‹ Les missions chrétiennes [microforme]Chapitre 73 sur 226 · EE ET TS · texte numérisé non relu

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304 LES MISSIONS CIRÉTIENNES.

D'après le docteur Lemprière, « l’on peut être témoin presque journellement, dans les principales villes et cités, de funciones s0lemnes ou d’autres cérémonies religieuses. » Son éducation théologique aurait pu lui apprendre à voir au moins dans ce fait une preuve de l’influence de la religion, mais elle lui suggère un tout autre commentaire. Superbement ignorant de la religion en général, et de la religion chrétienne en particulier, cet ornement du barreau anglais, s'exprime ainsi : « Vous pénétrez dans une église, et vous rencontrez invariablement une foule bigarrée exhalant des odeurs nauséabondes et semant de la vermine de tous côtés. » Il ne rencontra « qu’un petit nombre d’individus bien mis et d’un extérieur décent ; » mais il n’y en avait pas assez pour former une masse, et il ajoute qu'« il est impossible à un homme bien élevé ayant une délicatesse de sentiment ordinaire, de se mêler à la foule dans une de ces pagodes ou dans un de ces temples appelés églises, sans éprouver un dégoût indicible!. » Malheur à Lazare, s'il s’avisait d’étaler ses plaies à la porte du docteur Lemprière !

Un écrivain plus humain, madame Calderon de la Barca, parle ainsi du Mexique moderne : « Il n’existe pas de pays au monde où la charité publique et privée soit pratiquée plus noblement. En général, la charité est l'attribut distinctif d’un pays catholique, » Cet aveu est confirmé par un protestant américain qui visita le Mexique en prisonnier, et qui avait quelque raison de parler de ses gouvernants avec réserve. Après avoir déerit « les institutions destinées à soulager les malheureux, et les divers Ordres de Sœurs de charité, ces douces sei santes de la bienfaisance, dont les yeux cherchent toujours le lit des malades, » « ce sentiment sacré de la charité n'est pas au Mexique seul, reconnait M. Kendall; mais partout où la religion romaine est connue, nous sommes sûrs de trouver la même bienfaisance active, la même sollicitude pour les besoins de la souffrance?. »

À propos des moines actuels, but ordinaire vers lequel tout voyageur sans esprit dirige ses traits, madame de la Barca, malgré les préjugés de son éducation écossaise, fait cette observation : « Le plus grand nombre, certainement, mène une vie de privation et de vertu. » « Dans tout le pays, vous rencontrez à chaque pas

{ Mexico in 1802 ant 1865, par Charles Lemprière, D. CL , ch. m, p. 105; ch. v, p. 17.

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une croix blanche rayonnant à travers les arbres... Là tout rappelle le triomphe du catholicisme. » Quant aux Indiens, à leurs « superstitions, » et à leurs perpétuelles « processions religieuses, » elle en rend le même compte, avec moins d’amertume, que MM. Scarlett, Mansfield et autres relativement à leurs frères du Sud ; néanmoins, tout en désapprouvant de telles manifestations extérieures, représentation dramatique des faits de la vie du Sauveur ou des saints, elle ajoute : « Il est singulier, après tout, qu'il n’y ait rien de ridicule dans ces exhibitions; elles ont plutôt quelque chose de terrible .! »

S'il est vrai que la bouche exprime ce qui déborde du cœur, et si les coutumes nationales représentent des sentiments nationaux, un peuple qui dépense une large part de sa vie en pieuses processions et en représentations religieuses ne peut être indifférent à la religion. En Angleterre ou en Hollande on ne sera pas témoin de tels spectacles, personne ,ne s'attend à les y voir. Les Mexicains, qui ont la Foi, peuvent convenablement représenter les scènes de la Nativité, de la Passion ou de la Résurrection, car ces événements sont pour eux des réalités. De tels sujets sont familiers à leurs yeux et à leur cœur, et éveillent les sympathies tristes ou Joyeuses de chaque habitant du pays. Si l'on essayait d'introduire ce spectacle dans quelque village d'Angleterre, il serait promptement supprimé; chacun sentirait qu'il éveille chez lui malaise et répugnance, en le faisant sortir du cours habituel de ses pensées, et en troublant violemment le cours ordinaire de sa vie ?.

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