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Pérou est loin d'être le meilleur spécimen des républiqu”< de l'Amérique du Sud; les Chiliens ont montré dix fois plus : habileté dans le gouvernement, dans les entreprises commerciales ou agricoles et dans la littérature, »
Le seul fait qui nous reste à citer comme preuve de l'influence inpérissable de la religion sur les Indiens du Pérou à été rap. porté par M. Clements Markham. Au delà des hautes chaînes de montagnes d’Yquicha se trouve la demeure presque inaccessible de la tribu des Yquichanos, «remarquables par leur taille élancée, leur air indépendant, et leurs beaux traits, véritables amants de la liberté, l'honneur des races de l'Amérique du Sud. » Au dire de M. Markham, ils ont deux fois vaincu les armées de la république péruvienne ; et persistant dans leur fidélité envers la couronne d’Espagne, ils ont délié tout effort contre leur indépendance. € Aueun collecteur de taxes n'ose entrer dans leur pays. » Mais « ce peuple si intéressant, qui refuse de se soumettre à la capitation ou à toùt autre impôt, paie ponctuellement la dime aux prètres qui viennent l’évangéliser, et donne à l'étranger une hos-
pitalité bienveillante!, »
Au Chili, au Brésil, en Colombie et au Pérou, d'après un témoin hostile, « l'éducation est certainement en progrès?, » et il explique ee fait en disant « que l'influence des Jésuites s'accroit de jour en jour. » Deux ans plus tard, 1849, M. Walpole loue « les nombreuses et excellentes écoles; celles qui dépendent des couvents, remarque-t-il, enseignent gratuitement. » IP y a même à Santiago une école normale pour former des professeurs, € qui sont ensuite envoyés dans les provinces. » «Les prêtres, nés pour la plupart dans les hautes classes, sont élevés à l'Université et forment une réunion d'hommes instruits et éclairés". »
Plusieurs écrivains protestants nous disent que le peuple est digne de ses maîtres. Le docteur Smith déclare que «les Indiens, convertis au christianisme et descendant de la dynastie des lücas, sont de rudes travailleurs. » Le major Suteliffe nous apprend que
beaucoup de grandes haciendas, » qu'ils pratiquent de sévères mortilications et se servent de disciplines avec une telle vigueur, que ce gentleman, jugeant cet usage avec les sentiments d'un Anglais et d'un protestant, ajoute : « Je les ai souvent entendus,
tCusco, cte., chou, p. 71.
? A Visit to the Indians of Chili, pax le eapitaine Allen EF, Gardiner, eh, vi, pe. 172. # A4 Voice from South America, cr, p. 14.
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et je m'étonne qu'ils puissent supporter une telle flagellation!. » M. Miers nous fournit une explication de leur haine contre l'hérésie, en nous rapportant une réponse faite par l’auteur principal de la moderne constitution du Chili à l'objection, exprimée sans doute par un Anzlais, au sujet de la tolérance : « La tolérance ne peut pas exister au Chili, répondit-il; ce mot n’est pas dans notre code civil, nous n'éprouvons aucune nécessité de l'y faire admettre; ici nous ne connaissons aucune autre religion que la religion catholique?. » Un voyageur français, uniquement préoccupé de questions économiques et financières, mais rempli d'admiration pour les ressources et la prospérité de ce peuple profondément catholique, s’écrie : « Quel immense avenir est en réserve pour cette nation qui joint, à de sages institutions et à une liberté prudente, toutes les ressources d'un sol incomparable5! » Cependant les missionnaires protestants, presque tous Anglais ou Écossais, ne tiennent aucun compte de ce que l'expérience leur a si souvent prouvé: ils ne réussissent qu'à provoquer la répuynance de ces peuples à leur égard. Ils n’en continuent pas moins à perdre chaque année les sommes énormes, qui leur sont imprudemment confiees ; leurs efforts amènent toujours des revers et
linissent par le ridicule. Par leurs procédés, ils ont rendu la vie
d’un Anglais précaire, et, même après la mort, son ‘corps est rejeté «ur la voie publique. Avis aux souscripteurs de la Grande- Bretagne.
La République Argentine, malgré les crimes de ses chets et les perpétuels désordres de son état social, demeure si invariablement ‘atholique qu’elle accueille avec dérision toutes les ouvertures des opulents missionnaires anglais où américains. Le docteur Olin nous assure que la mission de Buenos-Ayres a échoué à son grand désespoir. D’après lui, « l'entreprise fut abandonnée en 1842, après des efforts inutiles pour ébranler la population catholique indiyène de cette contrée. » Comme les missions protestantes formées pour la conversion des catholiques n’ont pas obtenu de fruits, ce ministre wesleyen émit cet avis que nous avons déjà cité : « Ces faits, nous en avons l'espoir, inspireront à la commission une grande prudence à légard des projets de missions parmi les eatholiques. »
Un voyageur anglais de bonne foi, qui avait essayé d'introduire le protestantisme dans les vastes plaines entre les bords de la Plata,
1 Sitten Years in Cluli and Peru, ch. 1x, p.520 1811", ? Travels in Chili and la Plata, vol, M, p. 219. $ Notice sur le Chili, p. 4271844.
de l'Uruguay et les Cordillères, eut de si désastreux résultats LOS ae : ’
qu’il reconnut aussi l'inutilité de ses efforts. « Le missionnaire
protestant, sous le régime arbitraire actuel, ne peut espérer d’éten-
dre les travaux de son ministère au-delà des membres de sa propre
Eglise'. » Cependant M. Elwes trouve en 1854 « une église an-
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glaise, une église écossaise et une église américaine, toutes dans
des situations favorables, dans les principales rues de Buenos-
Ayres, exemple de libéralité envers la religion protestante qu’il D 7 . L 0, | L
n'a jamais vu, assure-t-il, dans aucune contrée catholique?. »
Les voyageurs protestants nous parlent des missionnaires modernes dans ces régions; il est bon de recueillir leurs témoignages.
Un officier anglais qui a remonté, il y a quelques années, le cours de l'Amazone, eut pour compagnon, pendant une partie de son voyage, un Franciscain espagnol, qui par un travail de trentequatre ans, avait fondé « plusieurs nouvelles missions » sans l'assistance d'aucun être hümain ; lans le cours de sa carrière il avait traversé l'incident que voici :
Un peu au nord-est de Sarayacu, sur la rivière Ucayali, habilaient les Sencis, tribu farouche et guerrière, non convertie et dont l'unique vertu était un courage indomptable. Avec un courage encore plus grand, le Père Plaza résolut d’ entrer sur leur territoire, I fut arrêté à la frontière, comme il s'y attendait, sans le craindre, Alors se déroula le drame suivant : « Les Sencis lui demandèrent s’il était brave; et pour en juger ils le mirent à l'épreuve : huit ou dix hommes armés d’ares et de flèches se placèrent à quelques mètres en face de lui avec leurs ares bandés et les flèches dirigées sur sa poitrine; alors jetant un grand ert ils décochèrent leurs traits, mais en les retenant de la main gauche; le Père ne pouvait voir ce mouvement, et croyant que tout était fini pour lui, il fut bien étonné de se trouver sans blessure. » Les sauvages avaient un prisonnier qui pouvait leur donner des leçons de bravoure. « D’autres moyens d’intimidation furent encore essaves; ils reprirent leurs positions en se rapprochant un peu, et décochèrent leurs flèches sur son SH mais de manière à ce qu'elles vinssent tomber à ses pieds. S'il avait laissé voir un signe de frayeur, ils l'auraient probablement massacré ; mais étant depuis longtemps, comme mission-
1 Capitaine Gardiner, Visit, ete., p. 24.
2 Tour round the World, par Robert Elwes, esq., eh. vu, p. 107
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naire, en butte aux caprices des Indiens, il était prêt à tout; il resta immobile pendant l’épreuve. » On ne peut attendre d'autre réflexion de la part d'un protestant. « Enfin, ils l'entourèrent et le reçurent comme un hôte digne d'eux'. »
Rien d'étonnant qu'un tel missionnaire, qualifié aussi par M. Markham des titres de « grand, de bon, capable de surpasser les gloires militaires par sa patience et son héroïsme, » ait pu, même au dix-neuvième siècle, fonder « beaucoup de missions. »
À l'heure présente, le Père Plaza trouve de dignes émules dans les missions de Amérique méridionale; les voyageurs les moins impartiaux nous l’attestent. Lorsqu'il finit récemment sa carrière apostolique sur le siége épiscopal de Cuença, il eut pour successeur, à Sarayacu, le Père Cimini et trois autres missionnaires qui dirigeaient une population d'environ treize cent cinquante dmes, presque tous Indiens Panos?. » « Le brave et infatigable Père Girbal » était un héros du même genre. Dans toutes les provinces catholiques de l'Amérique, les voyageurs anglais et américains ont rencontré des apôtres aussi intrépides que leurs devanclers des dix-septième et dix-huitième siècles. En Colombie, le capitaine Cochrane admire « l'excellent évêque de Mérida. » M. üilliam, agent consulaire des États-Unis, parle « de l’évêque si respecté et si aimé de Durango*. » Le docteur Walsh nous assure qu'il n'existe pas d'homme plus vénérable ni plus savant que l'évèque de Rio. » M. Temple parle de « larchevèque de la Plata, dont le caractère pieux et bienveillant est connu et honoré dans son vaste diocèse*, » M. Markham célèbre, en 1859, « don Pedro Ruiz, l'excellent évèque de Chachapagas, » au Pérou. Sir George Simpson visite Monterey et dit : « Le Père Gonzalès est un vrai représentant des premiers missionnaires®. » M. Stuart rencontre, à Lima, le Père Arrieta, « jouissant d'une grande réputation de scence et de piété®. » M. Forbes trouve, à San Luis Rey, le Père Antoine Peyri, qui, « après trente-quatre ans de travail sans reliche, achevait ses jours dans la solitude et la pauvreté volontaire, tout adonné à de pieux exercices’, » M. de Mofras trouve sur les bords du Pacifique le Père Estenega, « apprenant à ses néophytes
Le lieutenant Smith, ch. xu, p. 227, Markham, eh. var, p. 297.
Travels in Merico, par Albert M Gillian, eh, xvr, p. 288 (146. Travels in various parts of Peru, ete, par Edmond Temple, vol, IE, ch. x, p.581.
Narralive of a Journey round the World, vol. FE, ch. vu, p. 334, 6 Ibid. vol, Ep. 190, lettre v.
California, ch. v, p. 229.
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la manière de fabriquer des briques, » et le Père Abella, âgé de soixante ans, dormant sur une peau de buffalo, buvant dans une corne et refusant de prendre sa retraite, « parce qu’il veut mourir à son poste !. »
M. Walpole rencontre au Chili un homme dont il dit: « Si l'aménité des manières, un grand talent de conversation, une connaissance infinie des hommes et du pays peuvent assurer le succès, son ministère a dû avoir de grands résultats. Il y avait une douce persuasion, une sérénité profonde dans ses paroles auxquelles il était très-difficile de résister *?. » À Esquipulas, sur la frontière de l’Honduras, M. Stephens fait la connaissance du curé Jésus-Maria Guttierez, déjà usé à l’âge de trente ans. « Sa figure brillait d'intelligence: l'élévation de son esprit et de ses sentiments s'y reflétait. Toutes ses pensées et le ton de sa conversation étaient si bons et si purs, qu’en le voyant quitter la chambre, je sentis comme si un bon ange s’envolait®. » M. Markham entendit à Andahuaylas le fameux prédicateur chilien, don François de Paula Taforo: il était escorté « par une continuelle procession triomphale. » À Lima-Tambo, il fit connaissance avec le Père Franciscain Esquibias, « dont les paroissiens racontaient les bonnes œuvres de manière à charmer les oreilles et à rafraichir le cœur ; » à San Miguel, « Pexcellent Père Revello, le fidèle et dévoué missionnaire de Purus; » son compagnon, jeune moine de Cuzco, «avait été percé de neuf flèches, dont l’une lui avait traversé la poitrine de part en part. »
Au nord du Pérou, à El Paso, un protestant américain, M. Kendall, rencontra « l’incomparable Ramon Ortiz; sa charité et ses mäles vertus ornent la foi qu’il professe et qu'il prèche par sa vie tout entière”. » À Ures, ville du Mexique, M. Bartlett recommande « le savant et vénérable Père Encinas, » l’apôtre des Vaquis, et à Parras, « le courtois ct intelligent Bobadilla®. » Le lieutenant Herndon remonte vers les sources de l’Amazone et trouve dans ces solitudes éloignées un Franciscain dont il fait ainsi le portrait: «Le Père Calvo, doux et humble pour tout ce qui le concerne personnellement, mais plein de zèle et d'ardeur dans son ministère,
4 Exploration du territoire de l'Orégon, px M. Daflot de Mofras, tome E, ch, vu, p. 392, 980.
2 Ch. x. p. 218.
5 Incidents of Travel in Central America, eh. vw, p. 18%.
4 Ch. iv, p. 92; ch. vus, p. 275, |
5 Narrative ofthe Texan Santa Fe Erpedition, vol. W, ch. 1, p. #1.
6 Personal Narrative of Explorations, ee. par John Russell Bartlett, U, 8. cour
missaire, vol. E, eh, xix, p. ###; vol, ÎE, ch, xxxix, p. 488.
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Avant di yards vers Parana et le Jusqu'au de Chili, est si plus remar depuis les } considérées l'Espagr.
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était pour moi le beau idéal d’un moine missionnaire’, » M. Wallace rencontre le Père Torquato en voyageant sur le Rio Negro : « C'est un homme bien élevé et très-poli, il mérite tous les éloges que le prince Adalbert lui accorde. » Le lieutenant Smith arrive à Chasuta, voit le Père Mariano de Jésus et note sur son journal, nonseulement « la dévotion des Indiens, mais leur soumission et leur obéissance pour le Padre, l'attention qu'ils apportent aux exercices religieux dans l’église, font grand honneur au digne pasteur qui les a convertis, » « Leur docilité est d'autant plus remarquable, qu'avec tout le monde ils se placent sur un pied de parfaite égalité et ne témoignent de la déférence à personne, si ce n’est an Padre. » Dernièremeut, M. Cleveland va à la Guadalupe, sur le Pacifique, il écrit : « Plus nous avons fait connaissance intime avec le Padre Mariano, plus nous fûmss convaincus que son caractère méritait l'amour et le respect. !l nous rarut un de ces hommes qui, par leur piété et leur amour pour le::rs semblables, doivent être mis à côté d’un Fénelon où d'un Gicverus". »