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COMPARAISON ENTRE LE CANADA, L'ÉCOSSE ET L'AMÉRIQUE

Le docteur Shaw, voulant établir une comparaison entre le Canada et l'Écosse , « réclame pour cette dernière l'honneur de tenir le premier rang dans les annales du crime’, » « Un Écossais sur dix est bâtard, dit un autre témoin du pays'; » el

* Despatches, p. 91.

2 Jbid., ch. xu, p. 265.

3 The United States, ete., ch iv, p. 106.

4 Cité dans le Times, 17 juillet, 1858.

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parlant des districts ruraux : « Les maîtres corrompant leurs inférieurs sont plutôt la règle que l'exception‘. » Le dernier rapport du greffier général écossais (1860) parle dans son travail officiel de « l’excessive incontinence de cette nation presbytérienne, et déplore de voir cette immoralité gagner même les classes supérieures”. » Un auteur presbytérien très-connu atteste avec une égale franchise les immenses ravages de l’ivrognerie chez ce peuple, et rapporte que, chaque dimanche, à Édimbourg métropole du calvinisme, « il se dépense la somme de deux mille cent soixante-dix livres (54,250 fr.) en whisky ou autres spiritueux®. Le docteur Barclay cite ce proverbe populaire : « Aussi abruti et aussi pharisaique qu’un habitant de Glasgow. » Une autre autorité ajoute : « Si l'Écosse est la contrée la plus calviniste de la terre, la population de ses villes est au moins la plus ivrogne des ivrognes*. » « Adonnée à l’ivresse, dans une plus large mesure que les autres pays, et plus ardente au crime, dit encore un de ses enfants, l'Écosse peut certainement apporter à l'appui de sa renommée l’évidence de la pratique. »

Récemment, le déclin de l'influence religieuse, malgré le ton fier et tranchant des maitres à qui elle est conliée, est ainsi attesté par deux éminents Écossais plus dignes de parler avec autorité que beaucoup de leurs concitoyens. « Si nous devions croire la moitié des témoignages fournis par des personnes pieuses, dit lord Cockburn, la religion serait maintenant presque éteinte, quoiqu’elle soit certainement plus à {a mode qu’elle ne l'était®. » « C'est une honte pour un pays, reconnaît M. Hugh Miller, de voir un peuple s’enfoncer de plus en plus dans un abime de dégradation et de misère. Ce fait se révèle par le sinistre accroissement de la classe la plus infime”. » « Il n’est pas aujourd'hui de bon ton, fait observer le même écrivain dans un autre ouvrage, d'afficher l'incrédulité ; mais il n’est pas d'époque où elle existe plus généralement sous la forme du rationalisme et du panthéisme®, »

L'état de l'Amérique, où le pouvoir dissolvant du protestantisme n'a jamais été contenu, comme en Angleterre, par les traditions

! Banffshire Journal, cité dans le Times, 24 février, 1859.

! “he Times, 26 novembre, 1860,

® Laing, Observations on Europe, eh, p. 57.

4 Saturday Review, 29 avril, 1861,

The Times, à novembre 1862.

© Memorials of his Time, par Henri Cockburn; ch. 1, p. #4 (1836). © liambles of a Geologist, par Hugh Miller; ch, vus p. 455 (1808.

Ÿ Te Testimony of the Rocks, lecture 1x, p 345 (1862).

survivantes du catholicisme, est ainsi décrit par un témoin compêtent, le docteur Onderdonck, évèque protestant : « L'esprit de désordre, d’impiété, d'inlidélité, de licence, marche fièrement la tête haute, dans notre pays, menaçant de ruiner tous les intérèts domestiques et sociaux. Nous devons lui résister, nous mettre en défense, ou bien nous sommes un peuple perdu. » « Je crains beaucoup, dit un autre prédicant américain à une date plus récente, que nous n’avancions, et même à grands pas, vers une absence complète de religion et vers une ruine morale*. » Ce n'est pas une description bien attrayante de « la plus religieuse contrée du globe. » Nous savons que, dans ce pays, « près des quatre cinquièmes des enfants, et les deux tiers de la population mâle ne sont pas baptisés5. » «Il n'ya pas une contrée, prétend M. Francis Wyse, où l’incrédulité soit plus généralement répandue dans la population *. » Cette incrédulité, un écrivain américain nous l'apprend, « est l'effet ordinaire, » sur ses compatriotes, « du puritanisme de leur enfance. » Autre preuve que l’athéisme est ie résultat logique d'une religion qui, dans sa meilleure forme, fait seulement appel à l’émotion et au sentiment ; lorsqu'ils sont épuisés, elle meurt dans l'apathie et la tristesse. « Une grande partie de notre pays, signale, en 1858, un ministre épiscopalien, est témoin d’un progrès alarmant vers le rationalisme de l'Allemagne’, » En d'autres termes, les masses n’ont pas de religion du tout ; le petit nombre en a une qui consiste en récitations sans profit de vaines formules, ou en une négation formelle des principales vérités de la révélation *, De plus, l'absence totale de tout bon résultat moral de l'éducation protestante en Amérique, malgré son universalité tant vantée, est si bien connue, qu’elle force des observateurs expérimentés à dire avec une publication théologique américaine qui le démontre : « Elle fait des hommes, de misérables et ‘ froids calculateurs”. » « Beaucoup de vons juges de différentes croyances m'ont assuré, dit un autre, que la seule éducation utile

{ Sermon preached at the conscration of Christchurch.

2 Cité par Dôllinger, p. 248.

5 Godley, Letters from America, vol. u, p. 102.

4 America, ils realities and resources, vol, F, ch. 1x. p. 270,

5 Rév. A. C. Coxe, Stat, ments and documents concerning the Board of Managers o[ the American Bible Society, p. 28 (New-York, 1858).

6 Un voyageur dans ces derniers Lemps nous dit : « L'oubli du dimanche a fait de tels progrès que, faute d'un jour de repos se distinguant des six autres, à peine ui bomme sur dix habitants du Far-West pourra répondre si vous lui demandez le jour de la semaine » The English Sporteman in the Western Prairies, pur le Hon, Grantler Berkeley; ch, x, p. 379,

7 Cité par Düllinger, The Church and the Churches, p. 225.

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et moralisante est celle dounée dans les écoles ou les collèges catl liques. Autant que j'ai pu les connaitre, leurs maisons dé | à tion sont pleines, non-seulement d'élèves de leur croyance pr aussi d'enfants appartenant aux sectes. Une haute autorité “off. viclle me permet de dire que les ministres et les missionnaires d l’Église catholique romaine font à ce moment plus de bien : la cause de la vertu et de la morale sur tout le continent sde cain, que ceux d'aucune autre dénomination religi PL “onque'. » DS Si nous voulons connaitre les fruits de ce système parti culier emprunté par l'Amérique à l'Écosse pour ah émotions religieuses lorsqu'elles ont commencé à perd de leur influence ou à s'étendre, les témoins de n’im a : ile croyance (excepté ceux qui ont recours à la manie f sté ri . nous répondront la même chose. « Si une armée “du sa venait à nous envahir et à nous laisser la ruine, dit un is prédicant américain, ou bien si l'incendie venait à se pe ser et à mettre en cendres toutes nos demeures, ce se Fes bénédiction que nous devrions recevoir avec na rnamen Re comparant ces malheurs matériels à la désolation one d' . religion qui n'a plus de guides pour lui donner la vie* . Si les habitants de Bedlam avaient été abandonnés à eux à ur sure M. Fearon en décrivant une de ces ogies ls n'auraient pas été si loin dans le mal, » Les a de les sectes essayent cependant d'obtenir de cette hou + influence passagère sur les âmes dont la foi divine est absent sis l'acquièrent en faisant naître des sentiments désordonnés La ; émotions, Voilà leur remède à des maux que leur ninisiire “ dit aggrave. L’excitation physique d’un moment est idee impiété furieuse ou d’un froid désespoir ; « ni les terrible e ils, ni le choléra, ni rien au monde”, » ne sont capables dm d une vie convulsive que les cruelles expériences d'un art défen . ont épuisée pour toujours. is Il Wy aurait donc pas de motifs pour le Canada de porter envie à l'Écosse où à l'Amérique. L'auteur dont les F nous ont fourni ces remarques, et qui ne parait pas s ue d être très-conséquent, déplore €le peu de ee Ale

: Le mu of America in 1846, p. 191 * Cité dans Visit to the Americ } hes ) we 11, 40, crican Churches. par Andrew Reed, DD; vol, I, ® Metclies af America, par M ; Ù ovy Bradshaw Fear j 8 D Reed, vol, ME p. 1ÈT y Bradshaw Fearon, p. 164,

se trouve chez un grand nombre d’Américains. » Il déclare que « Mammon est l’idole adorée par le peuple, » et confesse que « la plus coupable fourberie et que l'improbité effrontée se revètent d’une dignité mensongère lorsqu'il s'agit d’atteindre ce divin objet. Les enfants, dès le premier âge, sont imbus de cette idée, qu'une faute n’est telle qu'autant qu’elle est découverte! v Et ce pays serait la contrée « la plus religieuse du globe! » Soit que cet auteur n’attache aucune importance à ses paroles, soit que ses goûts religieux le portent avec énergie à préférer l'impur et immoral Écossais ou « l’exécrable Américain, adorateur de Mammon, » « au Canadien sobre, moral, bienveillant et pieux; » uous pourrons conclure, en dépit des outrages, que la foi prêchée en Amérique par Vieyra, Monrov, Lallemand et de Brébeuf fait de la nation canadienne un des plus nobles monuments élevés à la gloire de ses apôtres.

Comme au Canada français, la religion catholique s'est trouvée d'accord avec le patriotisme, elle a conservé tout son empire qui grandit même avec la nationalité. Mais la race anglo-saxonne, lidèle à ses antécédents, continue à suivre, dans ces contrées, la ligne de conduite adoptée par elle aux États-Unis vis-à-vis des Indiens. En voici la preuve.

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