ANTAGONISME POLITIQUE
Tout le système du panslavisme n’est qu'un artilice adroit, adopté pour consolider des éléments hétérogènes. A une époque peu éloignée, comme le montre Krasinski, avocat protestant et zélé du panslavisme, ce système proposait « seulement une union littéraire entre les nations slaves‘. » Les Russes, très-désireux d’en profiter, auraient, paraît-il, peu de droits d'y prendre part. « On a beaucoup écrit sur le slavisme des Russes. Peu d’entre eux, cependant, seraient slaves par le sang?. » Plusieurs nations incorporées dans l'empire russe lui sort plus que jamais hostiles. La Pologne, habitée par une race slave, tombe à genoux, épuisée par une lutte’ inégale; mais, dans son agonie, elle demande encore à l'Europe sa liberté perdue, et au Saint-Siége une bénédiction dont elle n’a jamais été plus digne. « Le mouvement slave, en Turquie, est anti-russe, quoique plus de sept millions de sujets tures appartiennent à cette race”, » « La lutte des Monténégrins, » nominalement de la même religion, « fut considérée avec indifférence par les Serviens, bien que de la même origine. » Loin de converger vers l'unité religieuse ou politique, les populations que la Russie veut amalgamer, et dont elle aspire à devenir le centre, semblent se regarder les unes les autres avec une indifférence marquée. C'est ainsi que la Providence confond une politique dont le succès serait fatal à l'Église et au monde civilisé, « Les nations slaves éprouvent une répulsion égale pour les Grecs et pourles Turcs”. » Le célèbre chef servien, Kara George, repoussa un agent russe à Belgrade, « parce qu’il était Grec, nation haïe des Serviens, alors en mauvais termes avec le métropolitain grec*. » Les Moraviens, en partie d’origine slave, ont autant de sympathie pour la Russie que pour le Brésil’.
Les nations non slaves éprouvent la même aversion. La Finlande fut unie à la Russie en 1808 ; cependant, un écrivain anglais rous dit, en 185% : « Nous avons conversé avec des Finlandois instruits ;
% Panslavism and Germanism. ch. n, p. IA.
® The Nationalities of Europe, par R. G. Latham, M. A, M. D., F.R.S., cte., vol. F, ch. xxxvi, p 569.
5 The Frontier Lands of the Christian and the Turk, par un Anglais ayant résidé vingt ans dans l'Orient, vol. FE, eh. mn, p. 65 {2° édition, 18551, # Anadol, par le même auteur, eh, xxvur, p. 356. 5 Frontier Lands, vol. 1, ch. v, p. 106, 6 History of Servia, ch. x, p. 127.
T Voyez Spencer, Travels in the Western Caucasus.
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jamais nous n'avons entendu des expressions plus énergiques d’une haine brûlante contre les oppresseurs de leur pays'. » Les Arméniens, qui détestent les Russes, mais qui acceptent leurs pen-
droit, sions, « supportent avec facilité le joug de leurs maîtres turcs?. » poque Dans les Principautés danubiernes en général, aussi bien qu’en at et Géorgie, à côté de l'aversion pour les Grecs, le voisinage des non Russes engendre une antipathie profonde, sauf chez les agents & d'en ecclésiastiques et autres, pavés pour étendre l'influence moscovite. «On « D'amis dévoués, les chrétiens de Valachie et de Géorgie sont ux, ce- devenus ennemis moroses et soupçonneux, par leur contact avec 1corpo- les Russes”. » Enfin, quant aux Grecs, on nous assure ce fait sinse La yulier : « La plupart des chrétiens de la T urquie d'Europe n'ont sée par aucune affinité avec les Grecs, aucune sympathie pour eux, » quoique Her d nominalement de la même religion ; d'un autre côté, « si les Grecs sdont avaient une position tenable comme nation libre, ils deviendraient urquie, les plus violents et les plus actifs ennemis des Russes. » En sorte res Ap- qu'un observateur expérimenté pouvait bien résumer, par ce mot NE énergique les faits indiqués ci-dessus : « Le panslavisme russe, fférence pesé dans toutes les balances, a été rejeté‘. » ONG Tandis que, selon les expressions de Düllinger, « le patriarcat Russie grec est dans la plus hont.use ei ia plus dégradante -ondition à emblent laquelle ait jamais été réduite une ancienne et vénérable fglise, » harquée. les communions grecque, russe et orientales ont été depuis long- É checak temps morcelées en différentes Églises indépendantes, souvent Le slaves ennemies, constamment impliquées dans des intrigues rivales, et nest. n'ayant pas même le lien précaire d’une hostilité commune au Saintrusse à Siège. | ; | ee ns, alors Exarminons maintenant la valeur des prétentions de l'Église raviens, russe comme puissance évangélique.
a Russie
inlarde ais TOUS istruits ;