LE CANADA
Au Canada comme aux Indes les premiers établissements européens furent fondés par une société de marchands ; les uns étaient français catholiques, les autres anglais protestants. Leurs procédés très-différents forment contraste. « Les capitalistes et les directeurs de la compagnie des Indes orientales, observe un écrivain anglais, ne s’inquiétèrent pas des intérêts religieux dans leurs entreprises. C'était la moindre de leurs pensées. Devenus les maîtres absolus des Indes, ils n’usèrent longtemps de leur pouvoir que pour mettre obstacle à l'instruction et à la conversion des habitants de ce pays..... Au contraire, la société française pour le commerce du Canada comprenait l'obligation de pourvoir aux besoins moraux et religieux des peuples chez lesquels elle s’établissait. » Vient alors le tableau des efforts de cette société. Nous allons en considérer les résultats !,
La compagnie du Canada établie sous les auspices du cardinal de Richelieu, qui interdit l’admission des colons protestants comme préjudiciable aux sauvages, prit l'engagement solennel «d'entretenir des missionnaires pour la conversion des Indiens?. » Cette prescription fut fidèlement observée par les catholiques qui comprenaient cette parole de Champlain : « Le salut d’une âme est plus précieux que la conquête d'un empire. »
D'après M. Hawkins, auteur protestant, « le but principal des établissements français dans le Canada était évidemment de propager la religion chrétienne. » Dans ce dessein ils envoyaient des agents que l'Église catholique tient toujours à sa disposition pour de pareils travaux. M. Hawkins essaye de les décrire.
« L'histoire du Canada dans les premiers temps abonde en exemples de courage religieux, de zèle, et d’héroïsme. Des femmes jeunes et délicates s’arrachant aux douceurs de la civilisation vont rendre aux malades les services les plus bas, elles apportent à ces sauvages étonnés les secours de la médecine pour le corps, les enseignements de la foi pour leurs âmes. » L'écrivain fait sans doute allusion, à ces anges de consolation qui s'appellent argue-
* J, S. Buckingham, Canada, ch, xv, p. 05.
? Histoire du Canada et de ses missions, par M. l'abbé Brasseur de Bourbourg, tome I, ch, 1, p. 99 (1652).