S INDÉPENDANTES
ÉGLISES PHOTIENNES INDÉPENDAN
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Beaucoup d'erreurs ont prévalu en Angleterre; l'accord us posé des Églises russe et grecque n’est pas la moindre. Il n a plus « d'Ég lise grecque, » ou « d'É glise orientale, » dans le sens attribué par certains écrivains anylicans. Lorsque de Maistre disait : « Les mots Église orientale , ou Église grecque, n’ont aucun sens', » il citait un fait que ni “Grec ni Russe ne songerait à contester. Un auteur russe de nos jours, en proposant au monde ce qu'il regarde comme la seule défense de sa position, commence par affirmer que « l'Église russe n’a jamais eu aucune union avec la soi-disant Église grecque, dont l’effrayante Un montre si clairement les terribles effets de la justice divine? »
Le docteur Wolff exprimait autrefois sa nes et son regret de voir « l'Église de la Grèce, comme celle de Russie, séparée du patriarche de Constantinople. » « Le nouveau royaume de Grèce, pour suivre l’exemple et les conseils de la Russie, a retiré son obéissance au Phanar ; cette séparation s’accomplit en Grèce sans secousses et sans la moindre rumeur! » L'idée, ou même le désir d'unité religieuse sont complétement éteints dans toutes les communions photiennes !
« Le clergé de Géorgie, observe le général Monteith, a négocié depuis longtemps, avec l'archimandrite de Moscou, sa séparation d'avec Constantinople. » La Bulgarie cherche à se détacher ; et le mouvement de répulsion est si général dans les Principautés danubiennes, que déjà il existe un projet de « synode moldavowallaque » national et indépendant.
Le prélat détrôné de Byzance, qui n’oserait pas plus faire entendre sa voix en Grèce ou en Russie qu'en France du en Espagne, et qui emprunte à ses partisans, où aux marchands grecs et arméniens, le prix du siège pour lequel il est forcé d'enchérir sur ses rivaux, et qu'il doit rembourser en spoliant ses ouailles, est devenu un objet de moquerie peu capable d’inspirer le désir de s’unir à lui. «Toute son administration a été depuis des siècles liée à un système sans exemple d'extorsion, de corruption et de simonie. Chucun des patriarches arrive à cette dignité par de semblables moyens. Déposé par le Synode pour cause de mauvaise administration, il est habituellement changé tous les deux ou trois ans, où forcé de résigner sa charge. Îl est très-rare de voir un patriar-
! Lettre à une dame russe sur le schisme et sur l'unité catholique.
? La Russie; est-elle schismatique? par un Russe orthodoxe, p, 21. Paris, 1829. Ÿ Persécutions et souffrances de l'Eglise catholique en Russie. y. 586
4 Kars and Er seroum, par le général Monteith, eh. 1, p.17
* Düllinger, p, 193.
che mourir en possession de sa dignité; ceux qui trafiquent avec le ou ria ont soin que les changements rémunérateurs se reproduisent'. » On voit fréquemment des patriarches, déposés par le gouve nenicul turc, siéger dans le Synode de Constantinople en qualité de simple évêque, à côté de celui qui les a supplanté, par la grâce du sultan. Ainsi, l'assemblée, composée en partie de laïques, réunie au Phanar, par ordre du gouvernement ture, le 21 février 4864, pour traiter la question bulgare, et présidée par le patriarche actuel, Joachim, comptait parmi ses meinbres les deux ci-devant patriarches de Constantinople, Grégoire et Anthyme. « Le patriarcat est une institution de commerce ou de banque, dans laquelle les capitalistes sont très-disposés à placer leurs fonds?. »
Rien d’étonnant que la Grèce et la Russie, après s’être séparées de la chaire de Pierre, aient enfin abandonné l’usurpateur qui à converti le sanctuaire de saint Chrysostome en une caverne de voleurs, et le trône de saint Grégoire en un bureau de simonie. La solution d'affinité ecclésiastique est devenue générale en Asie et en Afrique, comme en Europe. Il n'y a maintenant d'autre lien d'union entre Athènes et Constantinople, entre Antioche et Jérusalem, ou entre Moscou et ces autres villes, que ie salaire reçu du ar, quand il lui plait d'employer leurs évèques et leur clergé comme agents subalternes. « Le prêtre le plus insignifiant, non pas seulement dans les grands centres de propagande russe. mais en Albanie, à Corfou, à “Jante, à Céphalonie, reçoit un petit traitement annuel du trésor ecclésiastique de Saint-Pétersbourg*, » Les supérieurs nominaux de ces salariés acceptent sans répugnance un pareil rôle. Les trois patriarches qui devraient exercer la même juridiction dans leurs patriarcats que le dignitaire byzantin dans celui de Constantinople, et dont les titulaires ne résident même pas, sont « décorés d'un vain nom; le patriarcat d'Alexandrie na que cinq mille âmes, celui d'Antioche cinquante mille, et celui de Jérusalem vingt-cinq mille, » La population endière de « ces Églises urientales, » autrefois si renommées, est inférieure à celle des catholiques dans l'un ou l'autre des diocèses modernes de Westminster, Sallord, Liverpool ou Glasgow !
Ce fait ne représente pas encore l’humiliation profonde de ces patriarches orientaux. En 1848, quand Pie IX leur reprochait leur
1 Ibid.
? History of Servia, par Léopold von Ranke, ch. n, p. 30 {éd. Kerr), — Ds se ressemblent tous, € La simonie, au moyen de laquelle tous les emplois sont obtenus dans l'Église bulgare, » est décrite par Krasinski : Montenegro, cte., p. 145.
3 Dôüllinger, p. 158, 4 Ibid, p. 126.
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« manque d'unité religieuse, » et la honteuse dissolution de l’autorité ecclésiastique, ces successeurs de saint Jacques, de saint Mare et de saint Jean répondirent, que « dans les questions disputées ou dificiles, » ils prenaient conseil lun de l’autre, et « quand ils ne pouvaient pas s'accorder, ils renvoyaient la matière au chef du gouvernement turc pour avoir une décision ! »
Ce singulier pontife d’une Église chrétienne ne rejette pas cet appel. Lorsque, il y a peu d'années, quelques membres du clergé arménien eurent une querelle avec les prêtres grecs au sujet de la coutume de mêler l’eau au vin du sacrifice, « la dispute fut enfin soumise au reis-effendi turc, qui, en conséquence, donna sa décision : « Le vin est une boisson impure, dit-il, condamné par le Coran ; on ne doit donc employer que de l'eau’, »
Ce fait à inouï, qui semble, à première vue, inventé à plaisir, ne présente rien d’ impossible dans cette Église dégradé». Voici, par exemple, ce que nous apprend le journal russe, le Jour. Après avoir constaté que les évêques grecs de Constantinople ne sont que des esclaves du sultan et qu'ils achètent au gouvernement le droit d'occuper leurs siéges, ce journal ajoute : « Lorsqu'un pacha recoit la somme fixée pour tel siége, il envoie au patriarche de Constantinople l'ordre de consacre le nouvel évêque, lequel se trouve muni par avance des irsirrctions secrètes suivantes : — 1° Tout ce que le pacha fait ou ordonne dans le diocèse doit être approuvé par l'évêque. — Les mesures cachées qui s’en suivent sont quelquefois de telle nature que le monde civilisé se refuserait à les croire. — 2° Dans le cas où le pacha ne pourrait agir en son propre nom, c'est à l'évêque à agir à sa place. — C'est-à-dire que l'évêque doit prendre à sa charge tout ce qui pourrait compromettre le pacha ou le gouvernement turc. — 3° L'évêque ne doit agir que dans l'intérêt du gouvernement... ete., ele. Si l'évêque exécute fidèlement ces trois points, le gouvernement lui permettra de faire tout ce que bon lui semble pour son avantage personnel. S'il ose s'écarter de ces instructions, il est immédiatement déposé?, »
L'unité ecclésiastique des Églises photiennes et orientales est aussi illusoire que la prétendue unité politique des races slaves.
! Düllinger, p. 126.
2 Le Jour, 9 novembre 1865, n° 45.
vers 28:
dgégé: c2e farangeenn or, somme ue