : « Leur croyance est nulle, et leurs principes sont clairement subversifs de tout ordre. Je le maintiens, pour lavoir observé : tous les convertis au protestantisme en Orient

Ü A Journey to Damascus, ete., vol. I ch. xix, p. * Wolff, p. 285.

3 Slade, p 251.

4 Margoliouth, vol. IE, p. 205.

# Travels in the Holy Land, vol. HE ch. ur, p.104.

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appartiennent à l’une ou à l'autre de ces catégories. Ils sont où des "1 infâmes, ou des sceptiques, ou des incréduies. Les rapports des ociétés missionnaires elles-mêmes montrent la vérité de ces allé- * yations.,. L'œuvre des missions protestantes est simplement une œuvre de destruction ; elle fait d’abord dans les esprits table rase ; sur cette table elle ne réussit jamais à inscrire les lois d’une foi sincère et d'une pratique en rapport". »

Deux ans après, en 1854, le représentant d’une Société missionnaire anglaise reconnaît encore, en parlant de ces « convertis prétendus, qu'ils ont très-souvent pour motif caché quelque avantage matériel ?, » Nous les entendrons bientôt discuter entre eux le motif réel.

L’amiral Slade, la même année, nous prépare à d’autres révélations : « Je ne dirai pas que chacun d’eux soit gagné par des dons directs, mais ils le sont certainement tous par des promesses d'emploi dans le service des missionnaires, promesses qui souvent ne sont pas tenues ; en conséquence, les convertis se trouvent réduits à la misèreÿ. » Le révérend Moyse Margoliouth, aujourd'hui ministre anglican, confirme cet exposé défavorable. Ce monsieur, associé du docteur Gobat, tout en déplorant la singulière fragilité des protestants hébreux, ne s’abandonne pas pour cela au découragement. Il tire même une consolation d’une source inattendue : « Je n'aflirmerai pas que les juifs baptisés ne donnent des exemples d'une perversité consommée. Le clergé de notre Eglise bien-aimée en donne aussi, »

En 1855, M. Bayard Taylor, américain intelligent, raconte que, dans l'impossibilité de convertir n'importe qui à Jérusalem, des Juifs protestants « y furent amenés, aux frais des sociétés missionuaires anglaises, pour former une communauté protestante. » Ce procédé était onéreux ; car on estime que chaque membre coûte à la mission quatre mille eng cents livres sterling (112,500 fr.) : U <omume qui aurait christianisé dix lois autant de païens anglais, La mission, toutefois, est entretenue comme une sorte de luxe religieux, » D'un autre côté, ce voyageur observe que « beaucoup d'autres, comme nous, ont raison d'être reconnaissants envers les Religieux latins de Palestine, pour leurs bons services. Je n'ai

"N jamais rencontré des hommes meilleurs, plus affectueux et plns

aimables?®, »

Patierson, Journal of a Tour in Egypt, p. 45. © Journal of à Deputation, vol. HA, p. 351.

4 À Pilgrimage to the Land of my Fathers, voi. EX, p. 334. * The Lands of the Saracen, ch. xv. p.78: ch. vi, p. 100.

LLR

«Les Latins, remarque une Allemande protestante — les témoins indépendants emploient le même langage, — reçoivent tous les étrangers avec la plus grande impartialité. » Les protestants, voyant avec regret leurs coreligionnaires demeurer comme h. :es dans les couvents latins, imiteraient volontiers l’hospitalité des Religieux catholiques; mais un établissement protestant n’est pas possible, pour cette raison: « À qui appartiendrait-il? Aux calvinistes ou anx luthéricns, aux presbytériens ou aux anglicans” Les différents parti: n° s’entendraient pas aisément sur ce point ‘.» Un peu plus tard, néanmoins, ils se tirèrent d'embarras ; ils ne pouvaient s’entendre pour ériger un monastère ou une église ; — ils combinèrent leurs ressources et bâtirent un hôtel.

En 1857, M. Gibson répète des aveux devenus monotones : « Jusqu'à présent, peu d'Israëlites ont été amenés à embrasser le christianisme. Quelques-uns d’entre eux sont retournés au judaisme?, »

L'insuccès, après vingt ans de dépenses prodigieuses, était devenu si évident, en Angleterre, on commençait à parler si haut, que les missionnaires semblent avoir deviné qu'il fallait faire une diversion parini les sectes chrétiennes, plutôt que de continuer à ne rien faire du tout. Mais il ÿ avait une difficulté, on s’était engagé à ne pas essayer de convertir les sectaires de l'Orient, Une main, de laquelle on n'attendait pas cet appui, vint tirer le docleur Gobat de perplexité. Le narrateur de cet incident est le révérend docteur Stewart qui nous apprend que « lord Palmerston avait, d'autorité, aflirmé que l'évêque a le droit de recevoir les membres des autres eommunions qui viennent lui demander à être instruits. » Cette décision pontificale de l’éminent homme d'Etat, leva, comme on pouvait l’attendre, toute difficulté, excepté celle de procurer des sujets qui demandassent l'instruction. En ceci, lord Palmerston devenait impuissant, fallut donc avoir recours à la méthode habituelle : le docteur Stewart l'indique assez, quand il exprime son regret de ce « qu'il n'y a pas moyen d'éprouver la sincérité d'un converti avant son admission dans l'Église , » après quoi, il avoue franchement « qu'il condamne comme fautifle principe d'entretenir chacun des convertis”, »

Nous ne devons pas quitter la mission protestante de Jérusalem saus dire un mot de cinq autres témoins importants : le doctem

1 Comtesse Hahin-Hahn, lettre XXIX,

* Recollections of other Ladns. par William Gibson. BA, ch, xxx, p. 101

* À Journey to Syrin and Palestine, pu Robert Water Stewart DD ivonen eh, vin, LE 201, 005

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Frankl, le docteur Wolff, le docteur Robinson, M. Williams et le docteur Thomson, — un juif, un prosélyte et trois protestants, qui tous ont habité Jérusalem, et qui confirmeront leurs mutuels témoignages d'une manière inattendue.

Le premier de ces écrivains, dont l'ouvrage fut présenté aux lecteurs anglais par M. Beaton, fait ce récit: « Les protestants donnent de l’argent et démoralisent les familles. Quand un père gourmande ses enfants, on les entend produire cette insolente menace : J'irai à la mission. » Il cite l'exemple d'un juif qui s'était attiré une mauvaise affaire à la suite d'un vol de deux mille cinq cents piastres, et qui, n'ayant pas trouvé auprès de ses coreligionnaires « d’intercesseurs pour le défendre, alla à ia mission ; » mais comme ce voleur avait encore quelques préoccupations religieuses, il supplia le docteur Frankl de lui préter la somme qu'il avait soustraite, « pour le sauver lui, sa femme et ses enfants du baptème ! » Le docteur Frank! observe que cet exemple sert à montrer les principes et la moralité des convertis. » On attache si peu d'importance à la profession momentanée du protestantisme par un juif que sa famille, dit ordinairement : «Il reviendra, après s'être bien servi. » De fait, un écrivain qui connait le docteur Gobat, nous atteste que le converti hébreu, ayant épuisé la bienveillance protestante à Jérusalem, « devient plus juif que jamais, arrivé à Jaffa, Hébron ou Tibériade!. »

Le docteur Frankl raconte aussi ce fait curieux, que « les convertis » du judaïsme reçoivent le baptême dans différentes villes, avant de parvenir à Jérusalem » où ils sont enfin rebaptisés, avec un nouveau payement pour cette opération : récit confirmé par l'auteur des Voyages en Barbare, dénigré par M. Margoliouth, pour avoir osé dire d’un de ses convertis à lit : « C'ec! an moins la vingtième fois qu'onle baptise. » Le cas n'était pas rare, puisqu'un juif polonais formulait entre amis cette confidence : « Le baptême était notre seule bonne affaire, et qui Pa gâtée”? Les Juifs, en se vendant à plus bas prix les uns que les autres?. »

Le docteur Wolff, meilleur témoin encore que le docteur Frankl, adresse à la Société de Londres un rapport lamentable sur la conversion des Juifs. « En cinquante-deux ans, pardonnez ce rappro-

4 Misliu, Les Licuc Saints, Loue HE, eh, xxvun, p, 6.

# The dews in the East. Vol Fi chu, p. 05, 54, — Cependant les missionnaires protestants, sachant les désirs de ceux qui les emploient, ne se fatiguent jamais de fournie les matériaux propres à entretenir illusion des souscripteurs en Angleterre. Lun d'eux, par exemple, assure gravement ses lecteurs, d'après l'autorité d'un juif, que dans six ans tous les jui deviendraient chrétiens, Mason, Three Yeurs în Turkey, l 197

ü8 Lis MISSIONS CHRÉTIENNES.

chement, la Société a dépensé huit cent mille livres sterling (20,090,000 de fr.) pour convertir deux juifs et demi! » Il y à cinquante ans environ, le révérend Lewis Way, ministre anglican, déchargea généreusement la Société de ses dettes ; « il prit seize juifs dars sa propre maison et en baptisa plusieurs : mais peu après leur baptème, ils voièrent ses cuillères d'argent, et l'un d'eux fut transporté en Australie pour avoir imité la signature de M. Way. »

Un peu plus tard, « un jeune homme doué de taients cemirquables, Nehemiah Salomon, fut ordonné por l'évèque Burgess.…. I paraissait marcher très-bien, quand tout à coupil se sauva, après avoir tiré de la Société trois cents livres sterling; on n’entendit plus parler de lui. » D'autres exemples pareils affectèrest si vivement M. Way, qu'à ia fin, le cher homme monrat de chagrin à Leamington. »

Le docteur Wolff lui-même ne fut pas moins impressionne siar une parville série de malheurs. « La Société pour la promotion du christ auisime parmi les Juifs, éerivaital à son ami M. Henri Drummond, a été désappotuite par tous les Juifs dont elle s’est chargée ; lun est déve mabumétan, l’autre voleur, un troisième filou. » Au Caire, « nu Juif degrand talent » visita le docteur Wolff, et avoua « qu'il avait trois fois professé le mahométisme, afin de faire fortune, et qu’il avait divorcé avec une douzaine d’épouses, etc. » Sur quoi il ajoute : « Wolff lui prècha PÉvangile du Christ, et l’exhorta au repentir, » L’exhortation ne semble pas avoir été très -eflicace.

À Damas, Alep, Jérusalem, partout sur son passage, les « convertis » hébreux étaient de même qualité, en sorte qu'une expérience multiple le forçait à dire : « Les Juifs convertis par les sociétés ressemblent à des fruits orientaux eultivés dans les serres chaudes d'Europe ; ils n'ont pas le goût de ceux qui croissent naturellement. » M. Wolff: iemble pas avoir soupçonné la cause de tant de mécomptes, quoique, d'après son aveu, bien des Juifs devenus catholiques soient chrétiens sincères. — « Emmanuel Veit, à Vienne, et les deux Veit, gendr< de Frédéric Schlegel, M. Ratisbonne (de Strasbourg), sont vus d- vraies lumières dans l'Église chrétienne, » Il admet aussi, avec sa franchise ordinaire, que Ratisbonne fut converti, comme saint Paul, « soudainement, par miracle, » par une apparition de la Mère de Dieu; et plus loin :

« Ces Juifs seuls, convertis d’une manière si extraordinaire, sont bons à quelque chose”, »

4 Travels and Adventures of Dr. Molf,. ch, \ui, pe HT (1801. ? Ch, p. RCeSo; ch vi, pe 3.

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Le docteur Robinson, auteur d’un ouvrage très-connu sur la topographie de Jérusalem, appuie tous les autres témoins. « Les efforts de la mission anglaise » lui paraissent indignes d'une mention sérieuse ; et de ses propres compatriotes les Américains, il rend le compte suivant : « La maison de ***, » l’un des missionnaires, « était vaste et dalée en marbre ; d'un côté, s'étendait un agréable et spacieux jardin avec des orangers, de l'autre, des arbres productifs et beaucoup de fleurs. C'était réellement une des plus belles et des plus délicieuses résidences de la ville. » La femme d’un missionnaire américain nous a déjà dit que « cette vie de l'Orient est très-confortable et pleine de choses attrayantes ; » évidemment ses compatriotes partagent son avis. Nous apprenons sans surprise que « la peste et d’autres circonstances » dispersèrent bientôt ces opulents missionnaires » entourés de tant de jouissances, et « firent suspendre les travaux de la mission américaine à Jérusalem. »

Il est d’autres missionnaires que la peste tue parfois, mais ne fait jamais fuir. Les agents protestants, qui entreprendront quand on voudra d'enseigner à un saint François, à un Bonnieu ou à un Riccadona, une piété plus éclairée et « plus conforme à l'Ecriture, » préfèrent fuir quand le danger est à leurs portes ; aussi le docteur Robinson raconte, comme si la précaution prise par ses amis les missionnaires était trop naturelle pour demander aucune explication, que dans cette occasion la peste étant encore « bénigne, les missionnaires levèrent le camp, et ceux qui arrivaient partirent en hâte avec leurs familles !, »

A ce moment l'auteur d’un célèbre ouvrage anglais publiait le récit suivant : « Environ trois mois après mon départ de Jérusalem, la peste se déclara dans la Ville Sainte. Les religieux furent très-alarmés ; mais ils ne reculèrent pas devant le devoir... Un moine était choisi par le sort ou par toute autre manière ; ainsi désigné, il pénétrait dans la ville et remplissait exactement ses fonctions de prêtre au milieu des pestiférés.… Il était pourvu d'une clochette, qu'il avait ordre de sonner à une certaine heure de la matinée, s'il le pouvait ; mais, si au temps marqué on n’entendait aucun son, alors ses Frères savaient qu'il était dans le délire ou mort, el on envoyait un autre martyr pour le remplacer. Ainsi furent emportés vingt et un religieux ?. »

Le docteur Robinson, qui n’aime pas les catholiques, est forcé

1 Travels, etc., p. 327, 568.

* Eothen, ch, x.

d'avouer qu'ils ne ressemblent guère à ses propres amis. Il donne cette preuve de leur inflexible constance, au mieu des mauvais exemples de toute nature : « Les chrétiens du rit latin (les Arabes du pays) passent pour descendre de convertis catholiques du temps des croisades. » Les siècle: ne les ont point changés. Nous verrons ph. tard ce qu'il raconte des Maronites.

M. ‘“illiams, ministre anglais respectable, autrefois chapelain à Jérusalem, nous donne les indications que voici : « Ge fut un malheur pour notre Église d’avoir été d’abord introduite chez les chrétiens de Jérusalem, par un ministre luthérien danois. » Pour l'Église de M. Williams, ce genre d'introduction est une habitude. Ce Danois, dit-il, reçut « les ordres de l'Église anglicane, par des motifs d'intérêt plutôt que par conviction. » Mais si l’Église d'Angleterre ne peut produire de missionnaires, elle est assez riche pour payer ceux des autres sectes. « On commença par élever un te"ple capable de contenir quatre ou cinq cents personnes, remarque M. Williams, lorsqu'il y avait seulement huit ou dix individus auxquels il püt servir ; ils étaient là pour le bâtir ! » C'étaient « le ministre, l'architecte et son commis, le contre-maître, le charpentier, un apothicaire et une autre personne". » On commença pour cette congrégation officielle une église qui, selon le docteur Durbin, « coûtera environ cent cinquante mille doliars. »

M. Williams décrit ensuile les faits et gestes des ministres attachés au service de cette chapelle. « Les opérations des missionnaires de la Société n’ont pas été de nature à donner aux indigènes l’exemple d'un zèle ardent pour la conversion des Juifs; et leur manière de traiter les convertis ne pouvait leur laisser une idée favorable de leur discrétion. » 11 déplore « les erreurs sérieuses et les défauts dans la foi, les irrégularités scandaleuses et les excès dans la pratique, des membres peu instruits de cette petite congrégation. Enfin, observe:t-il, l'esprit de sacrifice personnel et la loyauté n'étaient enseignés ni en préceples, ni en exemples, par les missionnaires à Jérusalem * . » Cepcudant M. Williams ne met pas en doute la continuation de ce système at même prix, avec les mêmes agents et les mêmes résultats.

Cet auteur, qui raconte des faits sans jamais conclure, dépeint

{The Holy City, p. 579, 587.

3 P, 593. « M. Salt s’est plaint de ce que la Société de Londres pour la promotion du christianisme parmi les Juifs, avait envoyé à Jérusalens un missionnaire tout à fait impropre.….….; évidemment, il n’était que spéculateur, I vendait des remèdes aux femmes, afin de leur faire avoir des enfants, et il prétendait s'y connaître en sorcellerie, » (Docteur Wolff, Travels and Adventures, ch. vi, p. 107.

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aussi « les protestants faits par des Américains, qui donnent si peu de satisfaction » dans les intervalles de « la peste et autres circonstances. » Par exemple, un malheureux grec apostat, « le meilleur spécimen d'entre beaucoup, » après avoir été d’abord indépendant, puis anglican, « était tombé dans un état d’apathie et d’indifférence très-pénible à voir. » Un autre, moine grec « se présenta à l'évêque Gobat, en qualité de converti protestant. » « Le patriarche avait enjoint à ce moine de suivre certaine règle à laquelle il s'était refusé, » seul motif de son changement. Un troisième, « moine du Liban, me dit qu’il voulait se faire protestant. — Pourquoi? — Je veux me marier. — Pas d’autre raison? — Aucune’. »

En 1862, le docteur Thompsuii relate ses impressions, après vingt-cinq ans d'exercice comme missionnaire en Palestine et en Syrie : « Notre expérience des missions sur ce point est trèspénible et, j’aime à croire, particulière à cet endroit. Il ne serait pas charitable, peut-être même injuste, de dire à tous ceux qui se présentent : vous nous recherchez, non parce que vous avez examiné et que vous croyez nos doctrines, mais en vue d'un avantage temporel; cependant, il n’est difficile de me rappeler un seul cas où l'espoir d'en obtenir n'ait été le premier motif. » Puis, rapportant ce trait d’un prétendu disciple du docteur Chalmers qui « fut chassé à coups de pied par son maître, quand il découvrit qu’il voulait lui emprunter de l'argent, il ajoute : « Si Chalmers en Palestine devait adopter cette méthode expéditive, 1] aurait aussi bien fait de rester chez lui (inthe nursery)*. »

D'après le dernier rapport lu en séance annuelle, le 18 juillet 1864, à la Société des missions protestantes en Orient, les recettes seraient moins brillantes que l’année précédente : treize mille francs de déficit environ (910 liv. st, au lieu de 1,400 liv.). La vérité commencerait-elle à luire, le piétisme des dames anglaises serait-il en train de déchoir? Une somme de quinze mille francs fut cependant assignée à l'évêque Gobat; il annonce, en échange, que « l'effet des missions en Terre Sainte a été de donner une grande impulsion à la cause de l'éducation et de la religion dans ve pays ! » Nous connaissons les qualités de ses convertis; :e dermer rapport n'est pas plus favorable; on fait même circuler des doutes à leur égard : « ils troubleraient l’ordre moral. » Outre la ressource de se faire musulmans, les pertnrbateurs, parmi les

1 The Holy City, ete., p. 578, 595.

* The Land and the Book, ch. xxvn p, 40N

chrétiens, ont la faculté de se dire protestants. Mais, d'après le proverbe anglais, « tout est poisson qui vient au filet". »

A Jérusalem, l’histoire de l’Église anglicane, partout assez semblable, acquiert plus de gravité. Non-seulement les protestants ne peuvent, dans la Ville Sainte, faire partager leurs opinions, mais ils semblent même perdre, dans beaucoup de cas, tout sentiment religieux.

Le catholique seul peut visiter sans danger pour son àme les Saints Lieux, où le Fils de Dieu a passé les années de sa vie humaine. « On ne saurait nier, dit M. Stanley, autrefois précepteur du prince de Galles et aujourd'hui doyen de Westminster, que c'est une épreuve pour le sentiment religieux, de se trouver sur le théâtre même d'événements que nous avons été habitués à regarder comme s’étant passés dans le ciel plutôt que sur la terre?. » En d’autres termes, le croyant seul, dont la religion consiste dans la Foi et non dans le sentiment, qui pénètre d’un regard les voiles symboliques et sacramentels, et qui reconnait les vestiges de la charité divine, peut se hasarder au contact du Cédron, de Gethsémani et du Calvaire. Ces endroits sont mortels pour tout autre. Ils ne révèlent pas à l'œil du corps leurs merveilleux secrets; les homines qui viennent pour regarder cessent même de croire. « Le commandant d'un navire anglais, rapporte un écrivain de ce pays, m’a dit qu'il avait accompagné une fois, à Jérusalem, vingt personnes de son bord; et que, de ce nombre, sept étaient revenues ne croyant plus, non-seulement à l'authenticité des lieux, mais même au christianisme”. » Telle est la valeur du « sentiment religieux. »

Lorsque le résultat de ces visites est moins fatal, il est souvent assez désastreux. On pent à peine trouver un écrivain protestant d’un pays quelconque, qui n’applique aux Lieux Saints le ton de critique avec lequel on discuterait les ruines de Pompéi ou les fossiles du Maine et de New-Jersey. De fait, le protestant manifeste fréquemment un intérêt plus vif pour les reliques de cette dernière espèce, et une soumission plus entière aux témoignages de l’histoire ou de la science. A Jérusalem, il est « scandalisé » à chaque pas. « L'Américain, dit un missionnaire de cette nation, auquel on a montré le rocher de Plymouth, la colline de Bunker- Hill ou le mont Vernon, et qui a cédé aux saintes impressions de

1 Le Monde, 2% juillet 1864.

3 Stanley, Sinat and Palestine, p. 426.

3 M. Dawson Damer, ch. iv, p. 92.

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Les écrivains anglais et allemands rivalisent avec M. Perkins. « Le seul endroit, dit M. Dawson Borrer, qui ait arrêté plus spécialement mon attention » dans cette ville, « horrible ensemble de momeries, » n’était pas le Calvaire, le Cœnacle ou le Prétoire, mais un certain « point sur lequel probablement existait un pont de construction juive?! »

« Je suis allée sans la moindre foi, dit M" Bremer dans un livre plein de sentiments faux et de pathos artificiel, au tombeau du Christ, dans l'église du Saint-Sépulcre. » Elle avoue, il est vrai, qu'elle a été un peu impressionnée par « la dévotion évidemment profonde des pèlerins, » quoiqu’elle considère la scène en général comme «un spectacle puéril. » « Notre Eglise, protestante rationnelle, peut très-bien s'élever contre la coutume et la superstition en se tenant debout, droite et inflexible, là où l'Église catholique et l'Église grecque plient le genou, eu appliquant leurs lèvres dans l’ardeur de leur adoration®. »

Un autre voyageur anglais tres-renommé, le savant docteur Clarke, assure à ses lecteurs que sainte Ilélène était « la vieille dame aux donations charitables à laquelle on est principalement redevable de ces dépôts de superstition ; » et au sujet d’une tradition sur la demeure de la Sainte Famille : «Il semble mieux convenir aux sentiments des protestants de n’accorder aucune croyance à toute cette momerie*. » Peut-être avait-il raison.

Un évêque anglican, comme s’il voulait montrer que des hommes de sa position peuvent surpasser tous les autres en impiété fanatique, se permet cette réflexion : « On aurait peutêtre plus besoin d’une croisade pour délivrer les lieux sacrés de la Palestine des idolâtres chrétiens, qu'il n’y en eut jamais pour

! Residence in Persia, vte., par le Rév. Justin Perkins, p. 275. — Trois sites célèbres en Amérique : l’un comme point de débarquement des premiers colons anglais; le second, champ d'une bataille; le troisième, lieu de naissance de Washington.

3 Journey from Naples to Jerusalem, par Dawson Borrer, esq., ch. xxiv, p. 404.

5 Travels in the Holy Land, par Fredericka Bremer, vol. E, ch. 1v, p. 112-16. — Cet auteur, qui est trop absorbé dans l’adoration de lui-même pour pouvoir adorer autre chose, nie entièrement l'authenticité du Calvaire ; elle doute « du miracle de la résurrection de Lazare » et de beaucoup d’autres faits « rapportés dans la Bible; » mais, d’un autre côté, elle admire le dorteur Gobat et madarne son épouse, quoiqu’elle regrette que peu de leurs convertis « aient été regardés comme des chrétiens remarquablement bons. »

* Travels in various Countries, par E. D. Clarke, L. L. D., vol, EV, ch. tv, p. 174.

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la délivrer des disciples du faux prophète‘, » Un musulman, dans l'opinion de cet évêque, est beaucoup moins nuisible qu'un catholique. Un autre ministre anglican très-respecté considère l’occupation de Jérusalem par les Tures comme un fait providentiel, destiné à arrêter les progrès de « l’idolâtrie; » et il cite, en paraissant l’approuver, le mot de Mahomet dans le Coran : « Les chrétiens ont oublié ce qu’ils ont reçu de Dieu? »

Pendant que quelques protestants se contentent d'outrager les chrétiens, d’autres avouent leurs doutes sur le christianisme; voici le langage .de l’un d’eux : « Comme je gravissais le mont des Oliviers sur les traces mêmes du Christ, j'ai trouvé tout à fait impossible de concevoir que la divinité, sous une forme humaine, eût marché là avant moi. En conséquence, j'ai préféré douter de cette tradition *. »

I n’est cependant rien peut-être de mieux reconnu par toutes les races humaines, à l exception des protestants, que les traditions concernant les lieux sacrés. « Les musulmans, comme l’observe un savant archéologue, ont toujours été d’accord avec les chrétiens quant à l'authenticité de nos sanctuaires*. » « La tradition à Jérusalem n'a qu'une voix, affirme l'auteur d’Eothen, Romains, Grecs, Arméniens, Juifs, qui se détestent les uns les autres, s'accordent pour assigner les mêmes lieux aux événements de l'Évangile. » « Les lraditions bibliques, atteste M. de Saulcy, sont impérissables. Ici rien de ce qui a rapport à la Bible n’est altéré, rien n’est changé, pas même un nom. »

Mais ces faits n’ont aucune valeur pour des hommes qui suivent avec un puéril enthousiasme la trace d’un héros favori, et la couvrent de superbes monuments ; mais s'il s’agit de Celui qui est à leurs yeux un fantôme historique, ou tout au plus un objet de « sentiment, » ils préfèrent « douter de la tradition. » « Beaucoup de protestants regardent toutes les traditions par lesquelles on cherche à démontrer l'authenticité des lieux saints de Palestine, comme entièrement fabuleuses . »

Le lieu de naissance de Newton, l’habit de Nelson, la maison de Shakespeare, sont des reliques qu’ils défendent avec ardeur ;

1 Palestine, or the Holy Land, par le très-révérend M Russell, du collége de Saint- Jean, Oxford, ch. 1x, p. 380 (1860).

? Scripture Lands in Connection with their History, par G. S. Drew, M. À., titulaire de Saint-Barnabé, South Kensington, ch, vu, p. 557 (1819),

5 Bayard Taylor, ch. v, p. 74, 84.

4 La Terre sainte, par M. l'abbé Bourossé. eh. 1v. p. 6.

5 Eothen, ch. 1x.

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mais la maison de Joseph, le lieu de naissance de Marie, ou la robe de Jésus, tout cela est « entièrement fabuleux » et ne mérite qu'un méprisant dédain. Îl est digne d’un philosophe de garder dans des châsses somptueuses les restes d’un homme qui ne servent même plus d'aliment aux vers ; mais une puérile superstition » est seule capable de respecter les souvenirs que l'Homme-Dieu, ou “ sa Mère immaculée, ont laissés sur la terre. “ Cette méthode d'effacer ou de discréditer des traditions impor- Ltunes « est très-approuvée dans la spéculative Allemagne, » où l'on vénère l'encrier de Luther et d’autres reliques de même valeur. L« J'ai consenti à porter aux missionnaires américains de Jérusalem, dit un voyageur, la brochure d'un ministre protestant, qui conteste le lieu du Saint Sépulcre, sans jamais l'avoir visité ! * » S'il l'avait visité, il aurait peut-être contesté le crucifiement. « Même la Voie douloureuse, remarque ironiquement le docteur | Robinson, semble avoir été montée pour la première fois pendant ou après les croisades; » bien que, selon Tischendorff, « le vrai chemin suivi par Jésus-Christ dût être dans cette direction. » Le docteur Robinson paraît ici coupable au moins d’un anachronisme. Il y a cinquante ans, on acceptait un pareil langage comme trait d'esprit, et plus d’une réputation se fit par de tels moyens. Le monde est devenu moins facile, et ne regarde plus une mauvaise plaisanterie comme un équivalent à la sagesse et à la scienceÿ. Dans l'enceinte du Saint-Sépulere, dans ce lieu vénéré par les anges, nos frères séparés se permettent d'incroyables réflexions jointes à des harangues; « les seuls visiteurs, disait dernièrement à l'auteur un de ses parents ministre anglican, qui ne se prosternaient pas la face contre terre, étaient des Tures et des protes-

! Un savant voyageur anglais observe, sans même penser dans ce cas à la critique, que « la relique très-authentique » de la barbe de Mahomet « constitue la sainteté attachée par les musulmans à la ville de Cairwaan. » ‘Davis Ruined Cities, etc., p. 272.' Au sujet de la tombe supposée du roi Iliram, près de Tyr, en faveur de laquelle on n'allègue aucune autorité, € sauf la tradition du pays, » un missionnaire protestant s’exprime de la sorte : @ Comme il n’y à rien dans le monument lui-même d’incompatible avec l’idée, je penche pour tolérer cette prétention sans la contester. (Thomson, the Land and the Book, ch. xiv, p.196.) Les traditions chrétiennes seules n’ont pas cel avantage, Le même écrivain se moque du Saint-Sépulere et trouve que le tombeau de Lazare € n'est en rien satisfaisant; il inspire même le dégoût ; » il @ est sorti de l’église de l’Ascension avee un sentiment profond de répugnance. » (Ch. xuiv, p.675, 697.) Cet homme est cependant un des plus modérés de son espèce.

? Comtesse Hahn-Habn, lettre XX VIE.

3 Combien est différent le caractère de la foi chrétienne! « Les fidèles ont une lumière particulière jointe à la tradition, dit un auteur qui semble inspiré du Saint-Esprit, pour les maintenir dans la vérité au sujet des sites de la Terre Sainte, » ‘Maria Agreda, citée par le Pêre Faber, Bethlehem, ch. vu, p. 582.)

tants anglais, mais les premiers étaient de beaucoup les plus respectueux. » Ce respect au tombeau de Jésus-Christ, devant lequel veillèrent les saintes femmes, inspire le dédain aux disciples de Luther, de Calvin et de Cranmer. « Je n’ai jamais rien vu d’aussi abject, dit l’un d'eux, que la conduite des pèlerins devant l'autel de la chapelle du Calvaire. On peut à peine reconnaître en eux des hommes!. » Ce personnage regarde comme une abjecte dégradation de se prosterner et de pleurer au tombeau du Sauveur. « Je me reconnais coupable, dit un officier anglais distingué, de n'avoir ni pleuré, ni ôté mes bottes, n1 joué aucune autre farce » au Saint-Sépulcre : tels sont ses reproches adressés « à d’autres pèlerins, qui s’avançaient les pieds nus et fondant en larmes?. » Ceci s'accorde avec les remarques également cyniques d'un missionnaire anglais à à Ceylan, témoin une fois, dans l'Église catholique, de certaines cérémonies qui lui sou des observations semblables : « Les grands événements de la conception de Notre-Seigneur, sa naissance, sa vie, son agonie, son Jugement, sa mort, etc., tout est représenté comme sur un théâtre. Les pauvres enthousiastes sont enchantés et très-touchés de ces scènes. » Il semble étonné de ce qu’ils ne partageaient pas son indifférence.

Ces sentiments manifestés, sauf de rares exceptions, par ies missionnaires anglicans et américains dans l'Orient, font comprendre le profond mépris et l'indignation qu'ils ont soulevés parmi les races de ce pays. Les Maronites, nous dit-on, « confondent maintenant sous le Uitre commun de bibliques tous ceux qui appartiennent à la nation anglaise, et le touriste anglais peut à peine traverser le Liban sans danger*. »

Cependant M. Farley, tout en conservant ses opinions personnelles, reconnait avoir reçu partout en Syrie la réception la plus polie et la plus cordiale de la part des prètres et du peuple. D'après lui, les Américains, qu'il n'était pas chargé de défendre, sont universellement détestés. «Il faut l'attribucr, je pense, à la manière dont ils parlent de tout. Sterne a dit : Je méprise un homme qui peut voyager de Dan à Bersabée, et répéter : Ce n'est qu'un désert; telle est cependant l'expression habituelle des voyageurs américains. Les traditions des siècles sont renversées, et les préjugés locaux du peuple sont froissés par la manière inconvenante

The Wanderer in Syria, par G. WW. Curtis, ch, 1, p. 211.

* Colonel Napier, Reminiscences, ete., vol. HE, ch. 1x, p. 197.

$ Rév. M. Clough, cité dans Asiatic Journal, vol. 1, p. 582.

\ Correspondance d'Orient. par M, Michaud, de l'Académie française, et M. Poujou lat, tone VI, p. 80

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» d'autre source dans l’endroit. Quel malheur qu il n'y ait pas de fontaine à l’autre extrémité de la ville, pour avoir une raison de

douter !! » | À l'honneur de quelques protestants plus éclairés, les excès des » nissionnaires sont généralement corrigés par le témoignage, quelquefois par les marques d’indignation, de voyageurs laïques. Les Electeurs de l'ouvrage de M. Farley sur la Syrie se rappelleront le cas du révérend M. John Baillie, ministre de l'Église libre d'Écosse, } dont « la bigoterie grossière et brutale, » dans le monastère du mont Carmel, fut châtiée avec un éloquent dégoût par une multitude de touristes anglais et écossais, Mais revenons à Jérusalem. Îest vrai que la Ville Sainte est le théâtre presque Journalier de scandales, qui déshonorent le christianisme aux veux des infidèles; nous devons au schisme ce fruit amer. « Il S'y passe des scènes plus convenables à des salles de spectacle et endroits semblables qu'à des temples et à des cœurs contrits?, » Cependant ces seènes ne sont rien auprès de celles qui eurent lieu à ce même endroit, il y a dix-huit siècles, en présence des mêmes spectateurs ; les uns, alors comme aujourd’hui, « blasphémaient et secouatent la tête, » les autres se frappaient la poitrine et pleuraient en silence. C'est sans doute avec regret que la France, l'Autriche et l'Espagne, autrefois les gardiennes du tombeau de Jésus-Christ, se tiennent à l'écart et permettant aux Russes de souiller les saints lieux. « La pâque des Grecs, dif M. Stanley, en cela nous serions deson avis, est le plus fort argument moral contre l'identité du lieu qu’elle prétend honorer ; quand on considère le lieu, le temps et l'intention du soi-disant miracle, c'est probablement l'imposture la

1 Two Years in Syria, ch xxxiv. — Nous he pouvons omettre la leçon précieuse qui ressort d'un ouvrage récent du savant M. de Soul y, dont la manière de procéder, pleine de cireonspection, peut servir de modéle aux touristes amateurs et aux missionnaires orgucilleux Lorsque Parcude de FEcce Homo fat montrée pour la premiére fois à cet observateur, son ccractère et son apparence génerale le portèrent à ce rejeter la tradition chrétienne, » Quelque temps après, un ouragan, qui renversa prés de quarante maisons à Jérusalem, fit tomber lenduit moderne qui masquait auparavant lt maison de Pilate et laissa voir la porte en arche ronde derrière le. «Dès 6 tmoment, dit M. de Sauley, je cessar d'avoir le plus léger douti Narratire of « durney round the Dead Sea, ch, vu, p. JA : édition anglaise,

? Palestine, ete. par S. Monk, p.616

plus sépugnante du monde’, » Néanmoins elle est patronnée par la Russie, et adoptée par toute la communion grecque, quoique, selon la remarque énergique du docteur Wilson, « la fête des Atecs, cette cérémonie du feu sacré souillée par le sang de leurs hideux sacrilices, comparée avec le miracle annuel de l'Église grecque dans la crypte du Saint-Sépulcre, était pleine de signification et de grandeur solennelle ?. » Mais les nations se sont divisées depuis longtemps, et de la division naissent le scandale, l'opprobre, le déshonneur. La présence du Russe, de l'anglican et du calviniste dans la Ville Sainte excitent le mépris des musulmans, « ILest très-regrettable, dit M. Curzon, que l'empereur de Russie, par sa politique brutale, ait discrédité la religion chrétienne, » Mais il remplit sa mission comme chef d’une église « nationale; » il ne s’inquiète pas de purifier ce temple souillé, et ses sujets spirituels ne sont que des agents politiques. Les protestants ses alliés préféreraient avec lui voir le Turc régner à Jérusalem plutôt que le Frane ; « l'abomination et la désolation » sont moins blessantes à leurs yeux que ne le serait la Croix, si elle était plantée de nouveau sur la montagne de Sion par une main qui ne serait pas la leur.

Cependant la Ville Sainte, « où tant de vertus ont puisé le secret de leurs forces, » au souvenir de laquelle tant d'hommes se sont immolés parce que l'Homme-Dieu à voulu ÿ mourir, n'est pas privée des témoins vivants Ju Sacrifice,

Mgr Valerga, patriarche latin, doué d’un zèle infatigable, avec M. Deques anviller son grand vicaire, et cinq prêtres coopérateurs, {orme à Jérusalem le centre de la vie catholique. Un grand et un petit séminaire, objets de sa sollicitude et confiés à neuf prêtres missionnaires, préparent au moyen de fortes études les éléments d'un elergé indigène, Mgr V alerga a pu, pour cet usage, élever à eit-Jallah les constructions nécessaires ; dans leurs dépendances est une école d'arts et métiers pour les enfants pauvres et orphelins, Cet établissement considérable sert de foyer d'où rayonnent les missions de Palestine et de Samarie, Le patriarche en a fondé sept qui ont chacune un prêtre, et des religieuses dans plusieurs, Fest parvenu aussi à élever dans Penceinte de Jérusalenr un patriareat avec une vaste chapelle,

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de leurs sueurs et de leur sang, les gardiens des Saints-Lieux. Le rapport présenté au chapitre général à Rome, en 1856, nous ermet de donner les indications suivantes :

La Custodie de Terre-Sainte comprend la Palestine, la Syrie, Chypre et la basse Egypte; elle compte deux cent dix-huit personnes dont cent dix-neuf prêtres; huit couvents, dix-huit hospices, dix-neuf paroisses, sans mentionner un grand nombre de sanctuaires et de chapelles jointes à des écoles où sont employés seize » religieux et quatre-vingt-douze laïques”. | » Les Arméniens unis se sont établis à Jérusalem sur la Voie douloureuse. Le Gouvent de la Flagellation vient d’être rétabli avec

M les aumônes de l’archiduc Maximilien et du duc de Modène.

Les Dames de Sion possèdent aussi sur la Voie douloureuse, près

et des musulmans. Elles dirigent dans le voisinage, à Saint-Jean du Désert, un orphelinat de cinquante enfants.

Les Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition tiennent à Jérusalem, de même qu'à Jaffa et à Bethléem, des écoles gratuites ; elles ont de plus un hôpital où elles recoivent les malades de toutes les croyances.

Un magnifique hospice à été construit par les Autrichiens et confié aux religieuses dites Sœurs-Grises.

Une petite conférence de Saint-Vincent de Paul exerce une bonne influence.

Nous devons mentionner les caravanes organisées deux fois l'anuée par Œuvre des pèlerinages qui compte, depuis son sririne récente, un grand nombre de pèlerins, parmi lesquels plu: d'un petit-fils des croisés à voulu renouer la chaine qui nous attache au saint tombeau.

L'église de Sainte-Anne, eédée à la France après la guerre de Crimée, est à l'état de ruines, Après avoir arrêté dans ses conquêtes matérielles une puissance formidable, là France ne se laissera pas vaincre en influence morale, que la Russie, par ses constructions à Jére salem, cherche à coniquérir.

Les Grecs et les Arméniens sehismatiques, les Russes, les prolestants anglais, américains, prussiens ont beau multiplier leurs élablissements à Jérusalem, les résultats ne répondront jamais à leurs somptueuses prodigaités. 1 leur faudrait une vie que le

iat du catholicisme en Terre Sante par M Gaultier de Claubess Bulletie 4 Pélerinages, Lomme Hp OX 159

schisme ou l'hérésie ne donne pas. Ce que l'erreur ne formera jamais, et ce qu’elle nous envie, ce sont nos communautés de Religieuses. « Cette sainte croisade, dit très-heureusement Mgr Mislin, accompagnée de la charité et de ses œuvres, conquerra ces régions d’une rnanière plus infaillible cet plus durable que ne pourraicnt le faire des armées. »

On compte, sous la houlette du patriarche latin de Jérusalem, sept communautés qui travaillent avec le plus entier dévouement : en Judée, les dames de Sion et les Sœurs de Saint-Joseph de P'Apparition ; en Galilée, les Dames de Nazareth ; à Beyrouth, les Sœurs de Saint-Vincent de Paul ; en Cælésyrie, les Sœurs du Sacré- Cœur : dans le Liban, les Mariamahs. Ces communautés trouvent même dans le pays qu’elles habitent d'excellents sujets, dont le concours décuple leurs forces pour l'œuvre des écoles et des malades'.

Nous ne citerons pas en détail les conversions obtenues chaque année par les missionnaires catholiques, comme les premiers apôtres, parmi les Juifs, à Jérusalem. Les enfants d'Israël suivent, quelquefois, un chemin plus détourné pour entrer au bereail,

Le jeudi 28 juillet 186%, un jeune israëlite de vingt-quatre ans appartenant à la marine militaire des confédérés d'Amérique, recevait le baptème à Paris, En qualité de second, il avait pénétré en Angleterre, afin de prendre avec son capitaine le commandement d'un navire construit, pour le compte du gouvernement de Richmond, dans un des chantiers de la Grande-Bretagne.

Se trouvant sans cesse entre la vie et la mort, exposé à être coulé bas, peut-être en quittant le rivage, ce jeune homme s'était dit : si ma position est précaire dans ce monde, il faut au moins m'assurer mes destinées futures. Î voulait recevoir le baptème. Avant son départ d'Amérique, un évêque catholique ne le trouvant pas assez instruit n'avait osé le lui accorder, Depuis lors, il continua ses

Les vares imitations des religieuses catholiques par les dames protestantes, sous le non: de diaconesses, ne sont pas bien sérieuses, Cette position est en général adoptée, en attendant mieux, Le mariage, par exemple, quand elles en trouvent l'occasion, ne leur est pas interdit, Un de leurs révérends directeurs, ministre protestant prussien, dans une de ses tournées d'inspection pour constater leur piété et leurs vertus, était sorvi pendant son repas par une diaconesse, An dessert il coupe une poire en deux Ltient un moment dans chacune de ses mains, et, prenant un air inspiré

art ft es rapproche en disant! Nos cœurs séparés sont faits pour s'unir, ma sœnr, est la volent du ciel — Le ministre était veuf, le mariage s'ensuivit,

Ce fait n'est pas isolé, Les réunions de diaconesses sont regardées en Allemagne comme des p'pumères d'épouses à lusge des ministres et des malades qu'elles soignent.

Vos reteouses comptent des saints pour (ondateurs. Les diaconesses de Breslau on eu pour procureur el pour soutien ie conseiller consistorit Wacbhler qu'on a (trouve

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études préparatoires. Le 28 juillet, il prenait à Londres "P:

un billet d'aller et retour dans la même journée ii sé du Nord, il dit au cocher d'une voiture de place de le : me chez les Jésuites. Cet homme, pra au fait de la damiense er rends Pères, le mena rue de Sèvres, chez MM les Le os «Suis-je, demanda-t-1l, à la maison des auilou? Le ge s'il est question d’une affaire religieuse, ces messieurs RES vous être utiles. » Cette réponse ne satisfit pas le rare Avant entendu beaucoup parler contre les Jésuites par ru eur dules et par les protestants, il s'était dit: « ces eo. être les meilleurs parmi les catholiques. » La résid nee l ps lui fut mdiquée. dut

Ne connaissant le nom d'aucun d'eux, 1l se confia à la bienveil lance du Frère portier. Le premier auquel on l'adressa allait or ; Il Faosssene vers le concierge dans lespoir d’être plus re ms Le Pére de Damas était dans sa cellule, on lv introduit N icite quelques instants d'entretien pour une communication ie . Le révérend Père, retenu avec un étranger, pria le Je dors de revenir dans nine heure; il en était die à le green es ‘ x et demie, Au moment indique , le néophyte se trouvait en présence du Père.—« Monsi voiel mon billet pour Londres, ïe dois repartir ce or x ee je viens vous supplier de m'accorder le baptême. j Il és ne sition et ses antécédents. Le révérend Pere huit . : ner son instruction suffisante ; il le conduit à la chapelle el | Re nistre le sacrement de la régénération. Pour exprimer Die ua reconnaissance, le nouveau chrétien voulut offrir ne ter æ devait être distribuée par les mains du révérend Père | Maluré a instances elle fut refusée, les occasions ne oo: . ss : ; ‘an ? k : D nn. RES A emq heures lintrépide marin Stat le re Damas pour reprendre le chemin de Londres, sans s'i

quiéter des merveilles de Paris qu'il n'avait jamais cup ï bu Ur d'emporter l'espoir de retrouver ses nouveaux bires Rs

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