CRUAUTÉS DES HUGUENOTS ET DES HOLLANDAIS
Si nous continuons l'histoire des missions du Brésil avec M. Southey pour guide, nous arriverons à un nouvel ordre de faits. Nous
«Image parfaite de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l'Église est en butte aux perséeutions du monde, non pas parce que le monde oublie les prodiges qu’elle opère, mais, tout au contraire, parce que le monde a en horreur ces témoignages, ces miracles qui le condamment. » {Donoso Cortès, Œuvres, tome LT, p. 198, éd. Veuillot.)
« L'Église doit son existence aux miracles, sans lesquels elle ne saurait se comprendre... Nos idéalistes et nos spiritualistes n’ont pas besoin de miracles pour la confirmation de leur foi. Non, assurément, car leur foi est leur u‘uvre et non pas celle du Christ. I serait. en effet, hien singulier que Dicu confirmät une religion fabriquée de main d'homme. » (Moëhler, Symbolisme, 11, 20.\.
? Neuvième traité de Bridgewater, app.. p. 302; note E.
5 a Evidemment les miracles ne sont pas des impossibilités, car ils ne sont méme pas des improbabilités… Tout ce qui est possible peut arriver, et tout ce qui arrive doit étre cru sur des preuves convenables. » ‘Hugh Maller, Forstefs of the Creator, p. 2#2.,
avons vu la moitié et, à l'e bèrent di cette œu Mais cett assister a fois, non aucune vd constance sionnaires En 157 Borgia, c Madère a Lisbonne, tulants qui Le lendem de Madère Jacques So Sourie, d’a corde enve lui, et il fi secte ; il le:
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avons vu jusqu'ici des hommes convertir les sauvages habitants de la moitié d'un continent par le spectacle de vertus surnaturelles ; et, à l'exception du martyre de Soza et de Correa, qui succombèrent dès le début de cette expédition apostolique, nous avons vu cetle œuvre s’accomplir sans verser le tribut ordinaire du sang. Mais cette dette sacrée devait être payée tôt ou tard. Nous allons assister au martyre de soixante-huit missionnaires, massacrés à la fois, non par des paiens sauvages, mais par des hérétiques dont aucune vertu ne put désarmer la furie, et qui, dans plusieurs circonstances, pactisèrent avec les païens pour mettre à mort les missionnaires.
En 1570, le Père Ignace Azevedo, désigné par saint François de Borgia, conduisit trente-neuf Pères de la Société de Jésus, de Madère au Brésil. Trente autres partirent au même moment de Lisbonne, sur deux autres navires, avec un grand nombre de postulants qui devaient fournir encore des preuves de leur vocation. Le lendemsin du jour où le vaisseau qui portait Azevedo fit voile de Madère, quatre navires français, sous le commandement de Jacques Sourie, huguenoi, firent main basse sur cette embarcation. Sourie, d’après M. Southey, « était aussi peu disposé à la miséricorde envers les prêtres catholiques qu'ils ne l’eussent été envers lui, et il fit aux Jésuites ce que ceux-ci auraient fait à toute sa secte ; il les mit à mort. Un des novices échappa sous un habit laïque, trente furent jetés par-dessus bord, quelques-uns vivants, d'autres mourants ou morts. » L’historien anglais raconte avec calme ce fait, qui ne provoque de sa part d'autre commentaire que celui-ci : « Quand ces nouvelles arrivèrent à Madère, les missionnaires résidants célébrèrent le triomphe de leurs camarades, que plusieurs devaient bientôt partager. » Et cette fête singulière excite l'hilarité de M. Southey, qui voit dans ce Te Deum chanté en l'honneur des martyrs par des hommes destinés à partager demain la même gloire, « une conduite inspirée par la politique autant que par le fanatisme. » — Saint Philippe de Néri se serait écrié, comme il avait coutume de le faire quand il voyait des prêtres quitter Rome pour la mission d'Angleterre : « Salvete, flores martyrum, » salut, fleurs du martyre! Saint Paul aurait ajouté avec son accent solennel : « dont le monde n’est pas digne ! »
Quelques jours plus tard, un croiseur anglais et quatre français tombèrent sur le reste de la flotte portant les missionnaires, et firent si bien que, d’après le tranquille récit de M. Southey qui ne mentionne même pas le nom du commandant calviniste, Capdeville, « sur soixante-neuf missionnaires emmenés par Azevedo
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de Lisbonne, un seul, trs en arrière dans un port où l’on avait , atteignit le Brésil, » | moe ne de soixante-huit martyrs ne Sn ie hs | de nouvelles grâces sur le Brésil, et, à dater de e us onversion avança avec un succès dix fois plus rapide, | A, M. Southey le rappelle avec indignation, que des ini An AL Ro Tate cet holocauste de martyre, di ve ues de la mer ne purent éteindre l’ardente charité, Av Far fut tué, observe cet Made nr es cher de sa main une image de la Vierg mo. . res à gnait dans les angoisses de la mort, aub aju rs no lais avec une plaisanterie bien placée duos un pt us hi tes plus miraculeuse que son miraculeux original, » Gteieage, srourie dans ia main du cadavre par Le Hete un vaisse i traversa l'endroit où le missionnaire avait été LE re fut montrée, par les Jésuites, avec une impu- \ \ mer de ue évoque à à Nan-Salvador, portant encore A doigts sanglants d’Azevedo. Les écrivains Pr Le ts M. Southey, grossirent de plus en plus ces pas mu cie ajouta son mensonge à la masse. » Si les s ns un martyrologe, ce serait sans doute ainsi | Se en ot He se ne dont la quand leurs successeurs euren due Ra once avait été fécondée par leur sang, à pe ce furent encore les protestants qui shoes Hs . a ae ie pe or M Southey r'aà des missionnaires sans défense ; .S ue He AE du district de Rio-Grande avaient €S | porté la dévastation dans le territoire 2 ce avoir été châtiés par une armée sous Îles or Le ns renhas, ils méditaient au fond de leurs forêts de nc ee late ne us aient atteindre ces agiles maraudeurs; mais : S | si . . < des one s de l'école de Nobrega et d”. . Va pra au Résil. Sans autre bouelier que la prière, Pas frs que la croix portée sur leur poitrine; ils À Hs | 2. ù jusqu'aux retraites des sauvages. « Les Jésuites les pan 0 l'historien protestant, et décidèrent cent cinquante hor( . | gènes à s’allier avec les Portugais. » Sir Woodbine dr an long séjour dans l'Amérique du Sud, avait gran | mie pi naître que « les travaux des Jésuites eurent parfois plus de :
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Mais l'Indien des provinces du Nord-Est allait trouver un allié plus féroce que lui, et apprendre qu'à côté de ces chrétiens vaillants pour souffrir, pour travailler et pour bénir, il en existait d'autres qui faisaient de la religion le prétexte de crimes dont les sauvages eux-mêmes avaient horreur.
Le vendredi saint de l’année 1659, les protestants hollandais, traversant les ruines encore fumantes d'Olinda, vinrent attaquer Garassu de grand matin, pendant que les habitants étaient assemblés pour célébrer l'office de ce douloureux jour : la messe des présanctifiés, L'heure était perficement choisie. Le Tamuya ou le Chiquito ignorant, le Mohawk ou l'Onéida brutal, eussent été incapables de cette ruse calviniste ; le tigre n’eût pas déchiré avec plus de cruauté la proie palpitante sous ses griffes. — « Les hommes furent massacrés, les femmes dépouillées ; les pillards arrachèrent avec brutalité leurs boucles d'oreilles et leur coupèrent les doigts pour s'emparer de leurs bagues. Après avoir saccagé et brûlé la ville, ils s’éloignèrent, emmenant prisonniers quelques Franciscains dont ils détestaient particulièrement l’habit, et poussant avec dérision devant eux le prêtre encore revêtu des ornements sacrés !, » C’est ainsi qu’ils célébrèrent le vendredi saint.
L'année suivante, ils atiaquèrent Paraïba, sans doute parce que cette ville contenait des couvents de Bénédictins, de Carmélites, de Capucins et des Pères de la Merci. Les habitants capitulèrent après s'être vaillamment défendus, sur la promesse expresse que le libre exercice de leur religion et leurs droits de propriété seraient respectés. « Les plus atroces cruautés furent exercées contre ce brave peuple par les conquérants ; ceux Fe possédaient furent torturés jusqu ’à ce qu'ils eussent payé la somme exigée pour leur rançon. Par ces moyens odieux, les Hollandais rassemblèrent vingt-huit mille ducats; de cette façon, ils ont rendu leur histoire aussi infame dans les Indes So et occidentales qu'elle est honorable dans leur propre pays.
Cependant ces hommes faisaient profession d être les apôtres de la « religion réformée, » et les missionnaires de l' Évangile. IL est vrai, notre auteur l’admet, ils n'avaient envahi le Brésil qu’en vue
1Southey, vol. ch. xv, p.fé86.
®Kathey, p. 509.
« du sucre et du tabac ; » mais ils apportaient avec eux leurs idées religieuses, et selon l’expression d’un autre historien, « d’assassins qu’ils étaient, ils se métamorphosèrent en issionnaires. » Ils réussirent mieux dans leur premier rôle. « Ils envoyèrent des prédicateurs et répandirent des livres de controverse écrits en langue espagnole ; mais, ajoute M. Southey, si les Brésiliens haïssaient leurs conquérants comme hérétiques, ils détestaient encore bien plus l’hérésie comme étant la religion de leurs oppresseurs. Ces Hollandais ont toujours été cruels,.… aucune autre nation n'a dans son histoire de pages aussi honteuses pour la nature humaine que ne le sont les annales de leurs colonies. » M. Southey pensait peut-être au Japon et à Ceylan.
Les Hollandais ne devaient réussir au Brésil ni comme soldats ni comme missionnaires ; leur expulsion finale eut lieu plus tard. En attendant, ils continuèrent à fournir un nouvel exemple de la nature et de l'influence des missions protestantes, une nouvelle preuve de l'assertion que nous avons émise, qu’elles sont partout le plus grand obstacle à la conversion des païens, nonseulement parce qu'elles entravent le ministère des vrais apôtres, mais parce que leurs agents enseignent aux barbares à mépriser la religion dont ils sont les prédicateurs. En 1657, dans tous les districts où ils gouvernaient, « ils enjoignirent aux catholiques de confiner leurs processions dans les murs de leurs églises; ils défendirent d’en construire de nouvelles sans l'autorisation du sénat, de célébrer aucun mariage sans que les bans en eussent été publiés suivant la coutume hollandaise, ete. » Quelques-unes de leurs cruautés se distinguent par une certaine naïveté. Profitant d’un usage bien connu consacré par la piété au Brésil, ils ordonnèrent « que les nouvelles plantations de cannes à sucre fussent bénies par le ministre protestant. » Le comte de Nassau, leur chef suprême, « reçut l’ordre de restreindre la tolérance dans ses bornes les plus étroites, et le clergé réformé vint sans cesse réclamer l'exécution de ces ordres imprudents. »
En 1639, « ies missionnaires hollandais cherchèrent (nous citons toujours M. Southey), à substituer un credo luthérien au papiste. » Îls ne réussirent pas, seuleiaent « parce que les moyens de conversion leur manquaient. » C'est-à-dire « la théologie luthé: rienne n’avait rien qui pût suppléer à l'absence des saints, des images, des chapelets, des croix, etc. » Cette explication nous semble tomber au-dessous de la dignité historique. La’ théologie luthérienne, absolument rejetée par les Brésiliens, ne paraît pas avoir produit d'heureux résultats même parmi ceux qui font proles-
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