‹ Les missions chrétiennes [microforme]Chapitre 61 sur 226 · PARAGUAY · texte numérisé non relu

PARAGUAY

Avant de compléter notre rapide examen et de tourner nos reyards vers le Nord, il nous reste à visiter une contrée. Entre le Parana et le Colorado, de Santa Cruz de la Sierra dans le haut Pérou, jusqu'au détroit de Magellan, entre la frontière du Brésil et du Chili, est située la vaste région qui donna un nom à la mission la plus remarquable peut-être que la religion chrétienne forma jamais depuis les jours des apôtres. Là, parmi les races barbares et cruelles considérées comme indomptables par les guerriers intrépides de l'Espagr>. accomplit un de ces rares triomphes de la grâce qui constitue ane époque dans l’histoire de l'Eglise. Là, furent réuaies à la famille du Christ et fagonnées aux habitudes de la vie civilisés, des tribus qui rivalisaient de férocité. Là, vécut et mourut une a inée d'apôtres, qui semble s'être levée, au moment où toutes les nations tombaient dans l'apostasie, pour montrer que Pheure même choisie pour se séparer de l'Église était marquée dans le ciel comme une époque où devait être répandu un torrent de grâces nouvelles. Là, au milieu d'un peuple si récemment encore le jouet

1 Valley of the Amazon, eh. xp. 200.

? Ubi supra, ch. vi, p 160.

5 Ubi supra, ch x, p. 215.

1 Narrative of Voyages. par Richard H Gleveland, eh. x, pe 07 182!

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des démons, « les plus sublimes vertus des chrétiens sont devenues des vertus communes", » Là, comme Voltaire le reconnut, s’accomplit une œuvre qui « semblait être le triomphe de l'humauité?. » Là enfin, sir Woodbine Parish le déclare, « si nous regardons au bien que firent les missionnaires catholiques plutot qu'au mal qu'ils ne firent pas, nous trouverons, dans le cours d’un siècle et demi, plus d'un million d'Indiens convertis par eux au christianisme, apprenant à vivre heureux et satisfaits sous la douce et paisible autorité de leurs pasteurs : sort bienheureux lorsqu'on le compare à la condition sauvage des tribus indomptées qui les entouraient”, » Telle était la mission du Paraguay, dont nous allons essayer de parler.

En 1586, don Francis Victoria, premier évêque de Tucuman, qui avait longtemps travaillé comme le plus humble missionnaire, presque seul jusqu'alors dans le formidable diocèse confié à sa surveillance, supplia la Société de Jésus de venir à son aide. Il était, quant à lui, Dominicain, « Ceci montre, observe M. Southey, en quelle haute estime les Jésuites étaient tenus à cette époque. » On envoya de la province du Pérou, Barsena et Angulo ; du Brésil, dont Anchieta était à cette époque le provincial, on fit partir pour Tucuman, par la voie de Buenos-Ayres, cinq Pères, dont le plus célèbre, Manuel de Ortega, devait être associé à Barsena dans ce fameux apostolat où les noms de ces deux hommes sont inséparablement unis. Le vaisseau qui portait Ortega et ses compagnons fut attaqué dans la baie de Rio par les Anglais, rivalisant alors avec les Hollandais dans leur guerre contre les missionnaires catholiques. Après avoir subi les outrages accoutumés, les Pères furent entrainés au large, jetés enfin dans une barque, sans rames ui provisions, et abandonnés à la merci des flots. La barque dériva jusqu'à Buenos-Ayres, à une distance de plus de sept cents milles, et lorsque les voyageurs eurent rendu grâce à Celui qui les avait sauvés par une si merveilleuse providence, ils se rendirent à travers les Pampas à Tucuman, où ils rejoignirent les Pères venus du Pérou’,

Barsena et Ortega commencèrent la célèbre mission Guarani : ensuite, celle des Chiquitos, nation composée d'environ trente tribus, parlant plus de vingt langues diverses, différantt toutes

UMuratori, Relat. delle Missioni, p. 5.

* Ap. Crétineau-Joly,

* Huenos-Ayres, ete., ch. xv, p. 200.

* Charlevoix, Histoire du Paraguay, tome V livre IV, p. 278. » Ibid. p. 287.

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radicalement du dialecte guarani primitif, A l'époque actuelle, le guarani est devenu la langue universelle des indigènes qui habitent ces régions ; un historien anglais du Brésil remarque « la perfection avec laquelle les Jésuites parlaient l’idiome guaranitique!, » dont ils publièrent des grammaires et des dictionnaires; elle leur doit peut-être sa prédominance. Barsena parlait aussi le tupi, dialecte analogue au guarani, et le toconoté, dont il composa une grammaire. Parmi les ouvrages innombrables de philologie produits par les Jésuites, et dont M. Crétineau-Joly assure « qu'il serait impossible d’en énumérer même les titres, » était, en trois volumes, un dictionnaire du langage des Chiquitos. Au sujet de ce dictionnaire, M. d'Orbigny, « prineipale autorité, » de l’aveu du docteur Latham, l'a dernièrement déelaré : « Rien de plus complet n'existe dans aucune langue américaine. » Mais de telles œuvres n'étaient guère que des délassements, au milieu de leurs autres travaux.

Nous ne suivrons pas Barsena, Ortega et leurs émules à travers tous les incidents de leur carrière apostolique. Il faut nous contenter de citer quelques traits. Une épidémie sévissait dans la contrée qui entoure l’Assomption ; ils se jettent aussitôt au milieu du danger. Six mille Indiens sont haptisés. Ici M. Southey s'arrête pour reconnaitre « le zèle et la charité intrépides avec lesquels ils recherchaient les malades et assistaient les mourants. » Barsena, épuisé par la fatigue et par l’âge, mourut à Cuzco, en 1596 ; sa dernière œuvre de missionnaire avait été la conversion du seul prince survivant de la famille des Incas du Pérou, avec lequel peu de temps après il partait pour sa véritable patrie.

Bien des années de fatigue, bien des heures de danger et de souffrance attendaient encore Ortega. Quelques-uns des incldents de sa laborieuse vie penvent être comparés à ce que l'histoire rapporte, à ce que le roman a inventé, dans le champ des aventures les plus périlleuses. Un jour, traversant une plaine entre le Parana et le Paraguay, avec une troupe de néophytes, ils lurent surpris par une de ces inondations subites qui dévastent quelquefois les contrées basses de l'Amérique du Sud, Ils grimpèrent sur des arbres, mais l’eau montait toujours, Ils étaient sans nourriture; des animaux sauvages et de monstrueux serpents, surpris par le déluge, leur disputaient leur retraite, Pendant deux jours ils restèrent entre la vie et la mort, Au milieu de la seconde

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uuit, Ortega aperçut un Indien qui nageait vers lui. Cet homme s’était volontairement offert pour aller apprendre au Père que trois de ses catéchumènes et trois chrétiens, réfugiés entre les branches d'un arbre voisin, étaient sur le point d'expirer; les premiers demandaient le baptème, les autres l'absolution. Attachant alors plus étroitement son catéchiste à l'arbre qu'il n’avait plus la force d'embrasser, et ayant reçu sa confession, Ortega s’élança dans l'eau. Une branche lui traversa la cuisse, en lui faisant une blessure dont il ne guérit jamais et qui resta ouverte pendant vingt-deux ans : mais il n'en continua pas moins à nager; 1l baplisa les trois Indiens et les vit tomber l’un après l’'antre dans l’abime. Leur lutte était terminée, mais les trois chrétiens restaient encore. Au milieu de l'obscurité de la nuit et de l'agitation des eaux, les exhortant à des actes de contrition qu'il récitait avec eux, il en vit deux engloutis à leur tour. Après avoir fait tout ce que la charité et l’héroïsme pouvaient inspirer, il retourne à son arbre, où il trouve son catéchiste que l'eau allait emporter. Le soulevant par un effort suprême sur une branche plus élevée, il veille avec lui pendant les dernières heur.s de la nuit, Vers le matin, l'inondation s'arrêta, et les survivants poursuivirent leur voyage.

Ortega était estropié pour la vie; cependant il tint si peu compte de ce nouvel obstacle, qu'il accomplit un jour d’une traite, en mission, un voyage de neuf ègmbe-mmHes. Tous les dangers capables de mettre son courage à l'épreuve lui étaient réservés ; il en triompha. A Lima, le saint-oflice de l'Inquisition, à l'étonnement de tout le pays, le condamna à la prison. Ortega ne demanda pas même quel était son crime. Il avait été sans le savoir calomnieusement accusé d'avoir révélé une confession. Comme il ne s'en plaignit jamais, son silence fut considéré comme une preuve de sa culpabilité. Depuis cinq mois il subissait sa pri son sans un murmure, lorsque son accusateur mourut, et avoui à son lit de mort que le refus d'Ortega de lui donner labsolution l'avait poussé à une odieuse calomnie, Rendu à la liberté, avec les plus grandes marques d’admiration et de respect, 1l reprit sa carrière apostolique: et après avoir ail entrer des mullitudes d’âmes dans le sein de l'Eglise, il mourut en 1622, survit vivant trente années à son compagnon Barsena.

Mais il était une unité au milieu d'une armée de soldats aussi vaillants que lui. Nous voulons en faire connaître brièvement quelques-uns.

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omagua qui repoussait l'Evangile et menacait de mort les missionaires avec leurs néophytes, Gaspard de Monroy forma une de ces sublimes résolutions dont le monde applaudit la pâle imitation dans ses égoiïstes héros, mais refuse d’en louer l'exécution dans des guerriers d’un ordre supérieur. Il partit seul, et entra dans la hutte du sauvage. « Vous pouvez me tuer, dit le Père avec calme aussitôt qu'il fut en présence du barbare, mais vous acquerrez peu d'honneur en égorgeant un homme désarmé. Si, contrairement à mon attente, vous m'écoutez, tout l'avantage en sera pour vous; si je meurs de votre main, une couronne immortelle m'attend dans le ciel!, » L'étonnement désarme le sauvage ; il reste muet d'admiration, Alors, avec une sorte de crainte respectueuse, il offre à son impassible visiteur de boire dans sa propre coupe. Pen de temps après toute sa tribu, avec lui, était convertie,

Marcel Lorençana, ami de Monroy, et Joseph Cataldino, font, en 160%, naufrage dans le Paraguay et ne doivent leur salut qu'à l'audace des Indiens chrétiens, Lorençana, « justement considéré, avoue M. Southey, comme un missionnaire accompli, » obtint la permission de se rendre chez les Guaranis, au moment où leurs eaciques venaient de déclarer publiquement « qu'ils ne seraient pas satisfaits avant d'avoir bu le sang du uernier Mahoma (tribu nouvellement convertie) dans le crâne du plus vieux des missionnaires, »

Mais qui saura apprécier au prix de quelles peines ces farouches sauvages furent transformés en hommes et en chrétiens? Deux cent cinquante ans après que Lorençana eut demeuré parmi les Guaranis, un voyageur anglais, rempli de préventions, dit, en 1852 : « Cette race est une noble réunion d'individus, appartenant à la foi catholique romaine?. » Un pouvoir humain était incapable d'opérer un changement aussi merveilleux et aussi durable. «de fus informé à Quito, nous apprend le célèbre navigateur Uloa, que le nombre des villes des Indiens Guaranis, dans l'année 1754, s'élevait à trente-deux; on supposait qu'elles devaient contenir entre trente et quarante mille familles, et, par suite de la prospénité croissante de la religion chrétienne, on songeait alors à en hätir trois nouvelles *. » De 1610 à 1768, sept cent deux mille quatre-vingt-six Guaranis furent baptisés par les Jésuites seuls, sans coinpler ceux qui furent admis dans PEglise par les Franviseains?,

Charlevoix, livre IV, p. 522,

Paraguay, Brasil, ete, par CH, Manstield, esq., M A, préface, p, 0. Ullou, Foyage to S. A nétire: Pinkerton, vol, XIV, p, 656. # Dobrizhoffer, Account of the Abipones, vol. HE, p. 417 'R92.

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Lorençana menaçant un jour les Espagnols de la colère céleste à cause de leurs cruautés jointes à leur avarice, et un official de l’église dans laquelle il prêchait Payant sommé de quitter la chaire, @'il obéit aussitôt, sans le plus léger signe de ressentiment. » Cette modération, nous rapporte Southey, émut tellement le trésorier, qu'il monta en chaire et s'accusa, à haute voix, d’avoir outragé «un homme de bien dans l’accomplissement de son devoir. » Peu de jours après, le trésorier finit misérablement.

En qualité de provineial du Chili et du Paraguay, Diego de Torrez arriva au Pérou en 1605 avec sept Pères. En 1615, lorsque le terme de son ministère fut arrivé, son successeur, de Onate, trouva que le nombre sept s'était élevé à cent quatre-vingt-dix : en 4617, trente-sept nouveaux Pères parurent sur le champ de bataille, sous la conduite de Viana. En 1628, il en arriva quarante-deux avec Mastnilli; en 1659, trente avec Diaz Tano. C'est ainsi qu'ils se recrutèrent jusqu'à la dernière heure; plus de cinq mille Jésuites de l'Espagne seule trouvèrent là leur croix et leur couronne,

Juan Romero, supérieur de la mission de l'Assomption, accepta, en 1625, de remonter l'Uruguay jusqu'à sa source, tâche que le vice-roi avait en vain proposée à ses soldats. « Un Jésuite, seul, avoue M. Southey, pouvait faire cette tentative avec quelque espoir d'en sortir sain et sauf, » car les Jésuites ne s'inquiétaient pas de leur sûreté, Escorté par un petit nombre d’Indiens, il s'était déjà avancé jusqu'à une centaine de lieues, lorsqu’ il fut forcé de revenir à Buenos-Ayres, n'ayant pu réussir à communiquer : sa propre intrépidité à à ses compagnons. Romero répondit à quelques chrétiens qui voulaient punir les meurtriers du Père Gonzalvez : « Le sang des martyrs ne se venge pas par le sang. » En 1654, après une longue vie de travaux apostoliques, il fut lui-méme martyrisé. — Presque chaque année, depuis son origine, cette mission fut consacrée par un martyre. Notons au moins quelques-unes de ces dates glorieuses, Gonzalvez, homme d'illustre naissance, fut un des premiers. Souvent il s'était présenté seul aux plus farouches tribus, et lorsqu'elles levaient contre lui leurs ares ou leurs massues, 11 leur disait : « Cette croix, ma seule défense, est plus puissante que les armes des Espagnols, » La massue tombait inoffensive à terre et la flèche était retirée de Farc, En 1615, il remontait le Parana sans un seul compagnon. « Înest pas d'Européen, lui dit un eacique indien, qui ait jamais foulé ces rives sans les teindre

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de son sang. » « Ne pensez sas, réponait Gonzalvez, m’alarmer par vos menaces. Je suis un serviteur du seul vrai Dieu; verser son sang pour lui est regardé par ses ministres comme le plus grand bonheur. » Cent fois il rencontra les mêmes périls sans ÿ succomber; mais son heure était venue. En 16928, le 45 novembre, au moment où il venait de terminer le saint sacrifice et de quitter l’église, « un coup de macana le jeta sans vie sur le sol, tandis qu'un second coup lui faisait jaillir la cervelle!, » Le Père Rodriguez, se précipitant hors de l’église aux cris des sauvages, éprouva le même sort; et, deux jours après, Del Castillo, leur compagnon, fut aussi martyrisé.

M. Southey, racontant ces événements d'après Charlevoix et d'autres historiens, admet que les barbares furent « frappés” d'étonnement, » non-seulement par les miracles qui suivirent le triple sacrifice, mais surtout par « les réjouissances publiques auxquelles toutes les classes s'associèrent » pour célébrer le triomphe des martyrs. « Ils ne pouvaient contempler sans étonnement, dit l'écrivain anglais, la conduite des Jésuites, leur enthousiasme désintéressé, leur infatigable persévérance, les privations et les danyers qu'ils supportaient sans espoir de récompense sur cette terre. » Is devenaient impatients, ajoute-t-1l, « de voir ces hommes prodigieux » comme jadis le peuple de Lystre ou de Derbe se réunissait en foule autour de Paul et de Barnabé, disant, dans la langue lycaonienne : « les dieux sont descendus vers nous sous une forme humaine*, » « Une fois qu’ils eurent subi l’influence de ces hommes supérieurs, » alors ils convurent Celui dont ils étaient les envoyés, et de meurtriers, ils devinrent disciples. Montoya, d'après Southey, un des hommes les plus instruits de son temps, et Gi était auteur d’une grammaire de la langue guarani, fut un missionnaire de l+ mème trempe que Genzalvez et Rodriguez, Un chef guarani, Tayaoba, « longtemps ta terreur des Espagnols, » avec sa tribu, une des plus cruelles, avait résolu de le tuer, La peuplade dont cet homme était le chel avait des mœurs si féroces, que « les os de ceux qu'ils avaient tués lormaient la tête de leurs flèches, et lorsqu'ils sevraient leurs enfants, 1x première nourriture substituée au lait de la mère était la chair d’un ennemi. >» Montoya se présenta à celte tribu avec cette intrépidité surhumaine qui distinguait son Ordre , et lorsqu'il eut dit qu'il venait pour leur enseigner com-

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ment ils pouvaient échapper aux tourments éternels, «ils répondirent qu'il mentait, en leur offirmant qu'ils seraient tourmentés Ju toujours: ils décochèrent alors une volée de flèches sur lui et sur

s s compagnons : » sept de ces derniers furent tués, mais Montoya, uuracule Use nt préservé dans cctie occi ision, se retira. Lorsque les sauvages cacent dévoré leurs sept victimes, Cils exprimèrent le regret de wrvotr pas giulé de la chair de prêtre dans leur lestin, ei de avoir pas emloyé le crâne du Jésuite en guise de coupe. > Un autre chef, Pindobe, « tendit des embüches à Montoya, dans le dessein de le dévorer, » Cependant, au rapport de M. Southev, Tavaoba et son horrible baude furent st impressionnés par le courage surprenant et la dignité des missionnaires, que « ce farouche guerrier envoya secrètement deux de ses fils à la Réduction de Sc t-rancois Xavier, afin de voir si ce qu'il avait out dire de es établissemients était vrar, » Un peu plus tard, Tavaoba fat instruit et baptisé par ns avec vingt-hnit de ses Jeunes enfants! »

Nous avons nommé Cataldino, l'associé de Lorencana et l'ami de Montoya. En 1625, il liigent l'érection d'une église dans une forêt, lorsque Montoya parut soudainement en sa présence el lui anuonça qu'une tribu de sauvages hostiles était sur ses traces, « Que la volonté de Dieu soit faite, mon cher Père, » dit Cataldino : puis il reprit tranquillement son œuvre, sans méme tourner la tête vers la foule hurlante, qui se vuait sur sa personne, Surpris de cette calme indifférence, ou retenus par un pouvoir invisible, ils le considérérent pendant un moment et disparurent dans la forêt.

En 1652, Christoval de Mendoza, pelit-ils d'un des conquérauts du Pérou, fat martyrisé par une tribu à laquelle il venait de faire une prédication. «IT avait l'espérance, que sa vie et sa mort pourraient expier les offenses de ses ancêtres contre ces Indiens pour le salut desquels il se sacrifiait*, » «On assure, observe Dobrisholfer, qu'il baptisa quatre-vingt-quinze mille Indiens. » En 165%, Espinosa, Passocié de Montoya, de Suarez et de

Contreras dans tous leurs travaux, et dont la vie avait été une longue série de périls et de souffrances, fut martyrisé par les

Guapalaches, était en route pour Santa Vé, où il allait mendier

des aliments et acheter du coton pour ses néophytes, victimes de la barbarie des Indiens non convertis, In'ignorait pas le danger;

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