‹ Les missions chrétiennes [microforme]Chapitre 75 sur 226 · MISSION DE BROWNSVILLE · texte numérisé non relu

MISSION DE BROWNSVILLE

Pour compléter le tableau de la mission du Texas, nous devons faire connaître la partie confiée aux révérends Pères Oblats de Marie Immaculée. Si les premiers missionnaires ont eu à surmonter d'immenses difficultés, elles ne sont pas moindres pour leurs successeurs. Lorsque, en 1849, Mur Odin sollicita les Pères Oblats de s'établir à Brownsville, à l'embouchure du Rio-Grande, qui sert de limite entre le Mexique et le Texas, il ne prévoyait pas les entraves de tout genre que les nouveaux missionnaires allaient rencontrer. Nous les indiquerons brièvement à l’aide de documents que nous devons à l’obligeance des révérends Pères Oblats de la maison centrale à Paris.

Lorsque les Pères Telmon, Soulerin et Gaudet, partis de Montréal, arrivèrent à Brownsville, cette résidence comptait une population d'environ trois mille âmes, non compris les soldats de la garnison. Jusqu'à cette époque aucun prêtre n'avait eu de demeure stable dans cette ville, composée d'Américains, de Mexicains et de Français, tous fraîchement arrivés; seulement deux chapelains at-

tachés aux troupes des États-Unis y avaient exercé le ministère en passant. Aussi les Pères Oblats ne trouvèrent absolument rien d’établi. S'ils rencontrèrent quelques bonnes âmes qui les accueillirent,

en particulier le lieutenant américain Garéché, la majorité les reçut avec froideur et même avec un certain mépris. « Mgr Odin, écrivait en avril 1850 le Père Lebrun, ne s'était pas rendu compte des dispositions de nos gens pour l'établissement de la religion au milieu d'eux. I n’y en a pas un seul en ville qui ait l'ombre de foi et de vues religieuses; ceux qui ont souscrit pour la construction d’une église en lui demandant des prêtres, l'ont fait par pure spéculation. Comme les Mexicains refusaient leur confiance à des étrangers qui n'avaient chez eux ni prêtres ni autel, ils ont voulu se laver de cette tache et montrer à leurs pratiques qu’ils étaient chrétiens. Ils sont tous francs-maçons; qu’en attendre! Quant à la partie mexicaine, c'est un ramassis d’échappés de prison, d’assassins, de joueurs, d’ivrognes et de prostituées. Un très-

1 Domenech, ch. vr, p. 176.

Page 1