‹ Les missions chrétiennes [microforme]Chapitre 23 sur 226 · LES MARONITES · texte numérisé non relu

LES MARONITES

| be quittant la Ville Sainte, si mous dirigeons notre Vovag e vers - ord, nous arriverons aux forêts et aux montagnes du “Li ul )S à 1Q ‘" \ à NE sa à à Br EL Nos ines sé ront consolées et rafraichies, Fei nous trouver une nation profondément ehrèti pare ! profondément chrétienne dans sa vie sociale et rel re ne É: Pr ue , ‘ { aile el rehsieuse, constante dans la foi, fidèle au Saint-Siège, et douée pa ge, ée par une

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“te roi ln : s bénédictions énéreuse Providence de qualités qui lui ont valu les bénédic de l'Église et l'admiration de ses Se nee A ES Es , idè 1li es Maro , : sidère la position Lorsque 2'Vn:P0n ‘héréti osés à toutes les , ’idolâtres ou d'hérétiques, exp . 1ométans , d’i Le ones mauvaises qui ont graduellement es a. .

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quelques appréciations d'écrivains CR Lee PR n à & $ ‘ Li rs e If après e dressée par les officie J après la statistiqu RS : ke opulation maronite serait, dans les districts pr ‘als : és d'infidè rétiques il sn huit mille habitants. « Entourés d’infidèles, « a ii . ê d . ° der A S mure schismatiques, jamais la plus petite sn cd Fu $ Due Pr nn CR. schisme n'a troublé ne s’est montrée parmi eux; jamais le ob spot ité : jamais un seul de leurs membres n'a corrom] é A LE th tique’. » « Cette colonie, selon M. Jules David, ; trine cathotique". 1€ état :

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2 Syrie moderne, p. 21

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duits parmi les Maronites. Ce peuple paraît sortir des mains du Créateur, ou du bain régénérateur préparé par Jésus-Christ. Oh1 peuple béni! que tu es grand dans ton oppression ! que tu es riche dans ta pauvreté‘! »

Ce n’est pas, évidemment, de la sorte que les protestants s'expriment à son égard ; ils ont essayé de se glisser dans ce paradis, ils en ont même été un peu rudement bannis; néanmoins leur langage, empreint de ressentiment et de dépit, confirme les rapports de témoins plus impartiaux.

« Les Maronites, dit le colonel Churchill qui ne partage pas les petites passions des missionnaires protestants, sont toujours les fidèles qui ont si bien accueilli Godefroy de Bouillon et ses compagnons*. » Pendant que tout a changé autour d’eux, les siècles les ont toujours trouvés les mêmes. Ils sont « les plus intrépides romanistes du monde, » assure le révérend M. Williams, ce qui veut dire simplement, qu’ils ressemblent aux vrais catholiques de pariout. « Cette secte romaine est si infatuée de bigoterie, prétend M. Drew Stent, qu'il n’y a rien à faire avec elle; » c’est-à-dire que les Märonites ont rejeté les hérésies des émissaires anglicans et calvinistes, et lapidé les faux prophètes qui essayaient de s'introduire dans leurs montagnes. « Les missionnaires, observe M. Wortabet, faisant allusion aux ctivoyés protestants, ont dû se retirer devant une grêle de pierres et l'effervescence de l'émeute. » « Ils lurent chassés, affirme M. Walpole, par cette population fanatique, et je ne erois pas qu'ils aient jamais obtenu la satisfaction à laquelle ils avaient droit. Les Maronites sont très-fiers de leur victoire. » « L’essai était plus que folie, » reconnaît-il, inalgré des sympathies blessées. Le mouvement populaire qui chassa ces prédicants étrangers, venus, argent en main, blasphémer la Mère de Dieu, le sacrement des autels et la communion des Saints, fut si spontané, si complétement indépendant de toute influence politique, qu'une association protestante reconnaît, en 185%, « qu'un manifeste énergique fut adressé par les évéques maroniles et grecs catholiques de Beyrouth à leurs ouailles, recommandant de montrer des égards envers les membres de la mission américaine”. »

«Ils adhèrent à la papauté avec la plus grande obstination, remarque un autre écrivain ; ils admettemt même les prétentions de Na Nainteté dans les matières de disergline *. » « Les Maromites,

Annals, vol. XEX, p. 274.

* Mount Lebanon, par le colonel Chureloil, vol. DE ch. vr, p. 66 * American Board [ir Foreign Missions, Reports 110 1854)

4 North American Review, vol. VAXXE p. T8

affirme le docteur Robinson et tous les écrivains des avec lui, se distinguent par un dévouement sans égal au . “ dei Ils ont récemment converti, nous apprend-il, deux me “ Druses avec leurs familles, « de manière que maintenant la plus haute noblesse de la montagne est maronile ". » nn En présence de ces témoignages, personne ne sous es Maronites sont de vrais ci itholiques. Mais ne sont-1 . de viles, ignorants et menés par les prètres? Le révérend J.-L. Porter, dont nous avons entendu parler à Damas, et qui sas} Li ver ses mésaventures personnelles jointes à celles de ses collèg guess dit en mots sonores : « Jamais pays composé de pa Pate bigots ne fut plus SOUS le joug dégradant os pions Leu étranger parmi eux, —il veut dire pas un ee Rice) —\ne peut traverser leurs rues sans être insulté, « sou ie traité: 1ls sont aussi tyranniques, aussi injustes, et pre sque F altérés de sang que les musulmans intraitables?. » . us naires anglais et américains, AYONs-NOUS dit, mais surt n ie miers donnent essor à leur dépit par des propos ce sonne c; et, comme il est certain que la nation maronte doit son sie se ses habitudes, ses institutions, uniquement A . ù religion catholique, 1lest bon de comparer là peinture de né | is ë avee celle d'autres protestants, non moins prévenus, ru plus soucieux de la vérité, pour eux-mêmes el pour leurs lecteurs. | «Ils forment, atteste le colonel Churchill en 1555, une Poe de chrétiens aussi libre et aussi mdépendante qu'aucun état de la

hrétienté”, »

be D . ès M, Bavard Taylor, en 1859, c'est le Pape e je économe, le plus industrieux, le plus honticte el le P se . de la Syrie, Les femmes sont belles; leurs figures peingentes: T'èsdifférentes de celles des stunides mahométanes ; leur pays . paradis dans la montagne habité par un peuple st bon et . En Si droit, qu'assurement janais un ange vengeur re les en chassera

6 Hambovante ?.

pes ne . fe Fe chrétiens industrieux décore ces montagnes de champs cultivés et de vignobles, de villages et de couvents, » écrit la comtesse Hahn-Hahn”°. : —————.

D'après le colonel Napier, «la santé et l'industrie semblaien

1 Biblical Researches Qt, p. 160 Five Years in Damascus, Vol. L eh. xx, p, 279,

5 Wount Lebanon. n

4 The Lands of the Saracen, ch, xu, p. 174 Comtesse Pahn-Hahn, lettre XXE

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être les principaux caractères de cette race intrépide. Les hommes étaient robustes, leurs femmes et leurs filles, usant des privilèges du christianisme, ne craignaient pas de montrer des figures souriantes et souvent ornées de beauté, » tandis que les femmes grecques schismatiques « menaient une vie presque aussi retirée que les Osmanlis de Constantinople ou de Smyrne'. »

Contrairement à M. Porter, M. Farley nous l’assure, leur bienveillance et leur .hospitalité, même à l'égard des voyageurs protestants, étaient si universelles, jusqu’à ce qu’irrités par les intrigues égoistes et l’impertinence obstinée des missionnaires, ils eussent été forcés de les avoir en horreur, que tout Anglais était certain d’être cordialement accueilli parmi eux; et il ne pourra jamais oublier « l'extrême courtoisie » du clergé maronite à son égard.

M. Monro, ministre anglican très-intelligent, eut le bon sens de ne pas insulter ses hôtes ; n'ayant aucun motif personnel de les décrier, il ne se contente pas de signaler le contraste entre leur franche hospitalité et l’exclusivisme soupçonneux des autres races syriennes, mais il trouve « dans les manières aimables et la conduite énergique de ce peuple, une preuve frappante que, là où prévaut l'honnête industrie, les fleurs du bonheur s’épanouissent, et l'abondance en est toujours le fruit ?. »

Le colonel Napier et M. Monk. en 1851, blâment avec une égale force les calomnies haineuses du missionnaire courroucé; celui-ci rapporte « qu’il fut reçu de la manière la plus bienveillantes ; » et le premier expose ses impressions en ces termes : « Rien ne pourrait surpasser lamabilité de la réception que nous firent ces montagnards hospitaliers, dont les demeures étaient ouvertes aux étrangers. Dans toutes les maisons dont nous franchissions le seuil, la bien-venue, faddal, fut prononcée *. »

M. Walpole, malgré de profondes antipathies religieuses, déclare leur valeur aussi remarquable que leur industrie et leur bonté, « Les Maronites se soulevèrent contre leurs oppresseurs les Métualis et les chassèrent complétement de leur district. Les Métualis ont une haute réputation de courage guerrier, Ce fait montre ce que pourrait devenir la population catholique, si elle était unie. Sa prospérité était reconnue et l'on se sentait fier de voir enfin les chrétiens oser entreprendre des améliorations. » Il

1 Reminiscences of Syria and the Holy Land, par le licutenant-colonel E. Napier, vol. 1, ch, v, p. 204.

2 Travels in Syria, par le Rév. Monro, vol. IE, ch. xxiv, p. 107.

5 The Golden Horn, ete., par Charles James Monk, M, A., ch. xx, p, 305. 4 leminiscences, ch. v, p. 261.

fait observer aussi que « la famille Sheebal, issue de Mahomet, venait d'être convertie et adoptée par la nation maronite'. »

M. Keuting Kelly ne peut parler de ce peuple sans enthousiasme. « Sa condition est essentiellement heureuse. L'extrctve de sa religion est libre et respecté ; ses églises et ses cotsenis couronnent les montagnes ; les cloches qui résonnent aux oreilles comme un chant de liberté et d'indépendance, invitent nuit et jour à la prière. Cette ation est gouvernée par ses propres chefs héréditaires, et par le clergé qu ‘elle aime ; une police rigoureuse, mais équitable, maintient l'ordre et la sécurité dans les villages ; la propriété est respectée et transmise de père en fils ; le commerce est actif ; les aœurs du peuple parfaitement simples et pures. Il est rare de rencontrer une population dont l'apparence annonce plus la santé, avec Ja noblesse dans les manières et la civilisation, que celle de ces hommes du Liban ?. »

Enfin, un Grecsyrien, ennemi de leur religion et deleur race, qui semble, par son contact avec les protestants anglais, être devenu indifférent à sa propre religion, sans adopter la leur, fait aveu suivant : « C’est un peuple très-industrieux, content et heureux. Si virile et si courageux que, jusqu'en 1845, ils n'avaient jamais été conquis par les mahométans ; » puis il fait le plus magnifique éloge de es chrétiens : « grâce à l'influence des évêques, le crime est gén#'alement inconnu chez les Maronites*. »

À la lecture de ces témoignages si imposants, rendus aux vertus d'au peuple catholique par des écrivains de croyances et de nations diverses, nous avons oublié M. Porter. Citons-le cependant encore pour donner un nouvel exemple du langage passionné que se permet une raison aveugle, et pour apprécier les agents que le protestantisme envoie partout, afin d'accroître partout la répulsion des races romaines à l'égard de l'Angleterre et de ses représentants.

Le clergé maronite «est ignorant et hautain, nous dit M. Porter, sa religion est un composé de momeries dépourvues de sens. » Un protestant anglais, plus éclairé, parle autrement du clergé syrien qui professe la même foi : « C'est un spectacle sublime de contempier ces hommes dévoués aux œuvres de charité et de miséric ne et accueillant par conviction les souffrances d’un long martyre*. »

{The Ansayrii, with Travels in the Farther East, vol, UD, ch, p.73; ch, xxvin, p. #54 |

® Syria and the Holy Land, par Walter Keating Kelly, ch. vu, p. 97.

3 The Thistle and the Cedar of Lebanon, par Risk Allah Effendi, eh. xvr, p. 269, 275.

4 Farley, Tu” Years in Syria, ch. xxxiv, p. 291,

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« Je me figure que le grand saint Basile ou saint Grégoire ressemblaient à ces hommes, » relate un autre savant anglais!. « Si un Titien avait à peindre le doge de Venise, admet un voyageur français distingué en parlant du patriarche de Cilicie, il ne voudrait pas d'autre modèle?, » M. Porter lui-même, dans un moment d’admiration involontaire, reconnaît « leur dignité grave et leur noble contenance. » D’après le candide docteur Wolff, «les moines de la nation maronite, malgré leurs tentatives pour le convertir à l’Église de Rome, sont en général des hommes de

vigueur ct d'autorité. »

Mais M. Porter reprend bientôt son ton sent jamais, observe-t-il, à l'éducation du } l'instruction religieuse est tout à fait ho ion. » Mais comme si le témoignage d'autres voyageur testants lui rappelait la nécessité d’être sur ses gardes, « quelques écoles ont été établies, avoue-t:il, mais par le peuple. » Ce peuple quil regardait comme « ignorant, entêté, altéré de sang et souillant la terre, » il le représente maintenant comme allant plus loin dans le développement intellectuel que ses prêtres auxquels il le déclare servilement soumis!

Cependant, Ubicini nous apprend que dans les provinces de la Turquie d'Asie, les écoles catholiques se multiplient de tout côté; elles sont fréquentées avec empressement par des enfants de toutes les sectes. En parlant du collége catholique du Kesrouan, où les Jésuites enseignent l'arabe, le syriaque, le latin et l'italien, le docteur Robinson déclare « qu'il occupe un rang supérieur à tout autre établissement semblable en Syrie. » M. Farley parle dans les mêmes termes du collège des Lazaristes à Antourah : Outre les branches ordinaires de l'éducation, on y enseigne l'arabe, le français, l'italien et le latin à des centaines d'étudiants venus de Beyrouth, d'Alep, de Damas et autres villes de Syrie, comme aussi de la Perse, de l'Égypte, de la Nubie et de l'Abyssinie. » M. de Salverte rapporte, en 1861, que le séminaire ecclésiastique à Ghazir, dans lequel il trouva quatre-vingt-dix étudiants, est si bien organisé qu'ils sont dispensés d'aller dans les collèges de Rome pour finir leur éducation *.

Si M. de Salverte avait visité Ghazir en 1865, il eut constaté de notables progrès; cent cinquante jeunes gens sont élevés mainte-

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! Patterson, p. 922.

© La Syrie avant 1860, par George de Salverte, ch. vnr, p. 100, ° Vol, I, ch, xvi, p. 296.

‘La Syrie, ete, ch. vin, p. 96,

nant dans ce séminaire. Fondé, il y a dix-huit ans, au milieu de difficultés sans nombre, il est parvenu à réunir des jeunes lévites de tous les rites orientaux, Maronites, Grecs, Arméniens, des patriarcats de Cilicie et de la grande Arménie, des Chaldéens, Syriens, Coptes, Bulgares et Latins. Les Pères sésuites sont aussi parvenus à fonder, au sein même du pays, des Congrégations indigènes de maîtres et de maîtresses d'école. Les instituteurs, placés sous le patronage de saint François Xavier, s’appellent Xavériens. Une communauté de religieuses fut créée à Bickfaya sous le nom de Mariamahs ; une seconde à Zahleh, dite les Pauvres-Filles du Sacré-Cœur.

Grâce à un tel secours, les Pères de la compagnie de Jésus établis au Liban, procurent aujourd’hui l'éducation chrétienne à six mille neuf cent soixante-dix-sept enfants des deux sexes !.

L'établissement de ces communautés exigea une longue persévérance. Il fallut au Père Riccadona toute sa force d’âme et sa confiance en Dieu pour fonder la Congrégation des filles du Sacré- Cœur. En Orient, la femme est méprisée, et il voulait la faire institutrice. Avec des prêtres mariés, l’état de virginité était tombé dans le mépris ; il voulait former des vierges ; il changea, pour ainsi dire, la femme arabe en apôtre. Après avoir fait la classe pendant la semaine, ces intrépides Religieuses, associées deux à deux, parcourent le dimanche les villages de la Cœlésirie où il n’y a pas de Sœurs, elles vont faire ce qu'on appelle la mission ; il y en a qui visitent ainsi jusqu'à quatre villages dans la journée, pour recommencer le soir leurs instructions à leur propre demeure. Partout on dit que dans les villages où il y a des Sœurs, on ne reconnaît plus les femmes et les filles, tant elles sont changées*.

Les Mariamahs remplissent, dans les montagnes du Liban, les fonctions dont s’acquittent dans la plaine les Religieuses du Sacré- Cœur. Le caractère oriental, après tant de siècles de décadence, ne se prête guère aux grandes résolutions, aux vertus qui dépassent la médiocrité, cependant cette seconde Congrégation, malgré une vie de privations et de fatigues, se compose actuellement de quarante Religieuses qui dirigent vingt écoles®,

Selon M. Wellsted, à Alep, « la plupart des enfants savent

lire et écrire à un âge peu avancé*. » Risk Allah lui-même,

4 Extrait du rapport adressé au conseil de l'œuvre d'Orient par le R. L. de Damas, janvier 1863, p. 215.

® Mont Liban, bulletin XVI, par le même auteur, p, 126 ct suiv.

5 Œuvre d'Orient, mars 1865, p. 260 et 262,

à Travels, ete., par J. R. Wellsted, esq., F. R. S., vol, Il, ch. v, p, 91.

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quoiqu’il affecte, pour plaire à ses lecteurs anglais, de déplorer « les tendances papistes » des Marouites, avoue que « leurs écoles sont réellement excellentes ; » et tandis que le missionnaire protestant assure que le clergé maronite « ne pense jamais à l’éducation, » ce Grec syrien, malgré ses antipathies nationales et religieuses, reconnait aux Maronites un avantage inappréciable, source de grands biens : « l'éducation se répand universellement parmi eux!. »

Enfin, M. de Saulcy nous fournit le rapport suivant sur l’éducation donnée au collége d’Antourah, au sujet d’un élève du pays, arrivé à la modeste position de drogman assistant à Beyrouth : « Il parle et écrit très-correctement le français, il connaît à fond tous nos auteurs de premier ordre, et dans son ensemble, son éducation peut rivaliser avec celle des meilleures universités françaises. Quant à l'arabe, sa langue maternelle, il la possède parfaitement et il pourrait, si on le lui demandait, remplir la chaire du professeur le plus capable? »

Mais rien de tout ceci ne peut modifier les idées de M. Porter. I lui fallait venger une défaite, et après cinq ans d'un travail sans profit, il a pris la fuite, convaincu qu'il était temps de quitter la Syrie.

Les Maronites, qui savent discerner entre les apôtres, l'avaient repoussé, lui et ses compagnons, comme ministres du mauvais Esprit, avec une énergie proportionnée à l'ardeur de leur foi. M. Porter paye cette indignité avec la sentence suivante, en guise de dernier adieu à la mission syrienne : « Les missionnaires protestants ont fait plus pour l'avancement de l'éducation, dans la courte période de vingt ans, que tous les prêtres ensemble de tout le Liban et de toute la Syrie pendant des siècles, »

Nous avons appris de M. Williams, que ses coreligionnaires en Syrie « ne font simplement que jouer aux missions, » et que « l'esprit de sacrifice, et la plus simple bonne foi » ne sont point enseignés par leurs exemples ; d’un autre côté, que l’Église catholique a envoyé dans ce pays « les missionnaires les plus instruits et les plus dévoués que le monde ait vus depuis les premiers âges. » Le docteur Southgate, évêque protestcnt, nous a affirmé que les rares disciples de M. Porter et de ses collègues « sont des infidèles et des radicaux indignes de la sympathie du public chrétien ; » et le docteur Wolff annonçait dernièrement, après une expérience de

4 Ch. xvr, p. 270, # Narrative of a Journey round the Dead Sea, par F, de Sauley. vol. E, ch, 1, p. 5.

bien des années, que « les pires parmi les natifs de l’Orient, sent ceux qui savent l’anglais, et qui ont été convertis au protestuntisme, »

Enfin, sir Adolphe Slade, qui a résidé longtemps en Syrie, très au fait de ce qui s’y passe, est plein d’admiration pour les hommes apostoliques par lesquels, observe-t-il, des millions d'âmes ont été sauvées dans ce pays. Il nous prêtera les paroles suivantes si bien appropriées à notre sujet : « On loue beaucoup le missionnaire protestant ; assurément il coûte cher, mais le bien qu'il peut faire est comme une goutte d'eau, comparé à la mer de bienfaits répandus en silence par l'Église catholique romaine, dans la Turquie toute entière!. »

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