D'APRÈS LES VOYAGEURS PROTESTANTS
Au Brésil, où de Nobrega et Anchiela ont jadis travaillé et souffert, huit cent mille Indiens civilisés représentent encore aujourd'hui le fruit de leurs travaux. Privés pendant soixante ans de leurs Pères et de leurs guides, trop souvent scandalisés par les exemples d'hommes qui n'étaient chrétiens que de nom, les races indigènes ont conservé la foi au milieu des épreuves, et ont partout rejeté les séductions de l'hérésie. Les écrivains protestants rendent justice aux vertus de ces peuples. Le docteur Walsh, ministre anglican, reconnait franchement qu’il a remarqué, pendant son séjour dans leur pays, « une profonde impression de piété raisonnée et un grand attachement pour leur religion. » L’ivrognerie et les blasphèmes sont inconnus; cependant, il entendit «un soir à Rio une lutte acharnée de blasphémateurs ivres, mais tous juraient en anglais'. » M. Gardner, qui s'est livré pendant plusieurs années à des recherches scientifiques dans les climats tropieaux, fait aussi cette remarque : « Un dimanche matin j'arrivais à Liverpool revenant du Brésil, et pendant ce seul jour je vis dans les rues plus d'ivrognes, je crois, que je n'en avais rencontré au Brésil parmi les blancs et les noirs durant tout le temps de mon séjour?. »
Avant que l'Angleterre n'ait commencé l'éducation de ses populations païennes, le Brésil avait inauguré un système compliqué d'instruction publique. Le docteur Walsh constate, non-seulement l'universalité de l'instruction primaire au Brésil, mais ce fait encore plus remarquable que beaucoup d'élèves de couleur ont obtenu des succès dans les diverses branches de la science. En parlant de la grande bibliothèque publique de Rio et de l’affluence d'étudiants de tous les rangs qui la fréquente, il demande « s’il n'est pas souverainement injuste d’accuser les catholiques d’être les ennemis des lumières”? 11 y a là une noble institution littéraire et publique, remplie de livres sur tous les sujets, et de Bibles traduites dans toutes les langues. Fondée par un roi catholique fort rigide, elle est surveillée et dirigée par des ecclésiastiques catholiques, sur un plan plus libéral et moins exclusif qu'aucun autre établissement de ce genre dans notre pays protestant. »
# Notices of the Brazil, vol T, p. 581.
2 Travels in the interior of Brazil, ch, 1, p.18. 3 Jbid., vol. 1, p. 438
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Il serait trop long de citer ses intéressants récits sur les irmandades, ou confréries religieuses « entièrement composées de laiques, » et dont le but était de bâtir ou de réparer les églises, de fonder ou de soutenir des hôpitaux, d’ensevelir les pauvres, de faire gaiement et avec soin tout ce que la charité chrétienne peut suggérer. « C’est une chose inconcevable pour un Anglais, dit-il, de voir quelles sommes énormes ces Frères laïques dépensent chaque année pour des usages qu'ils trouvent pieux et charitables. » MM. Kidder et Fletcher, moins capables que beaucoup de leurs compatriotes d'apprécier de telles œuvres, et qui d’ailleurs méprisent les Brésiliens parce qu'ils ont refusé d'échanger les doctrines de saint Paul contre les inventions du protestantisme américain, sont forcés de parler avec admiration de « la philanthropie et du christianisme pratique réalisés dans les hôpitaux de Rio-Janeiro; » et d’avouer « que les Capucins italiens sont toujours en courses de charité sous les chaleurs et les pluies des tropiques". » Puis ils se consolent par des injures grossières sur les « gros moines. » Un homme dont les instincts sont plus purs, le docteur Walsh, loue les vertus du clergé indigène, dont quelques membres, par suite du manque d'éducation ecclésiastique, et des mesures erronées appliquées par le gouvernement à la police des séminaires, sont les moins édifiants de leur ordre. « Je ne puis pas accorder, dit-il, que le clergé brésilien mérite les reproches qu’on lui adresse. D'après tout ce que j'ai vu et entendu dire ils sont, généralement parlant, tempérants, observateurs des lois de leur Église, assidus auprès des malades, et aussi charitables que leurs moyens trèslimités le permettent? »
« Les membres du clergé, assure un autre protestant anglais, en parlant de celui de toute l'Amérique du Sud, sont partout respectés comme des amis que l’on doit honorer doublement. Je les ai trouvés dignes de ce titre dans toutes les contrées où j'ai voyagé ; les Anglais de toute classe doivent leur rendre cette justice, et reconnaître que nos préjugés de nation ou de secte sont les plus indignes, les plus invétérés et les plus injustes qui aient jamais existé sous le soleil, et que jamais hommes n’ont été si injurieusement attaqués dans leur caractère privé par la langue empoi-
! Travels, ete, ch. vn, p. 141 !1857).
? Ibid., p.374. — Nous Ropepane le témoignage du docteur Walsh; nous observerons cependant que plusieurs évêques du Brésil sont plus sévères dans leurs appréciations. [ls s'efforcent de faire comprendre au gouvernement que son intérêt n’est pas de mettre des entraves à la liberté de l'Église, mais de la délivrer au plus tôt des maux usés par les funestes traditions pombalistes ct joséphistes que lui a léguées le Portugal. Noir le Monde, 50 juillet 1864.)
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sonnée de la calomnie, que les prêtres catholiques romains !, »
Malgré tout l’or de l'Angleterre et de l'Amérique, jamais un seul Brésilien n’a été amené à embrasser le protestantisme. M. Ewbank nous apprend, sans doute avec regret, « que le peuple évite le missionnaire comme un être avec lequel il est honteux de s’associer, et le regarde avec un souverain mépris, par l'opinion qu'il a de son ignorance jointe à sa présomption. »
Dans la vaste contrée, depuis l'embouchure du San Francisco jusqu’à l'isthme de Panama, arrosée par les plus grands fleuves du globe, contrée qui renferme la région des Amazones, avec ses quarante-cinq mille milles de communications par eau, les indigènes qui trouvent encore un abri dans les forêts et qui conduisent leur barque sur ses innombrables affluents, « poussent leur profession de la religion catholique jusqu’au fanatisme, » nous assure-t-cn. En considérant leur histoire, il est merveilleux qu'ils aient une religion quelconque. Une épreuve moins forte a suffi pour détruire entièrement les Eglises de l'Asie ; mais celles qui ont été fondées dans le seizième siècle semblent avoir eu un privilège spécial, contre lequel aucune puissance n’a pu prévaloir. Beaucoup d'écrivains protestants parlent, de nos jours, avec admiration des populations du Brésil et des missions qui existent au milieu d'elles ; ils sont étonnés de leur adhésion obstinée à la foi malgré les longues calamités qu’elles ont eu à subir. Le prince Maximilien a trouvé dans la nouvelle mission de Belmonte « une race d’Indiens civilisés et convertis au christianisme qui a complétement abandonné son ancien genre de vie et qui est entièrement régénérée?, »
Le prince Adalbert, dont le ton est plus frivole et plus mondain, parle de canots qu’il a rencontrés sur la rivière Xingu, « tous ornés de bannières portant l’image de la Vierge Marie, » témoignage évident des instincts chrétiens de ce peuple.
Nous apprenons par d’autres protestants qui ont voyagé dans ces contrées que le respect pour les ministres de la religion et pour les mystères qu'ils dispensent est un usage distinctif de ces mêmes races,
MM. Smith et Lowe, officiers anglais, qui allèrent par eau de Lima à Para, de l'océan Pacifique à l'Atlantique, attestent, en plusieurs endroits, la puissante influence que les Franciscains possèdent encore de nos jours. Ainsi, à Saposoa, sur la rivière Huallaga, « le prêtre est traité par le peuple avec un grand respect, » Sur
1 Travels in various parts of Peru. ete., par Edmond Temple, vol. E, ch. xx, p. 8. ? Travels in Brasil, ch. x, p. 2717.
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les rives du « magnifique Ucayali, » les seuls Européens qu’ils rencontrèrent furent « ces hommes excellents qui se sont fait un devoir d’arracher les habitants à l’état de barbarie le plus abject et le plus horrible; » malgré la criminelle indifférence « d’un gouvernement qui se plaît à se qualifier libéral. » À Sarayacu ils reçurent la bienveillante hospitalité d’un missionnaire espagnol, et admirèrent la grande influence que se: soins paternels, prodigués pendant le long espace de trente-quatre ans, lui avaient donnée sur l'esprit de tous les Indiens civilisés, et la connaissance qu'il avait de leurs différents langages. Ils ajoutent « que depuis neuf ans, » par l'incurie du gouvernement, « il n’avait reçu aucun salaire. »
M. Wallace, autre voyageur anglais, raconte les mêmes faits en 1853. Il a vu à Javita, sur le Rio Negro, « les jeunes filles et les garçons se réunir matin et soir à l'église pour chanter une hymne ou un psaume, » usage inconnu dans les villages anglais. Sur l’Amazone, il rencontra des nègres « qui chantaient des cantiques avec une grande ferveur; » malheureusement, selon lui, «ils n’en comprenaient pas un mot. » Il nous est permis de croire qu'il se trompe, car il ne nous dit pas pourquoi il suppose cette ignorance, et il nous raconte en même temps que l'un de ces nègres venait de faire un voyage de trois lieues pour procurer le baptème à son enfant. Ailleurs 5l montre comment la religion se mêle à la vie journalière des Indiens et l’embellit par des fêtes fréquentes «qu'ils célèbrent toujours en souvenir d'un saint de l'Eglise catholique romaine; ces jours-là l'image du saint est portée au loin par les Indiens de villages en villages. » Comme les indigènes de la Chine et de Ceylan, ils dépensent volontiers leur avoir en témoignage de leur piété, « iln'est pas rare de voir des animaux vivants consacrés à des saints; et souvent, quand j'allais aux provisions, où m'a dit : Ce cochon est à saint Jean*. » Le paysan anglais ne refuserait pas de vendre son cochon, parce qu’il éprouverait, sans doute, fort peu de respect pour un pareil renoncement, même en supposant qu'il sût qu'il était à saint Jean.
M. Campbell Scarlett rapporte, sans être plus capable de les apprécier, des anecdotes aussi caractéristiques : « Au moins quatre nuits sur sept, dit-il en parlant des Indiens de Panama, — car ils sont tous les mêmes, — je suis gratifié d’une cérémonie superstitieuse, sinon idolâtrique. » 1 aurait pu voir la même cérémonie pratiquée en
! Narrative of a Journey from Lima to Para, ch.1\, p. 104.
* Travels on the Amazon and Rio Negro, par Alfred R. Wallace, eh. 1v, p. 95; ch. 1x, p. 270 (18591.
Autriche, en Bavière, en Espagne, et même en France ou en Bel. gique, avec l'approbation d'hommes qui n'ont pas de tendance vers lidolâtrie et dont la supériorité intclectuelle ne le cède à personne en Europe ; c'était une innocente procession qui troublait le repos de M. Scarlett, « ct les Indiens chrétiens marchaient portant à leur tête une riche statue de la Vierge sous un dais, » f] rencontra partout ce spectacle importun, par lequel des cœurs simples manifestaient leur affection pour la mère du Sauvevr, « Des momeries indignes du christianisme, dit-il avec colère, se renouvellent si souvent dans ce pays qu’elles semblert c:cuper la plus grande part du temps et de l’attention de tout le monde!. » Preuve évidente que les habitants sont profondément attachés au christianisue, mais elle offerise un Anglais qui tient avant tout à dormir.
La même piété se manifeste dans toutes les parties de ce continent. M. Markham arrive à Canete, au Pérou; dans cette tranquille vallée il constate le phénomène suivant : « De grand matin on est réveillé par les voix des jeunes filles et des femmes qui vont toutes à la porte de la chapelie avant de coni: leur travail, et chantent un hymne de louanges à genoux recommencent au coucher du soleil, quand le travail du jour est fini. » Plus tard, il voit à Cuzco la dévote population jeter des salvias écarlates sur un crucilix porté processionnellement, Comme M. Scarlett, il est indigné, et remarque avec le flegme d’un Anglais instruit que « de telles pompes ont pris la place du culte du soleil, Il se demande où se trouve le plus d'idolàtrie?. » Nous ne lui rendrions pas pleine justice, si nous taisions son indignation contre les Espagnols pour avoir, dit-il, « souillé les autels du soleil! » Dans un autre ouvrage, il exprime de nouveau ce sentiment avec emphase : « Les Pères Dominicains réussirent à introduire parmi les Indiens des superstitions beaucoup plus grossières et plus humiliantes qu'aucune de celles qu'ils eussent jamais pratiquées ; » ils furent surtout coupables « en érigeant une statue de la Vierge, destinée à remplacer le culte simple et primitif de la lune et du soleil”, »
Quand M. Manstield, autre voyageur anglais, vit les Peons et les Chinas (femmes de Guaranis) tomber à genoux dans les rues de Corrientes, comme M, Markham en avait vu d'autres à Yanoaca,
* South America and the Pacific, par l'Hon, P. Campbell Scarlett, vol, IE, ch. 1, p. 204.
? Cuaco and Lima, par Clements R, Maïkham, FR. G.S., chu, p. 27; ch. v, p. d, lravels in Peru and India, ch. vu, p. 115,
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il s'écrie avec une expression solennelle : « Il est triste de voir une telle puissance de dévotion perdue‘! » Il avait découvert, parait-il, avec la sagacité infaillible de ses compatriotes, que ce peuple en apparence si dévot « adorait une poupée. » Quand des Anglais instruits veulent critiquer la dévotion chrétienne, il n’est pas rare qu’ils atteignent, comme dans le cas actuel, les dernières limites de la déraison. Cependant, beaucoup d'entre eux s’étonnent de bonne foi quand on leur dit, qu’en fait de religion, ils sont la fable de toutes les races d’hommes ; cela vient, ainsi que M. Ewbank nous l’assure, « de l'opinion fondée de leur ignorance jointe à leur présomption. »
Îls semblent mème vouloir prouver que ce jugement est parfaitement juste. Le docteur Hartwig, naturaliste protestant, arrive au l'érou, et s'exprime de la sorte à propos des vicänas : « L'Église s'arrange pour avoir la meilleure part de l’animal, et le prêtre s'approprie ordinairement la peau. » A la page suivante, comme pour rendre le lecteur juge de sa sincérité et de sa charité, il raconte qu'après une grande chasse dans laquelle cent vingt-deux vieünas furent pris, « le produit de leurs peaux servit à bâtir un nouvel autel dans l'église du village?. »
Un missionnaire protestant, Anglais 2t voyageur, dépasse de beaucoup M. Scarlett, M. Markham et M. Mansfield dans leurs répugnances envers les. manifestations religieuses. Après avoir remarqué que « le nom de Dieu n'est jamais longtemps absent de la bouche d’un Américain du centre, » après avoir durement réprouvé «une imitation profane de Notre Sauveur monté sur un àne, » il révèle, sans s’en douter, la disposition qui rend loutes ces manifestations extérieures choquantes pour les proteslants, Voici ses paroles : « Comment apprécier la quantité de mal positif qui doit résulter d’avoir familiarisé les yeux de tout un peuple avec de tels objets*? » Que des personnes dont la religion West pas appuyée sur une foi divine, mais sur des émolions, et qui, comme les voyageurs prote.ants à Jérusalem, sont scandalisées par la familiarité avec les choses saintes, craignent tout ce qui choque leur croyance sentimentale et capricieuse, cela peut être naturel; mais les catholiques, s'approchant sans crainte des divins mystères que Dieu leur apprend à connaître, peuvent les représenter par des signes sensibles.
Un autre chrétien protestant, témoin d'une dévotion qu'il
! l'araçuay, Brazil, ete., par C. B. Mansfield, esq., M. A., ch. 1x, p. 205. “The Tropical World, par D. G. Hartwig, ch. in p. 31. ® The Gospel in Central America, par le Rés. F, Crowe, p. 278
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pouvait comprendre, après avoir remarqué la ferveur populaire dans une cérémonie semblable à Mexico, s'éloigna avec dégoût ct alla soulager sa piété intelligente par une visite à quelques ruines azlèques. & Je contemplai la vieille divinité des Aztèques et ne pus m'empêcher de regretter le changement imposé à ces Indiens imbéciles !, »
Ce gentleman a au moins le mérite de la franchise dans la déclaration de ses sympathies.
Un savant professeur protestant, qui serait certainement trèsoffensé si l'on doutait qu'il fût chrétien, deplore ouvertement la conversion du Mexique et du Pérou, mais pour d'autres raisons. « Elle n’est pas assez importante pour consoler le savant qui étudie cette antique et étrange civilisation indigène de Quetzalcoatl, de sa brusque disparition, au moment où elle arrivait à une période qui ne pouvait étre comparée qu'aux premiers siècles des progrès égyptiens, » Î développe cette réflexion avec plus de gravité : «1 est difficile de se persuader que le Mexique ou le Pérov ait gagné en proportion de ce que nous avons perdu d'une manière irrépaable. Je veux dire lg solution de quelques-uns des problèmes les plus profondément intéressants qui concerüent les progrès de la race humaine”. » Peut-on concevoir une profession d'impiété plus hardie et plus naïve ! Si un seul acte de foi ou de charité surnaturelle contribue davantage à la gloire de Dieu que la solution d'un grand nombre de problèmes scientifiques, comment des milliers de pareils actes accomplis chaque jour au Mexique et au Pérou, grâce à leur conversion, ne sembleraient-ils pas à des chrétiens un équivalent de cette antique civilisation, qui, selon M, Wilson lui-même, était souillée par des rites cruels, par l'abominable culte des démons joint à l'immolation de victimes humaines, «comptées, dans certains cas, par milliers, »
En naviguant sur la Madeleine, aux rives foulées par le bienheureux Pierre Claver, le capitaine Stuart Cochrane, qui ne parle jamais de la religion catholique sans une ironie où un blasphène, constate li même piété provoquante, que ses coréligionnaires regardent comme une compensation insuffisante de la civilisation azèque et péruvienne, «€ Chaque lois que l'équipage s'arrètail pour prendre ses repas, un des nombreux naturels récitait une prière, et invoquait, nou-seulement la Vierge, mais tous les soints du calendrier; » (ce qui devait beaucoup prolonger le repas). Dans
% Mexico and its Religion, jar Robert A. Wilson, ch. xx, p. 291. 2 Prehistoric Man, pur Daniel Wilson. LL, D., vol, 1, cb ax, p. 502, 019; ch,
le nom vention qu'ils s origine «ils réc habitud leçon, à sante !; lombie.
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le nombre, il ne doute pas qu’il n’y en eùt plusieurs « de leur invention, » « Cest une pratique, ajoute ie capitaine Cochrane, qu'ils se reprocheraient d’omettre et qui tire certainement son origine de la piété, » Quand le repas était fini, avant de repartir, «ils récitaient Loujours une prière pour le succès de notre voyage, » habitude qui aurait pu donner au gentleman anglais une sublime leçon, mais qu'il se contente de trouver « extrêmement divertissante !; » il avoue cependant que l'éducation se répandait en Colombie, « non-seulement dans la capitale mais presque dans les villages les plus reeulés. »
[ faut rendre justice aux Espagnols; ee résultat est le fruit des traditions fécondes qu'ils ont léguées à ee pays. «© La prudence du clergé, aflirme un ancien voyageur, et Pédueation que le peuple à reeue des Espagnols, ont inspiré à tous les Colombiens un profond respect pour les exercices de ia religion... l'autorité des eurés de paroisse est absolue... le plus grand respect règne dans les églises el la dévotion des fidèles n’est pas moins remarquable ?. »
l'artout, des faits semblables, rendant témoignage à l'influence immortelle des premiers apôtres de l'Amérique, sont racontés par les voyageurs protestants sans qu'ils en comprennent la significaton.
Sur le lac de Nicaragua et dans les mines de vif-argent de la Californie méridionale, les deux pays les plus ingrats du monde, M. Julius Frocbel trouve des Indiens américains pratiquant une piété aussi généreuse el aussi confiante : © de m'oublierai jamais les impressions du matin el du soir sur la rivière Saint-Jean. Notre bateau avait jeté Pancre au milieu du fleuve... Vers le point du jour, un chant adressé à la Vierge par un de nos matelots me réveilla, C'était une suite de notes plaintives formant quelques modulatiors simples et touchantes, Le soleil se levait; lorsque ses premiers rayons qui doraient les feuilles touffues de la forét tombèrent sur le corps bronzé de nos hommes, et dessinèrent leurs formes athlétiques, par le contraste des ombres et des lumières, pendant que ces accents suaves sortaient de leurs poitrines, je crus entendre la lormule mys...euse et sacrée dont la puissance domptait, à leur insu, leur nature à demi-sauvage, Deux eanots, eachés à notre vue, avaient jeté Pancre près de nous pendant la nuit. Le chant s'eteignit bientôt dans la solitude; une prière silencieuse lui succéda et lanere fut! levée, Un ert barbare retentit avec le
! Journal of a Residence in Colombia, vol. 4, chu, p. 145, 10, * Travels in the Republic of Columbia, par G. Moien, eh, xx, pe 901 it, | bo
pe grsmonée
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bruit des douze rames qui frappatent ei même nas é ne 1» 'eut-on rêver une pa ‘ile scène sur la Tamise où la C yde” un Rte Le fois, c'est dans les mines de New Almaden qu il trouve
No vingt hortriek implorant la bénédiction du ciel, sur le ail tertain du jour, devant un petit autel taillé dans le roc, » die même cantique à la mère du Sauveur sur le même ï ue de prés de deux mille milles, Dans les deu ne) à ait ce don mystérieux de la foi qui éclaire ne ss RU : de l'indien, et tous deux sont une preuve de En * évité a le Voyügenr protestant reconnait à demi Ha : : L « tale a certainement plus de prise oi Pas que le protestantisme : ee fait est palpable et sur lame €
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nes | és fait lui donne sa signification profonde .
; de es quelque dég adée que lat sa vie socinle iniellé na failli à rendre témoignage à ce merveilleux de RE : cs fait pas exception à cette règle, Un mis-
nain \ AT ; s | | At A bien imtentionné et qui s'est vu forcé d'aban- Rs tile entreprise, dit que «le dévouement de la popu- Ne se manifeste par des processions presque lation a se » ds répugnance des Péruviens pour lhérésie, | | , Q Q . .
nr ne profonde conviction PAUBIEUNS pas : es i | teur Archibald Smith se plaint en ces termes : € Ci lu pes P a "des Juifs, » et ensuite 1 raconte € qu'un certain 4 He A ne Es le bon évêque avait permis que son Angie sos nes de l sépulture chrétienne : mais la popu- Hat té la nuit suivante, le adavre avait été expulsé le l'église et jeté dans la rue, » Ni de pareils Faits LR . ete aitre excessif, ts sont au moins un témoignage rôle qui peut paraitre excessif, t
1, ce 20; ch. x, entr 7 mar Julius lrocbel, eh. un, p, 20; s Travel on Central America, À t Seren Years Travel ND :
sta ] Traveller, eh xx, p.650, us < s of a Traveller, eh. à . — at le frappant dans un ouvrage très-connu, Si [ S mat $ Onen trouve un exemple QU me la piété des paiens, « voulpient avoir un \L i Uqus méme bi s paie ‘ ' » Londres, » qui non FL des D tn ils se teraient Lous. jusqu'au dernier, UE REtTs is 4 ils ont “ À remnrqué \ “entre te ‘ux reltgions ; ts \ ss " remarqué le contraste pratique qui existe entre Mu ne su DR llanduis, dans les cours, mour vent pour leurs pr res ; s Ang RE a ù ent ke i k stres aveoe Q | Me a % t nt la personne et les exhortations de leurs mini ae Le vatenté Heart ivai sobs ! atentés tédai Pit étrange, dit le même écrivain, que les “es anbulants is k tn: tt est ce et: : nero. | | : Fu N esque tous de Londres, aient du respect pour Se cu ue da R AL i ‘ ‘ Les co s qu'une haine ardente contre les Trlandais, qu'ils tra es pra a ‘ils vont sur leurs brisées. London Labour and the Lont traitres, parce qu'ils L | : Le ù * ÿ \ sol l uv avhow, p. 21. : 5 nat Slot LM ” * : } ){h South Seas in US. ship Vincennes, pu le 4 Fisit tothe : Sea:
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irréfutable du pouvoir que la religion exerce sur le eœur de ces races diverses, et ils forment contraste avec la triste apathie ou l'incrédulité morose des mêmes classes en Angleterre.
Un éminent écrivain anglais, qui ne s'offensera pas d'être qualifié d'ardent protestant, décrit ainsi, en 1869, les effets de la conversion sur ces races autrefois paiennes : « J'ai beaucoup véeu parmi les Indiens, jai eu les meilleures occasions d'étudier leur aractère, et j'en ai été très-favorablement impressionné... On n'entend jamais parler parmi eux de crimes considérables. » Leur politesse est bien remarquable et certainement inspirée par un sentiment religieux «car c'est toujours par un Ave Maria qu'ils saluent ceux qu'ils rencontrent en touchant leur chapeau, » Les voyageurs qui ne savent pas leur langue peuvent les accuser de manquer d'intelligence, mais @il n'y eut jamais de plus grande erreur ; leur adresse pour sculpter, pour faire tous les ouvrages de menuiserie, de peinture et de broderie, les tissus exquis qu'ils fabriquent avec la laine du vigogne, la poésie réellement touchante de leurs chants et de leurs Yaravis, les histoires traditionnelles de leurs Ayllus qu'ils conservent avec un soin religieux répondent à cette calomnie!, »
Tels ont été, suivant le témoignage des protestants, les fruits durables de la conversion des Péruviens, Ces récits qui présentent un contraste si frappant avee ceux que des milliers d'écrivains ont tracés de la sottise des paysans d'Angleterre, de Hollande et de l'russe, plongés dans le vice, et souvent ausst ignorants de la reliion, malgré des multitudes de prédieants, que les bêtes des champs, ces récits ne nous apprennent pas encore tout ce que saint François Solano et ses successeurs ont fait pour cette nation, «Beaucoup d'Indiens, dit le même auteur, sont devenus très-riches par des entreprises importantes; d'autres sont arrivés aux emplois les plus élevés dans Fétat, » Le général Castilla, péruvien d'oriune, homme « doué de grands talents militaires, d’une énergie et d'une intrépidité extraordinaires, » devint president de la république en 858, et occupait encore ce poste en 1862, Le général Saint-Roman, «simple Indien, » commandait à la même époque l'armée du Sud; et chose étonnante pour les hommes qui connaissent les résultats ordinaires des colonisations protestantes, partout suivies de la dégradation et de la destruction des races abortuones, on trouve des faits analogues dans tout le continent, «Le
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