‹ Les missions chrétiennes [microforme]Chapitre 82 sur 226 · MONTAGNES · texte numérisé non relu

MONTAGNES

I: vingt ans, les Pères de la Compagnie de Jésus pénétrèrent sur les territoires situés à l’ouest des montagnes Rocheuses, Là, des hommes tels que de Smet, Haecken, Dufour et Verhacgen, se sont eflorcés d'égaler le courage et la force d'âme qui furent pendant plus de trois siècles une tradition dans leur Société, Lorsque le Père de Smet, dont le nom est en honneur dans toute la chrétienté, arriva chez les Têtes-Plates, ceux-ci avaient déjà acquis une certaine connaissance de la vérité chrétienne : ils la devaient à une bande de Cherokees catholiques, expulsés de leurs terres de chasse et auxquels ils avaient offert un refuge. Leur hospitalité devait recevoir sa récompense, « Depuis vingt ans, rapporte le Père de Smet, cédant 'aux conseils des pauvres Cherokees établis parmi eux, ils s'étaient approches, autant que possible, des articles de notre foi, de notre morale et mème de nos pratiques religieuses Dans le cours de dix années, trois députations eurent le courage de se rendre jusqu'à Saint-Louis, c’est-à-dire de traverser plus de trois mille milles de vallées et de montagnes, infestées sar les Pieds- Noirs et par d'autres ennemis, Leurs prières finireut par être écoutées au delà de leurs espérances !, »

Les Cherokees chrétiens, jaloux de faire partager à d’autres leurs propres bénédictions, avaient fait tout ce qu'ils pouvaient ; c'était à d'autres à compléter leur œuvre. En octobre 1841, le Père de Smet pouvait déjà dire : «Tout ce qui se passe sous nos jeux dans les montagnes Rocheuses nous fortifie dans l'es. pérance, nourrie depuis longtemps, de voir un nouveau Paraguay florissant à l'ombre de la croix, avec toutes ses merveilles et ses touchants souvenirs... Cette agréable pensée n'est pas un simple rève, puisqu'au moment où je trace ces lignes, les voix bruyantes de nos charpentiers, et le forgeron dont le marteau retentit sur l'enclume, n'annoncent que nous n'en sommes plus à projeter les fondations de la maison de prière, mais que nous en posons la toiture aujourd’hui même, Les représentants de vingt-quatre tribus différentes assislaient à nos instructions; tandis que trois sau-

4 Annals, vol. IV, p. 251

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vages, de la tribu des Cœurs-d'Aléne, avant entendu parler du bonheur des Têtes Plates, venaient nous supplier d’avoir aussi compassion d'eux, » Malgré ces succès et de plus grands encore, il n’y aura pas de nouveau Paraguay dans lOrégon, pour une raison que ce récit fera assez connaitre,

Le même missionnaire présente des rapports pleins d'intérêt sur les Têtes-Plates convertis : « Jamais ils ne sont agresseurs, mais malheur à qui les provoque injustement. » En d’autres termes, en devenant bons catholiques, ils n’ont pas cessé d'être d'intrépides guerriers, Une fois, ils furent attaqués par une bande de mille Pieds-Noirs. L’ennemi fondait déjà sur eux tandis qu’asenouillés ils offraient au Grand-Esprit toutes les prières qu'ils savaient, le chef avant dit : « Ne nous relevons qu'après avoir bien prié. » Le combat dura cinq jours, jusqu'à ce que les Pieds- Noirs se retirérent, laissant le sol jonché de leurs morts et de leurs blessés,

Les braves Têtes-Plates, dont le chef, « considéré comme guerier et comme chrétien, pouvait être comparé aux caractères les plus nobles de l'ancienne chevalerie, » sont aussi remarquables, d'après le jugement du Père de Smet, pour leur vertus que pour leur bravoure, @ #ai parlé de la simplicité et du courage des Tètes-Plates; qu'en dirais-je de plus? Leur désintéressement, leur générosité et leur rare dévouement pour leurs frères ct leurs amis, leur probité et leur moralité sont irréproclables ; les querelles, les injures, les divisions, les inimitiés sont inconnues, Chez eux, toutes ces qualités sont déjà naturalisées par des motifs de foi, Avec quelle’ exactitude n'assistent-ils pas aux cérémonies religieuses ! Quel recueillement dans la maison de Dieu l Quelle attention au catéchisme! Quelle ferveur dans la prière! Quelle humilité! surtout lorsqu'ils racoutent des actes pouvant leur faire honneur !, » ,

I dit ailleurs : « Nous voyons souvent des vieillards, même des chefs, assis auprès d'un enfant de dix ou douze ans et prêter, pendant des heures, l'attention de Pécolier le plus docile à ces précoces instituteurs qui leur enseignent et leur expliquent les principaux evénements de l'Ancien et du Nouveau Testament. » La veille de Noël 1845, «les pères Mengerini et Zertinati eurent le bonheur de voir, à la messe de minuit, presque toute la nation des Tôtes-Plates Sapprocher de la sainte Table, Douze jeunes musiciens, élèves du père Mengarini, exécutérent avec une admirable précision divers morceaux des meilleurs compositeurs allemands et italiens, L’his-

Ulnnals, vol. AV, p. 903, n,

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